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HIZOOK#30 - Pourquoi lui et pas moi ?

HIZOOK#30 - Pourquoi lui et pas moi ?

Rav Shimshone Attali ·

Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Un phénomène de société très important qui cause beaucoup de stress dans notre génération, c'est celle du regard des autres. Mais pas seulement cela. Du regard sur soi par rapport à la vie des autres. Imagine, tu grandis avec un cousin, vous jouez ensemble chez la même grand-mère, vous êtes dans la même famille, dans la même tribu, vous avez les mêmes codes et la même éducation. Et un jour, ce cousin devient le chef du peuple juif, un prophète, l'intermédiaire entre Dieu et les hommes. Et toi, tu restes un homme parmi les autres. Certes, pas n'importe qui. Tu es riche, intelligent, influent, mais tu restes dans l'ombre. Voilà le drame de Corar. Et ce n'est pas qu'un caprice, c'est une douleur réelle. Il se pose la question "Mais pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ?" C'est une question que des millions de gens se posent chaque jour. Pourquoi mon collègue réussit mieux que moi ? Pourquoi mon frère est plus apprécié ? Pourquoi mon voisin a plus de chance ? Pourquoi ce rave a plus d'élèves et ce chanteur a plus de vues ? Ce commerçant plus de clients ? Rabi Israël de Apte, un maître rassédique profondément psychologue, disait : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Cela veut dire "Aime celui qui est comme toi. Car celui qui est au-dessus de toi te dépasse. Bah, tu l'admires. Tu n'as pas peur de lui. Celui qui est en dessous, tu le soutiens. Mais celui qui est comme toi, qui a grandi comme toi, qui a les mêmes capacités, c'est lui qui te dérange car il pourrait te faire de l'ombre et c'est lui que tu dois aimer. Et c'est cela la racine de la jalousie, non pas de la haine, non pas de la bêtise, mais simplement la peur d'être effacé. Corar, c'est l'ombre de Moché. Il est son miroir. Ils sont tous les deux des lévimes, tous les deux des cousins, tous les deux des grands. Ashir et Corar, riche comme Corar, dit le dicton. Et justement parce qu'ils sont proches, la réussite de l'un fait mal à l'autre. Et cette douleur, ce feu intérieur peut brûler tout un monde. Corar va rassembler 250 chefs du peuple, créer une coalition de personnes blessées, de frustrées, de recalé. Et tout ça à cause d'un sentiment universel et humain. Pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ? Mais posons la vraie question. Qu'est-ce que répond Moabenou à son cousin ? Quel est le remède à cette jalousie dévorante ? Moscher Rabenou dit une phrase étonnante. Demain matin, Dieu montrera qui est le sien. Pourquoi attendre demain matin ? Pourquoi ne tranche-t-il pas tout de suite le verdict ? Le midrache nous dit pour leur laisser le temps de réfléchir et de faire teschouva. Mais le rabi avec sa vision unique nous dit autre chose. Moschéab nous leur dit les amis, regardez le monde. Il y a un matin et il y a un soir. Il y a de la lumière et il y a de l'obscurité. Il y a des grands et des petits. Il y a des différences. Et ce n'est pas une injustice, c'est une richesse. L'un apporte à l'autre. Tu ne peux pas être Mosé Rabenou, mais Mosé Rabenou ne peut pas être toi. C'est ça le message. Tu es une histoire à part entière. Rabi Mendel de Kotsk disait si je suis ce que je suis parce que tu es ce que tu es et que tu es ce que tu es parce que je suis ce que je suis alors je ne serai pas ce que je suis et tu ne seras pas ce que tu es. Par contre si je suis ce que je suis parce que je suis ce que je suis et que tu es ce que tu es parce que tu es ce que tu es alors je serai ce que je dois être et tu seras ce que tu que tu dois être. C'est ça tout le message. Tu es une histoire à part entière. Et ce n'est pas un hasard si le 10e des derniers des 10 commandements, celui qui clôle les aceradibot le décalogue nous dit l'arahmode, tu ne convoiteras pas. Ce commandement vient juste après tous les autres. Il vient clôturer. Il ne parle ni de meurtre, ni de vol, ni d'idolâtrie, ni d'adultère. Il parle d'un sentiment intérieur, psychologique, d'un regard sur soi. Celui qui convoite, c'est celui qui regarde la vie de l'autre avec envie, avec amertume, même s'il sait qu'il ne pourra jamais avoir la même chose. Et c'est ce regard- là que la Torah veut transformer parce que tant que tu regardes l'autre avec jalousie, tu ne peux pas découvrir ta propre richesse. Un jour, un élève marche avec son maître Rab Nathan Beschitz et lui raconte combien était-il douloureux pour lui de vivre avec 10 enfants dans un petit 30 m carré. Alors que regardez, le voisin, il a 10 chambres, un grand palais, pourquoi je ne mérite pas comme lui ? Le rave lui a répondu : "Si tu veux vivre comme lui, il faut aussi que tu acceptes tout le lot. Car cette personne qui vit dans 10 chambres, malheureusement, ce sont des chambres vides, car il n'a pas eu d'enfant." Et c'est là que l'on touche à un point psychologique fondamental. Beaucoup de gens passent leur vie à désirer ce qu'ils n'ont pas, à se comparer, à se diminuer, à être malheureux d'être eux-mêmes parce qu'ils ne sont pas patrons ou parce qu'ils ne sont pas influenceurs ou stars ou leader. Et ce sentiment d'infériorité est ravageur parce qu'on ne vit plus sa vie. On vit dans le fantasme de la vie des autres et surtout on n'optimise pas ce que Dieu nous a donné. La michna d' Pirkavot nous dit quel est le vrai riche ? Et bien c'est celui qui est heureux de sa part. Alors il ne faut pas lire satisfait ou résigner. Il faut toujours vouloir plus. Mais entre-temps, je suis heureux de ma part. Je la fais rayonner. J'en tire un maximum. D'ailleurs, on peut lire cette phrase à l'envers parce que le Pierre Kavot devrait nous inviter à réfléchir sur qui est l'homme heureux et non pas qui est l'homme riche. Qui est l'homme heureux ? C'est celui qui enrichit sa part. Celui qui transforme ce qu'il a en lumière. Celui qui optimise chaque atout, chaque minute, même chaque épreuve. Celui qui se dit "Je ne suis peut-être pas Moché Rabenou, mais j'ai quelque chose que même Moïse n'a pas." C'est exactement ce que Moché dit à son cousin Cores, mon cher cousin. Tu ne dois pas chercher à prendre ma place, tu dois prendre la tienne. Et ce message- làà c'est le message que le Rabi a crié au monde. Tu es indispensable, tu es irremplaçable. Tu es une mission divine. Le rabi a nommé des schlouim dans le monde entier et il n'a pas tiré ces schlouchim des meilleures places élitistes dans les yesivot. C'était parfois des jeunes hommes simples qui n'avaient pas encore trouvé leur but et leur objectif dans la vie et il les a mis sur le podium pour qu'ils optimisent leur capacité. Le rabi n'attendait pas non plus qu'un juif vienne le voir. Il allait chercher chaque juif dans le monde entier, même celui qui n'avait jamais entendu, même celui qui ne se considérait pas religieux. Parce que chaque juif, chaque âme est un univers. Et ce n'est pas qu'un concept, c'est une alaha. Lors du terrible attentat de Tir en 1982, un immeuble s'est effondré. L'armée hésite. Devait-elle écraser les étages supérieurs de l'immeuble pour sauver des dizaines de soldats en bas au risque d'en tuer quelques-uns encore vivant en haut ? Les plus grands postimes ont répondu : "Non, on ne sacrifie jamais un seul innocent, même pour en sauver 1000. Rappelez-vous du film de Stephen Spielberg. Il faut sauver le soldat Ryan. L'histoire d'un groupe de soldats pendant la deuxième guerre mondiale qui vont sacrifier leur vie pour sauver qu'un seul soldat. Pourquoi ? Parce que chaque vie est infinie. Chaque âme est un monde. Le rabi disait "Tu ne sais jamais quelle mission Dieu a confié à cet homme. Tu ne peux pas savoir si celui que tu considères comme petit ou insignifiant n'a pas un impact plus grand que 1000 autres réunis. Peut-être qu'un théilim récité par une personne pieuse, intègre et simple vaut 10 avrim dans une yeshiva qui finit chaque jour le di le dafayomi. Et parfois c'est le plus petit justement, le plus pauvre, le plus anonyme qui illumine le monde. Un jour, raconte le Baal Schemtov dans un petit village, un homme très pauvre nommé David avait travaillé dur toute l'année et il a mis de côté chaque centime. Il s'était privé de tout pour acheter un magnifique étrogue pour souscôte. Un jour, il revient avec les trrogues qu'il vient d'acquérir, fier et ému. Mais sa femme, épuisée de vivre dans la pauvreté et choquée de cette dépense, attrape le étrogue et lui casse le pitom l'excroissance au-dessus du fruit. Elle l'endommage volontairement et l'étrogue est désormais invalide. Que fait David ? Il ne crie pas. Il ne pleure même pas. Il ne s'énerve pas non plus. Il lève les yeux au ciel et dit "Maître du monde, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Maintenant, si toi tu veux que cela soit ainsi, alors que ça soit ainsi." Le Bemtov a dit que cette simple phrase sortie du cœur d'un homme simple a causé une joie dans le ciel qu'aucun sage, qu'aucun de sadic auparavant n'avait provoqué depuis des générations. D'ailleurs, les fils de Corar dans le gouffre, dans les entrailles de la terre ont eu un instant de retour, de regret, dechouva. Et Dieu leur a donné un espace rien qu'à eux dans le gayom certes, mais un espace où il chantent des théilims. Et certains des plus beaux psaumes de David comme Mismorchir, Libé, Corar, ceux qui parlent de Jérusalem, viennent justement des enfants de Corar. Car même dans la chute, même dans l'ombre, même dans le trou, tu peux créer ta lumière. Alors, que retenir de tout cela ? Et bien, ne vis pas dans la comparaison, ne vis pas dans l'envie. Vis ta mission, vis ta passion jusqu'au bout, va au bout de tes objectifs. Ne regarde pas ni à droite ni à gauche. Cherche en toi ce que Dieu a déposé et qui n'existe chez personne d'autre. Et rappelle-toi que le monde attend ton amè à toi, ta braha, ta prière, ton sourire, ta mzva, ton message. Et quand chacun remplira sa part, alors le monde sera complet et ce sera le matin, ce sera le temps de la lumière et ce sera la délivrance. [Musique]