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HIZOOK#39 - Le Kif selon la Torah (MATTOT 42)

HIZOOK#39 - Le Kif selon la Torah (MATTOT 42)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha
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Transcription
Kind: captions Language: fr Imaginez un juif sincèrement attaché à la Torah et au mitzvot qui se retrouve devant une carte de restaurant gastronomique. Les places sont certes cachères, le cadre est magnifique et l'ambiance est apaisante. Mais une question le hante : ai-je vraiment le droit de me faire plaisir ? Est-ce que ce moment de confort et de goût raffiné est compatible avec ma spiritualité ? À la veille des vacances, cette question simple en apparence touche en réalité au cœur même de notre relation à Dieu, à la vie et à notre mission dans ce monde matériel. Dans une entreprise high-tech israélienne, deux employés épuisés par des mois de travail sans pause décide un matin de faire la révolution. L'un des deux grimpe sur une table, tend les bras au ciel et déclare : "Je suis la lampe de ce bureau. Je suis celle qui éclaire tous les dossiers." Le patron entre et est surpris puis lui dit : "Tu es une lampe ?" Très bien. Une lampe ne part pas en vacances, tu restes ici. Son collègue, moins poétique mais plus stratège prend son sac et descend calmement pour quitter le bureau. Le patron le rattrape et lui dit "Mais où vas-tu ?" et il répond "Je ne peux pas travailler dans le noir, il vient d'éteindre la lampe." Ce petit sketch cache une vérité profonde. Nous avons tous besoin d'une pause. Non pas pour fuir notre mission, mais pour mieux y revenir. Le problème, ce n'est pas de se détendre, c'est d'oublier pourquoi on vit. La parachat de Matotte nous introduit au thème des né d'Arim, les vœux. Un homme décide de se priver de quelque chose volontairement pour se rapprocher de Dieu. Cela peut-être de la nourriture, du vin, du confort, mais est-ce louable ? À première vue, la Torah elle-même semble ambivalente. Elle appelle le nazir cadoche, saint, mais elle exige aussi qu'il apporte un corbanat, un sacrifice d'expiation. Rashi tranche, il a péché. En se privant du vin, il a refusé un cadeau divin. Et pourtant, la gmara dans Taanit nous dit que celui qui jeûne sans raison, même un seul jour, est appelé égoïste. Pourquoi te priv-tu ? Est-ce vraiment ce que Dieu attend de toi ? Mais alors, que veut vraiment la Torah ? que nous soyons des êtres angéliques ou des bons vivants. Le Talmud nous livre deux phrases apparemment contradictoire dans le Pavot. Nos sages nous disent que tout ce que Dieu a créé, il ne l'a créé que pour lui rendre honneur. Dans la gara de Saint-Édrine, les sages nous disent que chaque homme doit dire haut et fort pour moi, le monde entier a été créé. Alors, le monde est-il à lui ou à moi ? La réponse est merveilleuse. Il est à moi pour que je puisse le lui rendre. Dieu me confie ses plus beaux cadeaux pour que je les utilise avec conscience et que je les élève vers lui. Je prépare un magnifique repas de shabbat avec les meilleurs mai et j'invite des amis. Je récite les brachotes. Je partage des paroles de Torah. Je chante un igun. Je fais un bircat Amazon lent et ressenti. Et tout à coup, chaque bouchée devient une offrande. Chaque saveur devient sacré. Le Talmud de Jérusalem nous dit qu'à la fin de notre vie, Dieu nous demandera des comptes sur toutes les bonnes choses cachères de ce monde que nous n'avons pas voulu goûter. Mais pourquoi ? Parce que refuser ces cadeaux, c'est comme dire à Dieu, je n'ai pas confiance dans ce que tu m'offres. Et le Talmude ajoute : "Pour chaque aliment interdit, Dieu a créé une version cachère avec le même goût. Par exemple, un poisson dans les profondeurs de la mer a exactement le même goût que le cochon." Pourquoi ? pour te dire tu peux goûter à tout mais dans les limites que je te fixe. Je veux ton bonheur mais aussi ta grandeur. Il était une fois un homme très riche qui fit construire une villa somptueuse en bord de mer. Tout y était parfait. Le jour de l'inauguration, un inconnu frappe à la porte. Vendez-moi votre maison, s'il vous plaît. 50 millions, je suis prêt à payer. Impossible. Alors juste un clou dans le mur, un seul clou dans votre maison. Le propriétaire amusé accepte. Mais le lendemain, l'homme revient accrocher un manteau. Puis une semaine après, une étagère, puis une photo et il débarque finalement avec des amis. Ne touchez à rien, c'est mon clou. Petit à petit, il s'installe dans toute la maison. Le machal est clair, le nimchal l'est encore plus. Ce clou, c'est le plaisir que je refuse de sanctifier. Un seul petit détail que je garde pour moi seul que je ne souhaite pas donner à Dieu. Mais par ce clou, le Yetsarara s'infiltre et de fil en aiguille, il prend toute la place et devient propriétaire. Avant la faute, Adam et Hava étaient nus et il n'avaiit pas honte. Pourquoi ? Parce que leur corps était un véhicule de l'âme orienté vers la volonté divine. Mais après la faute, le corps devient un but, une fin. Et donc la honte née. La honte ce n'est pas d'être matériel, c'est d'oublier qu'on est aussi une âme. Le prophète Zharia décrit le masiar comme un homme pauvre chevauchant un Annâne. Mais le mot anne en hébreu, c'est ramor, même racine que Romè, la matière. Masiar ne subira pas la matière, il la dirigera. il la mettra au service du divin. C'est d'ailleurs pourquoi Joseph Atsadik est considéré comme le premier masiar au cœur de l'Égypte. Il utilise la politique, l'économie, le pouvoir pour nourrir, sauver et réunir. Il est intègre dans un monde corrompu. Il est spirituel dans un palais et il montre la voix. Rabishimonadik n'avait pas l'habitude de manger des sacrifices du nazir. Trop souvent ses vœux étaient superficiel pour lui. Un jour, un jeune homme arrive beau, les cheveux brillants, les yeux profonds et il vient offrir son sacrifice du Nésirra. Rabishimon lui demande pourquoi as-tu pris ce vœu sur toi ? Et le jeune homme répond : "Je faisais pêtre mon troupeau et en me penchant vers une source, j'ai vu mon reflet. Mais j'ai vu aussi ma beauté. Mon Yetserara a commencé à me parler. Alors, j'ai dit non, c'est Dieu que je veux servir et non pas mon image. Et j'ai pris le vœu du Nés." Rabishimon se lève, l'embrasse sur la tête et lui dit : "Que de tels nazir se multiplient en Israël ? Alors, on a le droit de se faire plaisir ou non ? On n' pas seulement le droit, c'est un devoir, mais à condition de transformer le plaisir en élévation. Un juif, ce n'est pas quelqu'un qui fuit la vie, c'est quelqu'un qui remplit la vie de lumière. Alors, partez en vacances, détendez-vous, mais allumez une bougie, faites une braha, lisez une ligne de Torah, parlez doucement, aimez sincèrement et vous verrez à ce moment-là, vous ne serez pas en pause spirituelle, vous serez en pleine mission. Le rabi donne une astuce puissante pour ne pas perdre le nord pendant les vacances. Même si tu es à la mer, à la montagne ou dans un spa, fixe-toi un temps de prière, un moment d'étude, une petite habitude de kedoucha. Commence chaque jour par une braha, un mot de Torah, une pensée de gratitude. Ne laisse pas la pause devenir une cassure. Laisse-la devenir un tremplin. Ce n'est pas le plaisir qui est mauvais, c'est de vivre sans cape, sans conscience. La Torah ne veut pas que tu souffres, elle veut que tu te transformes. Chaque plaisir peut devenir une offrande, chaque détente, une préparation à l'élévation. Chaque instant, une opportunité de dire "Je suis vivant, je suis en chemin et je sers à chem. [Musique]