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HIZOOK#34 - Frapper n'éduque pas

HIZOOK#34 - Frapper n'éduque pas

Rav Shimshone Attali ·

Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Aujourd'hui, j'aimerais qu'on parle d'un sujet qui touche tous les parents, tous les éducateurs et toutes celles et ceux qui ont à cœur de transmettre. La fessée, les cris, la colère et la manière dont on éduque nos enfants. Un sujet qui fait mal qui peut aussi faire grandir. Pour cela, on va cheminer ensemble entre psychologie moderne, parachat de la semaine, proverbe biblique, racidout et bien sûr les enseignements lumineux de nos maîtres. Il y a quelques jours, je suis tombé sur un article scientifique publié sur internet intitulé "Donner une fessée à son enfant." Pourquoi c'est à proscrire ? L'article basé sur des dizaines d'études et sans appel. Même une simple fessée endommage la matière grise du cerveau de l'enfant. Elle bloque l'apprentissage, augmente l'agressivité, la peur et parfois même des tendances dépressives. Elle ne transmet pas une règle, elle transmet la peur. Mais ce qui m'a le plus touché, c'est cette phrase : "Un enfant frappé apprend à frapper." Un enfant grondé avec colère apprend la colère. Un enfant écouté apprend à écouter. Et c'est là que la Torah vient. Non pas pour contredire cela, mais le précédé de plusieurs millénaires avec profondeur et sagesse. Le roi Salomon, le plus sage des hommes, écrit dans le michelet cette phrase célèbre : "Celui qui retient son bâton déteste son fils, mais celui qui l'aime le corrige à temps." Et là, beaucoup de gens s'arrêtent au mot bâton et pensent "Ah bah, tu vois bien, même la Torah dit qu'il faut frapper les enfants." Mais c'est une erreur tragique parce qu'on ne lit ni le mot, ni le contexte, ni l'intention. Le mot chevette signifie bien sûr un bâton, mais un bâton tendre. Ce mot signifie également autorité, leadership, direction comme les 12 tribus, les chevatimes. Le roi Salomon dans ce passage ne dit pas celui qui ne frappe pas déteste son fils. Non, il dit celui qui se retient qui se retient de guider, de recadrer, de structurer, celui-là en fait abandonne son fils. Et là, l'idée devient bouleversante. Ce n'est pas l'absence de coup qui est un problème, c'est l'absence de cadre, d'amour structurant et de limite clair. En d'autres termes, le parent qui laisse tout passer, qui laisse vivre entre guillemets sans intervenir, qui ne veut pas dire non de peur d'être impopulaire ou malaimé de ses enfants, ce parent-là n'agit pas par amour, mais souvent par lâcheté, fatigue ou fuite. Et c'est là que le roi Salomon utilise une formule très forte. Il déteste son fils car il renonce à sa mission, il renonce à son enfant. Aimer ce n'est pas laisser tout faire. Aimer, c'est oser dire "Je t'aime trop pour te laisser te perdre." Et maintenant cette perle de la parachat de la semaine rouat, on y trouve l'un des épisodes les plus mystérieux, les plus tragiques et les plus lourds de conséquences de toute la Torah. Moché frappe le rocher pour y faire sortir de l'eau et à cause de cela, Dieu lui refuse l'entrée en terre promise. Mais pourquoi une sanction si sévère ? Il a simplement frappé un rocher. Le Gaon de Vilna donne une explication bouleversante. La toute première fois à la sortie d'Égypte, Dieu en effet ordonne à Moïse de frapper le rocher pour y sortir de l'eau. Mais 40 ans plus tard, Dieu lui dit cette fois-ci parle au rocher. Pourquoi ce changement ? parce que le peuple n'est plus le même. Au début, le peuple juif est comme un petit enfant, immature, impulsif, un petit annon sauvage, comme dit Lagmara, encore sous le choc de l'esclavage. À ce moment-là, une fermeté visible, parfois même un geste impressionnant peut les marquer. Mais 40 ans plus tard, ce peuple est un adolescent, presque un adulte. Et là, Dieu dit à Moché, tu ne peux plus leur parler avec la main, tu dois leur parler avec le cœur. Et Moché, malheureusement, tout en nous donnant un enseignement, Caviarol se trompe. Il pense que comme la dernière fois, il y a 40 ans, il faut frapper pour que l'eau sorte. Mais ce qui convenait à un nourrisson devient une faute grave avec un adolescent. Ce n'est pas juste une erreur technique, c'est une erreur pédagogique. C'est ne pas voir que l'élève a grandi. Et ça, c'est une leçon d'éducation immense. Si tu traites un enfant de 16 ans comme s'il en avait 5, tu casses quelque chose. Éduquer, c'est sentir où en est l'autre et c'est accepter que le dialogue doit remplacer le bâton et que ce qu'on faisait avant ne fonctionne plus maintenant. Nous pouvons ajouter également la notion de colère. Ce sont les coups de la bouche. Le Rambam, le Maimonid dit une chose très forte : "Quand parent ou un maître veut gronder, il doit faire semblant d'être en colère, mais il ne doit jamais l'être réellement." Pourquoi ? Parce que la vraie colère n'est plus de l'éducation, c'est de la vengeance. C'est l'ego blessé du parent qui parle. C'est l'adulte qui dit "Tu m'as fait mal, alors je vais te faire mal en retour." Et là, ce n'est plus de l'amour, ce n'est plus de l'éducation, c'est une décharge émotionnelle sur un être vulnérable. Le Rambam nous apprend donc si tu veux que ton message passe, sois ferme certes, mais reste maître de toi. Sinon, ce n'est plus ton fils que tu corriges, c'est toi que tu défoules. Un jour, une mère en larme vient voir le Temarzedek, le troisème rabi de Lubavic. Elle lui dit "Rabi, mon fils est devenu fou. Il vole, il ment, il insulte, il mange du cochon, il danse avec les femmes. J'ai tout essayé, même des gifles, il ne change pas. Le rabi regarde le garçon, il le fixe longuement, puis il dit à la mère : "Madame, votre fils n'est pas fou. S'il avait été fou, il aurait mangé des femmes et dansé avec des cochons. C'est juste qu'il a un gros y de serara. Tu veux qu'il change ? Alors, regarde-le comme un tadic, non pas comme un voleur. Aime-le encore plus fort. Rappelle-lui qu'il est capable de grandeur. Et le Rabi ajoute : "Si tu lui dis qu'il est perdu, alors il se perdra. Si tu lui rappelles qu'il est précieux, alors il s'en souviendra." Ce jour-là, sans cri, sans coup, l'enfant s'effondre en larme dans les bras de sa mère. Il n'attendait qu'une seule chose, qu'on croit encore en lui. Un fait marquant, le seul et unique personnage biblique que l'on appelle tadic par deux fois dans la Torah, c'est Noar, le plus impopulaire des Tsadic, duquel on dit que s'il avait vécu autant d'Avraham Avinou, il aurait été considéré comme rien. Et pourtant, il est comme cet enfant qui quitte la maison le matin, que tu regardes dans les yeux et tu lui dis "Tu peux le faire, j'ai confiance en toi. Tu es un sadic." En le disant, on crée une nouvelle réalité. Laidou t' enseigne que chaque enfant est une flamme divine. Tu peux l'étouffer avec des coups ou tu peux la nourrir avec douceur et patience. Le Rabi de Luavic répétait souvent : "L'enfant n'est pas un problème à corriger, c'est un monde à construire." Et surtout, il disait qu'un enfant n'a pas besoin d'avoir peur de son père. Il a besoin d'avoir foi en lui. Il insistait aussi sur le rôle de l'exemple. Tu veux qu'il prie ? Prie toi-même en tant que parent avec joie. Tu veux qu'il respecte, alors respecte-le. Tu veux qu'il se maîtrise, alors maîtrise-toi en retour. Un homme demanda un jour au grand rave Schlomoalman : "Mon fils refuse de prier. Est-ce que j'ai le droit de le punir ?" Le rave répond simplement, "Tu veux qu'il prie ? Alors, chante, rayonne toi-même quand tu pries et invite-le, mais ne le frappe pas. On n'ouvre pas un cœur à coup de point. Alors oui, éduquer c'est difficile mais frapper, crier et menacé ce n'est pas éduqué, c'est imposé et souvent brisé. La Torah, la science, la hasidoute, le rambam, le gaon, le rabi, tous nous disent la même chose, chacun dans son langage. Éduquer, c'est parler au rocher, pas le frapper, c'est croire en l'eau qui sommeille à l'intérieur. Chaque enfant est une source, parfois, elle tarde à sortir. Parle-lui et même si l'eau ne sort pas, continue à parler. Mais si tu sais parler avec patience, avec amour, avec foi, l'eau jaillira. et elle désaltérera le monde entier. [Musique]