
HIZOOK#17 - Mauvais œil ?
Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Il y a des histoires qui au-delà de leur apparence contiennent en elles une réflexion morale, spirituelle et existentiel d'une profondeur bouleversante. L'histoire de Sami Offer en est une. Cet homme, figure de prou de l'économie israélienne, milliardaire respecté, avait choisi d'investir une part considérable de sa fortune pour le bien commun. Il signe en 2006 un accord avec le musée de Tel Aviv pour en financer l'extension à hauteur de 20 millions de dollars. En retour, le musée porterait son nom et celui de son épouse. Mais cette générosité publique fut accueillie non par des applaudissements mais par des critiques acides. d'anciens donateurs s'insurgèrent. Des voix s'élevèrent pour s'interroger sur la moralité de sa richesse pour le dénigrer. Blessé et humilié, Sami offert retira son don. Et dans une lettre poignante publiée dans la presse, il s'excuse amèrement pardon d'avoir voulu donner. Cette histoire ne parle pas seulement d'injustice. Elle pose une question fondamentale. Existe-t-il un prix à payer pour la visibilité ? Une bonne action, une mzva peut-elle attirer le mal par le seul fait d'être public ? Et puis le mauvais œil, le Ainara, est-il une force réelle ou une vieille croyance d'un autre temps ? Le rabi de Gour lors d'une rencontre avec le Rabi Lubavic aborda cette question. dans sa communauté. En effet, les Rassidim de Gour n'étudiaent pas seulement le Talmud de Babylone commun et classique, mais également le talmu de Jérusalem, plus profond, plus compliqué. La question se posait donc, devait-on célébrer publiquement le Sium, l'achèvement de cette étude ? Ou bien, fallait-il, par crainte de l'envie, de la jalousie ou du jugement, préférer la modestie silencieuse ? Le rabi répondit au rabis de gour avec nuance. Il cita le midrache que les premières tables de la loi furent donné en grande pompe, en fanfare, bruyamment et elles furent malheureusement ensuite brisées alors que les deuxièmes tables quant à ell furent offertes dans le silence et elles survécurent. Rien n'est donc plus beau que la discrétion. Mais le rabi ajouta aussi une autre voix tout aussi authentique. Il est une mzva de rendre publique les actes des justes. MVA les fars mitva. Car une bonne action visible inspire les autres. Elle éveille, elle éduque, elle s'aime. Ainsi dessine finalement une tension spirituelle profonde entre la peur du regard et le devoir de la lumière, entre l'humilité et l'exemplarité. Le rabia Joseph fut lui aussi confronté à cette tension. Un étudiant de Yeshiva lui demanda s'il était permis à deux frères d'épouser deux sœurs. Chose interdite par Rabioua Hassid à cause du mauvais œil. Le rave répondit avec sagesse : "Les temps ont changé, les vents mystiques sont affaiblis et quand deux âmes s'accordent, l'amour doit l'emporter sur la peur." Mais alors, qu'est-ce que vraiment le mauvais œil ? Ce n'est pas une malédiction jetée dans l'air, c'est une force psychologique, sociale et spirituelle. Un regard jaloux, une parole mauvaise, une pensée envieuse peuvent provoquer un jugement dans les sphères supérieures. Rabona distingue deux étapes. D'abord, il y a l'œil mauvais, c'est l'émotion de jalousie. Et ensuite vient le mauvais œil, le pouvoir destructeur du regard. Ce dernier ne crée pas le mal, il le révèle. Il ouvre les livres du ciel qui jusque-là était fermé avec bienveillance. C'est comme un contrôle fiscal. On peut vivre tranquille pendant des années, mais une seule dénonciation, un bruit, une exposition soudaine et les inspecteurs débarquent. Et même la personne la plus honnête trouve alors une irrégularité. Le Talmud raconte que 24000 élèves de Rabiakiva sont morts d'une épidémie car ils ne se respectaient pas suffisamment les uns les autres. Mais la mort ne les a pas frappé un par un lentement. Elle est survenue d'un coup en un seul temps. Pourquoi cela ? Parce que le nombre était devenu impressionnant. Parce qu'on parlait d'eux de partout en Israël. Parce que le monde les regardait et alors le jugement fut réactivé. Cette idée est reprise par le Rabi Lubavic. Le mauvais œil ne touche pas les actes ordinaires. Mais par contre, lorsqu'il y a de la grandeur, de la splendeur, de la renommée, alors le ciel ouvre les livres et réajuste les mérites ou l'inverse. Le roi David en fille une expérience amère. Il voulut recenser son peuple pour mesurer sa force militaire puissante et une épidémie foudroyante tua des dizaines de milliers d'hommes. Il avait finalement attiré le regard comme on dit. Il avait oublié que la véritable puissance vient du silence et de la foi. Et pourtant dans la parachat de Bamidbar, Dieu demande à Moscher Rabenou de compter les enfants d'Israël. Pourquoi ne craint-t-on pas ici le mauvais œil ? Et bien Rachi explique que Mosché n'a pas compté directement les têtes. Chaque homme devait apporter un mahatit à chequel, une moitié de cheekel. Et ce sont les pièces et non les hommes qui furent comptés. Le chiffre oui mais sans exposition. Mais le Ramban Nahmanid remarque que dans cette parachat, une expression nouvelle apparaît par tête selon leur nom. Chacun passait finalement devant Mcher Rabenou. Chacun était reconnu, nommé, honoré de manière individuelle. Car ici, il ne s'agissait pas d'une puissance militaire ou d'une force de nombre. Il s'agissait de montrer que chacun compte, que chaque âme a une valeur infinie. Et alors, dans ces cas-là, le regard ne fait plus peur car il ne repose pas sur l'orgueil, sur la quantité, mais sur la mission de chacun. Le Rabi Lubavic conclut : "Ne craignons pas de faire le bien sous prétexte de la peur. Car une bonne action faite pour le ciel, leschems shamaim, ne peut jamais attirer le mal. Il y a une mzva à honorer les justes, à glorifier les bâtisseurs de synagogue, à élever les actes de bienfaisance, non pour l'ego, mais pour inspirer les autres." Il nous faut aussi apprendre à guérir notre propre regard. Cesser de mesurer notre vie à l'ône de celle des autres. Arrêtez de croire qu'il n'y a pas assez de place pour tous. C'est ce que les sages appellent Aï Tova, l'œil bon. Celui qui se réjouit de la réussite de l'autre, celui qui bénit plutôt que de jalouser, celui qui voit le bien et le fait grandir. Il était une fois un roi de Pologne, très proche de son ministre juif, un homme d'une intelligence brillante. Mais les autres ministres rongés de jalousie l'accusèrent un jour de construire en secret un palais avec l'argent du royaume. Le roi, troublé, envoya des soldats et ils ne trouvèrent rien. Il convoqua alors le ministre, lui ordonnant de lui révéler tous ses biens. Le ministre l'emmena dans une petite pièce. Il ouvrit une armoire pleine d'objets usés, des vieilles chaussures, des livres d'enfance, des outils brisés. Et le roi, surpris, demanda, "Mais c'est ça ton trésor ?" Et le ministre de répondre "Oui, majesté, c'est ma mémoire, c'est mon passé, c'est lui qui me rappelle d'où je viens et c'est lui qui me protège du mauvais œil." Voyez Yonathan, le fils de Chaou, roi d'Israël, et David Ameller, futur roi d'Israël. Le premier aurait pu hériter du trône, mais il savait que David c'était lui qui était choisi. Et au lieu de le haï, il l'aima, il le sauva, il l'aida à fuir. Car il savait que chacun a sa mission et que le succès de l'autre ne diminue en rien sa propre grandeur. Voyez, Ephraï est ménaché. Yaakobinou bénit le cadé avant l'îné. Et aucun ne protesta, pas de jalousie, pas de rancune. Et c'est pourquoi chaque soir, nous bénissons nos fils. Que Dieu te rende comme Éphraï et Ménaché. Enfin, souvenons-nous de cette histoire vraie. Un médecin juif, spécialiste des yeux qui s'apprête à prendre la parole lors d'un congrès international et avant son départ au congrès, il consulte son rabi. Le rabi de gour. Et celui-ci lui dit : "Parle-leur du regard. Dis-leur que celui qui soigne les yeux doit d'abord avoir lui-même un bon regard sur autrui. Alors, lors de la conférence, le médecin transmet ce message et dans la salle, un médecin non juif d'un grand pays d'Europe de l'Est se lève. Il possède un secret médical qu'il comptait garder rien que pour lui. Mais ému par les paroles du médecin juif, il décide finalement de partager son secret. Je veux avoir moi aussi un bon regard, dit-il. Et ce jour-là, finalement la science fit un bon grâce à une parole de Torah. C'est cela une bonne vision ainova. C'est voir le bien, aimer, bénir et alors le mauvais œil n'aura plus de prise sur nous. [Musique]



