
HIZOOK#93 - Le cri du cœur (MASSEI 43)
Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Il existe des passages dans la Torah qui ne se contentent pas de nous enseigner une loi. Ils viennent nous apprendre une manière de vivre notre relation avec Hashem. La parachat de cette semaine en fait partie. Après 40 années de désert, le peuple d'Israël est enfin arrivé aux portes de la terre promise. Le moment tant attendu est arrivé. le partage des Israël entre les tribus. Chacun attend avec émotion de découvrir la part qui reviendra à sa famille. Et soudain, cinq femmes s'avancent. Elles marchent jusqu'à Moscherabenou devant Elzar le Cohengadol, devant les chefs de tribu et devant tout le peuple. Ces cinq femmes sont les filles de Tséofrade. Leur père est mort dans le désert sans laisser de fils. Selon la loi de l'époque, il n'y a donc personne pour hériter de sa part en terre d'Israël. Son nom risque de disparaître avec lui. Alors, elle prennent la parole. Elle ne réclame pas un avantage. Elle demande juste pourquoi le nom de notre père disparaîtrait-il ? Donnez-nous une part au milieu de nos frères. Remarquez ce qu'elle demande. Elle ne parle pas d'argent ni de pouvoir. Elle parle de mémoire, de fidélité, d'amour. Elles disent en quelque sorte : "Notre père a rêvé de cette terre. Pourquoi son rêve s'arrêterait-il avec sa mort ?" Mosché entend leur demande, mais il ne répond pas. Il la présente devant Hashem et la réponse est extraordinaire. Les filles de Tséofrade ont raison. À partir de ce moment-là, une nouvelle loi est révélée. Lorsqu'un homme meurt sans fils, ses filles hérite. Mais comment comprendre une chose pareille ? Comment des femmes ont-elles pu être à l'origine d'une nouvelle loi dans la Torah ? Le rabi donne une réponse magnifique. Les filles de Tséofrade ne sont pas venues contester la Torah. Elles sont venues par amour de la Torah, par amour pour la Torah et surtout pour héret Israël. Quelques semaines auparavant, des hommes n'avaient pas pu offrir le corban pessar parce qu'ils étaient devenus impurs. Eux aussi étaient venus voir Mocher Rabenou avec une seule phrase : "Lama nigara". Pourquoi serions-nous privés ? Il ne demandait pas un privilège, il demandaient simplement de ne pas être exclus, de ne pas perdre leur lien avec Hashhem. Et Hashem leur répondit en créant une nouvelle mitzva, Pessar Cheni, la seconde chance. Les filles de Télelofrade ont compris un principe fondamental. Parfois, Hashem attend que le premier pas vienne de nous. Il attend que nous lui montrions combien sa proximité nous est précieuse. Voilà la grande leçon de cette parachat. La foi ne consiste pas seulement à accepter et à subir. Elle consiste aussi à désirer, à demander, à dire à Hashem, je ne veux pas être privé de toi. Cette idée explique une histoire extraordinaire. À l'époque ottomane, une rumeur circula à Jérusalem. Seuls celles et ceux qui étaient nés dans la ville pourraient y rester. Les rabanim de l'époque étaient désemparés. La majorité des habitants venaient de Russie, du Maroc, de Pologne ou du Yémen. Ils avaient tout quitté pour vivre en terre sainte. La question fut envoyée au célèbre Ragat Chauvert. Sa réponse fut géniale. Il cita le verset à Tion. On dira celui-ci et celui-là sont nés là-bas. Lagmara explique, il y a celui qui est né à Jérusalem et il y a celui qui a tellement désiré y vivre qu'il est considéré comme l'un de ses enfants. Rachi sur place conclut, celui qui aspire à la voir Jérusalem est appelé l'un de ses enfants. Quelle profondeur ! Dans le judaïsme, on appartient à ce que l'on aime. On appartient à ce que l'on désire profondément. Et c'est exactement ce qui a animé les filles de Télelofrade. Elle ne demandait pas une terre, elle demandait de ne jamais être séparé de la terre d'Hachem. Et lorsqu'un désir est authentique, il est capable d'ouvrir des portes que rien d'autre ne peut ouvrir. Le Midrache raconte une histoire qui illustre parfaitement cette idée. Le Midrache raconte qu'un couple vivait ensemble depuis de nombreuses années mais n'avait pas eu d'enfants. Avec beaucoup de douleur, ils décidèrent de divorcer. Avant de se séparer, ils allèrent demander conseil à Rabishimon Barokhaï. Ils s'attendaient à recevoir une bénédiction. Mais à la place, Rabiimon leur dit une chose étonnante. Puisque votre mariage avait commencé par un festin, alors que votre séparation se fasse elle aussi autour d'un festin. Alors, ils organisèrent un dernier repas. À la fin de la soirée, le mari regarda son épouse avec beaucoup de tendresse et lui dit : "Tu as partagé ma vie pendant tant d'années. Je voudrais que tu repartes avec ce que tu as de plus précieux dans cette maison. Tout ce que tu choisiras sera à toi." Cette femme ne répondit rien. Elle attendit que son mari s'endorme. Puis elle demanda au serviteur de le transporter jusqu'à la maison de ses parents. Au réveil, l'homme était complètement perdu. Il était dans la maison de ses beaux-parents. Sa femme s'approcha de lui et lui dit simplement, "Tu m'as demandé de prendre ce que j'avais de plus précieux, alors je t'ai choisi parce qu'il n'y a rien de plus précieux que toi." Lorsque Rabishimon entendit ses paroles, il pria fortement pour eux et Hashem leur accorda un enfant. Pourquoi ce miracle ? Parce que pour la première fois depuis longtemps, leur amour avait repris toute sa place. Et lorsqu'un amour est vrai, il ouvre des portes que la logique ne peut pas ouvrir. C'est exactement ce qu'on fait les filles defrade. Leur force n'était pas leur raisonnement. Leur force c'était leur amour. Cette idée nous accompagne précisément pendant les 3 semaines. Nous pleurons la destruction du beta amig. Mais pourquoi pleurons-nous encore près de 2000 ans plus tard ? simplement pour nous souvenir du passé. Non, nous pleurons parce que nous refusons de considérer l'exil comme une situation normale. Et c'est exactement ce qu'illustre l'histoire suivante. Imaginez un petit garçon qui a peur de dormir seul. Ses parents décident qu'il est temps qu'il apprenne à passer la nuit dans sa chambre. Au milieu de la nuit, il vient frapper à leur porte. Mais eux, les parents, résistent. Puis les cou cessent. Le lendemain matin, ils ouvrent la porte et ils découvrent leur fils endormis sur le sol juste derrière leur chambre. Il n'avait pas cherché un meilleur lit. Il voulait simplement être le plus près possible de ses parents. Le soir suivant, croyez-vous qu'ils laisseront encore cette porte fermée ? Bien sûr que non, parce qu'ils ont compris que leurs enfants ne demandaient pas du confort, ils demandaient leur présence. C'est cela la prière. La prière n'est pas seulement qu'une demande. Hem connaît déjà nos besoins. La prière, c'est un attachement. Carem attend que nous lui exprimions combien sa proximité nous manque. C'est aussi ce que Rabiakiva enseigne après la destruction du Bamigdash. Alors que les autres sages pleurent devant les ruines de Jérusalem, Rabiakiva quant à lui sourit. Il lui demande "Mais Rabiakiva, comment peux-tu sourire ?" Rabiakiva leur répond en substance justement parce que vous pleurez. Vos larmes montrent que vous n'avez jamais renoncé. Tant qu'un peuple continue de pleurer le bêdach, c'est qu'il croit encore à sa reconstruction. Rabiakiva ne sourit pas devant les ruines, il sourit devant l'espérance. Voilà le secret, le cri profond du cœur des filles de Téloprade. La non résignation des hommes de Pessarchen l'amour du couple de Rabichiman Bayai, la persévérance du petit garçon, l'espérance de Rabia Akiva. Tous nous transmettent le même message. L'amour refuse la résignation. Je voudrais terminer avec une dernière histoire. Rabi Mordekhaï de Ternoby avait annoncé à l'un de ses khassidimes qu'il passerait shabbat chez lui. Toute la famille se prépara avec enthousiasme. Puis quelques jours avant Shabbat, le Rabi annula sa visite et demanda en plus au Rassid de lui envoyer une somme immense di pièces d'or. L'homme vendit une grande partie de ses biens pour réunir cette somme. Cette nuit-là, pour la première fois de sa vie, il éclata en sanglot devant Hashem. Maître du monde, je ne t'ai jamais rien demandé, mais aujourd'hui, je t'en supplie, viens à mon secours. Quelques jours plus tard, des soldats du roi qui avaient réquisitionné sa maison ont oublié dans sa maison un coffre rempli de pièces d'or. En le rapportant au raby, celui-ci lui dit : "Tu vois, cet argent tu étais destiné depuis longtemps, mais simplement tu ne demandais jamais. Il fallait que ton cœur s'ouvre. Il fallait que ce cri monte. jusqu'au ciel et alors seulement les portes de la bénédiction se sont ouvertes. Les filles de Télelofrade ne nous ont pas seulement appris un précepte sur l'héritage, elles nous ont appris comment pris un juif. Un juif ne se contente pas d'obéir. Il aime, il s'investit et parce qu'il aime, il demande. Parce qu'il aime, il attend. Parce qu'il aime, il refuse de s'habituer à l'absence de la shrina. En plein Benhamed Sarim, c'est peut-être cela notre véritable travail. Ne pas laisser notre cœur devenir indifférent. Continuer à demander la guéa. Continuez à attendre le betamigdash. Continuez à croire que la porte s'ouvrira. Car un enfant qui continue de frapper à la porte de son père, il montre qu'il est convaincu qu'il y a quelqu'un derrière cette porte. Alors frappons, prions, espérons et puisse entendre le cri de chacun de ses enfants, transformer ses jours de deuil en jour de joie, reconstruire très bientôt le beamd et nous envoyer très rapidement.



