
HIZOOK#21 - Brillant. Séduisant. Dangereux.
Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr [Musique] Imaginez un enfant qui assiste à un mariage. Il regarde autour de lui et repère facilement la jeune mariée grâce à sa belle robe blanche. Puis il demande à son père : "Mais papa, qui est le marié ? Je ne le reconnais pas. Il ressemble à tous les autres hommes ici. Le père sourit et répond avec sagesse à son fils : "Attends la fin du mariage. Regarde qui va rentrer à la maison avec la mariée. Lui, c'est le marié." Ce petit échange presque anodin contient un enseignement profond, surtout à la lumière de Chavouotte. À la fête du don de la Torah, tout le monde danse autour de la Torah. Tout le monde chante, tout le monde l'embrasse avec amour. Mais qui est vraiment le marié de la Torah ? Et bien, c'est celui qui rentre à la maison avec elle, celui qui poursuit son étude au-delà du moment d'euphorie. Celui qui continue à vivre avec la Torah au quotidien dans les détails, même quand l'ambiance festive est retombée. C'est pourquoi presque chaque année, la parachate Nasso est llue juste après Chavouotte et parfois comme cette année, c'est la première lecture après la fête. La parachate Naso est la parachat la plus longue de la Torah 179 versets. Tout comme le traité du Talmud le plus long, 179 pages et enfin tout comme le théhilim le plus long le thé 119 qui lui aussi comporte 179 versets. Quel est le sens de tout cela ? Et bien la parachate Nasso vient nous dire la Torah ce n'est pas seulement un feu de paille, c'est une flamme qu'on ramène chez soi. On ne la quitte pas une fois les champs terminés. Comme un jeune marié, on reste collé à sa bien-aimée. Mais cette parachat nous dit aussi autre chose. Elle nous met en garde car à peine sorti de la lumière du don de la Torah, nous faisons face au plus grand ennemi de la Torah, le Yetsara. Et la parachat va justement nous apprendre comment il fonctionne, quelle est son arme secrète. La paracha nous parle de Isa Sota, la femme soupçonnée d'adultère, un cas douloureux, tragique. Le verset nous dit si la femme s'écarte de la fidélité conjugale, le mot utilisé pour s'écarter est tisté qui veut dire donc s'égarer. Mais il est écrit avec la lettre Chine et non avec la lettre Samère comme le mot sota, cela interpelle. Car ici la Torah ne parle pas seulement d'un écart de conduite mais d'un processus intérieur mental. Les sages expliquent Adamout. On ne commet de faute que lorsqu'une folie s'empare de nous. Mais quel genre de folie ? Un criminel n'est pas un idiot. Il peut être rusé, intelligent, manipulateur. Pourquoi appeler cela une folie ? Le Tania dans son chapitre 24 donne une réponse magistrale. Le Yetsara ne commence pas en nous criant dessus fait une faute. Non, il commence par une histoire, une belle histoire, un petit mensonge doux, une rationalisation, un prétexte. L'homme commence à croire et dit "Ce n'est pas vraiment une faute, juste une fois. Je le mérite, personne ne le saura." Et même si on le sait, on comprendra. Et là, on tombe parce que la conscience morale s'endort et on écoute une fable, une illusion, une justification commode du Yetsara. Le professeur Dan Arieli, spécialiste de la psychologie comportementale, raconte une expérience incroyable dans son livre. On a placé des canettes de Coca-Cola dans les réfrigérateurs communs des résidences universitaires. Résultat, en 72 he toutes les canettes avaient disparu. Les étudiants les prenaient tranquillement. Puis on a refait la même expérience mais cette fois-ci en remplaçant les canettes par des billets d'un dollar posés sur une assiette. Et là, incroyable, personne n'a touché un seul billet. Rien, nada. Pourquoi ? Parce que prendre une canette, ce n'est pas vraiment volé, c'est flou. On peut se dire "Moi aussi, on m'a déjà piqué une canette, mais un billet là c'est clair, net, défini." Et donc la morale se réveille. La vraie tromperie du Yetsara. Dans le Talmud Babatra 73a, un sage nommé Raba Barbarhana raconte des histoires mystérieuses, presque fantastiques, que ce sage aurait entendu de marin en mer ou bien vécu lui-même lors de ses voyages et de ses aventures. Ces récits sont très étranges, hein, des poissons géants, des îles qui bougent, des voies qui sortent des déserts. Les commentateurs comme le Bénishraï ou le Gaon de Vilna expliquent que ce sont des paraboles profondes, des messages spirituels emballés dans des image extraordinaires. Dans l'un de ces récits, les marins décrivent une vague immense comme un rouleau gigantesque en mer qui menace d'engloutir le bateau. Mais ce n'est pas une vague ordinaire. Elle est différente, elle brille, elle est belle et à son sommet, il y a comme une flamme blanche lumineuse. Et les marin disent pour survivre à cette vague, il faut la frapper avec des bâtons gravés de noms sacrés de Dieu comme Ékeyé. Achillé. Comment comprendre cette image fantastique ? Cette vague, explique les maîtres, représente le Yetsara, la force intérieure qui peut nous faire couler. Mais attention, ce n'est pas une vague noire et menaçante. Ce n'est pas une tentation laide ou grossière. Non, c'est une vague lumineuse, une séduction, une beauté. Elle semble blanche, pure, presque spirituelle. Le Yetserara se part de nobles intentions et il te dit "Tu es fatigué, alors dors encore un peu, tu prieras mieux plus tard. Attends demain pour donner la tedaka. Tu pourras donner encore plus. Étudie un sujet profond et laisse tomber la prière, tu feras ça plus tard. Il se maquille en ange de lumière alors qu'il est là pour te faire sombrer. Alors que faut-il faire ? Il faut le frapper avec des non divins comme les marins, c'est-à-dire te reconnecter à ta source divine, à ta conscience profonde et à ta vérité intérieure. C'est cela le seul moyen de traverser la vague. En résumé, le Yetsarara ne te pousse pas dans l'eau en criant "Vas-y, transgresse Non, il t'attire dans l'eau en te disant viens, c'est lumineux par ici. Mais si tu n'es pas vigilant, tu coules en pensant que tu es en train de voler. Le Ramban Nahmanid sur la faute de Adam et Hava fait remarquer quelque chose de troublant. Quand regarde le fruit défendu, elle dit il est bon ce fruit à manger, plaisant à voir, désirable pour acquérir de la sagesse. Mais attendez, ce fruit est interdit. Alors pourquoi cette description majestueuse ? Et bien parce que nous dit le Ramban, c'est exactement cela la stratégie du Yetsara. Il transforme un poison en délice. Il rend le mal attirant, intelligent, même profond. Il retouche la réalité. Il photoshope l'interdit. Et voilà le drame. Le fruit semble bon mais il tue. Le Talmude dit qu'à la fin des temps, lors des jours messianiques, Dieu fera un festin pour les justes et égorgera le Yetsarara devant eux. Un moment incroyable. Tout le monde verra en face le véritable visage du mal et s'en libérera pour toujours. Mais le Bemtov pose une question choquante. Attendez, pourquoi l'égorger ? Il n'a fait que son travail. Dieu lui-même l'a créé pour tenter l'homme. Il est censé semer des pièges, provoquer, embrouiller. Alors pourquoi le tuer ? Il mérite même une prime et non une exécution. Et là, le Balhemtov donne une réponse magistrale en s'appuyant sur un autre passage du Talmud, Shabbat 75A, qui parle justement d'un cas apparemment sans lien avec le précédent. Le Talmud discute de celui qui égorge un animal pendant shabbat, ce qui est interdit. La question est posée donc pourquoi celui qui a égorgé est-il coupable ? Réponse de la gmara mumsovea à cause de la teinture. En effet, en égorgeant, le sang se répand et colore la peau de l'animal. C'est donc l'un des 39 interdits de shabbat teindre. Et là, le Balhemtov fait un lien brillant. Le choret, l'égorgeur n'est autre que le Yetsara. Le Yetsarara est coupable non pas pour avoir tenté mais pour s'être teint en autre chose. Il ne s'est pas présenté comme un tentateur direct. Il s'est déguisé en rabin, en ami, en conscience morale. Il te dit "Fais-le pour le bien. Tu vas aider l'autre en le faisant." Ce n'est pas vraiment interdit. Il a coloré la vérité. Il a peint le mensonge avec les couleurs de la Torah. Et ça, Dieu ne lui a jamais permis. Dieu voulait que le Yetsarara soit un adversaire loyal, un provocateur honnête et non hypocrite. Le Rabi de Lubavic dans son Ayomyum écrit au 23 Sivan, le Yetsarara ne vient pas comme une bête sauvage. Parfois, il est un renard rusé, parfois unide pieux. Il se déguise même en une voix intérieure qui pousse à étudier la rassidoute juste pour qu'on ne prie pas convenablement. Ensuite, il peut même venir et dire "Dors un peu plus, tu prieras avec plus de cavana plus tard." C'est pour ça qu'à la fin Dieu l'égorgera parce qu'il a trahi sa mission. Il a menti sur son identité. Il n'a pas juste proposé le mal, il l'a déguisé en bien. Le Yetsara aujourd'hui ne ressemble plus à un monstre. Il est stylé, il est à la mode, il porte même une kipa, parfois même un chapeau comme un rave. Et il dit "Sois patient, ne donne pas aujourd'hui, demain tu donneras le double." Mais ce n'est pas de la piété, c'est du poison. Et c'est pour ça que la Torah a écrit t avec un chine. La Torah t'avertit attention ce que tu vois n'est peut-être pas la réalité. C'est peut-être une illusion. C'est un chetout. C'est une folie. C'est pas seulement qu'un égarement. Voici une merveilleuse histoire racontée par Rabinahman de Breslev. Un roi rêve qu'un jour toute la récolte de blé du royaume va rendre fou tous ceux qui en mangeront. panique à bord. Il consulte donc son conseiller et lui dit "Majesté, mettons du blessin de côté pour nous deux, comme ça on ne deviendra pas fou." Mais le roi lui répond, c'est impossible. Si nous restons sains alors que tout le monde devient fou, ce seront eux les normaux et nous les fous. Il faut qu'on mange comme eux. Mais nous allons faire un petit signe sur le front pour se rappeler que nous ne sommes pas vraiment fous. Voilà notre travail dans ce monde. Se mettre un signe sur le front, se rappeler que quand le Yetsara parle, ce n'est pas la vérité. Et pour finir, une perle. Les deux grands frères, Rabi Elemeller de Lisensk et Rabi Zoucha Nippoli discutent un jour ensemble. Rabi Elimeller demande à son frère : "Dis-moi, Zouché, pourquoi au moment où Adam s'apprête à manger du fruit interdit, tu ne lui as pas attrapé la main pour l'en empêcher ? Et Rabizou répond parce que si Adame n'avait pas fauté, on serait resté toute la vie avec la question suivante. Et si on avait goûté ? Peut-être qu'on a raté quelque chose de délicieux. Mais maintenant qu'il a fauté Adam, on le sait, le mal est le mal. Même s'il brille, même s'il est séduisant, il est le mal. Derrière la phrase deva ou laim, il est agréable à voir ce cache la douleur, les larmes et l'exil. Alors, comment résister ? Et bien, regardez par exemple Joseph Atsadik. Seul face à la tentation de la femme de Potifar, personne n'est là, personne ne saura. Il est jeune, il est beau, il est loin de chez lui. Tout le monde l'a abandonné, il est dans un pays étranger, tout est réuni pour qu'il cède. Mais au moment critique, il voit le visage de son père Yaakova Vinou. Et là, tout bascule. Il se rappelle qui il est vraiment. Il se rappelle d'où il vient. Il se rappelle qu'il est un fils d'Abraham, d'Israak et de Yaakov. Ce n'est pas qu'il n'a pas envie, il est humain, mais il refuse de se trahir. Il refuse de couper le lien. Il dit non, il se lève et il s'enfuit. Alors, combattez vous aussi. Tenez bon, résistez même quand tout vous pousse à lâcher, même quand tout semble logique, attirant, inoffensif pour faire l'inverse. Et attendez avec foi et avec espoir le jour où Dieu accomplira sa promesse écrite et j'effacerai l'esprit d'impureté de la surface de la terre, un monde sans mensonge, sans illusion, sans déguisement, un monde de clarté, de vérité et de lumière. [Applaudissements]



