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HIZOOK#10 - Ce qui est à moi et à toi ? - Rav Raphael Halimi

HIZOOK#10 - Ce qui est à moi et à toi ? - Rav Raphael Halimi

Rav Shimshone Attali ·

Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr 2 heures avant l'entrée de Shabbat, Moché roule à toute allure en direction des montagne des CAT Skills dans l'état de New York où les juifs se reposent souvent pendant l'été. Soudain, il aperçoit une voiture à l'arrêt sur le bas côté de la route avec le capot ouvert et à côté de la voiture se tient un homme coiffé d'une kipa. Sans hésiter, Moché freine d'un coup, il fait demi-tour et il s'exclame bien sûr un juif en panne juste avant shabbat. Donc il s'arrête et lui vient en aide. Naturellement, après avoir réparé ce qu'il faut, il lui sert la main et il lui souhaite shabbat shalom. L'homme ne répond pas au début. Alors Moché tente en anglais, en idich, gchabes mais toujours rien. Et Mosché finit par lui demander "Are you Jewish ? Vous êtes juif ?" Et l'homme secoue la tête en faisant "Non. Alors Mé lui demande alors pourquoi portez-vous une kipa, monsieur ? Et l'homme de répondre ma mère me l'a appris quand j'étais tout petit. C'était une chrétienne très croyante. Mais avant de mourir, elle a sorti une kipa de son tiroir et elle m'a dit "Si un jour tu es en stress et en détresse, mets cette kipa sur la tête et quelqu'un viendra t'aider." C'est une anecdote bouleversante et en plus véridique. Elle nous touche particulièrement en cette période et j'aimerais justement rebondir sur dans le même esprit sur le chapitre 5 des Pierre Kavot qui nous offre justement une perle à méditer dans la Michna 10. La michna nous dit celui qui dit ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à toi est un rasside. Celui qui dit en revanche ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi est à moi est un racchat. Mais on peut s'étonner que signifie ce niveau du racide ? puisque dire tout ce que j'ai est à toi, c'est donner ses biens sans limite. Est-ce que c'est souhaitable ? Est-ce que c'est même raisonnable ? N'est-ce pas mettre en danger sa propre subsistence et celle de de sa famille ? D'ailleurs, nos sages nous enseignent ailleurs totalement l'inverse. La gmara dit que celui qui veut donner doit le faire jusqu'à 1/5 de ses biens, mais pas plus. Il est donc interdit de donner à tel point qu'on deviendrait soi-même nécessiteux. Alors pourquoi cette louange du hasid ? Le rabi deavic dans une causerie parachat ré propose une lecture lumineuse de cette nichna. En fait, le hassid dit le rabi, le hassid ne donne pas tout son argent. Le hassid donne tout son cœur. Il ne s'agit pas ici d'une générosité matérielle extrême, mais d'une attitude intérieure, une manière de regarder l'autre et de le valoriser. Quand un homme en détresse frappe à sa porte, leid ne lui fait pas sentir qui lui fait une faveur. Le Rasside ne le regarde pas de haut. Le racide agit avec respect, empathie et dignité. Il donne non seulement des moyens de subsistance, mais il lui donne également de l'espoir et de la force de se relever. Lagmara de Kidouin 31b illustre cette idée à travers une image forte. Il est possible, nous dit la gmara de nourrir son frère avec des rois, mais d'être à la fin puni. Alors qu'il est aussi possible de faire travailler son frère durement et d'en être récompensé. Pourquoi cela ? Parce que ce n'est pas ce qu'on donne, mais comment on le donne ? Le premier offre un bon repas mais traite son frère avec dureté et il lui dit mange et tais-toi. Alors que le deuxième demande à son frère de moudre du grain, de travailler, mais il lui parle avec douceur et lui donne un rôle, une place, une dignité. Il y a un exemple parfait que l'on peut donner, le célèbre philanthrope américain Schmouel Rore, très connu non seulement pour leur générosité gigantesque envers les institutions juives, mais surtout pour leur manière d'agir avec chaleur, sourire, humilité. Et bien lors de l'inauguration du Betrabat de Bale construit grâce au don de de la famille Rore, Schumoel raconte une histoire émouvante de de sa jeunesse. Il raconte ainsi j'étais enfant pendant la guerre, j'ai été confié à une famille juive en Suisse et le père de famille a rassemblé tous ses enfants devant moi et a dit "Voici un nouveau fils dans la maison. Il est l'aîné, il s'appelle Chemuel. Il s'assira à côté de moi." Et c'est ainsi qu'il appritiait accueillir un homme dans sa détresse avec amour et dignité. Un autre témoignage bouleversant raconté par le rave Schmuel Eliaou. Une histoire bien connue. Un jeune garçon de Jérusalem avait perdu son père dans un accident de la route à l'âge de 8 ans. La famille est tombée dans la précarité et pour sa barmzva, le jeune homme avait décidé d'économiser sous sous après sous pendant 6 semaines pour s'acheter un bel étrog meou, c'est-à-dire de qualité supérieure. La veille de Souscôte, il s'est rendu au marché et a acheté fièrement un bel érogue. Mais en rentrant chez lui, il s'aperçoit avec horreur que le vendeur l'avait trompé. Les trroges étaient loin d'être beau. Alors brisé, il va voir le rave mordéaeliaou pour lui demander son avis. Le rave examine les trogues et lui dit cacher mais le garçon insiste. Rave est-il méouard ? Et le rave répond à nouveau. Il est cacher. Le garçon s'apprête à partir, évidemment triste, mais soudain, le rave le rappelle et lui dit : "Tu sais quoi ? Je te propose un deal. Échangeons nos étrogimes. Toi, tu me donnes ton étrog et moi, je te donne le mien." Évidemment, il n'a pas eu le choix. Il a accepté et il est reparti avec le rog du rave. Et le rave a gardé son petit étrogue cacher. Le lendemain, au moment de l'office du matin, le rave sort de son étui son étrogue à lui, l'étrogue du jeune homme et il fait la braha de sui, celui qui l'avait acheté avec tant de fierté mais qui n'était pas parfait. Le rave voulait lui redonner espoir et dignité sans lui faire sentir qu'il recevait une homone mais bien parce qu'il le pensait. Un dernier point d'une profondeur incroyable se trouve chez le Rambam, le Maimonid dans les lois du deuil chapitre 14 où le Rambam nous dit la mzva d'accompagner un invité à sa sortie est plus importante que de lui donner à manger ou à boire. Celui qui ne raccompagne pas son invité, c'est comme s'il versait son sang. Étonnant. Pourquoi ce geste de quelques pas à la porte de la maison serait-il si essentiel ? Et bien parce que explique le Rabi dans le liotirot volume 25, le moment du départ révèle ce que vous pensez vraiment de l'autre. Si vous l'accompagnez jusqu'à la porte, cela signifie la chose suivante : "Tu n'étais pas un fardeau, mon ami. Tu nous as fait plaisir. Reviens quand tu veux." Par contre, si vous restez dans votre canapé et que vous criez au loin depuis le salon, "Allez, bye Shabbat Shalom", hein ? Et ben le visiteur va se sentir comme indésirable et vous avez alors versé en quelque sorte son sang émotionnel. Même les malachimes, les anges que Abraham avait reçu n'avaient pas vraiment besoin de manger. Et pourtant, ils avaient besoin d'attention, d'honneur, de considération. Et Abraham les a raccompagné jusqu'à la sortie. Et c'est cela la grandeur d'un autre, d'une personne qui invite. Nous avons été promis que c'est par l'amour du prochain que viendra la guéa la délivrance. Quand un juif dépasse son égoïsme, se connecte à un autre, il révèle que nous avons tous un père commun et cela éveille l'amour infini de Dieu pour son peuple en retour. On terminera par une petite histoire pleine d'humour et de sagesse. Deux commerçants juifs rentrent de leur voyage d'affaires juste avant Shabbat, mais la neige les bloque sur la route. Alors, ils doivent trouver refuge et honteux, il frappe à la première porte avec une mésousa dans un petit village. Un vieux juif leur ouvre la porte. Bon, les deux commerçants s'excusent mille fois, mais le vieil homme les coupe et leur dit "Très bien, très bien, je vous héberge, mais ça vous coûtera le prix fort, 2000 roubles. Last minute, dernière minute. Bon, ils sont choqués mais acceptent. Après tout, ils n'ont pas le choix." Et le shabbat fut royal. Nourriture abondante, du vin raffiné, des plats exquis. Et puis ils se disent "Au moins on a payé mais on se régale." Et il profitent du shabbat comme jamais. À la sortie du shabbat, bah ils veulent payer leur haute mais le vieil homme leur rend leur dit "I soir, vous étiez si gêné quand vous êtes arrivé chez moi. J'ai pensé que si vous alliez payer cher, et bien vous vous sentiriez finalement chez vous. Maintenant que vous avez passé un bon shabbat, laissez-moi la mitva intacte. [Musique] [Applaudissements]