
HIZOOK#94 - Qui retient la Guéoula ?
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Transcription
Kind: captions Language: fr J'aimerais commencer par une histoire. Imaginez la scène. Trois milliardaires arabes sont assis dans un café à Manhattan. À la table d'à côté est assis un juif tranquillement en train de boire son café. Les trois milliardaires décident de s'amuser un peu à ses dépends. Le premier, un saoudien, déclare avec fierté : "Moi, je vais acheter City Bank". Le deuxième un Emirati Ranché et bien moi j'achèterai Microsoft et le troisème un Katari souris et ajoute et moi je rachèterai General Motors. Tous les trois éclatent de rire persuadés d'impressionner leur voisins. Le juif continue de boire son café sans même lever les yeux. Puis il repose tranquillement sa tasse et répond "Désolé mais moi je ne vends pas." Cette petite histoire est pleine d'humour mais elle contient une idée extraordinaire. Il y a des gens qui vivent avec le sentiment que tout s'achète. Et puis il y a ceux qui savent que certaines choses n'ont pas de prix. Notre identité, notre mission, notre dignité, notre lien avec HM est surtout notre responsabilité. Cette semaine, nous lisons la parachat de Devarim. Chaque année, cette lecture précède immédiatement le jeûne du neuf. Et ce n'est évidemment pas un hasard. Le mot qui raisonne tout au long de cette période est un seul mot. Ea comment mon cherou s'écrit dans la parachat, comment pourrais-je porter seul votre poids, vos querelles et vos disputes ? Ea le prophète Yeshayahou reprend exactement le même mot. Comment la ville fidèle est-elle devenue une prostituée en parlant de Jérusalem ? Puis quelques siècles plus tard, Yirmiaou ouvre les lamentations avec cette phrase bouleversante : "Comment est-elle restée solitaire ? Era Yashva Badad, cette ville autrefois si peuplée. Trois fois le même mot, trois fois la même douleur, trois regards différents sur une même tragédie. Mais derrière cette question se cache une interrogation encore plus profonde. Comment avons-nous pu en arriver là ? Comment un peuple qui avait vu la présence divine de ses propres yeux a-t-il pu perdre le betamigdashche ? Comment Jérusalem, capitale de la sainteté a-t-elle pu devenir un champ de ruine ? Et surtout, pourquoi sommes-nous encore en exil près de 2000 ans plus tard ? Sag dans la gmara de Guitin raconte la célèbre histoire de Kamsa et Barkamsa. L'histoire qui conduisit directement à la destruction du second temple. Mais ce qui est fascinant, c'est la conclusion de Rabihan dans la Gmara. Il dit une phrase presque incompréhensible. C'est l'humilité de Rabi Zaria ben Afkouas qui a détruit notre temple, brûlé notre sanctuaire et provoquait notre exil. Lorsqu'on entend cette phrase pour la première fois, on reste sans voix. Comment est-ce possible ? Depuis quand l'humilité détruit-elle le monde ? Nous avons toujours appris que l'humilité est l'une des plus grandes qualités. Moserabenou était l'homme le plus humble de la terre. Alors comment Rabi Khanan peut-il dire que c'est précisément l'humilité d'un grand sage qui est responsable de la destruction du Bamigdash ? Pour comprendre, il faut revenir au début de l'histoire. Un riche notable de Jérusalem organise un immense banquet. Il souhaite inviter son ami qui s'appelle Kamsa. Il envoie son serviteur remettre l'invitation mais le domestique se trompe. Au lieu de remettre l'invitation à Kamsa, il l'apporte à Barkamsa qui est justement le pire ennemi de cet homme. Barkamsa reçoit l'invitation et il est surpris. Depuis des années, ces deux hommes se détestent mais il se dit que peut-être veut-il enfin faire la paix. Rempli d'espoir, il achète de beaux vêtements. Il se prépare avec soin. Il monte dans son carrosse et il arrive à la réception, le cœur rempli d'espérance. Mais dès que le maître de maison l'aperçoit, son visage se ferme. Il devient rouge de colère. Qu'est-ce que tu fais ici ? Qui t'a invité ? Sors immédiatement. Barkamsa comprend qu'il s'agit d'une erreur. Il est pétrifié. Des centaines de personnes sont présentes. Tous les grands personnages de Jérusalem sont là. Les plus grands sages de la génération sont assis autour de la table. Alors, il supplie discrètement son hôte. Écoute, tu n'as pas besoin de m'aimer, mais ne m'humilie pas devant tout le monde. S'il te plaît, laisse-moi simplement rester. Je payerai tout ce que je mangerai. Refus. Alors, il augmente son offre. Je payerai la moitié de toute la réception. Toujours refus. Désespéré, il dit alors : "Très bien, je peri l'intégralité du banquet, tout, chaque plat, chaque invité. Laisse-moi seulement sauver mon honneur. Mais le riche ne veut rien entendre. Il le saisit devant tout le monde et le jette d'or." Imaginez cette scène. Ce n'est pas simplement une humiliation, c'est un homme dont la dignité est brisée publiquement. Une personne peut supporter beaucoup de souffrance, mais être humilié devant une foule, c'est comme si on lui a arraché son âme. Et ce qui lui fait encore plus mal, ce n'est pas seulement le geste du riche, c'est le silence. Les plus grands sages de Jérusalem sont présents, mais aucun ne se lève, aucun ne proteste, aucun ne se dit "Ça suffit, on ne traite pas un être humain de cette façon." Le silence des justes devient alors dans son cœur une approbation. À cet instant précis, Barkamsa décide de se venger pas seulement contre cet homme, mais contre tout Jérusalem. Il se rend auprès de l'empereur romain et lui affirme que les Juifs préparent une révolte contre toi. L'empereur veut vérifier alors il envoie un magnifique sacrifice destiné au Betamdash. En chemin, Barkamsa inflige discrètement à l'animal une blessure minuscule, une blessure invisible pour les Romains, mais qui selon la Alaha le rend impropre à être offert sur l'hôtel. Les coanimes découvrent le problème. Ils comprennent immédiatement le piège. S'il refusent le sacrifice, l'empereur pensera que les juifs l'ont insulté. Mais s'il l'accepte, il transgresse la haahaa. La situation est dramatique. Les sages se réunissent. Certains proposent une décision exceptionnelle et ils disent dans une situation aussi grave euh nous avons qu'à accepter le sacrifice. Il s'agit de sauver tout un peuple. D'autres vont encore plus loin et disent "Si c'est nécessaire, il faut empêcher Barkamsa de retourner raconter l'histoire à Rome." Mais un sage s'y oppose totalement. C'est Rabi Zekaria Ben Afkouas. Il répond "Les gens diront qu'il est permis d'offrir un animal présentant un défaut. si on accepte le sacrifice. Puis il refuse également la seconde proposition. Les gens diront qu'on exécute quelqu'un pour avoir blessé un sacrifice. Résultat, on doit rien faire. On laisse tel quel et parfois ne rien faire est la décision la plus lourde de conséquences. Quelques semaines plus tard, les armées romaines encerquent Jérusalem. Le Betamdash est détruit. Le peuple est exilé. 2000 ans de souffrance commence. C'est alors que Rabianan conclut, c'est à cause de l'humilité entre guillemets de Rabi Zaria benflas. C'est à cause de lui que le temple a été détruit. Mais cette conclusion soulève une question immense. Est-il vraiment le seul responsable ? Et le riche qui a humilié Barkamsa et tous les sages qui sont restés silencieux et Barkamsa lui-même qui est allé dénoncer son propre peuple. Pourquoi toute la responsabilité semble-t-elle reposer uniquement sur Rabi Zaria ? C'est ici que le Rabi apporte un éclairage absolument renversant. Il explique que Rabi Zharia n'est pas présenté comme le seul responsable, il est présenté comme le symptôme. Le symptôme d'une maladie beaucoup plus profonde qui avait contaminé toute la société. Une maladie spirituelle invisible mais terriblement destructrice. Cette maladie porte un nom. le manque de conscience de sa propre grandeur. Rabi Zaria était un homme d'une immense piété. Il était humble, très humble, mais cette humilité a fini par se transformer en quelque chose de dangereux. Il ne se sentait pas suffisamment grand pour prendre une décision exceptionnelle. Il regardait la situation et se disait intérieurement : "Qui suis-je pour changer le cours des choses ? Qui suis-je pour sortir du cadre de la haaha habituelle ? Qui suis-je pour porter une responsabilité aussi immense ? Il était persuadé que quelqu'un d'autre agirait, que quelqu'un d'autre trouverait une solution, que quelqu'un d'autre sauverait Jérusalem. Et c'est précisément là que réside le drame. Parce que ce sentiment, ce n'était pas seulement le sien, c'était celui de toute une génération. Le riche qui humilie Barkams lui aussi pense petit. Il ne mesure pas le poids de son acte. Il ne réalise pas qu'une humiliation publique peut déclencher un incendie qui embrasera tout un peuple. Les sages qui assistent à la scène, eux aussi pensent petit. Ils se disent peut-être quelqu'un d'autre va intervenir. Ce n'est pas mon rôle. Pourquoi est-ce moi qui parleraai ? Barkamsal lui-même, lui aussi pense petit. Il croit que sa vengeance ne concerne que lui. Il ne réalise pas qu'en réalité il est en train d'ouvrir la porte à 2000 ans d'exil. Vous comprenez ? Le problème n'est pas seulement les mauvaises actions. Le problème c'est que chacun pense que ces actions n'ont pas vraiment d'importance ni d'incidence. Voilà la véritable définition de la galoute de l'exil. Nous avons souvent tendance à croire que l'exil est un événement historique, que c'est simplement le fait que le betig ait été détruit. Mais le rabi dit quelque chose de bouleversant. L'exil commence bien avant les Romains. L'exil commence dans le cœur. L'exil, c'est lorsqu'un homme cesse de croire qu'il peut changer le monde. L'exil, c'est lorsqu'une femme pense que sa fila ne changera rien. L'exil, c'est lorsqu'un père pense que son exemple n'aura aucun impact sur ses enfants. L'exil, c'est lorsque un enseignant croit que ses paroles tomberont dans le vide. L'exil, c'est lorsqu'un juif se dit, "Ce n'est pas moi qui vais faire venir le masiar." Alors, il attend et tout le monde attend. Et lorsque tout le monde attend, personne n'agit. Regardons autour de nous combien de fois on entend ce genre de phrase : "Mais qu'est-ce que ça va changer si moi je fais une mva ? Une seule de plus, est-ce que cela va vraiment changer quelque chose ? Une seule personne peut-elle réellement transformer le monde ? Nous pensons être modeste, mais en réalité, nous nous trompons complètement. Parce que cette prétendue modestie cache parfois une immense erreur. Nous sous-estimons la puissance que Dieu a placé en chacun de nous. Et c'est exactement ce que Rabihan appelle une mauvaise humilité, une humilité qui paralyse, une humilité qui empêche d'agir, une humilité qui finit par devenir une responsabilité. Le rabi va encore plus loin. Il dit quelque chose qui mérite d'être médité pendant des heures. La guéa, la délivrance ne commencera pas lorsque tout le peuple deviendra parfait d'un seul coup. Elle commencera lorsque chaque juif comprendra enfin qu'il possède une mission que personne d'autre ne peut accomplir. Imagine une immense mosaïque. Chaque pierre est minuscule. Prise seule. Elle paraît insignifiante mais retire une seule pierre et toute l'image est incomplète. Nous sommes chacun une pièce du puzzle divin. Aucun de nous n'est remplaçable. Aucun. Ce que toi tu peux faire, personne d'autre ne pourra jamais le faire à ta place. La parole que tu peux dire, le sourire que tu peux offrir, le shabbat que tu peux embellir, le cours de Torah que tu peux donner, la personne que tu peux encourager, le jeûne que tu peux rapprocher, la mésousa que tu peux faire poser, le théilim que tu peux réciter, tout cela. Aucune autre âme au monde ne peut exactement le remplacer. Et lorsque chacun pense quelqu'un d'autre s'en chargera, alors la guéoula attend. Mais lorsque chacun dit "Si ce n'est pas moi, alors qui ?" Alors quelque chose commence à bouger dans le ciel ? Le rabi formule une phrase extraordinaire. Il dit "En substance : "Le contraire de l'exil n'est pas seulement la liberté. Le contraire de l'exil, c'est la conscience que chacun possède une responsabilité irremplaçable dans le projet divin. Voilà pourquoi le masiar n'est pas seulement attendu, il est construit mitva après mitva, parole après parole, décision après décision. Chaque fois qu'un juif choisit d'agir alors qu'il aurait pu rester passif, et bien il retire une pierre de l'exil. Chaque fois qu'il se dit "Hachem compte sur moi," il rapproche un peu plus la guoua. Je crois que nous avons tous connu ce sentiment. Nous regardons le monde, les guerres, les divisions, la haine, l'assimilation, les difficultés et nous nous sentons tellement petits. Nous avons l'impression que nos actes sont une goutte d'eau dans un océan. Mais c'est précisément cette pensée que cette ce Rizou vient briser. Hashem ne nous demande pas de porter le monde entier. Il nous demande simplement de porter notre morceau du monde. Et lorsque chacun porte fidèlement sa part, alors plus rien n'est impossible. À ce propos, j'ai entendu un jour une question magnifique. Pourquoi Hashem a-t-il voulu que Moscher Rabenou grandisse précisément dans le palais de Pharaon ? Réfléchissons. Si vous deviez éduquer le plus grand prophète de toute l'histoire, où est-ce que vous l'enverriez ? Dans la maison d'indsadic, dans une yeshiva, dans une famille de grand érudit ? Certainement pas dans le palais de celui qui persécute Israël. Alors, pourquoi Hashem a-t-il fait grandir Moché là-bas ? Le rabi, au nom du Bemtov donne une réponse extraordinaire. Parce que celui qui devra un jour libérer un peuple d'esclave doit d'abord apprendre à penser comme un homme libre. Un esclave finit par croire qu'il est condamné à rester esclave. Il finit même par transmettre cette mentalité à ses propres enfants. Nous sommes petits, nous ne pouvons rien changer, c'est notre destin. Moché ne pouvait pas grandir avec cette mentalité. Il devait grandir dans un palais. Pourquoi ? Pour apprendre qu'un homme n'est jamais défini par les circonstances dans lesquelles il nî. Il est défini par la mission qu'ashem lui confie. Le palais n'a pas fait de mocher un prince égyptien. Il lui a appris à ne jamais penser petit, à ne jamais accepter les limites que le monde impose. À savoir qu'un seul homme lorsqu'il marche avec Hashem peut se dresser devant le plus puissant empire de la planète et lui dire laisse partir mon peuple. Et c'est peut-être cela le plus grand enseignement de cette période des 3 semaines. Nous pleurons la destruction du Bamigdash. Mais si nous voulons réellement construire le trè, nous devons d'abord reconstruire quelque chose en nous-même. Notre confiance dans la mission qu'achem nous a confié. Nous devons cesser de dire qui suis-je pour commencer à dire si Hashem m'a placé ici, alors c'est qu'il attend quelque chose que personne d'autre ne peut accomplir à ma place. Le Balhemtov disait une phrase qui résume toute cette drachat, tout ce rizou. La pire forme d'humilité n'est pas de penser que l'on ne vaut rien. La pire forme d'humilité est de ne pas croire aux forces qu'achem lui-même a placé en nous. Autrement dit, lorsque je dis "Je suis trop petit", ce n'est pas de l'humilité, c'est presque un manque de confiance dans le cadeau que la chem m'a donné. Parce que si le créateur de l'univers m'a envoyé dans ce monde, c'est qu'il sait que j'ai une mission et lui ne se trompe jamais. Après tout ce que nous venons d'entendre, une question demeure. Si la destruction du Bamigdash a commencé parce que chacun pensait que ce n'est pas moi qui changerai les choses, alors comment commencera la guoua ? Comment viendra le masiar ? Par une révolution mondiale, par un miracle spectaculaire peut-être, mais le rabi nous apprend quelque chose de beaucoup plus profond. La guéa commencera exactement à l'inverse de l'exil. L'exil est né le jour où chacun s'est senti trop petit. La guoula naîtra le jour où chacun comprendra enfin qu'il est indispensable. Non pas indispensable parce qu'il est plus intelligent que les autres, non pas parce qu'il est plus riche ou parce qu'il est plus influent, simplement parce qu'ashem n'a créé aucun être humain par hasard. Chaque âme est une pièce unique du projet du vin. Depuis le premier homme jusqu'au dernier juif qui naîtra avant la venue du Masiar, aucune âme n'est une copie, aucune mission n'est identique, aucun destin n'est interchangeable. C'est une idée extraordinaire. Lorsque le créateur du monde t'a envoyé ici, il savait exactement ce qu'il faisait. Il connaissait tes qualités, il connaissait tes difficultés. Il connaissait aussi tes blessures. Il connaissait même les épreuves que tu traverseras. Et malgré tout cela, il a dit "C'est cette âme-là dont mon monde a besoin. Quelle responsabilité ! Mais surtout quel immense honneur. Parfois, nous rêvons d'accomplir de grandes choses. Nous imaginons qu'il faudrait être un immense sadic, un grand rave, un dirigeant. un homme célèbre. Mais Hem ne nous demande jamais d'être quelqu'un d'autre. Il nous demande d'être pleinement nous-même. Peut-être que ta mission aujourd'hui consiste simplement à téléphoner à une personne qui se sent seule. Peut-être qu'elle consiste à faire une visite à quelqu'un que tout le monde a oublié. Peut-être qu'elle consiste à mettre les filines à un juif qui ne les a jamais mises. À proposer unea, à donner une pièce à laaka, à dire à un chapitre deim avec ton cœur, à retenir une parole blessante que tu étais sur le point de prononcer. ou simplement à sourire. Nous sous-estimons tellement ces petits actes et pourtant le monde spirituel fonctionne à l'inverse du nôtre. Là où nous voyons un petit geste, Hashem voit parfois un bouleversement cosmique. Le Balchemtov disait que le plus grand mensonge du Yetsara n'est pas de convaincre un homme qu'il est mauvais. Son plus grand mensonge est de lui faire croire qu'il est insignifiant. Parce qu'un homme qui se croit mauvais peut encore se relever. Mais un homme qui se croit inutile ne serai même plus. C'est exactement ce qui s'est passé à Jérusalem. Chacun pensait "Mon intervention ne changera rien. Ma parole n'aura aucun impact. Mon silence n'est pas grave." Et tous ces petits silences ont construit le plus grand drame de notre histoire. À l'inverse, chaque petite mitva, chaque petite victoire sur soi-même, chaque parole de Torah, chaque acte de bonté, chaque prière dite avec sincérité construit déjà les pierres du trè Betamdash. Nous ne les voyons pas mais Hashem lui les voit. Le Rabi disait souvent une phrase magnifique : "Lorsque quelqu'un allume une bougie dans une immense pièce obscure, il pourrait penser à quoi sert cette toute petite flamme. Pourtant, la lumière ne se demande jamais si elle est assez grande. Elle est claire, c'est sa nature." Et une deuxième bougie s'allume, puis une troisième, puis une 4è jusqu'au moment où toute la pièce est illuminée. Le masiar ne viendra pas seulement grâce à une immense lumière tombée du ciel. Il viendra parce que des millions de petites lumières auront refusé de s'éteindre. Permettez-moi de terminer avec une petite pensée personnelle. Chaque année, lorsque nous arrivons au Shabbat Trazon, juste avant le 9 AV de Varim, nous parlons de destruction, nous parlons d'exil, nous parlons de haine gratuite. Mais peut-être que le véritable message de cette période n'est pas de regarder uniquement le passé. Peut-être qu'achem nous demande surtout de regarder l'avenir, de nous demander qu'est-ce que moi aujourd'hui je peux faire que personne d'autre ne fera à ma place. Quel mzva attend encore de moi Hashem ? Quelle personne attend un mot d'encouragement ? Quelle âme attend que je lui tende la main ? Quel enfant attend que je lui enseigne une parole de Torah ? Quel voisin attend simplement un shabbat chalom sincère ? Nous attendons le masiar. Mais peut-être peut-être que le masiar attend aussi quelque chose, c'est que tu comptes sur moi. Alors me voici. Envoie-moi et je veux faire ma part. À quelques jours de Chabéaveav, nous allons nous asseoir par terre et pleurer un temple détruit. Mais souvenons-nous d'une chose, les pierres du Bamigdash n'ont pas été détruites en un seul jour. Elles se sont fissurées longtemps avant dans le cœur des hommes. Alors la reconstruction commencera elle aussi dans le cœur. Le jour où un juif retrouvera confiance dans la mission qu'achem lui a confié. Ça sera le bonjour. Le jour où une femme juive comprendra que cette fille-là peut ouvrir des portes dans le ciel, ça sera le bonjour. Le jour où un père réalisera que quelques minutes d'étude avec son enfant peuvent changer une génération. C'est le bonjour. Le jour où chacun cessera de regarder ce qu'il ne peut pas faire pour commencer à faire ce qu'il peut. Alors, nous entendrons peut-être enfin cette phrase que nous attendons depuis près de 2000 ans. Banaille daille la galoute. Mes enfants, cela suffit. Il est temps de rentrer à la maison. Puissions-nous mériter de voir très bientôt la reconstruction du Betamdash, la venue du Masihiaritkainou et entendre à Jérusalem les champ de joie remplacer les lamentations. Amen.



