
HIZOOK#26 - Mûrir n'est pas mourir
Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Il existe des douleurs qui font du bruit, des cris, des larmes, des coups de colère et puis il y a des douleurs qui ne font pas de bruit, qui s'installent doucement en silence et qui rongent l'intérieur sans laisser de traces visibles. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de ce silence, de celui que vivent beaucoup d'hommes en vieillissant, je précise les hommes. Ce moment de vie où les enfants ont grandi, où la carrière est derrière soi, où l'énergie physique s'auise et même l'image que l'on avait de soi se brouille. Une autre réalité plus intérieure commence à prendre la place. Un article très touchant publié sur un site de sociologie parle de quelques comportements caractéristiques d'hommes qui deviennent malheureux en silence et en vieillissant. Ce sont des signaux d'alerte et ils sont subtils mais ils sont puissants. Aujourd'hui, nous allons regarder ces comportements à la lumière de la Torah, de la racidout et surtout du cœur. Le premier signe mentionné est le repli sur soi. L'homme qui s'éloigne des autres, qui ne répond plus au messages, qui ne veut plus sortir. Il dit juste "Je suis bien comme ça." Mais en réalité, ce n'est pas du bien-être. C'est une forme de démission intérieure. Le rave Desler écrit dans Mirtav Meeliaou qu'un des grands dangers spirituel de l'homme, c'est l'illusion de l'autosuffisance. L'homme pense qu'il n'a besoin de personne, qu'il se suffit à lui-même alors qu'en vérité l'homme est un être de relation. Le rabi de Lubavic enseignait celui qui pense qu'il peut avancer seul se trompe. Même les plus grands sadikim ont eu des compagnons, des élèves, des maîtres, des gens pour les faire avancer. Le deuxième comportement est la perte de goût. Ce qui faisait plaisir auparavant ne fait plus d'effets. La musique n'émeut plus. Les hobbits disparaissent. Les passions s'éteignent. Le Balatan explique dans le Tania chapitre 26 que la tristesse n'est pas une simple émotion, c'est une force d'inertie, une lourdeur de l'âme et il met en garde un homme abattu ne peut pas combattre. Une fois un homme demanda au rabbi de Satmar : "Reb, je ne ressens plus rien, ni dans la prière, ni dans les fêtes, que faire ?" Et le rabi lui répondit : "Tu as peut-être perdu le goût, mais pas la vie. Continue à manger, même sans sentir le goût, car c'est en mangeant que tu retrouveras l'appétit." 3è comportement, l'homme ne parle plus de ce qu'il ressent. Il évite les conversations profondes. Il se réfugie dans des réponses automatiques comme "Ça va, tout est normal, laisse tomber." Mais ce mutisme est souvent un cri étouffé. Le midrache dit sur Joseph à Saddik que lorsqu'il a reconnu ses frères, il a dû se retenir de pleurer jusqu'au moment où il s'effondra. Vaitobivri, il éleva la voix en pleurant. La voix, le cri, les larmes, ce sont des expressions vitales de l'âme. Un homme qui n'exprime plus ses émotions est un homme qui se coupe de sa propre âme. 4è phénomène, je suis toujours épuisé. Non pas de fatigue après un effort physique, non, une lassitude permanente. L'homme qui est tout le temps fatigué, même après une bonne nuit de sommeil, c'est pas bon. Dans le langage de laidout, on parle de coved, lourdeur. Une lourdeur qui vient d'un déséquilibre entre le corps et l'âme. Le ravook disait "Lorsqu'un homme n'est plus connecté à sa mission, son âme pèse sur lui au lieu de le porter. D'où l'importance de redonner une mission, même petite. Donner un cours à quelqu'un, écrire une lettre, une aide à offrir, une mva régulière. Car la fatigue spirituelle, elle se soigne par l'action. 5è comportement, le repli sur le passé. L'homme qui ne parle que d'autrefois, qui idéalise son histoire, qui dit toujours c'était mieux avant et qui regarde l'avenir avec peur ou désespoir. C'est humain mais dangereux. Le Talmud nous met en garde ne dit pas les anciens jours étaient meilleurs que ceci car cela empêche l'homme d'investir dans le présent. Laassidou nous enseigne que l'essentiel n'est pas ce que nous avons été. L'essentiel c'est ce que nous devenons à partir de maintenant. Voici un autre comportement subtil mais destructeur, le sarcasme comme défense. L'homme devient moqueur. Il dénigre tout. Il ironise. En réalité, c'est sa manière de se protéger contre la douleur. Mais le cynisme est un poison. Le Rabi Rachab disait que le rire moqueur coupe les ailes de l'âme. Un jour, un Hassid se moqua d'un autre qui dansait avec ferveur à Simratora et le rabi tu crois que tu ris de lui en réalité tu pleures sur toi. 7e comportement. Quand la souffrance intérieure ne trouve pas de sortie, alors elle explose vers l'extérieur. L'homme devient nerveux, tendu, agressif, irritable sans raison apparente. Mais au fond, ce n'est pas la colère, c'est la douleur qui ne sait pas se dire. Le Harrizal explique que les midotes, les traits de caractère ne sont que des canaux. Si l'âme, la néchama est équilibrée, la colère devient l'énergie positive. Si elle est blessée, elle déborde. L'article parle également de l'insomnie comme signe de souffrance. Le corps est fatigué mais l'esprit ne laisse pas dormir. Le passé, les regrets, les peurs surgissent pendant la nuit. Dans le zoir, la nuit est appelée ratson, un moment de dévoilement profond. Si l'homme n'a pas de paix intérieure, la nuit devient son juge. Une habitude racidique était de dire, de prononcer une petite cavana, une intention avant de dormir. Je remets mon âme entre les mains de Dieu avec confiance. C'est une manière d'apaiser son âme. L'appétit est aussi un baromètre de la vie intérieure. Trop ou pas assez, c'est souvent le signe que l'âme cherche un refuge dans le corps. Le Rambam explique que la santé de l'âme passe aussi par la régulation du corps. Manger avec conscience, bouger, dormir. La rassidout ajoute le corps et le cheval, l'âme et le cavalier. Il faut que les deux avancent ensemble. Et enfin, et c'est peut-être le plus profond, le sentiment d'inutilité. Quand un homme se demande "Ma vie a-t-elle servie à quelque chose ? Et maintenant, que reste-t-il de moi ?" Mais c'est là que la Torah apporte la réponse la plus lumineuse qui nichmat. L'âme de l'homme est une flamme de Dieu. Tant que cette flamme brille même doucement, elle a une mission unique. La mission ne s'arrête jamais, même sans force physique, même sans public, même sans famille autour. Juste un mot, une bénédiction, un sourire, un souvenir à partager, une prière chuchoter, tout a du poids. Pour conclure, le mal-être masculin n'est pas une faiblesse, c'est une souffrance qui cherche une écoute et nous avons tous un rôle à jouer. Écouter sans juger, inviter mais sans forcer, raviver la flamme chez celui qui s'éteint. Le rabi de Lubavich disait, il n'y a pas de juifs inutiles, il y a seulement des juifs qui ont oublié qu'ils sont une lumière. Alors, soyons des allumeurs de lumière, une parole, un geste, une attention. Peut-être même ce cours que vous partagerez avec quelqu'un. Et peut-être un jour un homme silencieux vous dira "Tu m'as aidé à rallumer ma joie." Merci. [Musique]



