
HIZOOK#20 - Demain, promis...
Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Imaginez cette scène. Trois étudiants qui ont passé la nuit à faire la fête arrivent le lendemain totalement incapable de passer leur examen. Leurs regards sont fatigués, leurs visages tendus et ils courent chez leur professeur et lui racontent une histoire mirobolante. "Nous étions à un mariage", disent-il, et sur le chemin du retour, bah crevaz. Impossible de rentrer à temps. Il supplie le professeur, "Donnez-nous une autre chance." Le professeur accepte et une semaine plus tard, les trois amis se retrouvent dans une salle isolée, chacun avec sa copie. Mais seulement trois simples questions. Où a eu lieu le mariage ? Quelle voiture conduisiez-vous ? Sur quelle roue avez-vous eu la creuvaison ? Silence. Suur froide. Le mensonge s'effondre. Cette histoire illustre une grande vérité. Tu peux tromper tout le monde, mais tu ne peux pas tromper le temps et tu ne peux surtout pas tromper toi-même. Raviosef, c'était un géant du Talmud. Il était le chef de la prestigieuse yeshiva de Pumpedita. Il a été le maître de Abaé et de Rava. Mais au-delà de son érudition, Raviosef était un homme d'une conscience rare. Il disait que chaque jour est une opportunité unique. Le jour de Chavouotte, il organisait un repas festif exceptionnel. Il demandait qu'on lui prépare un veau raffiné, le plus spécial et il disait cette phrase étonnante et énigmatique. Si ce n'était pour ce jour, combien de Joseph y a-t-il sur le marché ? Hein ? Une question surgit immédiatement. Pourquoi parler du jour et non de la Torah elle-même ? Pourquoi ne pas dire si ce n'était pour la Torah que j'ai étudié et non pas pour le jour ? Rashi vient à notre secours et explique "Ce jour où j'ai étudié la Torah où je me suis élevé parce que le message qu'il veut transmettre est bien plus profond. Raviosef ne parle pas uniquement du 6 Sivan, il parle de chaque jour. Il dit "Si je n'avais pas su tirer le maximum de ce jour de l'instant présent, je serais un Yoseph parmi les autres sur le marché." Pas de grandes promesses, pas de demain. Chaque jour, Raviosf se levait avec la conviction que c'était aujourd'hui qu'il allait faire la différence. Il ne repoussait pas. Il ne cherchait pas d'excuses. Il savaient que la grandeur se construit dans les instants concrets, pas dans les intentions floues. Juste avant la fête de Chavouot, chaque année, nous lisons la paracha Bamidbar dans le désert. Et les sages s'interrogent : "Pourquoi la Torah a-t-elle été donnée dans un désert ? Pourquoi pas dans un endroit majestueux comme le Kineret, les montagnes de Jérusalem, le Carmel ? Le Rabi Lubavic apporte une réponse bouleversante. Le désert, c'est le premier endroit disponible. Et quand il s'agit de recevoir la Torah, de se connecter à quelque chose de grand, on ne remet jamais à plus tard. On ne doit pas dire quand je serai prêt, quand j'aurai le bon cadre, le bon moment. Non, on commence là où on est, même si c'est un désert, même si c'est sec, inconfortable ou désorganisé. Car si tu attends le moment parfait, tu ne commenceras jamais. Et c'est cela que la Torah nous apprend. Commence maintenant même dans le désert. Un homme simple mais sincère vint un jour voir le rabi de Lubavic. Il voulait s'approcher de la Torah, se rapprocher de Dieu et il dit au Rabi : "J'ai envie de changer. Je veux faire quelque chose mais je ne sais pas par où commencer. Je veux bien faire. Je veux le faire à fond, mais j'attends le bon moment." Le rabi le regarda avec bienveillance. Il ouvrit un tiroir, en sortit une pièce et la déposa dans la main de l'homme. Surpris, l'homme demanda : "Rabi, c'est pour moi ?" Et le Rabi répondit calmement : "Non, c'est pour la Tséedaka. Mets-la dans la boîte en sortant d'ici et souviens-toi, tu viens de commencer." Ce jour-là, l'homme comprit une chose essentielle. Le changement ne commence pas par un plan, il commence avec une action, un pas maintenant. Une histoire bouleversante, vraie, transmise par le rave Zwolf, raconte l'impact inattendu d'un choix au bon moment. Yaakov Franck, c'est un haut fonctionnaire israélien. Il est le petitfils du grand ravz Pessar Franck. Il rentre un jour visite au Rabi de Lubavic à la fin des années 1970. Le Rabi lui demande "Tu es le petitfils du Raf Franck ? Raconte-moi un souvenir à son propos." Yaakov raconte dans les années 1920, un jeune américain étudie à la yeshiva prestigieuse de son père inquiet de la situation en Palestine demande qu'il rentre expressément. Le directeur de la Yesishiva, le rave Mendel Epstein, sollicite alors le rave Franck pour écrire une lettre rassurante au père. Le rave s'engage. Le jeune homme est en sécurité. Laissez-le à laiva. Mais en 1929 survient alors le massacre de 67 juifs sont assassinés dont 24 étudiants. Le jeune américain est parmi les victimes. Le rave Franck ne s'en remettra jamais. Il porte en lui une douleur profonde, celle d'avoir, sans le vouloir, exposé un garçon à la mort. Des années plus tard, Yaakov, son petit-fils, est en service militaire de Milouim et se retrouve sous la pluie en pleine pause avec un autre soldat, un historien de métier. Et en parlant, il lui raconte son drame familial. L'historien est bouleversé. Mais tu n'es pas au courant, le père de ce garçon a utilisé cette tragédie pour faire pression sur les autorités britanniques. Grâce à cela, un nouveau haut commissaire a été nommé Arthur Vauchop qui a doublé les quotas d'immigration. Des milliers de juifs d'Europe ont pu monter en Israël avant la choix. Ils ont été sauvés et plus encore, ces immigrants ont constitué une force essentielle pour la guerre d'indépendance. Sache que ce garçon, par sa mort, a sauvé des milliers de vies. Yaakob est bouleversé. Il quitte tout pour monter à Jérusalem, raconter cela à son grand-père. Sa femme lui suggère d'attendre shabbat comme d'habitude, mais il insiste. Je dois le lui dire maintenant. Il raconte tout cela à son grand-père. Le rave Franck écoute les larmes aux yeux et lui dit simplement : "Merci mon petitfils d'être venu tout de suite. Merci de ne pas avoir attendu." Le lendemain matin, rave Franck quitte ce monde. En entendant cette histoire, le Rabi dira : "Voilà pourquoi je dis toujours : "N'attendez jamais pour faire une bonne action, pas même une heure." Avant même que les Juifs ne sortent d'Égypte, avant même de recevoir les 10 commandements, Dieu leur donne une première mzva. Non pas la mva de Emouna ou du shabbat ou de la cacherout, mais celle-ci. Ce mois sera pour vous le premier des mois. C'est la mzva de sanctifier le temps. Mais pourquoi commencer par là ? Parce que si tu ne maîtrises pas ton temps, tu ne maîtrises rien. Le calendrier juif, ce n'est pas Dieu qui le fixe, c'est nous. Nous décidons quand commence un mois, quand tombent les fêtes. Nous décidons, nous avons le pouvoir de sanctifier le temps. Et si nous pouvons sanctifier le temps, nous pouvons sanctifier notre vie. Le Rabi Rayatz, Rabi Yosph Itak de Lubavic, le précédent Rabbi, dans un récit personnel très marquant, raconte que lorsqu'il était enfant, il reçu un jour un peu d'argent de poche. Il avait le choix entre acheter un livre sain ou une montre. Et il choisit la montre. Pourquoi ? Parce que dit-il, c'est la montre qui me rappellera d'ouvrir des livres. Un livre t'élève mais une montre te réveille. Une montre te rappelle que le moment passe, qu'il faut agir maintenant. Sans la conscience du temps, même les plus belles intentions restent dormentes. Il y a quelques années, un enseignant de lycée en Amérique remarqua un élève toujours triste, en retrait, silencieux. Un jour, il s'approcha de lui et lui dit simplement, "Mon garçon, tu sais, je suis content que tu sois là. Tu as ta place ici, tu comptes. Le garçon le regarda surpris, puis il sourit timidement. Des années plus tard, ce même enseignant reçut une lettre de ce jeune homme qui disait : "Ce jour-là, j'étais sur le point d'en finir. J'avais prévu de ne pas revenir chez moi. Votre phrase m'a sauvé la vie juste parce que vous l'avez dite ce jour-là. Merci d'avoir parlé avant qu'il ne soit trop tard. Alors, tu veux changer ? Commence maintenant. Pas demain, pas après-demain, même avec une pièce. Même avec un un mot, même avec une seule lettre, même avec une seule main posée sur l'épaule de quelqu'un. Car ce jour peut faire de toi la meilleure version de toi-même. [Musique]



