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HIZOOK#96 - Le secret de l'AMOUR (15 Av)

HIZOOK#96 - Le secret de l'AMOUR (15 Av)

Rav Shimshone Attali ·

Emouna Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Si je vous posais une question toute simple, quel est le jour le plus joyeux du calendrier juif ? Je suis persuadé que chacun d'entre nous donnerait à peu près la même réponse. Certains diraient Pessar, la fête de notre liberté. D'autres répondraient pour avec sa joie débordante. D'autres encore penseraient à Souscotte, appelé dans la Torah le temps de notre joie. Et pourtant, nos sages viennent bouleverser complètement notre façon de penser. À la fin de la michna du traité Taanit, il déclare une phrase qui devrait nous arrêter nette. Il n'y eut jamais de jours aussi heureux pour Israël que le 15 Av et Yom Kipour. Attendez, vous avez bien entendu ? qui pour le jour du jeûne, le jour où nous sommes vêtus de blanc comme des anges, le jour où nous passons des heures à pleurer nos fautes, le jour où nous implorons le pardon d'Hachem. Comment peut-on appeler cela le jour le plus heureux de l'année ? Et puis il y a cette autre fête, Toubéave, le 15 Ave. Combien de juifs connaissent réellement cette journée ? Pour beaucoup, c'est devenu la Saint-Valentin juive. Mais c'est une immense erreur. Réduire Tout Béave à une fête des amoureux. C'est passé complètement à côté de ce que nos sages ont voulu nous transmettre. Parce que Toubé n'est pas la fête de l'amour romantique, c'est la fête de l'amour d'Israël. La fête où un peuple apprend de nouveau à s'aimer. La fête où des blessures vieilles de plusieurs générations commencent enfin à cicatriser. Et c'est précisément pour cela que cette journée est si grande. La michna poursuit en racontant une scène absolument extraordinaire. Deux fois dans l'année à Yomkipour et à Toubeav, toutes les jeunes filles de Jérusalem sortaient dans les vignobles. Elles dans ell chantait et les jeunes hommes venaient les observer afin de trouver leur future épouse. À première vue, cette scène paraît presque choquante. Comment imaginer une telle fête dans un peuple aussi attaché à la pudeur ? Et surtout, pourquoi précisément dans les vignes ? Pourquoi ne pas organiser cela à Pessar, à Soucotte ou à Chavouot ? Pourquoi ce jour presque inconnu ? Et la question devient encore plus forte lorsque l'on parle de Yom Kipour. Comment peut-on imaginer que quelques heures seulement avant Neila, alors que chacun tremble devant son créateur, alors que toute la journée a été consacrée aux jeunes, aux prières, aux larmes et au repentir, les jeunes filles sortent ensuite danser. Cette michna est un véritable mystère et plus on l'étudie, plus les questions deviennent nombreuses. Mais écoutez maintenant un détail bouleversant. Lagmara nous apprend que toutes ces jeunes filles portaient des vêtements blancs et surtout aucune ne mettait sa propre robe. Même les jeunes filles les plus riches, même celles qui possédaient les plus beaux vêtements, et bien ce jour-là, elles empruntaient leur robe à une amie. Pourquoi ? Afin que personne ne puisse distinguer la riche de la pauvre. Afin qu'aucune jeune fille ne ressente de honte. Imaginez cette scène. Une jeune fille issue d'une famille modeste, elle rêve, comme toutes les autres, de construire un foyer juif, mais elle n'a pas les moyens de s'offrir une belle robe. Dans beaucoup de sociétés, elle aurait probablement préféré rester chez elle. Elle se serait dit "Je n'ai aucune chance." Alors, les filles riches ont pris une décision extraordinaire. Elles ont renoncé à afficher leur richesse. Toutes se sont habillées de la même manière. Personne ne savait qui était riche, personne ne savait qui était pauvre. Parce que pour la Torah, la dignité d'une seule fille juive vaut plus que tous les vêtements de luxe du monde. Quelle leçon extraordinaire ! Nous vivons dans un monde où chacun essaie d'impressionner les autres. Les vêtements, la voiture, la maison, le téléphone, les réseaux sociaux. On veut montrer ce que l'on possède. La Torah nous enseigne exactement l'inverse. La véritable grandeur, ce n'est pas de montrer ce que l'on a, c'est de faire en sorte que l'autre ne souffre jamais de ce qu'il n'a pas. Voilà ce qu'est Avat Israël. Mais revenons à notre question. Pourquoi précisément le 15 Av ? Lagmara donne plusieurs raisons. À première vue, elle semble totalement différentes les unes des autres. Pourtant, vous allez voir qu'elle raconte toute la même histoire. La première remonte à la génération de la sortie d'Égypte. Après la faute des explorateurs, Hashem décrète une terrible sentence. Cette génération n'entrera pas en terre sainte. Chaque année, la veille d'une neuf Ave Ticha, les hommes concernés creusaient eux-mêmes leur propres tombes. Imaginez cette scène. Ils creusent la terre, ils embrassent leur famille, puis ils s'allongent dans leur tombe et attendent le lendemain. Et chaque année, des milliers d'entre eux ne se réveillaient jamais. Les survivants refermaient les tombes et attendaient l'année suivante. Pendant 39 ans, cette scène se répéta pendant 39 ans. Quelle angoisse ! Quelle peur ! Quel poids devait peser sur ses familles ! Puis arriva la 40e année. Les 15000 derniers hommes entrèrent dans leur tombe. Le lendemain matin, ils étaient tous vivants. Ils pensèrent s'être trompés de date. Alors, ils recommencèrent la nuit suivante. Puis encore une autre, jusqu'à la nuit du 15 Av. Lorsque la pleine lune illumina le désert, alors ils comprirent enfin que le décret était terminé. Hashem leur disait ma colère est finie. Une nouvelle page commence. Le premier événement de Tubave est donc la fin d'un décret, la fin d'une condamnation, le début d'une espérance nouvelle. Mais ce n'est pas tout. Lagmara nous raconte ensuite un épisode parmi les plus tragiques de toute l'histoire du peuple juif. L'histoire de Pilégesch Biva, la concubine de Givea. À la fin de l'époque des juges, une femme fut sauvagement agressé pendant toute une nuit par des hommes pervers de la ville de Givea, appartenant à la tribu de Benyamine. Au matin, elle mourut. Son mari bouleversé découpa son corps en douze morceaux et les envoya aux deux tribus d'Israël pour leur montrer jusqu'où la société était tombée. Le peuple tout entier fut saisi d'effroid. Une guerre civile éclata. Des dizaines de milliers de juifs moururent. La tribu de Benyamin fut presque anéantie. Dans leur douleur et leur colère, les autres tribus jurèrent : "Nous ne donnerons plus jamais nos filles en mariage aux hommes de Benyamine." Sur le moment, cette décision semblait juste, mais les années passèrent et les sages comprirent quelque chose. Si personne n'éposait les hommes de Benyamin, alors une tribu entière d'Israël allait disparaître. Le peuple juif resterait amputé pour toujours. Alors le 15 Hav, les anciens d'Israël eurent le courage de réparer. Ils levèrent l'interdiction. Ils organisèrent cette grande fête dans les vignes et c'est là que les jeunes filles sortirent danser. Les jeunes hommes de Benjamine pur, eux aussi rencontrèrent une épouse et ainsi une tribu entière retrouva un avenir. Quel enseignement extraordinaire ! Il est parfois nécessaire de sanctionner. Il est parfois nécessaire de condamner une faute, mais il ne faut jamais condamner définitivement une personne ou un peuple tout entier. La Torah croit toujours en la possibilité de réparer. Elle croit toujours au retour. Elle croit toujours qu'un frère reste un frère, même lorsqu'il s'est éloigné. Jusqu'à présent, nous avons découvert deux événements extraordinaires. Le premier, la fin du décret de mort dans le désert. et le deuxième, la réconciliation avec la tribu de Benyamin. Mais la gmara ne s'arrête pas là. Elle rapporte encore deux autres événements qui à première vue n'ont absolument aucun rapport avec les précédents. Et pourtant, vous allez voir qu'il raconte exactement la même histoire. Pour comprendre ce troisème épisode, il faut remonter plusieurs siècles en arrière. Après la mort du roi Salomon, le peuple juif s'est déchiré. Le royaume fut coupé en deux. Au sud, le royaume de Judas avec Jérusalem et le Betamdashche et au nord le royaume d'Israël. Et le premier roi d'Israël du royaume du nord, Jéroboam, eut une immense peur. Il se dit "Si mes sujets continuent de monter trois fois par an à Jérusalem comme la Torah demande, leur cœur retournera vers le roi de Judas et ils finiront par m'abandonner." Alors, il prit une décision dramatique. Il plaça des gardes sur toutes les routes menantes à Jérusalem. Les juifs n'avaient plus le droit d'aller au Betamdash. Imaginez cette souffrance. Pendant des générations, des familles regardaient les fête arrivé. Elles savaient que leurs frères montaient à Jérusalem. Elles aussi rêvaient d'apporter leur sacrifice. Elles aussi voulaient prier dans la maison d'Hachem. Mais des barrages leur barraient la route. On leur disait : "Vous n'avez pas le droit." Ce n'était pas seulement des routes qui étaient fermées, c'était des cœurs. On avait construit des frontières entre des frères. On avait réussi à convaincre des Juifs qu'il n'appartenaient plus au même peuple. Puis des années plus tard, un roi courageux prit une décision historique. Il fit retirer ses barrages. Les routes furent réouvertes à nouveau et des familles purent marcher ensemble vers Jérusalem. À nouveau, le peuple recommença à se retrouver. À première vue, cela ressemble à une décision politique. Mais le rabi explique que c'est bien plus profond. Car parfois les murs les plus dangereux ne sont pas fait de pierre, ils sont faits d'orgueil, de rancunes, de préjugés, de blessures anciennes. Et tant que ces murs restent debout, même deux frères peuvent vivre côte à côte sans jamais vraiment se rencontrer. Toutav est justement le jour où l'on enlève les barrières, le jour où l'on rouvre les routes qui mènent d'un cœur à un autre. Le dernier événement semble lui aussi très technique. La Gmara raconte qu'à partir du 15 Aves, on arrêtait de couper du bois destiné au bête àamigd. Pourquoi ? Parce qu'après cette date, le soleil perdait de sa force et le bois risquait de rester humide. Et du bois humide pouvait être rongé par les verres, ce qui le rendait impropre à être utilisé sur l'hôtel. Alors, chaque année jusqu'au 15 aves, des familles entières se mobilisaient. Elle partait dans les montagnes, elle coupait des arbres, elle transportait des quantités énormes de bois et elle les apportait au béicdash. À première vue, on pourrait dire très bien, elle préparait le combustible pour l'hôtel. Mais le Rabi attire à nouveau notre attention sur un détail magnifique. Pour qui travaillait-elles ces familles ? Non pas pour ell, non pas pour leur propre sacrifice. Elle ne savait même pas qui utiliserait ce bois. Peut-être un juif de Galilée, peut-être une famille de Belva, peut-être quelqu'un qu'elle ne rencontrerait jamais. Autrement dit, elle passait des journées entières à travailler pour permettre à un inconnu de servir àchem. Quel exemple incroyable ! Voilà ce qu'est à Avat Israël. Faire un effort sans savoir qui en profitera. Donner sans attendre le moindre merci. Préparer aujourd'hui le chemin spirituel de quelqu'un d'autre. Mes chers amis, réfléchissons quelques instants. Combien de personnes avons-nous rencontré dans notre vie qui nous ont aidé sans rien attendre retour ? Un professeur, un rave, un voisin, un ami. Ils ont semé quelque chose dans notre cœur et peut-être ne sauront-ils jamais tout le bien qu'ils nous ont fait. Ces familles qui apportaient le bois étaient exactement comme cela. Elles préparaient discrètement la possibilité pour des milliers de juifs de se rapprocher d'Hachem. Quel acte d'amour ! À ce stade, on pourrait croire que la gmara nous présente simplement une liste de beaux souvenirs historiques. La fin du décret dans le désert, la réconciliation avec Benyamin, la réouverture des routes, le bois du Betamdash. Quel lien existe-t-il entre tout cela ? C'est ici que le Rabi nous offre une lecture absolument extraordinaire. Il dit que ces quatre événements ne sont pas quatre histoires indépendantes. Ils racontent tous la même histoire. Tout bév est le jour où le peuple juif recommence à respirer après Tichaave. Car le 9 Tabéave est le jour où les fractures éclatent. Le 15 est le jour où elles commencent à guérir. Le 9 av est le jour où l'on perd confiance. Le 15 av le jour où l'espérance renaît. Le 9 av est le jour où les frères se séparent. Le 15 est le jour où les frères se retrouvent. Le 9 av Hav est le jour où l'on détruit. Le 15 est le jour où l'on reconstruit. Voilà pourquoi nos sages disent qu'il n'y a jamais eu de jour aussi joyeux que celui-ci. Parce qu'il n'existe pas de joie plus profonde que celle d'une réconciliation. Il n'existe pas de bonheur plus grand que celui d'une famille qui se retrouve après une longue séparation. Il n'existe pas de miracle plus grand qu'un cœur qui recommence à aimer après avoir souffert. Et maintenant, nous allons découvrir pourquoi le Rabi affirme que chacun des quatre événements est une réparation directe de ce qui s'est passé Ticha Béave. C'est sans doute la partie la plus profonde de notre discours. Revenons au premier tich abéave de l'histoire. Les explorateurs reviennent d'et Israël. Pendant 40 jours, ils ont parcouru cette terre extraordinaire. Ils ont vu des fruits gigantesques, une terre où coule le lait et le miel, mais ils n'ont retenu qu'une seule chose : obstacles, les géants, les murailles, les difficultés. Ils regardent la promesse d'Hashem et ils choisissent d'avoir peur. Puis ils commencent à parler, ils découragent le peuple, ils détruisent l'espérance. En une seule nuit, tout un peuple cesse de croire en son avenir. Et Hashem prononce cette phrase terrible : "Puisque vous avez pleuré cette nuit sans raison, cette nuit deviendra une nuit de pleur pour toutes les générations." Voilà le terrible drame. Ce n'est pas seulement qu'ils ont eu peur, c'est qu'ils ont contaminé tout un peuple avec leur peur. Ils ont remplacé la confiance par le découragement. Ils ont remplacé l'espérance par le désespoir. Ils ont remplacé la foi par le pessimisme. Combien cette faute est actuelle. Il suffit parfois d'une personne négative, d'une seule pour décourager toute une famille, toute une communauté, toute une équipe. Nous connaissons tous des gens qui entrent dans une pièce et immédiatement tout le monde respire mieux. Et nous connaissons malheureusement aussi des personnes qui entrent et toute la lumière disparaît. Les explorateurs ont été cela. Ils ont éteint la lumière. Mais regardez maintenant ce qui se passe à Toubé. Le décret prend fin, les dernières tombes restent vides comme si Hashem disait "La peur ne gagnera pas. Vous pouvez recommencer à croire." Voilà le premier message de Tobéave. Aucune chute n'est définitive. Aucun échec n'est éternel. Aucun juif n'est toujours dans son passé. Tant qu'il y a la vie, il y a un avenir. Puis vient l'histoire de Benyamin. Quelle tragédie ! Une guerre entre frères, des dizaines de milliers de morts, une tribu presque effacée et surtout une haine tellement profonde que les autres tribus jurent de ne plus jamais se mélanger avec Benyamin. Ils pensent agir pour la justice, mais le temps passe. Et les sages comprennent une chose extraordinaire. Une faute, même très grave, ne doit jamais conduire à détruire définitivement un frère. Alors, ils organisent les danses dans les vignes. Pourquoi ? Parce qu'un mariage est le plus beau symbole de la reconstruction. Au lieu de continuer à parler de la guerre, il décident de parler d'avenir. Au lieu de regarder les morts, ils choisissent de faire naître de nouvelles familles. Au lieu d'entretenir la colère, ils s'aiment la vie. Quelle leçon ! Il est parfois plus facile de punir que de pardonner. Il est parfois plus facile de couper les ponts que de les reconstruire. Mais Hashem nous demande d'être des bâtisseurs, non pas des démolisseurs. Le temple n'a pas été détruit parce que les Juifs ne priaient pas. Il a été détruit parce qu'ils ont oublié comment aimer un autre juif. Et c'est précisément pour cela que Toubéave vient réparer cette blessure. Puis viennent ces routes réouvertes vers Jérusalem. C'est le troisème ticoun. Enlever les barrières. Le Rabi fait remarquer quelque chose de magnifique. Pendant des années, des juifs empêchaient d'autres juifs d'aller rencontrer Hashem. Quelle image ! Parfois, les plus grands obstacles entre un homme et Hashem, ce ne sont pas les épreuves, ce sont d'autres hommes. Une mauvaise parole, une humiliation, une dispute, une exclusion. Combien de personnes se sont éloignées du judaïsme parce qu'un jour quelqu'un les a blessés ? Et bien Tou Béave vient dire : "Enlevez les barrières, ouvrez les chemins, ramenez les cœurs, ne soyez jamais celui qui ferme une porte, soyez toujours celui qui l'ouvre." Quelle responsabilité immense ! Et enfin, le 4è ticoun, vivre pour quelqu'un d'autre, le bois du Bamigdash. Je crois que c'est peut-être l'image la plus émouvante. Imaginez ces familles, elle travaille pendant des semaines sous le soleil, sous la chaleur. Elle porte des trons énormes. Elle se fatigue. Pourquoi ? Pour que dans 6 mois ou dans 8 mois, un juif qu'elle ne connaisse même pas puisse apporter son corbane. Quel acte de générosité ! Et le Rabi soulligne un détail bouleversant. Celui qui apportera son sacrifice pensera peut-être que oh là là comme tout cela est bien organisé sans savoir qu'une famille entière a travaillé pour lui des mois auparavant. Voilà le vrai recè. Faire du bien même lorsque personne ne saura jamais que cela vient de nous. Mes chers amis, le monde moderne nous pousse souvent à nous demander mais qu'est-ce que j'ai à y gagner ? Et bien la Torah nous apprend une autre question. qui va bénéficier de ce que je fais aujourd'hui ? Car quelqu'un qui est éduque un enfant, quelqu'un qui enseigne la Torah, quelqu'un qui aide discrètement une famille ou qui visite un malade ou qui encourage une personne découragée, et bien tous ces gens coupent du bois en réalité. Ils coupent du bois pour le Migde. Ils préparent la lumière d'un autre sans chercher les applaudissements. Et c'est cela le véritable Ava d'Israël. Le rabi à ce moment-là nous fait comprendre quelque chose de magnifique. Les danses dans les vignes n'étaient pas une simple fête. Elles étaient le symbole vivant de tout ce que nous venons de voir. Les riches empruntaient les vêtements des pauvres. Les pauvres ne ressentaient aucune honte. Benjamin retrouvait sa place. Les routes étaient réouvertes. Le bois était offert pour les autres. Tout criait le même message. Aucun juif ne restera de côté. Et voilà pourquoi nos sages ont dit, il n'y a eu jamais de jour aussi heureux pour Israël que Tobéave, car il n'existe pas de joie plus profonde que celle d'un peuple qui retrouve son unité. Je voudrais terminer par deux histoires vraies. Deux histoires qui nous montrent que l'amour d'Israël n'est pas une théorie, c'est une manière de vivre. C'est une manière de regarder un autre juif. C'est une manière de ressembler à Hashem. Le premier récit concerne Rav Abraham Rottenberg. Alors qu'il était encore jeune, il participa à une réunion rassidique enfin Brengen. Au cours de cette soirée, un juif leva son verre de l'him et prononça une phrase qui allait bouleverser sa vie. Il dit "Je préfère vivre avec ce que le saint béni soit-il m'envoie plutôt que de dépendre d'un être humain. Je ne veux pas vivre à crédit. Je veux apprendre à vivre avec une confiance totale en HM. Cette phrase pénétra profondément dans le cœur du jeune rave Rottenberg. Il prit alors une résolution. Toute sa vie, il ne demanderait jamais un prêt. Non pas parce qu'il était orgueilleux, non pas parce qu'il méprisait ceux qui empreintent, mais parce qu'il voulait apprendre à vivre avec une confiance absolue en HM. Les années passèrent. Il se maria, il fonda un foyer, puis arriva le mariage de son premier enfant. Et là, la réalité le rattrapa. Les dépenses s'accumulaient. La salle, le traiteur, les musiciens, les vêtements, les invités, il fit les comptes et il ne restait plus rien, même pas quelques centaines d'euros, rien. Autour de lui, tout le monde lui disait "Abraham, emprunte, tu rembourseras plus tard." Mais il tenait sa promesse. Seulement voilà, son cœur était partagé. D'un côté, il avait confiance en Hashem, mais de l'autre, il était un père. Et quel père ne veut pas offrir un beau mariage à son enfant ? Cette nuit-là, il dormit très peu et le matin du mariage, il alla prier avec un cœur lourd. Il pria et il demanda à Hashem de l'aider. Puis à la fin de l'office, un rave s'approcha de lui et lui demanda : "Dites-moi, aujourd'hui il y a un mariage chez vous ?" Il répondit : "Oui." Alors le rave sortit discrètement une enveloppe de sa poche. Il la lui tendit et lui dit quelque chose qui lui donna des frissons. "En montant dans l'avion pour Israël, je me suis dit : "Le premier juif que je rencontrerai qui organisera un mariage et qui aura besoin d'aide, c'est à lui que je donnerai cette enveloppe. Tu es le premier, elle est donc pour toi." Imaginez l'émotion de Ravrotenberg. Ce n'était pas seulement de l'argent, c'était un message comme si Hashem lui disait "Je connais tes soucis, je connais tes nuits blanches, je connais tes inquiétudes et je t'envoie exactement ce dont tu as besoin au moment où tu en as le plus besoin." Mais mes chers amis, je crois que le miracle n'est pas seulement l'enveloppe. Le véritable miracle, c'est le cœur de celui qui l'a donné. Il ne connaissait pas Ravrottenberg. Il ne cherchait pas ni des honneurs, ni de la publicité. Il ne voulait même pas qu'on parle de lui. Il voulait simplement alléger le fardeau d'un autre juif. Voilà ce qu'est à Av Israël. Voir la douleur de quelqu'un avant même qu'il ne la raconte. Être sensible aux besoins de l'autre. Agir discrètement sans attendre de remerciement. N'est-ce pas exactement ce que faisaient ces familles qui apportaient le bois au Bamigdash ? Elle travaillait pour des gens qu'elle ne connaîtrait jamais. Le rave lui aussi a aidé un homme qu'il ne connaissait pas. Tout bév, ce n'est pas seulement des fleurs. Tout béave, c'est apprendre à porter le poids d'un autre. Et enfin, la deuxième histoire qui est peut-être encore plus bouleversante. Un homme était marié depuis de longues années. Avec son épouse, il rêvait d'avoir un enfant. Ils avaient consulté des médecins, ils avaient prié, demandé des bénédictions, essayer différentes ségoulottes, mais rien ne se passait. À l'approche de Rochahana, il entendit parler d'une coutume ancienne. Beaucoup considéraient que recevoir la montée du maftir le premier jour de Rochahana était une séoul pour avoir des enfants. Cette année-là, il décida de tout donner. Lorsque les enchères commencèrent, il leva la main puis encore puis encore et il monta très haut. Finalement, il remporta le maftir. Son cœur débordait d'espoir. Peut-être que cette année, le miracle arriverait enfin. Mais au moment où l'on allait appeler son nom, un autre homme s'approcha de lui. Il avait les larmes aux yeux et il lui dit presque en chuchotant : "Pardonne-moi, mais mon épouse et moi attendons un enfant depuis tellement d'années. Nous avons essayé tant de choses, il ne nous reste plus que cette séoula. Je t'en supplie, laisse-moi monter à ta place." Mes chers amis, essayez d'imaginer cette seconde. Que ferions-nous ? Après tout, il avait payé. Il en avait le droit. Il avait attendu ce moment pendant des années et pourtant il regarda cet homme. Il vit sa souffrance et il lui répondit : "Bien sûr, prends-la de tout mon cœur." À cet instant, il renonçait à son propre espoir pour offrir une chance à un autre juif. Et voilà ce qui est extraordinaire. Car une année plus tard, il revint à la synagogue. Le Gab lui demanda : "Tu souhaites encore acheter le maftire ?" Il répondit avec un immense sourire : "Ce ne sera plus nécessaire. Il y a 2 mois, ma femme a donné naissance à des jumeaux. Quel enseignement extraordinaire ! Ce n'est pas une recette miracle. La Torah ne nous dit pas "Donnez et vous recevrez automatiquement". Le message est bien plus profond. Lorsque cet homme a cessé de penser uniquement à lui-même, lorsqu'il a placé la douleur d'un autre avant la sienne, il a ressemblé à qui ? Il a ressemblé à Hashem. Et lorsque l'homme ressemble à HM, le monde devient un peu plus capable d'accueillir la bénédiction divine. Et maintenant, nous pouvons enfin répondre à la grande question du début. Pourquoi nos sages disent-ils que Yom Kipour est l'un des jours les plus heureux de l'année ? Et bien parce que Yom Kipour est le jour où Hashem nous regarde et nous dit : "Malgré tes fautes, tu restes mon enfant." Et Toubéave est le jour où nous apprenons à regarder un autre juif et à lui dire comme Hashem. Malgré tout, tu restes mon frère. Yom Kipour répare notre relation avec Hashem. Toutav répare notre relation entre nous. Et il n'y a pas de plus grande joie que celle-là. Mes chers amis, nous avons tous connu des tichaves personnels dans notre vie. des épreuves, des échecs, des blessures, des incompréhensions, des séparations, parfois même des disputes familiales qui durent des années. Mais Toubé vient nous murmurer une promesse extraordinaire. Aucun neuf AV n'est éternel. Après chaque destruction, Hashem prépare déjà une reconstruction. Après chaque obscurité, il prépare une lumière. Après chaque mur, il ouvre une route. Après chaque rupture, il crée une possibilité de retrouvaille. Alors, en quittant ce Rizou, je voudrais que chacun de nous se pose une seule question. Qui attend aujourd'hui que je fasse le premier pas ? Y a-t-il une personne à qui je n'ai plus parlé depuis des mois ? Quelqu'un que j'ai jugé trop vite ? Un proche que j'ai laissé s'éloigner, un juif qui attend simplement qu'on lui tende la main. Si chacun de nous décide aujourd'hui d'abattre un mur, alors nous transformerons notre propre maison en un petitave. Et peut-être précisément cela qui nous fera mériter très bientôt le plus grand des Toubéaves, celui où Hashem reconstruira le Bamigdash, rassemblera tous les exilés et révélera enfin le masiar très bientôt de nos jours. Ah.