
HIZOOK#12 - Une vie à deux - Rav Raphael Halimi
Mariage & Famille
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Transcription
Kind: captions Language: fr Chers amis, bonsoir. J'aimerais commencer par une petite histoire drôle mais qui est pleine de sens. Une jeune fille qui revient d'un rendez-vous de Chidour et elle dit à ses parents un petit peu troublés : "Papa, maman, je ne veux plus continuer à voir ce garçon. Il ne croit pas au Ganéen. Il doute de l'existence du monde futur." Son père lui sourit et lui répond : "Ma fille, ne t'inquiète pas. Après le mariage, non seulement il croira au Ganeden mais aussi à l'enfer. C'est un sourire mais c'est aussi une vérité. La vie à deux comme la vie en société, ce n'est pas toujours le paradis. Il y a des désaccords, des tensions, des conflits. Et pourtant, dans la parachat de cette semaine, Berotaï, la Torah nous promet quelque chose de magnifique. Vous habiterez en sécurité dans votre terre. et je mettrai la paix sur la terre. Et là, on peut se poser une question simple. Si on a déjà la sécurité, pourquoi avons-nous besoin de la paix ? Apparemment, la menace extérieure est écartée. Alors, pourquoi ajouter cette bénédiction spécifique de chalom alors que la sécurité est déjà établie ? Les commentateurs classiques comme le Ibenzra ou le Makados expliquent que cette paix là dont fait référence la Torah, ce n'est pas la paix avec les ennemis, les ennemis de l'extérieur seulement, c'est la paix à l'intérieur, la paix entre juifs. La vraie bénédiction, c'est de pouvoir vivre ensemble malgré nos différences, de construire un foyer, une société, une nation unie dans sa diversité. Et en effet, dans notre tradition, le mot shalom est au cœur de tout. On salue l'autre en disant shalom alhem car le mot shalom est l'un des noms de Dieu. La amida se termine toujours par la bénédiction de Sim shalom. Même la bénédiction des coanimes se conclut par Veasem les shalom qui t'accord. Et le midrage de nous dire chacune des brachotes se conclut par la paix. C'est dire combien le shalom est précieux. Regardez le shabbat par exemple, on ne dit pas shabbat tove, on dit shabbat shalom. Même dans le champ d'accueil des malachim au retour de la synagogue quand on rentre à la maison. Shalom alem, ce mot est central. Il y a d'ailleurs une très belle histoire à ce sujet. Un jour, un jeune homme nommé Yona qui était le fils du professeur vinaire de l'université Colombia à New York a rendu un jour visite au Rabi Lubavic avec ses parents. Il avait 9 ans à l'époque. Et à la fin de l'audience, il demande au Rabi. Rabi, pourquoi dans le champ de Shalom alem le vendredi soir, on dit d'abord shalom alem mal à charrette, on parle des anges de service et ensuite malaha shalom, les anges de la paix. Ce ne sont pas les mêmes. Le rabi par une autre question. Alors si c'est ainsi, pourquoi avoir dit shalom àem ? Et on répète juste après, boahem les shalom. n'est-ce pas redondant ? Et le rabi explique en fait mon garçon il y a deux groupes d'anges. D'abord on prend congé des anges de semaine les malaché à charrette. Ensuite on accueille les anges du shabbat les malaché à shalom. Et en hébreu le mot shalom veut dire à la fois bonjour mais aussi au revoir. On dit shalom quand on se retrouve mais on dit shalom aussi quand on se quitte. C'est ça le vrai message. La paix ce n'est pas juste l'absence de conflit. La paix c'est même quand on se quitte. La paix c'est la rencontre des différences, l'harmonie entre les contraires. Le rabi explique dans une de ces sirotes que le mot shalom vient du mot shalemétude. Car la paix ce n'est pas le fait d'écraser la différence. La paix ce n'est pas une uniformité forcée. La paix c'est la capacité de discuter, de débattre et de construire une vérité ensemble jusqu'au fait d'être d'accord, de ne pas être d'accord. Et cela nous amène à la michna dans le pirkvot chapitre 5 qui nous dit toute dispute qui est pour le nom de Dieu à boncient est une dispute qui est destinée à durer. La querelle entre Hilel et Shamaï par exemple est une querelle constructive mais celle de Corar et de son assemblée n'était pas pour le ciel elle ne perdure pas. Et là, il faut comprendre pourquoi dit-on qu'une bonne querelle devrait durer. Au contraire, elle devrait s'arrêter à un certain moment. La réponse est magnifique. Dans une querelle, leschem shamaim pour le ciel, chaque opinion reste vivante, même si elle est contradictoire. On ne cherche pas à faire terre l'autre. On l'écoute, on réfléchit, on intègre, on débat et c'est ainsi qu'on progresse. Un exemple célèbre, Rabihan Rchlakich qui était beau frère et partenaire d'étude. Il se disputait sans cesse, mais un jour une dispute personnelle éclate entre eux. Rchlakich s'en va extrêmement blessé et meurt peu après. Rabiana n'est inconsolable. Les élèves lui trouvent un nouveau partenaire, Aby Eliz Benpedat, un génie. Mais Rabihanan s'écrit : "Non, ce n'est pas ce que je recherche." Rakich, mon ancien partenaire, me posait 24 questions et c'est en répondant à ces questions que la vérité surgissait. J'avais besoin justement de cette contradiction pour évoluer. C'est aussi ça le shalom baite. La paix conjugale ne vient pas de l'absence de désaccord, mais de la manière dont on le vit. Un jour, un homme et sa femme sont venus voir le magie de Cosmitz. Le mari s'est plaint auprès du rabby en disant "Ma femme fait un cool, vous savez le gâteau de pâteaz. Ungle délicieux pour shabbat. Mais elle le sert à la fin du repas quand je n'ai plus faim. La femme répond "Mais c'est la tradition de ma mère. C'est toujours ainsi qu'on a fait dans ma famille." Le magide leur propose alors une solution. Et bien faites deux Google, un pour le début et un pour la fin. Et depuis ce jour-là, chez le Magide, on servait le Google de paix conjugal. Dans une communauté, un grand débat éclate. Faut-il se lever ou non pendant la lecture des 10 commandements ? Alors, il y a une moitié qui dit "Bien sûr qu'il faut se lever, c'est un moment solennel." L'autre moitié réplique "Non, non, on ne change pas les habitudes, on reste assis." Alors, ils vont voir le rave pour trancher. Le premier groupe dit "Rave, notre coutume c'est de se lever, n'est-ce pas Le rave répond calmement. Non, ce n'est pas la coutume. Le second groupe jubile. Vous voyez rave ? Notre coutume c'est de rester assis, n'est-ce pas ? Et le rave répond encore : "Non plus, ce n'est toujours pas la coutume. Ils sont interloqués, les deux groupes s'écrient ensemble. Mais rave, si l'on ne fait ni comme l'un et ni comme l'autre, on va se disputer." Et le rave conclut avec un sourire. Ça c'est la vraie coutume. Et ce message est aussi confirmé par la psychologie moderne. Le docteur John Gottman, c'est un expert mondial du couple et bien il affirme qu'il peut prédire si un couple restera ensemble après 15 minutes seulement de discussion avec eux. Il leur fait parler d'un sujet banal a priori mais sensible. Qui est-ce qui ramasse les chaussettes ? Qui est-ce qui paye les factures ? et ils observent leur manière de se disputer. Le ton, l'écoute, le respect, c'est cela qui détermine leur avenir. Parce que dans le conflit et grâce au conflit, on révèle qui on est vraiment. Maintenant, j'aimerais vous raconter une histoire vraie, une des plus poignantes, qui illustre à quel point la pluralité des voix, la dispute dans le bon sens est essentielle. Il s'agit de Khanit Kikos. une adolescente israélienne de 16 ans. Nous sommes en 1993. Hanit disparaît alors qu'elle attend un bus près d'ofakim dans le sud d'Israël. Elle ne rentre jamais chez elle. La police ouvre une enquête, les médias s'emparent de l'affaire et un homme, Souleiman Alhabid, un arabe bédouin de Rahat, est arrêté et il nit tout en bloc. La police place un agent infiltré dans sa cellule et sous la pression, Souleiman finit par avouer, disant avoir tué Hanit et enterrer son corps dans une décharge. Mais on ne trouvera aucun corps là-bas. 2 ans plus tard, le corps de Hanit est découvert mais ailleurs, dans un canal d'évacuation à l'entrée de Berscheva, la veu était donc faux ou bien manipulé. Souleiman se rétracte, il dit que tout lui a été arraché de la bouche, mais malgré tout, il est condamné à la prison à vie. Le débat judiciaire va durer des années jusqu'à ce que la juge Myiam Ben Porat reconnaisse que la condamnation pose problème et recommande de réduire la peine de Souliman. Notamment parce que les juges étaient divisés sur la question. Deux sur trois seulement ont voté la condamnation. Et là, écoutez bien, en droit israélien, en droit moderne, l'unanimité est une force. Mais dans la Torah, c'est l'inverse. Le Rambam nous dit si tous les juges condamnent d'une seule voix un accusé dans un procès capital, il est automatiquement acquitté. Pourquoi ? Parce que s'il n'y a aucune voix contraire, c'est que personne n'a réfléchi à fond. Le commentaire du lève à vote sur notre Michna explique sans voix contraire, la vérité ne peut pas émerger. Le consensus total est suspect. Mes amis, c'est cela la grandeur de notre Torah. Elle ne craint pas la discussion. Au contraire, elle l'encourage, elle la sanctifie la discussion. C'est pourquoi le rabi disait à un journaliste fameux de gauche de gauche radicale en Israël qui s'étonnait que le Rabi lise ses articles. Il dit au Rabi mais Rabbi, vous lisez mes articles, vous êtes donc d'accord avec moi ? Et le raby répondit avec un sourire : "Si je ne lisais que ce avec quoi je suis d'accord, je lirai bien peu." Alors oui, sachons débattre, sachons nous écouter, sachons construire une paix vivante, agitée, parfois même controversée. Une paix qui est faite de dialogue, de nuances, de respect. Et alors, la promesse d'un autre parachat s'accomplira. Vous habiterez en sécurité dans votre pays et je mettrai la paix. sur la terre. [Musique]



