
HIZOOK#81 - Qu'est-ce qui t'anime ? (PESSAH)
Moussar Pessa'h
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Transcription
Kind: captions Language: fr Je voudrais commencer avec une petite histoire drôle mais qui représente parfois la triste réalité de notre relation avec nos enfants. C'est un père bédouin qui marche dans le désert avec son fils. Le garçon regarde autour de lui curieux, émerveillé et il commence à poser des questions. Papa, pourquoi la lune est là exactement ? Le père ne répond [musique] pas. Papa, pourquoi les étoiles brillent ? Silence. Papa, pourquoi les chameaux ont quatre [musique] pattes ? toujours rien. Et puis le garçon s'arrête un peu inquiet et demande "Papa, ça te dérange que je te pose des questions ?" [musique] Le père le regarde et lui répond : "Mais bien au contraire, mon fils, si tu ne poses pas de questions, comment est-ce que tu vas apprendre ?" Ce n'est pas un hasard humoristique si on dit souvent qu'un juif répond à une question par une autre question. Une drachat rabinique commence toujours, presque toujours avec une question. Ce n'est pas un hasard, ce n'est pas un style, [musique] c'est une méthode. Et cette méthode, elle vient directement de la Torah. Elle vient du soir du Séder. Parce que la soirée du Séder de Pessar commence par une chose fondamentale, les questions des enfants. Manana, pourquoi cette nuit est différente ? La Torah nous dit, tu raconteras à ton fils. Mais comment ? [musique] En éveillant sa curiosité. On fait des choses étranges, inhabituelles [musique] pour provoquer des questions. Pourquoi on mange de la matsa ? Pourquoi du maror ? Pourquoi on sacoude ? Pourquoi on trempe deux fois ? Mais si on réfléchit un peu, il y a quelque chose de très étrange. L'ordre des questions du manana n'est pas logique. Dans certaines traditions, la première question est la plus centrale, la matsa, puis vient le maror, [musique] puis la manière de manger et de s'accouder. Mais entre ces questions essentielles, il y a une question qui semble secondaire. Pourquoi trempons-nous deux fois ? On trempe le carpace dans l'eau salée et le maror dans la harsette. [musique] Franchement, ce n'est pas la mva principale du soir. Ce n'est même pas une obligation de la Torah, c'est une coutume. Et pourtant, [musique] dans certaines traditions et même selon le Rambam, c'est la première question. Comment comprendre cela ? Pourquoi commencer par quelque chose de secondaire, presque [musique] d'anecdotique ? Le Benraï donne une réponse magnifique. Il dit que les deux trempages ne sont pas techniques, ils sont symboliques. Il raconte toute l'histoire du peuple juif. Le premier trempage représente le moment terrible où les frères de Joseph le vendent. Ils prennent sa tunique et ils la trempent dans le sang. Ils mentent à leur père. Ils brisent une famille et ce moment-là déclenche toute la descente en Égypte. [musique] C'est le début de l'exil. Le deuxième trempage quant à lui [musique] est le moment de la délivrance où le peuple juif prend un bouquet d'isope [musique] qui va tremper dans le sang du corban pessar et va marquer les portes de leur maison. [musique] Cette fois, ce n'est plus une descente, c'est une élévation. C'est la sortie d'Égypte. Alors, pourquoi cette question en premier ? Parce que tout commence par là. Avant même de parler de souffrance comme le maror, avant même de parler de liberté comme Sakoué, il faut d'abord comprendre le chemin. Il faut comprendre l'histoire. D'où vient-on et où [musique] va-t-on ? Comment on est tombé et comment on s'est relevé. Symbolisé par les deux [musique] trempages. Mais maintenant, je voudrais partager avec vous une autre histoire, une histoire réelle. Avant la Première Guerre mondiale en Lituanie, le gouvernement a confisqué les biens d'un homme très riche. Du jour au lendemain, il est devenu pauvre. Parmi ceux qui étaient déçus, il y avait un rave, un grand rochetiva, qui recevait chaque mois une aide financière [musique] importante de cet homme. Un jour d'hiver, le rave est obligé d'aller le voir malgré sa situation. La neige est épaisse, la boue est partout, ses vêtements [musique] sont trempés et même sales, mais il n'a pas le choix, il doit y aller. Il arrive devant la maison et il est pris d'une honte immense. Comment entrer dans une maison luxueuse avec des chaussures pleines de bout ? [musique] Alors, il fait le tour et il frappe à la porte de service, celle de la cuisine. Une petite fille [musique] ouvre et elle court appeler son père. Papa, le rave est là. Le père arrive, regarde le rave et comprend tout. [musique] Et là, il dit quelque chose de bouleversant. et lui dit "Mes filles me voient courir après l'argent toute la journée. C'est ça qu'elle voit de moi. C'est ça qu'elles absorbent. Le seul moment où elle voit de la spiritualité, c'est quand un rave vient à la [musique] maison. Et si maintenant le rave entre par la cuisine, qu'est-ce qu'elles vont comprendre ? Elles vont croire que la Torah est secondaire, que le tapis perçant est plus important que le rave. Alors, je vous en supplie, entrez par la porte principale et marchez sur mes tapis." Quel message incroyable ! Vous savez, on veut tous donner une bonne éducation à nos enfants. On dépense [musique] de l'argent, on cherche les meilleures écoles, on fait des efforts énormes. Mais la Torah nous dit quelque chose de fondamental. L'éducation ne passe pas forcément par ce que tu dis, [musique] elle passe par ce que tu es. Un enfant regarde ses parents et il se pose une seule question intérieure. Qu'est-ce qui fait vibrer mon père ? Qu'est-ce qui passionne ma mère ? Et c'est pour cela que l'une des premières questions du CDER représente une coutume secondaire. Pourquoi on trempe ? Parce que ça représente ce qui n'est pas obligatoire. [musique] Ce que tu fais non pas parce que tu dois mais parce que tu veux le faire. Un enfant n'est pas forcément impressionné par le maror parce qu'il sait que tu es obligé. Mais quand il voit son père faire quelque chose avec enthousiasme, même une coutume de trempée, quelque chose qui vient de lui, là il est touché. Si un père va à un cours de Torah en semaine ou si une mère s'investit dans des actes de bienfaisance dans la communauté, [musique] si les parents vivent avec des valeurs, les enfants absorbent. Ils ne suivent plus seulement un discours, ils suivent un chemin de vie. Un enfant [musique] cherche à appartenir à quelque chose. Il veut une histoire, il veut une identité. Et cette [musique] histoire, il la lit dans les yeux de ses parents, dans leur enthousiasme, dans ce qui les fait briller. On peut dire à un enfant de ne pas mentir, mais s'il voit chez nous du mensonge, c'est un trou dans l'eau. On peut lui dire d'être honnête, mais s'il voit autre chose dans nos maisons, c'est incohérent. Un enfant apprend de ce qu'il voit et non pas de ce qu'il entend. Une fois, une maîtresse demande aux enfants de dessiner Dieu. [musique] Les enfants dessinent. Alors, il y en a un qui dessine un vieil homme barbu avec une barbe blanche. Un autre dessine une lumière au fond d'un tunnel et un autre dessine quelque chose de très étrange. On dirait [musique] un monstre. La maîtresse demande "Mais pourquoi tu as dessiné Dieu comme ça ?" Et l'enfant répond : "Parce que c'est comme ça que je l'imagine." Ah ! Mes amis, les enfants imaginent haschem [musique] à partir de ce qu'ils voi chez leurs parents. Est-ce que Dieu est miséricorde ou Dieu est un monstre ? Aujourd'hui, beaucoup de parents se plaignent. Ah, les enfants sont collés aux écrans. [musique] Mais posons-nous une question honnête. Et nous, en tant que parents, qu'est-ce que nos enfants voient ? Un livre de Torah ouvert ou un téléphone ? L'éducation commence par soi. Comme quelqu'un l'a dit, "Avant de vouloir éduquer ton enfant, assure-toi que [musique] toi-même tu es déjà ce que tu veux qu'il devienne." Je voudrais terminer avec une idée [musique] presque piquante. Vous connaissez la coutume de la ficomane. On la cache, les enfants la recherchent et demandent une récompense. Mais pourquoi ? Une réponse percutante dit : [grognement] "Les enfants cherchent ce que vous [musique] cachez. Il ne cherche pas ce qui est sur la table. Il ne cherche pas ce qui est affiché. Il cherche ce que vous cacher, ce qui est vraiment important pour vous, votre lettre motive, votre essence. Et c'est ça le message du CDER. Ce n'est pas seulement de raconter une belle histoire, [musique] c'est de transmettre une vie, faire vibrer la table du Céder, la table de Shabbat, amener de la [musique] Simra, échanger avec eux, passer du temps avec eux, leur montrer comment on est concentré à la synagogue, qu'on répond amè avec ferveur, qu'on ne parle pas pour rien dire. Alors, chacun [musique] de nous doit se poser cette question. Qu'est-ce qui m'anime vraiment ? Qu'est-ce qui m'enthousiasme ? Qu'est-ce que mes enfants voient en moi ? Et si on vit avec authenticité, avec [musique] passion, avec des valeurs profondes, alors baiser ta chem, on transmettra [musique] bien plus que des mots. On transmettra une âme et on méritera très bientôt la délivrance complète.



