
HIZOOK#88 - Au cœur de la famille (BEHAALOTKHA 36)
Paracha Mariage & Famille
Retrouvez nous sur notre site www.israeltorah.com Merci de vous abonner à nos vidéos sur YouTube et de partager un Max ! IMPORTANT Soyez un des partenaires de la diffusion de la Torah dans le monde et associez-vous à nos Mitsvot ! Vous pouvez donner votre Maasser... Et sachez que nous réussirons toujours avec l’aide énorme d’Hachem grâce à vous ! Lien pour Donner http://www.israeltorah.com/dons-et-bilan/
Transcription
Kind: captions Language: fr Si vous deviez choisir six événements de toute l'histoire du peuple juif que chaque juif devrait se rappeler chaque matin de sa vie, quel serait-il à votre avis ? Nous penserions naturellement à la sortie d'Égypte, au don de la Torah, au Monsinaï, à Amalek, au Vaudor, au shabbat, des événements fondateurs, des événements qui ont changé le destin de notre peuple et même celui de l'humanité. Et pourtant, parmi ces souvenirs essentiels, la Torah en glisse un autre qui paraît presque surprenant. Souviens-toi de ce qu'achem a fait à Myiam lorsque vous êtes sortis d'Égypte, lorsqu'elle a prononcé du lchonara, de la médisance avec Aaron contre son frère Moché, elle a été punie de lèpre. Mais pourquoi cet épisode ? Pourquoi cette histoire familiale ? Pourquoi une conversation entre une sœur et son frère mérite-t-elle d'être gravée dans notre mémoire au même titre que la sortie d'Égypte ou le don de la Torah ? Derrière cette histoire se cache deux des leçons les plus importantes de toute l'existence humaine. La première, même lorsque nos intentions sont pures, nous devons faire extrêmement attention à la manière dont nous parlons et dont nous agissons. La deuxième, il n'existe rien de plus précieux qu'un foyer juif. Rien. Ni une carrière, ni un compte bancaire, ni un loisir, ni un projet personnel. Le foyer est le lieu où se construit l'éternité et c'est précisément ce que Myiam voulait défendre. Revenons à notre parachat. Le peuple traverse une période compliquée. Les plaintes se multiplient. Moché porte sur ses épaules un poids colossal. Il dirige des centaines de milliers de personnes. Il répond à leurs besoins. Il prie pour eux. Il les guide. À un moment, Hashem lui demande de choisir 70 anciens pour l'aider. Puis survient un événement inattendu. Deux hommes Eldad et Mdad commencent à prophétiser dans le camp. L'agitation est immense. Tout le monde en parle et parmi les personnes présentes se trouvent deux femmes extraordinaires. Tora, l'épouse de Moché et Myiam sa sœur. Soudain, Tipora laisse échapper quelques mots. Quelques mots seulement, mais parfois quelques mots suffisent à dévoiler des années de souffrance. Elle regarde les épouses des nouveaux prophètes et murmure : "Pauvres femmes, pauvres épouses." My sa belle- sœur, ne comprend pas pourquoi les plaindre. Leur maris viennent de recevoir un don exceptionnel. Alors, Tipora répond : "Parce qu'à partir d'aujourd'hui, leur vie risque de changer comme la mienne a changé." Et Myiam comprend. Elle découvre que la séparation de Mosché et de son épouse Tora n'est pas une rumeur, c'est une réalité. Mosché s'est éloigné de son épouse en raison de son niveau prophétique. Essayons un instant de ressentir la douleur silencieuse de Tipora. Cette femme a tout quitté pour suivre son mari. Elle a quitté son pays, sa famille, ses habitudes. Elle a traversé le désert. Elle a accompagné Moché dans toutes ses missions et pourtant elle vit une solitude dont personne ne parle. Parfois, les plus grandes souffrances sont celles qui ne font pas de bruit. Personne ne se plaint, personne ne crie, mais le cœur souffre. Et c'est cette souffrance que Myiam découvre. Pourquoi cela a bouleversé Myiam ? Et bien parce qu'un souvenir enfoui remonte soudain à la surface. Un souvenir vieux de plusieurs décennies. Myiam se revoit enfant, une petite fille de 5 ans. À cette époque, Pharaon a décrété que tous les garçons juifs doivent être jetés dans le Nil. Le désespoir est immense. Et son père Amram, le plus grand homme de sa génération, prend alors une décision radicale. Il se sépare de son épouse Yeved. Pourquoi faire naître des enfants dans un tel monde ? Pourquoi leur offrir une vie de souffrance ? Pourquoi les condamner à mort ? Et parce qu'Amram est le dirigeant de la génération, tout le peuple limite. Les foyers se brisent, les mariages se figent, l'avenir semble s'éteindre. Puis survient une scène incroyable. Une petite fille de 5 ans ose se lever face au plus grand homme de sa génération. Elle regarde son père et lui dit : "Ton décret est plus dur que celui de pharaon, papa." Imaginez le courage, imaginez la force, imaginez la lucidité. Pharaon ne s'attaque qu'au garçon. Toi, tu empêches la naissance des garçons et des filles, dit-elle. Pharaon agit peut-être contre ce monde, mais toi, tu empêches des âmes de venir au monde. Ces mots bouleversent Amram. Il reconnaît qu'elle a raison. Alors, il retourne auprès de son épouse et tout le peuple suit son exemple. Quelques temps plus tard nî enfant. Cet enfant s'appelle Mosché. Autrement dit, Mosché lui-même doit à sa naissance à la conviction inébranlable de Myiam dans la valeur du foyer. Sans Myiam, il n'y aurait peut-être jamais eu de Moché. Alors, lorsqu'elle découvre que ce même moché vit séparé de son épouse, quelque chose en elle se révolte. Elle ne comprend pas. Elle se dit "Mais comment est-ce possible ? Comment celui dont la naissance a été rendue possible grâce à la défense du foyer peut-il maintenant s'éloigner lui-même de son propre foyer ? Et c'est là que commence son erreur. Une erreur d'intention ? Non. C'est ici que le rabbi apporte une lumière extraordinaire. L'erreur de Myiam n'était pas son intention. Son intention était magnifique. Elle voulait défendre le mariage. Elle voulait défendre la famille. Elle voulait défendre la naissance des enfants. Elle voulait défendre l'avenir du peuple juif. Elle était animée par l'amour, par la responsabilité et même l'inquiétude. Alors, pourquoi a-t-elle été punie ? Parce qu'il existe une vérité fondamentale que beaucoup d'entre nous oublient. Une bonne intention ne suffit pas. Avoir raison ne suffit pas. Vouloir le bien ne suffit pas. Il faut aussi savoir comment faire le bien. Comme on dit, l'enfer est pavé de bonnes intentions. Combien de parents blessent leurs enfants en voulant les aider ? Combien d'époux blessent leurs conjoints en voulant lui donner un conseil ? Combien de responsables communautaires blessent des personnes avec des paroles qui étaient pourtant sincères ? Combien de conflits commencent par cette phrase : "Je te dis cela pour ton bien." Le problème n'est pas toujours ce qui est dit. Le problème est souvent la manière dont c'est dit, le moment choisi, le ton employé, la sensibilité manifestée. Myamit raison de se soucier de son frère, mais elle aurait dû lui parler directement, avec discrétion, avec délicatesse, avec respect. La Torah nous enseigne ici quelque chose de fondamental. On peut gagner une discussion et perdre une relation. On peut avoir raison mais aussi faire souffrir. On peut dire la vérité et provoquer une blessure. Or Hashem ne veut pas seulement que nous disions la vérité, il veut que nous sachions la transmettre avec amour. Ceci est le premier enseignement. Le deuxième enseignement est le suivant. Une autre leçon peut-être encore plus importante. Myamit consacré sa vie à défendre la famille juive. Et la Torah nous invite à réfléchir à ce sujet. Notre génération souffre d'un phénomène particulier. Nous passons énormément de temps à construire notre confort, nos études, nos projets, nos loisirs, nos voyages, notre carrière. Et parfois nous oublions ce qui compte réellement. Certains repoussent sans cesse la construction de leur foyer. Ils cherchent la perfection chez l'autre. la personne idéale, les conditions idéales, le moment idéal. Mais la vie passe et les années passent. Parallèlement, d'autres ont déjà construit un foyer mais vivent chacun dans leur monde. Téléphone, écran, travail, réseaux sociaux, distraction. On habite sous le même toit mais on ne construit plus ensemble. On partage un appartement mais plus forcément la même vision. Or, la Torah nous enseigne que le plus grand projet de notre existence n'est pas ce que nous possédons, c'est ce que nous transmettons. Le plus grand investissement n'est pas financier, c'est humain. Le plus grand héritage n'est pas matériel, c'est spirituel. Construire un foyer, renforcer son couple, partager des moments ensemble, prier ensemble, révè ensemble, éduquer des enfants, transmettre des valeurs. Voilà ce qui reste pour l'éternité. Bien sûr, certains disent tout cela est magnifique mais la vie coûte cher et ils ont raison. Les inquiétudes économiques sont réel, la pression est réelle mais la Torah nous demande de regarder plus loin que nos calculs. Nos sages disent : "Chaque enfant vient au monde avec son pain dans sa main. Chaque âme apporte sa bénédiction. Chaque âme apporte sa mission. Chaque âme apporte sa lumière. Et parfois Hashem ouvre des portes que nous étions incapables d'imaginer avec l'arrivée d'un enfant. Unhasid pauvre se rendit un jour chez le rabi de Nadvorna. Il demanda une bénédiction pour la parnassa. Le rabi l'écouta intentivement puis répondit : "Je te bénis d'avoir bientôt un nouvel enfant." Le Rasside resta sans voix. Il venait demander de l'argent et on lui souhaite une bouche supplémentaire à nourrir. Une année passa et un enfant naquis. Puis les affaires commencèrent à prospérer. Les portes s'ouvrirent. La bénédiction afflua. Plus tard, le rabi de Nadvorna expliqua que dans le ciel, j'ai vu qu'il n'avait pas les mérites nécessaires pour recevoir immédiatement l'abondance. Mais ce nouvel enfant a apporté avec lui un nouveau canal de bénédiction. Quelle idée magnifique ! Nous regardons souvent les enfants comme une dépense. Le ciel les regarde comme une bénédiction. Nous regardons un berceau alors qu'Achem voit une nouvelle lumière. Nous voyons un coup alors qu'Achem voit une mission. Nous voyons une responsabilité alors qu'Achem voit une promesse. Voilà pourquoi nous devons nous souvenir de Myiam chaque jour. Pas seulement pour éviter la médisance, pas seulement pour surveiller nos paroles, mais pour nous rappeler deux vérités essentielles. Premièrement, même lorsque nos intentions sont nobles, nous devons agir avec tacte, sensibilité et respect. Car la vérité sans amour peut devenir une arme. Deuxièmement, ne néglige jamais ton foyer, ne néglige jamais ton couple. Ne néglige jamais tes enfants, neige jamais le commun que le ciel t'a confié. Car lorsque tout disparaîtra, ce ne sont pas nos comptes bancaires qui resteront. Ce ne sont pas nos diplômes ni nos réussites professionnel. Ce sont les âmes que nous aurons élevées, les valeurs que nous aurons transmises, l'amour que nous aurons construit. Peut-être que le plus beau message du Myiam est précisément celui-là. Chaque foyer juif est un petit sanctuaire. Chaque enfant est une lumière supplémentaire. Chaque acte d'amour construit une part d'éternité. Et lorsque nous investissons dans notre foyer, nous ne construisons pas seulement notre bonheur, nous construisons l'avenir du peuple juif.



