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HIZOOK#91 - Qu'est-ce qu'un Rabbi ?

HIZOOK#91 - Qu'est-ce qu'un Rabbi ?

Rav Shimshone Attali ·

Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr À l'approche de Gimeltamous, la iloula du Rabi de Lubavic, une question profonde mérite d'être posée. Quelle est la véritable mission d'un rabi ? À première vue, la réponse semble évidente. Un rabi enseigne, un rabi conseille, il inspire, il éclaire. Mais en réalité, la réponse est beaucoup plus profonde. Et pour la découvrir, nous devrons relier deux épisodes de la Torah qui semblent n'avoir aucun rapport entre eux. D'un côté, la révolte de Korch. De l'autre, l'histoire des explorateurs, les Méraglimes. À première vue, deux histoires totalement différentes. Pourtant, elle parle exactement du même sujet. Elle parle de la même question. Elle parle de la relation entre un peuple et son guide, entre un disciple et son maître, entre un juif et son rabi. Corar se lève contre Moché et il pose une question qui en apparence semble pleine de bon sens. Toute l'assemblée est sainte, dit-il. Pourquoi vous élevez-vous au-dessus du peuple ? En d'autres termes, pourquoi avons-nous besoin d'un moché ? Pourquoi avons-nous besoin d'un tsadic ? Pourquoi certains seraient-ils plus élevés que les autres ? Et pour illustrer son argument, Corise deux exemples célèbres. Il parle d'une maison remplie de livres saints et demande une telle maison a-t-elle besoin d'uneous ? Puis il apporte un talite entièrement bleu et demande : "Un tel talite a-t-il encore besoin d'un fil de trette bleu azur ?" Et lorsque Moosé répond oui, dans les deux cas, Cor éclate de ri. Mais le Rabi révèle ici une idée extraordinaire. La question de Korch n'est pas une question de haakha, c'est une question de leadership, une question sur le rôle du tsadik. Corar dit "Si toute la maison est remplie de Torah, pourquoi une mésousa ? Si tout le talite est bleu, pourquoi un fil bleu ? Autrement dit, si tous les juifs possèdent une âme divine, pourquoi avons-nous besoin d'un rabi ? La réponse est magnifique. La mésousa n'apporte pas davantage de Torah à la maison, tout comme le fil bleu qui n'apporte pas davantage de bleu aux vêtements. Non, ils apportent autre chose. Ils donnent une direction, ils donnent une conscience, il donnent une élévation. La mésa est placée en hauteur pour rappeler à toute la maison pourquoi elle existe. Le fil bleu attire le regard vers le ciel et rappelle à l'homme sa mission. Le tsadik joue exactement le même rôle. Il n'est pas là pour remplacer les autres. Il est là pour révéler aux autres ce qu'ils sont capables de devenir. Comme le disent les hassidim rabi est l'acronyme de Roche Bené Israël la tête du peuple juif. Et quel est le rôle de la tête ? Elle ne vit pas pour elle-même. Elle transmet la vie au corps tout entier. Elle révèle le potentiel de chaque membre. La main possède déjà sa force. Le pied possède déjà sa capacité. L'œil possède déjà sa vision. La tête coordonne, la tête révèle. La tête donne vie. Voilà ce qui est un rabi. Mais alors, une autre question surgit. Si nous avons besoin d'un rabi, pourquoi la Torah semble-t-elle vouloir nous apprendre à devenir indépendant ? Pourquoi Hashchem dit-il à Moosé chea envoie pour toi, envoie selon ton avis les Daatra. Cette phrase est extraordinaire. Carashem aurait pu dire oui ou non de ne pas envoyer. Mais il répond autrement comme s'il disait écoutez maintenant c'est à vous de choisir. Pendant un an les Juifs ont vécu entourés de miracles. La mane tombait du ciel, les nuées les protégeaient, l'eau jaillissait du puit. Tout venait d'en haut. Puis arrive un moment où Haschem dit, il est temps de grandir, il est temps d'assumer, il est temps de devenir adulte. Mosché comprend immédiatement la profondeur de ce moment. Ce n'est pas un avertissement, c'est un acte de confiance. C'est comme un père qui dit à son enfant : "Jusqu'à présent, je prenais les décisions pour toi, maintenant c'est à toi d'apprendre à choisir." Bien sûr, il y a un risque. L'enfant peut se tromper, il peut tomber, il peut échouer, mais sans cela, il ne deviendra jamais adulte. Et c'est exactement ce qui arrive avec les explorateurs. Ils échouent, ils échouent tragiquement même. Toute une génération en pai le prix. Mais Hashem ne regrette pas d'avoir donné la liberté parce que la liberté est le prix de la grandeur. Cette idée apparaît de façon bouleversante dans une histoire extraordinaire concernant le rave Irchweinberg. À cette époque, il était déjà un rabin respecté, un dirigeant important de l'Oyu, l'orthodoxe Union. Mais malgré son statut, il traverse une crise existentielle, une véritable crise de la quarantaine. Extérieurement, tout semble aller bien, mais intérieurement, il est perdu. Il s'interroge sur son avenir, sur ses choix, sur l'éducation de ses enfants, sur la direction qu'il doit donner à sa vie. Alors, il décide de contacter le secrétariat du Raby, mais il est embarrassé. Comment un rabin connu peut-il appeler pour poser des questions aussi personnelles ? Il imagine alors un stratagène. Il téléphone en prétendant parler au nom d'un homme qui vit dans le Maryland. Cet homme fictif serait confronté à toutes ses interrogations. Le secrétaire transmet la question. Le Rabi écoute puis y répond. Dites-lui que dans le Maryland vit quelqu'un qui peut répondre à toutes ces questions. C'est le rave Weinberg. Le rainberg est bouleversé. Personne n'a mentionné son nom. Le rab n'a pas reconnu sa voix. Alors il avoue Raby, cet homme en fait c'est moi. Le Rabi marque un silence puis prononce une phrase qui résume peut-être toute la vie spirituelle. Parfois dans la vie, un homme doit apprendre à parler avec lui-même parce que lui seul possède les réponses. Quelle phrase extraordinaire ! Le rabi ne refuse pas de l'aider. Il l'aide d'une manière plus profonde. Il lui dit "Tu possèdes déjà la Torah. Tu possèdes déjà les valeurs. Tu possèdes déjà les outils. Maintenant, apprends à écouter la voix profonde que Dieu a placé en toi. Un maître ordinaire donne des réponses, mais un véritable rabi forme des hommes capables de trouver les leurs. Cette idée fut exprimée magnifiquement par le rave Jonathan Zac, ancien grand rabin de Grande-Bretagne. Il disait "Un enseignant crée des élèves, un rabi crée des leaders." Voilà toute la différence. Un enseignant transmet un savoir. Un rabi quant à lui construit un être humain. Un enseignant répond aux questions. Un rabi apprend à poser les bonnes questions. Un enseignant crée des disciples. Un rabbi crée des bâtisseurs. Puisque nous parlons de ce qui distingue un maître d'un véritable rab, permettez-moi de partager une autre histoire bouleversante. Dans l'un de ses entretiens avec le Rabbi, l'ancien ambassadeur d'Israël en France, Avi Pasner est venu le rencontrer. Comme beaucoup de ceux qui entraient dans le bureau du Raby, il arriva avec son parcours, ses interrogations, ses convictions, ses certitudes, mais aussi ses doutes. Au cours de la conversation, le rabi prit l'exemple d'une simple bougie. Une image tellement simple qu'un enfant peut la comprendre et pourtant tellement profonde qu'elle peut accompagner un homme toute sa vie. Le rabiarde cette bougie. La cire représente le corps. La flamme représente l'âme. Entre les deux se trouve la mèche. Cette petite mèche qui relie la matière et l'esprit. Sans la cire, la flamme ne peut pas durer. Sans la flamme, la cire reste obscure. Alors, la mission de l'homme est d'unir les deux, faire en sorte que l'âme illumine le corps et que le corps devienne lui-même un instrument de lumière. Avi Pasner écoutait attentivement. Plus le rabi parlait, plus il comprenait qu'il ne s'agissait pas seulement d'une bougie. Le rabi parlait de la vie et de sa vie. L'âme aspire naturellement à monter vers le ciel comme une flamme qui cherche toujours à s'élever. Mais le but n'est pas de quitter le monde. Le but n'est pas de fuir les responsabilités. Le but n'est pas de s'échapper dans une spiritualité déconnectée de la réalité. Le véritable défi est d'apporter de la lumière dans ce monde, dans notre travail, dans notre famille, dans notre communauté, dans chacune de nos décisions, dans chacun de nos choix. L'entretien toucha profondément l'ambassadeur. Puis vint le moment de partir. Il se leva, remercia le rabbi et avant de quitter la pièce, il se retourna et lui posa une question remplie d'émotions. Une question qui résumait tout ce qu'il ressentait à cet instant. Il demanda : "Rabi, avez-vous allumé ma bougie ?" Le Rabbi le regarda avec cette bienveillance qui a marqué toutes celles et ceux qui l'ont rencontré et il répondit : "Non, je ne l'ai pas allumé. Je t'ai seulement donné l'allumette. Quelle réponse extraordinaire et quelle définition parfaite de ce qui est un rabi. Un faux maître veut que les gens dépendent de lui. C'est un gourou. Un véritable maître veut que les gens découvrent leur propres force. Personne ne peut vivre à notre place. Personne ne peutir à notre place. Personne ne peut choisir à notre place. Personne ne peut allumer notre âme à notre place. On peut recevoir un conseil, une inspiration, une rencontre, une étincelle, une direction, mais vient toujours le moment où chacun doit saisir lui-même l'allumette et décider d'allumer sa propre lumière. Peut-être est cela le sens le plus profond de toutes les histoires que nous avons raconté. Le rabi n'a pas voulu créer des disciples dépendants. Comme avec Rave Weinberg, il a voulu former des hommes capables de trouver leur propres réponses. Comme avec Avi Pasner, il a voulu former des hommes capables d'allumer leur propre lumière. Et comme Hashem le dit à Moché dans notre parachat, les daatra selon ton avis. Le moment arrive où le maître nous regarde avec confiance et nous dit maintenant c'est à toi. Maintenant choisis, maintenant construis. Maintenant éclaire. Car la plus grande réussite d'un rabi n'est pas d'allumer lui-même toutes les bougies. La plus grande réussite d'un rab est de transmettre suffisamment de feu pour que de milliers d'autres bougies puissent s'allumer à leur tour. Et c'est exactement ce que l'on retrouve dans une autre histoire remarquable. Lors d'un Fabringen, on demanda au Ravosfdov Solovic comment il comparait le rabi actuel à l'étudiant qu'il avait connu à Berlin dans sa jeunesse lorsque le Rabi était à Berlin étudiant. Sa réponse fut saisissante. Il évoqua Moché Rabenou. Pourquoi le visage de Moché rayonne-t-il seulement lorsqu'il descend avec les secondes tables de la loi ? Pourquoi pas avec les premières ? Après tout, les premières venaient directement du ciel, les seconde ont été taillées par Moché lui-même. Alors pourquoi cette lumière ? Le rave Solovique répondit : "La première fois, Mosché descend comme un élève. La seconde fois, il descend comme un leader. Entre les deux, il a pris une décision, une décision terrible. Briser les tables de la loi, porter Israël sur ses épaules, se battre pour son peuple, prendre ses responsabilités." Et c'est à partir de cet instant que la Torah devient véritablement sienne. Un homme ne rayonne pas parce qu'il reçoit. Il rayonne lorsqu'il assume, lorsqu'il choisit, lorsqu'il porte. Et soudain, tout devient clair. Nous comprenons à présent le rôle du Rabbi. Le Rabi n'est pas venu créer des dépendants. Il n'est pas venu créer des gens qui posent des questions toute leur vie. Il est venu créer des gens capables de porter une mission, capable de construire et d'éclairer, capable de devenir eux-mêmes des leaders. Et c'est précisément ce qui permet de comprendre l'une des dernières déclarations publiques du Rabi. Une déclaration bouleversante où le Rabi a dit "J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour amener Maschiar. Maintenant je vous transmets la mission. Faites tout ce qui est en votre pouvoir." Pendant longtemps, j'ai entendu cette phrase comme un cri, comme une supplication, comme une douleur. Mais aujourd'hui, je l'entends autrement. J'y entends le dernier schl. J'y entends Hashem disant à Moosé, maintenant c'est à toi de choisir l'étatra. J'y entends un père disant à son enfant, maintenant marche seul. J'y entends un rabi disant à ses rassidimes, maintenant devenez ce que vous devez devenir. Ce pourquoi je vous ai formé. Car la question ultime n'est pas as-tu un maître ? La question ultime est qu'est-ce que ton maître a fait de toi ? Et c'est probablement ce qui explique l'un des phénomènes les plus extraordinaires de notre époque. Après le guimelt Tamous, beaucoup pensaient que tout allait ralentir, que tout allait s'arrêter, que l'absence physique du Rabi créé un vide impossible à combler. Et pourtant, c'est presque l'inverse qui s'est produit. Des milliers de nouveaux schlouchimes, des milliers de nouvelles institutions, des milliers de nouvelles initiatives, des milliers de nouveaux cours et de nouvelles communautés. Pourquoi ? Parce que le rabi n'avait pas seulement construit un mouvement, il avait construit des hommes, des femmes, des leaders, des personnes capable de continuer même lorsqu'elles ne peuvent plus entendre sa voix physiquement. Et nous revenons enfin à Corar. Oui, la maison a besoin d'uneousa. Oui, le talite a besoin d'un fil bleu. Oui, le peuple a besoin d'un moché. Mais seulement pour une raison, afin que la maison entière devienne un jour elle aussi une mésousa. Afin que tout le vêtement devienne terelette, afin que chaque juif découvre sa propre mission. Le rabi est la mésousa, le rabi est le fil bleu, le rabi est la tête. Mais son rêve n'est pas que nous ressions éternellement tournés vers lui. Son rêve est que nous devenions nous-mêmes des porteurs de lumière. Que nous devenions capable d'éclairer notre famille, notre communauté, notre ville, notre génération. Alors peut-être que le plus bel hommage que nous pouvons rendre à un rabi n'est pas seulement de nous souvenir de lui, mais de continuer son œuvre, de prendre nos responsabilités, d'oser, de construire, d'enseigner, d'inspirer et surtout de croire que si Hashem nous a confié une mission, c'est qu'il nous a également donné les forces de l'accomplir. Comme il l'a dit à Moosé, l'idaatra selon ton avis. Comme le Rabi l'a dit à Rab Weinberg, apprends à parler avec toi-même. Comme le Rabi l'a montré à Avi Pasner, je t'ai pas allumé mais je t'ai donner l'allumette. Comme le rabi à toute une génération, j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir, maintenant faites tout ce qui est en votre pouvoir. Puissions-nous être dignes de cette confiance et mériter d'être bientôt à l'époque de Masiar, voir de nos yeux la délivrance véritable et complète avec la venue du Messie rapidement et de nos jours.