
RAV FISZON répond à POPECK (l'artiste)
Histoire juive
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Transcription
Kind: captions Language: fr [Musique] Et maintenant voilà, c'est à toi que je voudrais m'adresser. Toi qui quelque part pourrait être mon grand-père, qui quelque part ressemble à mon grand-père et qui quelque part ressemble à tout un style de grand-père. Oui, comme toi, je suis un juifaz. Comme toi, mes ancêtres viennent de Pologne et comme toi, Popec, et bien je porte avec moi une histoire qui n'est pas un fardeau mais qui est, j'ai envie de te dire euh mon histoire. Alors, j'aimerais parler avec toi aujourd'hui parce que en ce jour de Yomas et bien j'aurais revenir avec toi sur quelques points quelques points que tu as dit sur ton identité et en fait ça m'a touché profondément parce que bah c'est un combat que je mène également. Alors bon, que dire ta famille déportée, ta mère déportée dans le convoi numéro 3 sera tu à Auschwitz et tu es un enfant de l'OC, tu vas grandir dans cette nouvelle génération de l'après-gerre, cette génération qui ne parle pas, dont on ne veut pas parler et puis comme si on pouvait se réinventer et bien tu essayes de fuir ce nom, ce nom que tu dis "Tu as fait beaucoup souffrir quand tu étais Tu es jeune. Tu m'étonnes. Tu t'appelles Judas enfin Jodevskauda. On peut pas faire plus juif. Alors finalement tu changeras de nom. Tu prendras un nom d'emprunt un nom de scène, un pseudonyme. Un certain Jean va devenir ton et bien ton matricule dans la vie. Et puis finalement et bien tu viens et tu dis d'ailleurs tout au long de tes spectacles, tu disais souvent euh on n'est pas des sauvages. Mais ça c'est quelque chose qui est extrêmement partagé par toute cette génération qui a vu la barbarie, qui est la génération de l'après-guerre, de l'après barbarie, qui a vu ce que c'est que le mal. Nous dans notre génération après les événements du 7 octobre, on a vu également ce que c'est que le mal à l'état pur. Donc toi tu viens et tu dis "Mais nous on n'est pas comme ça." Et effectivement nous on n'est pas comme ça. Et même quand on se bat pour sauver le peuple juif et ben nous on ne fait pas ce que le mal est capable de faire. Et donc tu répètes sans cesse. Mais on n'est pas des sauvages. Mais effectivement on n'est pas des sauvages. Et puis tu disais aussi une phrase très forte, très forte mais mais je suis sûr que tu sais que c'est pas vrai. Tu disais pour vivre heureux vivons cachés. Alors c'est très fort. C'est très fort. Mais combien on peut se cacher ? D'autant plus que tu le sais mieux que personne. En fait, ben nos parents, nos grands-parents, nos arriè grands-parents ont essayé des fois de se cacher. Mais lorsque l'antisémitisme veut frapper, et bien il trouvera le juif. Mais tu sais quoi ? C'est pas seulement une question d'antémitisme. Essaie de cacher ton identité, ça marchera pas. Je veux bien que tu t'appelles Jean, mais toi et moi, on sait que ton accent, il te trahit tout de suite. Et je veux bien qu'on essae de cacher sa kipa sous son chapeau melon. Je veux bien qu'on essae de ne pas pratiquer le judaïsme et d'être le plus français français. Mais au final, n'est-ce pas là faire preuve de schizophrénie intérieure, d'essayer de se cacher en permanence à l'extérieur ? D'ailleurs aujourd'hui, tu le revendiques. Aujourd'hui, tu viens et tu dis après une carrière incroyable mais dans laquelle tu as tu as traîné cette double identité. Parce que pseudonyme Jean, mais tu décides de t'appeler Popec. Quelque part, il y a cette dualité et là maintenant à 90 ans et bien tu viens peut-être dans ces eau-là et bien tu viens et tu dis finalement je revendique mon nom. Finalement, ce nom dont on s'est moqué de moi quand j'étais petit, et bien en fait, je le porte maintenant. J'ai envie d'y revenir parce que je me rends compte que m'appeler Jean et ben quelque part, c'est peut-être aussi changer d'identité, peut-être même changer de religion. Ya, c'est tout un programme. Et en fait, porter un nom, c'est porter une histoire et une identité. On est dans le jour de Yomashoa où on va comme des milliers de personnes aller à Yad Vashem, c'est-à-dire l'endroit qui veut donner une main et un nom. Le projet de notre génération est de redonner le nom, c'est-à-dire les identités, c'est-à-dire les projets de vie de tous ceux qui sont partis. Et bien, retourner à ton identité après tellement d'années, et bien c'est peut-être la plus grande réponse à l'histoire qui ait jamais été donnée de faire. Tu disais cette blague, mais je sais pas si tu te rends compte à quel point c'est pas une blague. Tu disais "Moi et Dieu, on est on est associé à 5050. Tout ce que je gagne, je jette vers le ciel et ce qui retombe, c'est pour moi. Ce qui reste en haut, c'est pour lui." D'abord, j'ai envie de te dire bah en fait, tu viens d'expliquer ce qu'était le judaïsme. Et oui, d'après le Talmud, et bien une des clés qui n'a pas été donnée à l'homme et qui est complètement entre les mains de Dieu, et bien c'est la parnasa. C'est toi tu jettes vers le ciel. La parassa, c'est l'abondance matérielle, c'est l'argent. Toi, tu dis "Je jette vers le ciel." Bah déjà quavot, bravo. Toi, tu jettes vers le ciel. C'est tu comprends même si c'est une blague, moi je vais l'analyser en mode rabin. C'est-à-dire que tu comprends qu'il faut que ce que tu gagnes, tu le redonnes à celui qui t'a permis de le gagner. Et puis après lui il a envie de te rendre parce que de toute façon il a envie de te rendre parce que c'est pour toi. Donc en fait quand tu dis qu'on est partenaire avec Bou à 5050, je pense que euh moi j'irai plus loin. Je dirais qu'on est partenaire avec Dieu à 100 % 100 %. C'est c'est 100 % moi et 100 % lui. Mais bon, on s'arrangera sur les 50 % qui manquent finalement. Bien, je pense que ce retour à ton identité, ce retour à toi-même, ce retour à nous que tu viens prener au crépuscule d'une vie, et bien c'est ce qui va éclairer toute cette vie. En ce jour de Yomhoa, vous savez le jour où on commémore le souvenir de la choa et c'est pas seulement une commémoration, c'est comment est-ce que maintenant on avance. Tu sais, je commençais en disant que tu es un peu mon grand-père euh ma grand-mère qui était qui a été également déporté à et bien disait "La question n'est pas de savoir pourquoi il y a eu la choa. La question est de savoir maintenant il y a eu la choa et on fait quoi maintenant ?" C'estàdire que la commémoration de Yaoma n'est pas seulement un regard tourné vers le passé mais une une véritable question qui est posée à l'identité d'aujourd'hui, le peuple juif d'aujourd'hui. Et on fait quoi maintenant ? Comment est-ce qu'on avance maintenant pour reconstruire, réunir et redorer l'identité d'Israël ? Bien, je pense que ce retour vers toi-même que tu fais aujourd'hui et bien c'est peut-être la porte qui s'ouvre pour toute une génération qui n'a pas osé, qui n'a pas voulu, qui n'a pas réussi à revenir à elle-même et qui voit une icône une icône retourner vers lui. Et donc pour ça, j'ai envie de te dire merci et j'ai envie de te dire que comme toi, peut-être que d'innombrables personnes prendront la main que tu as attendue et retrouveront eux aussi leur nom. Et puis tu sais si dans cette recherche d'identité bien tu avais des des envies de discuter, de poser des questions, de voilà d'échanger avec un petit jeune qui pourrait être ton petitfils mais qui je pense te comprend très bien et bien tu peux prendre contact avec Israël Torah et on serait très heureux et je serai très heureux de pouvoir discuter avec toi. Et évidemment, si un jour tu décides de venir visiter et redécouvrir ton pays, et bien avec ma casquette de guide, je serais très heureux de pouvoir également te faire découvrir cette terre promise qui est la tienne également. À bientôt.



