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HIZOOK#40 - La paix avant la vérité (DEVARIM 44)

HIZOOK#40 - La paix avant la vérité (DEVARIM 44)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr On dit parfois que le silence est révélateur, mais dans notre parachat, c'est l'inverse. C'est un mot, une date, une toute petite précision presque cachée dans la masse qui révèle tout un monde. Parmi les 42 étapes que le peuple juif a traversé dans le désert, la Torah nous les cite toutes une à une. Ils partirent d'eux, ils campèrent à un inventaire, un listing sans émotion, sans récit, juste un rappel géographique. Et soudain, sans prévenir, la Torah interromp ce rythme mécanique. Elle s'arrête et nous dit : "Et ils montèrent sur la montagne de Hor à la frontière d'Edom. Et là mourut Aharon le Cohen le premier jour du 5e mois dans la 40e année après la sortie d'Égypte. Un verset différent, un verset chargé, un verset émotionnellement habité. Et ce détail, ce fameux premier jour du 5e mois, soit Rochrodesch Av, va faire de Aaron le seul personnage de tout le tan dont la Torah nous donne la date exacte de la disparition. Non pas Moché Rabenou, ni Abraham Avinou, ni Yaakob, pas même David Améer Aaron. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Cette question est encore plus bouleversante quand on comprend que la Torah ne s'étend jamais gratuitement. Chaque mot est précieux. Chaque virgule a un sens. Et voilà que dans cette section sobre, presque technique, qui résume 40 ans de voyage, la Torah s'interrom pour parler d'un homme, d'un moment, d'une date, d'un adieu. Et pas seulement cela. Elle précise ensuite et toute la maison d'Israël pleura à Aaron pendant 30 jours. Toute la maison d'Israël, cette expression n'est utilisée que pour lui. Pas même pour Mocher Rabenou, ni pour Myiam Anvia, pas pour les grands rois d'Israël, ni les grands prophètes. Non, pour Aharon seulement, tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants, le peuple entier. Le rabi pose cette question et répond avec une clarté bouleversante. La mort d'Aaron n'était pas seulement un événement religieux, c'était un choc national, un tremblement de terre dans le cœur de tout le peuple. Parce qu'Aaron, c'était le cœur de chacun, l'homme qui créait du lien là où tout est brisé, le grand artisan de la paix. C'est pour cela que sa mort est mentionnée, car dater sa disparition, c'est marqué dans le calendrier une fracture collective. Un jour où la bonté, la réconciliation et la tendresse ont quitté ce monde. Et la Torah veut qu'on s'en souvienne chaque année pour ne pas oublier ce qu'on a perdu, pour ne pas oublier ce qu'on doit retrouver. Et ce qui est encore plus bouleversant, c'est que Mosché Rabenou lui-même le dit. Oui, Mosché, le maître du peuple juif, le plus grand des prophètes, celui qui a transmis la Torah, celui qui a défié Pharaon, qui a fendu la mer et parlé avec Hashem face- à face. Dans son testament à la fin de la Torah, Moscherabé nous écrit "Et toute la maison d'Israël pleura Aaron pendant 30 jours. Par contre, quand il s'agit de sa propre mort, Mosché Rabenou écrit simplement : "Et les enfants d'Israël pleurèrent Mché. Non pas tout le peuple, non pas toutes les femmes et tous les hommes et tous les enfants. Et Moché ne cache pas ce détail, il le mentionne noir sur blanc. Il assume, il accepte que son frère le dou à Aaron, celui qui aimait sans condition, celui qui réconciliait, celui qui ne jugeait personne et était plus aimé que lui. C'est presque une tâche sur son héritage, mais il l'écrit. Pourquoi ? Parce qu'il veut nous transmettre une vérité plus grande que lui. Comme le dit il estaken, soyez les disciples de Aaron. Aimez la paix, poursuivez la paix, aimez les créatures et rapprochez-les de la Torah. Non pas les disciples de Méabenou, non pas ceux de la vérité, non pas ceux de la rigueur, mais ceux de la bonté et de la paix. J'aimerais vous raconter une histoire très personnelle, une histoire vraie que j'ai vécu après avoir donné un cours sur ce thème, celui de la haine gratuite. Ce soir-là, j'avais parlé avec passion de l'importance de ne pas juger, de comprendre que parfois derrière la colère, il y a une peur, une panique, derrière la dureté, il y a une blessure. À la fin du cours, un homme s'est approché de moi, un inconnu. Il avait l'air secoué. Il m'a regardé droit dans les yeux et il m'a dit "Ce soir, vous m'avez sauvé." Je ne comprenais pas. Alors, il m'a expliqué. "Je suis directeur financier d'une grande entreprise. Ce matin, j'ai découvert qu'un de mes collaborateurs avait signé un rapport truqué. J'étais furieux, c'était grave. J'allais le convoquer le lendemain et le mettre à la porte sur le champ. Mais en vous écoutant ce soir, j'ai compris quelque chose de simple. Cet homme n'est pas une mauvaise personne. C'est un homme, un homme avec ses failles qui a paniqué, qui a eu peur, qui voulait sauver sa peau ou sa famille. Alors le lendemain, il est monté dans son bureau, lui a apporté un café et il lui a dit calmement parle-moi et on va régler ça ensemble. Son collègue a fondu en larme. Il a reconnu son erreur et ils ont corrigé ensemble leur rapport. Ils ont sauvé l'entreprise et surtout ils ont sauvé une relation humaine. Quelques jours plus tard, je reçois un SMS, une simple phrase mais qui m'a bouleversé. Si j'avais réagi avec ma colère, j'aurais gagné le combat mais j'aurais perdu la guerre. Amidrache raconte une scène glaçante. Caï tuer son frère Avel, le premier meurtre de l'histoire. Adam et Hava, leurs parents, sont pétrifiés, assis à côté du corps inerte de leur fils Avel. Ils ne savent pas quoi faire. Le mot mort n'existait même pas encore. Et là, Hashchem envoie à un animal, un oiseau, un corbeau, plus précisément. Un corbeau qui devant eux va enterrer un congénère, un compagnon corbeau. Adam et Hava comprennent donc le message et ils enterrent à leur tour leur fils Avel. Mais pourquoi leur envoyer ce message à travers un corbeau ? Cet animal est considéré comme le plus cruel, le plus égoïste, le plus indifférent du règne animal. Et pourtant, même lui peut enseigner le chez emet, la bonté pure gratuite qui ne reçoit rien en retour. Le message est bouleversant. Il y a de la lumière même dans les ténèbres. J'aimerais terminer par une histoire que je ne peux pas raconter sans émotion. Elle se passe en Russie. Un jeune homme est fiancé à une jeune fille. Le mariage approche et là coup de théâtre. Le jeune homme est arrêté par l'armée russe et pour le libérer, il faut une rançon énorme. La communauté juive se tourne alors vers le seul homme capable de donner une telle somme, un riche, mais réputé pour être un monstre d'avarice, un radin sans précédent. Quand la délégation de Rabin vient lui parler, il les écoute mais reste impassible. Finalement, il sort une petite pièce de son armoire, une pièce en cuivre rouillée et là tout le monde est choqué, humilié. Mais le Rabichman de Liadi, le premier rabi de Khabad présent sur place à ce moment, récupère la pièce. Il la regarde et sourit. Il sert la main du riche et lui dit "Que Dieu vous bénisse. Merci pour votre générosité." Et là, quelque chose se brise. L'homme tremble, il se lève, il court chercher son portefeuille et il donne un billet, puis deux billets puis 10 jusqu'à donner toute la rançon. Et en larme, il raconte : "Il y a 50 ans, j'étais pauvre. Un jour, j'ai donné une pièce à un mendiant dans la rue. Il l'a regardé et avec mépris me l'a jeté au visage. J'ai été humilié. Depuis ce jour, j'ai juré de ne plus jamais donner tant qu'on ne me remercierait pas. Et il conclut les yeux mouillés. Vous m'avez libéré, Rabi. Vous m'avez permis d'aimer à nouveau. Rochrodèche Av, mes amis, ce n'est pas seulement le début des jours de deuil. C'est le jour où est mort le dernier rempart contre la haine gratuite, cause essentielle de la destruction du temple. Le dernier à pouvoir encore réconcilier les cœurs, c'est le jour où le cœur du peuple a cessé de battre à l'unisson Rochrechhav, Ptirat Aaron à Cohen. Mais ce n'est pas une fatalité. Ce jour-là est dans la Torah mentionnée, datée pour que nous prenions la relève, pour qu'on arrête de se battre pour des détails, pour qu'on cesse de chercher qui a raison et qu'on commence à chercher comment on peut aimer un peu plus. Si chacun d'entre nous choisit, ne serait-ce qu'une seule fois par jour, d'aimer à la manière d'Aaron, de parler un peu moins afin d'écouter un peu plus, de faire un geste vers l'autre, alors peut-être peut-être ce mois de H deviendra enfin ce que son nom promet Men Menave, un mois de consolation parce que la consolation commence quand l'amour prend la place du jugement.