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HIZOOK#35 - Les paroles qui tuent (BALAK 40)

HIZOOK#35 - Les paroles qui tuent (BALAK 40)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr [Musique] Commençons par une histoire drôle. Il était une fois un rave qui perdit son volume de gmara préféré, celui qu'il étudiait chaque jour et nuit. Ce n'était pas n'importe quel livre. Il appartenait à son père et avait pour lui une valeur sentimentale immense. Le rave le chercha partout mais en vain. Quelques jours plus tard, voilà qu'un anne entre dans la synagogue, le livre dans la bouche et le dépose devant lui. Le rave s'exclame stupéfait : "Mon Dieu, c'est un vrai miracle !" Hél lui répond calmement. Pas vraiment un miracle ton nom est écrit dedans. La michna d'empireavot énumère 10 merveilles créées à la dernière minute de la création juste avant l'entrée du shabbat. Parmi elles, trois sont introduites par le mot paix, bouche. La bouche de la terre qui avala Cor et sa bande, la bouche du puit de Myiam qui fit couler de l'eau pendant 40 ans dans le désert et la bouche de l'anès que nous retrouvons dans notre parachat de Balac. L'histoire est incroyable. À la fin des 40 années d'érance dans le désert, les béné Israël progressent vers la terre promise et écrasent deux empires puissant, ceux de Siron et Hog. Il ne reste plus qu'un petit royaume en travers de leur route Moave, l'actuelle Jordanie. Le roi de Moave, Balak, est terrorisé. Il comprend que sa force militaire n'est pas suffisante devant Israël. Alors, il décide de tenter une stratégie inédite, une guerre spirituelle. Il va chercher Bilham, un prophète païen capable de maudir par la parole. Il le convoque pour qu'il vienne maudir Israël depuis les hauteurs du désert. Bilham accepte et part en route monter sur son anè et là, soudain, quelque chose d'étrange se produit. Laanès voit un ange de Dieu avec une épée dégainée bloquant le chemin. Mais Bilham, lui ne voit rien. La Nè panique, se détourne du chemin et Bilham s'énerve et la frappe. Elle tente encore de contourner l'obstacle mais Bilham s'obstine et la frappe une deuxième fois puis une troisième quand elle se couche finalement au sol. Et là, miracle, la ouvre la bouche et parle. Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu me frappes trois fois ? Bilham, furieux répond : "Tu t'es moqué de moi. Si j'avais une épée, je t'aurais tué." La lui rétorque calmement : "Ne suis-je pas ton anè, celle que tu montes depuis toujours ? Est-ce que je t'ai déjà fait une chose pareille ?" Bilham reconnaît. Non, c'est vrai, jamais. À ce moment-là, Dieu ouvre les yeux de Bilam à son tour. Il voit enfin l'ange avec l'épée et comprend que la naè a agi par crainte du divin. L'ange lui dit alors : "Va avec les hommes de Balac, mais ne dis que ce que je te dirai de dire." Finalement, on connaît tous la fin de l'histoire. Les malédictions de Bilam se transforment en les plus belles bénédictions du peuple juif. Mais une grande question se pose. Pourquoi ce détour avec cette histoire d'Anè ? Pourquoi cette scène étrange ? Et surtout pourquoi ne pas avoir dit clairement à Bam dès le début qu'un ange bloquait le chemin ? Pourquoi s'est-elle laissée frapper ? Pourquoi cette humiliation, cette souffrance ? Le Rabi donne une explication magnifique et nous dit que l'Anès ne voulait pas humilier Bilham. Elle refuse de lui dire en face qu'elle voit ce qu'il ne voit pas car ce serait le détruire. La prophétie, la vision spirituelle, c'est l'essence de Bilham. C'est sa force, son ego, sa fierté. et de lui dire que tu ne vois même pas un ange, c'est le briser de l'intérieur. Laisse préfère recevoir des coups trois fois plutôt que de lui faire perdre la face. Voilà le message. Le cavode, la dignité humaine, c'est vital. Ce n'est pas un luxe. Ce n'est pas secondaire, c'est l'oxygène de l'âme. On a trop vite fait aujourd'hui d'humilier et d'écraser les autres. Un mari n'aime pas le dîner, il crie sur sa femme. Une femme est déçue du salaire de son mari, elle le rabaisse en public. Mais l'anès nous enseigne qu'il faut mieux prendre des coups que d'humilier les autres. Parce qu'humilier, c'est tuer. Un autre exemple bouleversant, celui de Tamar dans la Genèse. Elle est mariée aux différents fils de Yéhoua morts successivement. Lorsqu'elle comprend que Youda, son beau-père, ne veut pas la marier à son dernier fils, pensant qu'elle est une veuve noire, elle prend les devants pour assurer une descendance à la famille. Elle se déguise et finalement se retrouve enceinte de son beau-père Yehoua sans qu'il le sache. Quand la grossesse se voit, on l'accuse d'adultère. Elle est condamnée à mort. À ce moment-là, elle pourrait crier "C'est Youda le père" et sauver sa vie. Mais elle préfère se taire pour ne pas humilier Yéhouda en public. Elle envoie discrètement à Youda en perso les objets qui lui a laissé pour qu'il reconnaisse de lui-même. Et Lagmara dit à son sujet : "Mieux vaut se jeter dans un feu que de faire honte à autrui en public. Mais comment est-ce possible ? Mourir plutôt que parler ? Et bien oui, parce que humilier quelqu'un c'est un meurtre. Comme nous disent les 10 commandements, ne tu pas fais référence au meurtre de la parole quand on humilie autrui. Ce n'est pas avec une épée, mais avec les mots qu'on peut tuer. Et dans certains cas, il faut tout faire pour l'éviter. Comme disait le rafetraim, la vie et la mort ne dépendent que de ta langue. Vanessè, elle aussi choisit le silence et la souffrance physique plutôt que de dire à Bilham, "Tu n'es rien, tu ne vois plus la présence divine." Ce message est plus que jamais d'actualité. Aujourd'hui, tout le monde a un téléphone qui peut devenir juge, jury et bourreau en un clic. Tu as été mal servi dans un resto, on filme. Quelqu'un t'a mal parlé ? poste. Un fonctionnaire t'a ignoré, TikTok va le punir. Un exemple réel. En février 2015, un vol d'Israël vers la Bulgarie a été surnommé le vol du chocolat en se moquant des passagers israéliens. Ces passagers ivres ont hurlé sur les hôesses bulgares parce qu'ils voulaient acheter des chocolats duty free. Les membres de l'équipage ont filmé la scène et l'ont publié. Résultat, les passagers sont devenus la risée du monde entier et depuis les cas de violence à bord ont baissé. Mais le message de la NES est très fort. Attention, le shaming est une arme puissante. On doit pas s'en servir à la légère. Toujours demander à un rave avant de publier quelque chose qui peut humilier. Même la Torah est sensible à cela. Dans la parachat michpatim, la Torah parle du voleur. Un homme qui a volé un bœuf ou un mouton. S'il vend ou abat l'animal qu'il a volé, il doit payer quatre fois la valeur du mouton, mais cinq fois pour le bœuf. Pourquoi la différence ? Lagmara répond : "Parce que le voleur de mouton a dû porter le mouton sur ses épaules." Se ridiculiser en courant avec cet animal sur le dos. Il s'est donc déjà humilié. La Torah lui réduit l'amende pour ne pas en rajouter sur sa honte. Mais attendez, ce type est un criminel, il a volé et on s'inquiète de sa honte. Le Rabi répond : "Il n'existe pas de petite humiliation ou ni de petite honteux. Toute honte est grave. Toute personne mérite qu'on préserve sa dignité, même le voleur. La Gamara nous dira fait partie de ceux qui sont humiliés et jamais de ceux qui humilient. Celui qui est humilié et ne répond pas est comme le soleil à son zénite et c'est comme si qu'il avait accompli jeûes. Ce message Rabban Yohanan Benzaka, il l'a incarné. C'était un géant de la Torah, le seul à porter le titre Raban sans être descendant de Hilel. Et pourtant, jamais personne ne lui a dit bonjour avant qu'il ne le dise lui-même le premier. Il saluait chaque marchand, chaque passant, juif ou non juif. Il savait ce dont l'homme a besoin, qu'on le voit, qu'on le respecte, qu'on lui donne une place. Pour conclure une histoire émouvante. Un jour, un des Admourim de Vignit rentrait chez lui après la prière avec son gabail, son bedau. Il passait devant une bijouterie et d'habitude le rab marchait vite sans s'arrêter mais là il entre dans la boutique. "Je cherche une belle montre pour ma femme", dit-il. Le bijoutier flatté de la venue du rabby sort ses plus beaux modèles. Le rave hésite puis lui dit : "Monsieur, peut-être que votre épouse pourrait venir nous aider à choisir. Elle saura mieux que nous ce qui plairait à ma femme." La femme du bijoutier vient, regarde et choisit un modèle. "C'est exactement ce qu'il me faut", dit le rave. Il pai et part. Le gars baille sur la route est choqué. Rabby, pourquoi cet achat ? Vous n'avez pas les moyens et la rabanite n'a même pas besoin de montre. Le rab répond : "Sache qu'hier soir, en passant dans la rue, j'ai entendu le bijoutier crier sur sa femme : "Tu ne sers à rien. Cela fait de semaines que tu n'as rien vendu. Reste à la maison." Alors, j'ai voulu aujourd'hui lui rendre sa dignité, lui montrer qu'elle a de la valeur. Ce que l'anseigne, c'est que la dignité humaine est sacrée et qu'il vaut mieux prendre trois coups que d'emporter un seul à l'âme de quelqu'un d'autre.