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HIZOOK#18 - Fier d'être imparfait

HIZOOK#18 - Fier d'être imparfait

Rav Shimshone Attali ·

Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr C'est bien sûr la fête du don de la Torah, mais c'est aussi la date de naissance et de décès du roi David. Et dans ce timing symbolique, les Rahamim lisent un message fondamental. Le roi David malgré ou grâce à ses fautes, incarne le destin juif par excellence. Et ce n'est pas à hasard si nous lisons à Chavouotte le rouleau de Ruth, son ancêtre. Car pour comprendre David, il faut regarder son héritage. Lagmara dans le Talmu de Yoma 22b pose cette question de manière crue. Le roi Shaou a péché qu'une seule fois alors que le roi David deux fois et pourtant c'est David qui est resté le roi. En effet, Shaou avait épargné le roi d'Amalek Agag contre l'ordre divin d'exterminer ce peuple cruel. C'était une erreur de jugement dictée par la compassion. Mais Dieu n'a pas pardonné Shaou. Le prophète Chemel déchira symboliquement le manteau de Shaou pour signifier la rupture du royaume avec sa descendance. Le roi David quant à lui a commis deux fautes graves. L'affaire Batcheva et le recensement militaire que l'on va voir dans un instant. Il a pris en effet la femme d'Uriia, un soldat qui était au front et l'a fait tuer indirectement pour récupérer Batcheva. Et plus tard, David Ameller a compté ses troupes sans autorisation divine et cela a provoqué une épidémie. fatal de mauvais œil. Et pourtant David, malgré ces deux fautes, reste le roi éternel d'Israël, Kayam. Pourquoi ? La réponse est bouleversante. Parce que Shaou était un roi parfait. Et un dirigeant parfait, qu'arrive-t-il quand il faute ? Qui peut lui parler ? Qui peut lui dire "Reviens en arrière Alors que David venait d'une famille blessée, sa grand-mère Ruth était une convertie moite, arrière petite fille de la relation incestueuse entre Lot et sa fille, son grand-père paternel, descendant de Peretz, qui était né de la rencontre clandestine entre Yhouda et sa belle fille Tamar. Bref, David ne vient pas d'une lignée royale impeccable, mais d'une généalogie cabossé. Et c'est justement ce passé imparfait qui va donner les armes au roi David d'une qualité essentielle, l'humilité. Quand le prophète Nathan le confronte, David dit tout simplement et avoue en effet, j'ai péché. Il accepte les conséquences sans protester. Sa maison en sera brisée à jamais. Ses enfants se déchireront. Sa couronne sera menacée. Mais lui, David reste là debout avec ses fautes et ses psaumes. Et c'est pour cela que Dieu le choisit lui parce qu'il ne fuit pas son passé, il l'éclaire. La loi juive elle-même intègre ce paradoxe. Le Magen Abraham, grand décisionnaire, écrit : "On ne pas un dirigeant à moins qu'il ait une boîte de cafare accrochée dans son dos." Une image forte. Le dirigeant idéal n'est pas sans tâche. Il doit savoir ce que veut dire tomber pour rester humain, pour rester vrai. Car la grandeur n'est pas dans la pureté, elle est dans la capacité de transformer le sombre en lumineux. Et David Ameller a fait de ses fautes un livre de prière. De ses blessures, il en a fait une musique, les dailim. Et cela se retrouve dans une anecdote bouleversante sur le magie de Mich. élève du Bal Schemtov, maître de Rabichn de Liadi. Lorsqu'il était enfant, leur maison fut ravagée par un incendie. Sa mère pleura amèrement la perte d'un bien précieux familial, le rouleau de la généalogie de la famille qui les relié directement au grand rabiana Yohanan Assandlar. Mais le petit garçon la regarda et consola sa mère et lui dit avec douceur : "Maman, ne t'inquiète pas ! C'est de moi que commencera une nouvelle lignée. Ru la moite vient d'un peuple exclu. Quand sa belle-mère Naomi la supplie de retourner dans son pays, elle dit "Ton peuple sera mon peuple, ton Dieu sera mon Dieu." Elle choisit un avenir incertain, sans garantie, sans statut. Et Dieu l'a choisi. Parce que c'est ça la Torah. Ce n'est pas le don de la perfection, c'est le don de la possibilité. J'aimerais vous raconter l'histoire de Loui. Il est né un soir de Chavouotte. Ses parents, comblés après Sifis, l'ont appelé Israël David. Israël en souvenir du Baal Chemtov qui a quitté ce monde à Chavouot et David comme le roi David qui est né et mort ce même jour comme on l'a dit précédemment. Il était le centre du foyer ce petit garçon et son surnom tendre était Loui. Dès son plus jeune âge, son père l'initie à l'étude du Talmud. Il apprend vite, réfléchit profondément et en parallèle, il hérite de sa grande sœur d'un talent artistique. Il dessine secrètement des croquis pleins de vie et d'humour dans un petit carnet qu'il cache soigneusement. Et à l'année de ses ans, comme chaque Chavouotte, il étudiait la nuit avec son père autour d'une sougia, un passage talmudique, un moment de lien spirituel et intime. Mais le lendemain matin à la yeshiva, le surveillant l'interpelle sèchement et lui dit : "Tu n'étais pas présent cette nuit. Tu crois que tout est permis ici ?" Puis lors d'un discours devant tous les élèves, le surveillant expose publiquement une trouvaille, un carnet de dessin déniché dans son armoire. Ce jeune croit qu'il peut jouer à l'artiste au lieu d'étudier. Il n'a rien compris à la Torah, il sera perdu. Loui ne supporte pas cette humiliation. Il rentre chez lui et s'effondre. La honte le submerge, incapable de remettre les pieds à laiva. Peu de temps après, il quitte tout, sa famille, ses études, sa foi. Il rejoint des amis à Telaviv, il partage une colocation et il gagne sa vie sur la promenade, la tailleette, dessinant des portraits pour Dekel. 4 années passent. Un jour, un homme long cheveux gris avec une kipa s'approche de lui, une guitare à la main, il le regarde et lui dit "Tu sais, moi je m'intéresse plus à l'artiste qu'à son art. J'aimerais connaître ton histoire." Loui lui raconte toute son histoire et le regard de l'homme se fait grave et il lui dit "Tu sais, il y a des juifs du Mont Sinaï mais il y a aussi des juifs de Moave." "Tu sais pourquoi on lit la mégila de Ruth à Chavoot lui dit-il, parce que Ruth, comme toi, a été repoussée, parce qu'elle venait d'ailleurs, mais elle n'a pas renoncé et de son courage est né le roi David. Ton histoire ne s'arrête pas à une faute ni à une blessure. La Torah appartient aussi à ceux qu'on a écarté. Ce soir-là, Loui rentre chez lui, se coupe les cheveux, met une chemise propre et attend son père devant la porte de la maison un soir de chavouotte pour tout recommencer. L'homme à la guitare n'était autre que le compositeur interprète mondialement connu Schlomo Carlibar. Chavouot n'est pas la fête des anges, mes amis, c'est la fête des humains. Les anges ont d'ailleurs réclamé la Torah et Dieu leur a répondu : "Vous ne connaissez pas l'envie, vous ne connaissez pas la chute, comment pourriez-vous connaître le sens de la Tchouva ?" La Torah est un atelier, ce n'est pas un salon d'exposition. La Torah sent la sueur et les larmes, pas le muscle et l'encens. David, David Ameller, c'est nous. Il n'a pas été le plus pur certes, mais il a été le plus vrai. Il s'est relevé encore et encore. Et c'est pourquoi le masiar sortira de lui parce qu'il aura la force de dire "Je me suis trompé et maintenant je répare. Aucun d'entre nous n'est né parfait, mais chacun d'entre nous peut naître à nouveau." Et c'est cela chavou, le rendez-vous annuel entre un dieu parfait et des humains imparfaits qui choisissent de se parfaire et de monter. Chavouot n'est pas le sommet, c'est la montagne que nous décidons de gravir, même avec nos failles, surtout avec nos failles. Et de ces fissures jaillira peut-être la lumière. [Musique]