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HIZOOK#36 - Quand les femmes osent

HIZOOK#36 - Quand les femmes osent

Rav Shimshone Attali ·

Mariage & Famille
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Transcription
Kind: captions Language: fr Ce cours est pour l'élévation de l'âme de Ellie Eliaou Ben Bachla. Il y a des moments dans la vie où le silence devient plus douloureux que le bruit. des situations où l'injustice n'est pas violente ou brutale, mais elle s'insinue en douceur dans les règles, dans les usages, dans les traditions jusqu'à devenir la norme. Et on n'ose plus poser de questions. On accepte, on baisse la tête, on se dit "C'est comme ça, c'est la vie." Mais parfois au cœur du silence, une voix douce, ferme, respectueuse mais déterminée s'élève. Une voix qui dit pourquoi ? Pourquoi ce qui est juste pour les autres ne serait pas pour moi ? Pourquoi mon amour, mon engagement, ma foi ne compte-il pas ? C'est l'histoire de cinq femmes, cinq sœurs, cinq héroïnes méconnues. Elles ne sont pas prophétesses, elles ne sont pas mères de tribus, elles ne font même pas de miracle, mais elles changent la Torah et leur secret, l'amour, l'amour sincère, ardent et profond. L'amour d'Erets et Israël, l'amour de leur père, l'amour de la justice. Mais avant d'aller plus loin, laissez-moi vous raconter une petite histoire drôle. Un jeune couple, plein d'espoir s'apprête à se marier. Sur le chemin des préparatifs, un tragique accident les arrache à la vie. Les voilà devant le tribunal céleste, encore unis dans leur amour. Il demande alors à un ange : "Nous voulions tant nous marier, peut-on célébrer notre union ici au Gan Eden ?" L'ange accepte, mais cela prendra 3 mois pour trouver un rabin là-haut. Ils se marient finalement, mais après un temps, leur relation se dégradent. Ils reviennent voir l'ange. Nous voulons à présent divorcer. Et l'ange de s'emporter : "Il m'a fallu trois mois pour trouver un rabin". Au Gan Eden. Vous vous rendez compte combien de temps il faudra pour trouver un avocat là-haut ? Un sourire certes, mais derrière cette anecdote légère se cache une grande question. Sommes-nous acteurs ou spectateurs de notre relation avec le ciel ? Nous sommes à la fin des 40 années de désert. Le peuple juif est prêt à entrer en terre promise et on parle à présent concrètement la terre, le partage, les frontières et là surgit un moment de tension presque révolutionnaire. Cinq femmes, les filles de Zéofrade, pénètrent dans le michkan devant Moosé, Elazar, les chefs de tribu et tout le peuple et elles contestent. Elles sont célibataires, orphelines, âgées. Elles n'ont ni marie ni frères. Elles sont excluses du partage. Car la Torah prévoit que seules les familles masculines reçoivent une portion de terre. Mais elle se lève, elle ne manifeste pas, elle ne hurle pas, elle ne brise pas la Torah. Simplement, elles viennent poser leurs questions avec dignité et foi. Pourquoi le nom de notre père serait-il effacé ? Et c'est là que tout bascule. Mosé ne leur répond pas. Il demande à Hashem et Hashem dit : "Ken, benotfrad d'vrot, elles ont raison. Le mot qu'elles utilisent, pourquoi serions-nous privés ? Ce n'est pas un hasard. C'est le même mot que ceux qui étaient impurs lors du second pessar et qui demandèrent à Moosé Lamanigara, pourquoi serions-nous exclus ? Et c'est ce cri qui va créer une nouvelle fête, pessar chen une seconde chance. Le message est fort. Il existe dans la Torah des lois dormantes qui attendent qu'on les réclame. Hashem attend notre soif. Il veut entendre. Je veux être inclus, je veux appartenir. Je ne veux pas rester en dehors. Revenons 120 ans en arrière à notre époque. Nous sommes sous domination ottomane. Une terrible rumeur circule. Seuls les natifs de Jérusalem pourront y vivre. Or, la ville est peuplée d'immigrants de tout horizon. Pour rester, il faut jurer, être né à Jérusalem. Dilemme. Peut-on jurer un mensonge ? Et les rabins donc hésitent. Et alors, on pose la question au génie rave Joseph Rosen, le regard de chauver. Sa réponse, une simple référence au Talmud traité Ketubot, page 75. Il cite le verset de Sion. On dira "Cet homme et cet homme sont nés en elle." Et la gmara explique, même celui qui aspire à Jérusalem est considéré comme si qu'il était né à Jérusalem. Message bouleversant. Ce n'est pas le certificat de naissance qui fait de toi un enfant de Sion, mais ton amour pour elle. Un couple marié depuis 10 ans sans enfant vient demander le divorce à Rabichman Bayohai comme veut la tradition. Il accepte à une condition surprenante. Faites une fête pour vous séparer comme vous en avez fait une pour vous unir. Ils organisent donc une soirée de divorce, la salle, les invités, la musique, le photographe. Et à la fin, le mari, un peu éméché, dit à sa femme : "Prends ce que tu as de plus précieux et retourne enfin chez tes parents." Le lendemain matin, il se réveille mais sur le canapé des beaux-parents. Sa femme lui dit : "Tu es ce que j'ai de plus précieux." Il retourne chaleur qu'il est béni cette fois-ci d'une descendance et le miracle se produit. Pourquoi cette épreuve ? Pourquoi ne pas les avoir bénis tout de suite ? Et bien parce que Rabiimon voulait entendre un cri d'amour, pas un projet. Il voulait sentir qu'il restait un lien vivant entre eux. Ce cri, cette phrase de la femme "Tu es ce que j'ai de plus précieux", a déchiré les cieux. Imaginez un enfant de 3 ans. Il a peur et il supplie ses parents de dormir avec eux. Il refuse. Alors l'enfant pleure, crie puis plus rien. Au petit matin, les parents ouvrent la porte et le trouve endormi sur le sol, blotti contre la porte. Il n'a pas abandonné, il a juste pleuré jusqu'à l'épuisement. Et à ce moment, même le père le plus strict ne résistera pas. C'est cela la galoute, l'exil. Nous sommes les enfants dehors dans la nuit. Mais nous n'abandonnons pas. Nous restons là collés à la porte parce que nous savons qu'il n'y a pas d'autres endroits où aller. À la suite de la destruction du temple, les sages de Jérusalem sont tous en pleur. Il voi les Romains festoyés pendant que Jérusalem git en ruine. Rabia qui va quant à lui rit. Il lui demande "Pourquoi ris-tu ? Rabia qui va ?" Il répond : "Pourquoi pleurez-vous ?" Il dit, "C'est pour cela que je ris. Si ceux qui transgressent la volonté divine prospère, alors ceux qui la respectent seront infiniment récompensés." Mais il y a un sous-texte bouleversant à cette histoire. C'est parce que vous pleurez que j'ai de l'espoir et que je ris. Votre refus d'accepter l'exil, votre douleur, votre cri, c'est cela qui appelle la guoula. Enfin, Rabi Mordekhaï de Tchernobyl avait pour habitude de loger chez des disciples le shabbat. Un jour, à la surprise de tous, il exige un paiement exorbitant de 10000 pièces d'or pour venir chez un certain disciple. Ce dernier est effondré, mais pour la première fois de sa vie, il prie pour de l'argent. Il supplie Dieu de l'exaucer. Et cette nuit-là, des soldats vont loger chez lui et vont oublier une mallette pleine d'or. Il lapporte au Rabi qui la refuse. Ce n'était pas pour moi, c'était pour toi. Tu n'aurais jamais prié sans cela. Et celui qui ne demande pas ne reçoit pas. Chers amis, tout ce cours, toute cette drachat ne parle en réalité que d'une seule chose : le pouvoir du cri, le pouvoir de la demande, le pouvoir du lien. Les filles de Télelofrade, ce ne sont pas juste cinq sœurs. Ce sont les pionnières d'un judaïsme vivant, d'un judaïsme où l'on ose parler à Hashem, pas pour tout changer, mais pour être inclus, pour être vu, pour ne pas être oublié. Et surtout, elle nous enseigne que l'amour quand il est sincère peut faire bouger même les lois les plus célestes. Alors en séours de Benhamed Sarim, ne soyons pas tristes, soyons amoureux, aimons Hashem au point de frapper à sa porte sans relâche comme un enfant tout au long de la nuit. Et quand il ouvrira ce qu'il fera à coup sûr, nous comprendrons que tous ces cris, toutes ces années, toute cette attente n'était pas veine. Elles étaient les clés de la délivrance. [Musique]