
HIZOOK#82 - Au-delà des apparences (PIRKEI AVOT)
Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Nous avons une coutume bien connue dans le peuple juif. Pendant les chabatotes d'été, nous étudions les pirquavotes, les maximes des pères. Pourquoi justement en été ? Il y a plusieurs raisons. D'abord parce que ces enseignements parlent de hasidout, de moussar, de raffinement des traits de caractère, de relations humaines. Ce sont des textes qui nous construisent intérieurement et justement l'été, c'est une période particulière. Le corps se réveille avec le soleil. l'ambiance devient plus légère, plus libre et naturellement il y a des risques. Celui par exemple de relâcher les barrières morales. Alors nos sages nous ont donné un antidote pire qu'avote pour garder une élévation intérieure même dans une période de relâchement extérieur. Dans le premier chapitre, on trouve une phrase très connue de Rabi Yoshua Ben Prahia. Fais-toi un maître, acquiè un ami et juge tout homme favorablement. Et là, tout le monde dit "C'est beau, c'est noble, c'est inspirant mais si on est honnête ça dérange parce que tant que ça reste théorique, c'est magnifique. Mais quand ça touche personnellement, c'est autre chose. Quelqu'un t'a fait du tort, quelqu'un a été négligeent, quelqu'un t'a blessé et on te dit juge-le favorablement." Mais attends, un artisan qui a mal fait son travail, je dois penser qu'il est innocent. Un enfant qui casse quelque chose, ce n'est pas de sa faute. Quelqu'un qui parle mal, je dois imaginer qu'il avait de bonnes intentions. Et surtout, est-ce qu'on vit dans un monde naïf ? Il y a des gens malhonnêtes, des gens manipulateurs ou des gens qui font du mal. Alors quoi ? La Torah nous demande d'être naïf. Effectivement, plusieurs grands commentateurs viennent limiter cette idée. Ils disent "On ne parle pas de quelqu'un clairement mauvais. On parle d'une situation ambigue. Si un acte peut être interprété de deux façons, une positive ou une négative, alors on t'invite à choisir la version positive. Ça c'est quand c'est ambigu. Mais si quelqu'un a une réputation clairement mauvaise, on ne te demande pas d'être aveugle. Le Rambam est même très clair. Si quelqu'un est connu pour agir mal, tu n'es pas obligé de lui donner le bénéfice du doute. Une petite histoire. Pendant la Première Guerre mondiale, il y avait une famine terrible à Jérusalem. Les gens se battaient pour un morceau de pain. Un homme possédait une pièce d'or, une fortune pour l'époque. Une fortune qu'il gardait caché pour survivre. Un jour, il rentre chez lui et découvre que son fils a pris la pièce et a acheté avec une simple sucrerie. Imagine la scène. Le père est en choc, il court au magasin et exige la monnaie. Mais le commerçant lui dit : "L'enfant m'a donné une toute petite pièce. Je n'ai jamais vu de pièce en or." Le père est persuadé qu'on lui a volé son or. Il s'énerve, il accuse, il crie et toute la ville prend son parti contre le commerçant. 3 ans passent, la guerre se termine et le père reçoit une lettre avec une pièce d'or. Dans la lettre, quelqu'un écrit : "Pardonne-moi ! Ma famille mourrait de faim, j'étais désespéré et j'ai vu ton fils dans la rue avec une pièce d'or. Je lui ai échangé contre une petite pièce et j'ai pris l'or. Grâce à cela, ma famille a survécu. Aujourd'hui, je te demande pardon et je te rends ce que je t'ai pris." Et là, tout bascule. Ce que tout le monde pensait être un vol du commerçant était en réalité un acte de survie désespéré. Et soudain, toute la perception change. Les commentateurs disent effectivement quand c'est plausible, juge favorablement. Quand c'est ambigu entre le négatif et le positif, choisis le positif. Mais Rabi Yoshua Ben Prahia lui va beaucoup plus loin. Il dit juge tout homme favorablement même quand ça semble improbable même quand ça paraît tiré par les cheveux. Pourquoi ? Le Rabi donne ici une lecture révolutionnaire. dit que cette michna ne parle pas seulement de comment juger, elle parle de comment transformer une personne. Ce n'est pas une consigne intellectuelle, c'est une mission existentielle. Quand quelqu'un fait une erreur, nous avons tendance à dire "Voilà ce qu'il est." Mais la Torah te dit "Non, voilà ce qu'il a fait." Ce n'est pas la même chose. L'acte est petit mais la personne est immense. L'erreur est un détail mais l'âme est infinie. Donc que signifie juger favorablement ? Et bien, ce n'est pas de dire ce qu'il a fait est bien. Non, c'est dire que ce qu'il a fait est une erreur mais ce qu'il est est bien plus grand que cette erreur. Quand tu regardes quelqu'un comme étant mauvais, tu le bloques, tu l'enfermes. Mais quand tu regardes quelqu'un comme étant bon, et bien malgré sa chute, tu lui ouvres une porte. Tu lui dis "Tu es plus grand que cela." Et ça, ça peut changer une vie. Imagine un camp pendant la choa. Une vraie histoire, la faim, le froid, le désespoir. Les prisonniers vivent avec une seule obsession : survivre jusqu'au lendemain. Chaque morceau de pain est une question de vie ou de mort. Un jour, un homme reçoit sa ration de pain quotidienne. Il la cache soigneusement. C'est tout ce qu'il a. Le soir, il revient et il découvre que son pain a disparu. Volé dans un camp. C'est presque une condamnation à mort. Il est fou de douleur. Il regarde autour de lui et là, il voit un jeune homme tremblant, évitant les regards. Tout pointe vers lui, le voleur. À cet instant, tout se joue. Il pourrait crier, accuser, dénoncer, le livrer aux autres, mais il fait quelque chose d'inimaginable. Il s'approche doucement du jeune homme et lui dit à voix basse : "Tu avais besoin de ce pain, n'est-ce pas ?" Le jeune baisse les yeux. Silence. Et l'homme continue. Sache une chose, je te le donne de tout mon cœur. Et le jeûne éclate en sanglotant. Ce n'est plus un vol, c'est un don. Des années plus tard, ce jeune homme survivra et il racontera que ce jour-là, je n'ai pas seulement reçu du pain, j'ai reçu une nouvelle identité. Je n'étais plus un voleur désespéré. J'étais quelqu'un à qui on avait fait confiance. La Torah dit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même." Mais comment ? Et bien, regarde comment tu te juges toi-même. Quand tu fais une erreur, tu te justifies, tu trouves des excuses, tu expliques le contexte. Alors, fais pareil pour l'autre. Exemple concret, tu rentres chez toi fatigué, affamé, il a rien à manger et tu t'énerves. Tu t'énerves contre ta femme. Puis quelques minutes passent et tu te dis "Ah, elle était fatiguée quand même. Elle a eu une journée difficile, elle a fait tellement pour nous. Et puis ensuite, tu changes d'avis et à la fin, tu te pardonnes. Tu acceptes que ta colère finalement était partiellement légitime. Et bien, fais pareil pour l'autre. Quand tu te dis à quelqu'un je sais que tu peux faire mieux et bien tu réveilles en lui quelque chose. Le pouvoir des mots. Un homme est venu voir le Rabi Lubavic, un homme brisé et il lui dit "Rabi, mon fils s'est complètement éloigné. Il ne respecte plus rien. Il fait tout le contraire de ce qu'on lui a appris. Je ne le reconnais plus." Le Raby écoute, puis il demande : "Dis-moi, ton fils, est-il généreux ?" Oui, Raby, mais ce n'est pas pour ça que je suis venu vous voir. Est-il sensible aux autres ? Oui, il est sensible mais ce n'est pas le propos. Alors le Rabi lui dit : "Mais alors, pourquoi regardes-tu uniquement ce qu'il fait mal et non pas ce qu'il est profondément ?" Puis il ajoute, "Si tu changes ton regard sur lui, tu changeras sa réalité. Quelques mois plus tard, le fils change parce que quelqu'un croit en lui. Alors, pour conclure, chers amis, juger favorablement, ce n'est pas être naïf, c'est être profond. C'est voir la lumière derrière l'ombre, l'âme derrière la faute, le potentiel derrière la chute. Et peut-être que ce regard va changer toute une vie.



