
HIZOOK#32 - La Vie après la Mort
Emouna
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Transcription
Kind: captions Language: fr [Musique] J'ai vécu les plus belles années de ma vie en Israël. J'ai beaucoup d'amis israéliens. Ces derniers mois, j'ai reçu plusieurs messages bouleversants de soldats qui sont revenus de la guerre. Il me confie qu'ils ont du mal à retrouver leur place dans la vie d'avant. Ils essaient d'étudier la Torah mais sans concentration. Tout reste en surface, rien ne pénètre. L'un d'eux m'a dit une phrase qui m'a glacé. Avant, j'attendais avec impatience chaque cours de Torah que tu mettais en ligne. Aujourd'hui, je n'y comprends plus rien. Et ce n'est pas seulement ceux qui ont combattu sur le terrain. Même ceux qui n'ont pas été au front ressentent ce malaise diffus, cette impression de déconnexion, d'éloignement. Pourquoi ce sentiment étrange ? Peut-être est-ce mort ? Aujourd'hui, cela fait près de 2 ans que la guerre a éclaté et en quelque sorte, nous sommes tous des enfants de cette grossesse. Nous avons grandi dans ce climat d'angoisse, d'héroïsme, mais aussi d'obsession de la mort. Au côté de l'héroïsme invraisemblable de nos soldats, nous sommes nous génération entière marqué par la mort d'une manière inédite. Et c'est peut-être là le vrai sujet, la confrontation avec ce qui est l'opposé absolu de la vie. Ça coupe notre élan vital. Ça brouille notre capacité à ressentir la présence divine. Dieu est vivant. Elokim et nous nous connectons à lui par l'élan de la vie. Mais la mort, la mort crée un vide, un néant, un espace qui semble être sans Dieu. Et dans ce contexte, cette semaine, nous avons marqué aussi les 31 ans depuis la disparition physique du Rabi de Lubavic. 31 ans de vie intense et lumineuse par la création de centaines et de centaines de bathabad, mais à l'ombre de l'absence visible de ce géant spirituel. Et chaque jour, c'est un défi d'y croire, de sentir que le rabbi agit, rayonne et influence nos vies encore. Alors, que faire ? Comment avancer dans ce monde qui porte encore la poussière de la mort sur son visage ? Comment raviver la foi et l'espérance quand la lumière semble avoir reculé ? Comment combattre ce poste trauma ? Pour cela, plongeons ensemble dans le mystère le plus énigmatique de toute la Torah. La para Aduma, la vache rousse. Une loi si incompréhensible que même Moché lui-même a eu du mal à y croire. La vache rousse est le prototype de la loi irrationnelle. Elle purifie l'impur mais rend impur le pur. Elle fonctionne par un mélange étrange d'eau pure et de cendre d'un animal brûlé. La Torah la présente ainsi : Zot rouatora. Voici la loi irrationnelle de la Torah. Même Moabenou, dit le midrache, s'est révolté. Tu m'as expliqué la source de toutes les impuretés, mais comment en guérir Hashem ? Et lorsque Dieu lui a finalement donné la recette de la purification, Moïse s'écrit : "Comment tu appelles ça une purification ? Mais c'est totalement énigmatique. Ce n'est pas une réponse." Et Dieu lui a répondu une chose terrible mais fondamentale. Vexera Gazzardi, c'est une loi que j'ai gravé, un décret que j'ai décrété. Tu ne peux pas la comprendre. Autrement dit, il n'y a pas de manière rationnelle de sortir du contact avec la mort. Il n'y a pas de discours logique, il n'y a pas de thérapie spirituelle. Il y a seulement un Dieu qui te dit "Fais ce que je te dis et tu verras que tu vivras de nouveau." Ce qui choque, Mosabenou, ce n'est pas la mort. Il comprend très bien qu'un cadavre contamine et que la mort coupe l'homme de sa vie spirituelle. Ce qui lui paraît incompréhensible par contre, c'est que l'on puisse s'en remettre de tout cela, qu'on puisse guérir, qu'on puisse tourner la page. Comment un homme brisé par une perte rasveomé de toute énergie pourrait-il redevenir lui-même ? Comment retrouver la lumière après avoir vu les ténèbres ? Et la réponse est vertigineuse. Il n'y a pas de logique. Mais le créateur a inséré dans le monde un pouvoir mystérieux de résilience, un pouvoir de renaissance. Que fait-on exactement dans le rituel de la vache rousse ? On prend de la cendre, ce qu'il reste d'un être animal entièrement brûlé tout au moins. Puis on la mélange à de l'eau vive, de l'eau de source, de l'eau qui coule, qui avance, qui ne stagne pas. Et ce mélange est projeté sur celui qui a touché la mort. Pourquoi ? Parce que la cendre, c'est la mémoire, c'est le passé, c'est ce qui reste de l'être disparu. Mais l'eau vive, c'est la vie qui continue, c'est le flot du temps. C'est la génération suivante. Le message est clair. Même ce qui est parti reste avec nous. Même ce qui est réduit en cendre peut se mêler à l'eau de la vie et continuer à agir. Il y a quelques années en Inde, lors de l'attentat terroriste contre le Betraat de Mumbai, le couple de schlouchim local, le rave Gabriel et son épouse Rifky Holzberg ont été sauvagement assassinés. Seul leur petit garçon Moï âgé de 2 ans a survécu, sauvé par la nounou indienne. Des années passent, Moï devient un jeune garçon et à l'approche de sa barmzva, il reçoit un appel inattendu. Bonjour, je ne sais pas si tu te souviens de moi, mais un jour avant l'attentat, j'étais au better de tes parents et j'avais besoin de tépiline. Ton père m'en a prêté. Après l'attentat, je les ai gardé. Mais aujourd'hui, je voudrais te les rendre. Ce sont les filines de ton père. cendre et eau vive, un souvenir et une renaissance. Un père qui est parti mais qui continue à agir à travers les mains de son fils. Le rabi enseigne que le corps d'un tsadic ne devient jamais impur parce que sa vie n'était pas faite de matière. Sa vie était faite deuna, d'amour et de craintte de Dieu. Et cela même la mort ne peut pas l'effacer. D'ailleurs, c'est pour cela qu'on continue d'aller sur les tombes des justes, non pas comme des musées, mais comme des lieux de vie bête à Haï, des ponts entre ici et l'au-delà. Et nous alors aujourd'hui soldat, famille endeuillée, étudiants perdus, enfants orphelin, parents brisés, le message est clair. Il n'y a pas de réponse qui satisfait l'intellect, mais le cœur lui peut guérir si on fait confiance à Dieu. Même si on ne comprend pas pourquoi on peut recommencer à vivre. Le midrache dit que dans le monde futur, le sens de la vache rousse sera révélé. Tout ce qui nous semble absurde aujourd'hui brillera comme la lumière du soleil demain. Et alors, nous comprendrons que la mort n'était qu'une étape du voyage. Peut-être même que la vache rousse est le code secret de la résilience juive. Que même lorsque l'on a tout perdu, il reste un peu de cendre, un peu d'eau pour recommencer à vivre. Puissions-nous vivre ce moment très bientôt. Que la douleur devienne lumière, que l'absence devienne révélation et que nous puissions dire avec Moché Rabenou Bamato par quoi sera-t-il purifié ? Et Dieu nous répondra : "Par mon décret éternel et par votre foi indestructible. [Applaudissements]



