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HIZOOK#80 - Au-delà du visible (PESSAH)

HIZOOK#80 - Au-delà du visible (PESSAH)

Rav Shimshone Attali ·

Moussar Pessa'h
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Transcription
Kind: captions Language: fr Les fêtes juives ont des noms extrêmement précis. Rochana, la tête de l'année, la source, Yom Kipour, le jour du pardon, souscotte, les nuées de gloire symbolisé par les cabanes. Mais pessar, pessar signifie sauter, passer au-dessus. Pourquoi donner à la fête de la liberté un nom qui évoque un saut ? On aurait pu l'appeler la fête de la délivrance, la sortie d'Égypte, la liberté retrouvée. Pourquoi ce mot étrange ? Le saut. La Torah raconte que lors de la dernière plée, celle des premiers nés, Dieu sauta au-dessus des maisons juives. Même si une maison juive était entre deux maisons égyptiennes, la mort frappait ici, sautait la maison juive puis frapper là. Encore plus étonnant, même un juif qui se trouvait à l'intérieur d'une maison égyptienne était épargné. Mais réfléchissons, est-ce que c'est cela vraiment l'essentiel ? C'est comme un père qui sauve son enfant d'un accident de voiture en le sortant, en l'extirpant du véhicule shalom. Et ensuite, il organise un repas en appelant cela le repas du saut. Non, on aurait dû appeler cela le repas du sauvetage. Alors, pourquoi insister sur ce mot ? Le saut, le rabi explique une idée bouleversante. Le saut représente quelque chose d'infiniment plus profond. Dieu a choisi de voir au-delà de ce qui est visible. Il a sauté au-dessus au-dessus des fautes, des défauts et des contradictions pour atteindre quoi ? L'essence pure de chaque juif. Imagine la scène. Un juif quitte le quartier de Gauchen et choisit de vivre chez les Égyptiens. pas seulement vivre à côté, mais s'intégrer, s'identifier, ressembler à eux. Ses enfants grandissent avec eux, ses valeurs sont influencé par eux. Et malgré cela, Dieu dit : "Je le reconnais, c'est mon fils, je le sauve." Et ce n'est pas tout. Même un juif qui cette nuit-là désobéit à Dieu et sort de chez lui, va chez un égyptien pour jouer ou discuter, Dieu entre dans la maison, s'occupe de l'Égyptien et saute au-dessus du Juif. C'est cela le miracle, pas seulement la délivrance, mais l'amour qui dépasse tout. Parce que l'amour véritable ne regarde pas les erreurs. Les fautes ne sont pas l'identité. Elles sont des erreurs de jugement, des impulsions et des faiblesses certes, mais elles ne touchent jamais le cœur profond. Le prophète Isaïe compare les fautes à des saletés sur un enfant. Quand un enfant est sale, un étranger est dégoûté. Mais une mère, elle le prend dans ses bras et l'embrasse. Pourquoi ? Parce qu'elle voit la néchama, la pureté, ce qu'il est vraiment. Dans la Hagada, Dieu dit "Je passerai en Égypte moi-même et pas un ange, pas un envoyé." Pourquoi ? Parce que les anges jugent les actions, les sphères supérieures jugent le niveau spirituel de l'homme. Mais Dieu lui-même, il voit l'essence. Et à ce niveau, il n'y a aucune séparation. Un chaliard du rabi a rendu visite un jour à des prisonniers. Tous viennent à son chiour, à son cours, sauf un détenu, violent, isolé. Le rave décide donc d'aller le voir. Il parle ensemble longuement. Puis le rave lui propose de mettre l'hfiline. L'homme accepte mais sur son bras, un tatouage choquant. Le rave hésite puis il décide de sauter. Je saute au-dessus de cela et lui met l'hiline. La semaine suivante, lorsque le rave est venu les visiter, le prisonnier revient transformé. Son bras était même abîmé, presque brûlé et il dit au rav : "J'ai vu votre regard la semaine dernière et j'ai vu que vous m'avez quand même mis les filing. Alors cette semaine, j'ai essayé d'effacer le tatouage pour que vous puissiez être serein. Voilà ce qu'un regard peut faire. Voilà ce qu'un saut peut changer. Laagada parle également de quatre enfants. Le sage, l'impie, le méchant, le simple et celui qui ne sait pas poser de questions. Mais elle ditadamadracha, un sage, un méchant. Pourquoi ce un à chaque fois ? Et bien parce que profondément ils sont un, ils sont uniques. Une seule essence, une seule âme et chacun mérite d'être regardé. Ne te laisse pas tromper par l'apparence. Un enfant difficile, provocateur, perdu, ce n'est pas ce qu'il est, c'est ce qu'il traverse. Rabia Kiva, l'un des plus grands sages, descend justement d'un homme extrêmement à l'opposé du peuple juif. Essav. Oui, et celui qui représente la brutalité, la matérialité de ce monde. Mais Yitrak, son père faisait semblant d'être aveugle. Il sautait au-dessus, il voyait plus loin. Il voyait le potentiel caché. Et grâce à ce regard, Rabia Kiva, le plus grand maître de la Torat orale, est né. Voici une belle histoire. Imaginez la scène. Une classe d'école, un matin d'hiver, le genre de matin où tout est gris dehors, mais à l'intérieur, il y a cette agitation d'enfant. Un élève arrive ce jour-là avec quelque chose de spécial. Une montre. Non pas une montre ordinaire, une belle montre brillante, élégante, un cadeau que son père lui a ramené de l'étranger. Très vite, la nouvelle se répand dans la classe. Les enfants se rassemblent autour de lui. Fais voir, je peux la toucher. Waouh, elle est incroyable. Les yeux brillent, l'excitation monte. Chacun veut l'essayer, la tenir, la regarder de près et puis la cloche sonne. Le cours commence et quelques minutes passent et soudain un cri. Ma montre, ma montre, elle a disparu. Le silence tombe d'un coup. Le garçon commence à paniquer, ses yeux s'en but, sa voix tremble. On me l'a volé. Le professeur entre dans la pièce. Il comprend immédiatement la gravité de la situation. Il ne crie pas, il ne menace pas. Il ne cherche pas un coupable. Il dit simplement calmement : "Mes chers élèves, tout le monde se met debout en ligne le long du mur." Les élèves obéissent. "L'atmosphère est lourde, on sent l'attention." Puis il ajoute : "Fermez tous les yeux." Tous ferment les yeux. Le silence devient total. On entend juste des respirations, des cœurs qui battent plus vite. Le professeur commence à passer un par un devant chaque élève. Il fouille les poches sans bruit, sans commentaire et puis il trouve la montre dans la poche d'un élève. Mais il ne dit rien, pas un mot. Il récupère simplement la montre, continue jusqu'au bout de la ligne, puis il dit "Vous pouvez ouvrir les yeux." Il rend la montre à son propriétaire et le cours reprend comme si de rien n'était. Les années passent. des décennies. Un jour, un homme frappe à la porte de ce professeur devenu âgé aujourd'hui. Il lui sert la main avec émotion. Vous ne me reconnaissez pas, mais moi je ne vous ai jamais oublié. Il prend une respiration. Je suis devenu moi-même enseignant grâce à vous. Le vieux professeur le regarde surpris, mais l'homme continue. Ce jour-là, dans la classe, la montre, c'était moi. Silence. C'est moi qui l'avait volé. Sa voix tremble. Si vous m'aviez dénoncé, si vous m'aviez humilié devant toute la classe, ma vie aurait basculé. J'aurais été étiqueté. Peut-être que je serais devenu ce que j'avais commencé à être à l'époque. Il s'arrête. Mais vous m'avez protégé. Vous m'avez laissé une dignité. Vous m'avez permis de rester quelqu'un de bien. Il relève les yeux. Mais il y a quelque chose que je n'ai jamais compris. Pourquoi vous ne m'avez rien dit à l'époque ? Pourquoi vous n'avez jamais cherché à savoir qui c'était ou même en parler à mes parents ? Le professeur le regarde profondément et lui répond doucement parce que moi aussi j'avais les yeux fermés. Cette histoire nous parle de voir au-delà, d'aller au-delà, refuser de réduire quelqu'un à ce qu'il fait ou à ce qu'il traverse. Soyons honnêtes, nous vivons une époque de tension, de division, de conflit internes, de choc des générations, de la crise de l'autorité. Mais la leçon de Pessar est claire. Si on ne sait pas sauter, entre guillemets, on ne survivra pas. Sauter ne veut pas dire accepter, être d'accord, nier les différences. Non. Sauter, ça veut dire voir plus grand le vol de l'aigle, voir que le lien est beaucoup plus fort que le désaccord. Comment aimer l'autre ? La réponse est simple mais aussi difficile. Aime-le comme toi-même. Mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Et bien, quand tu fais toi-même une erreur, tu te juges, puis tu te justifies, puis tu deviens toi-même la victime à la fin. Mais quand c'est l'autre, tu le juges immédiatement, n'est-ce pas ? Et bien la Torah dit : "Traite l'autre comme tu te traites toi-même. Donne-lui les mêmes excuse, la même compréhension et la même compassion." Hilaken disait : "Ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain. Ce que tu détestes, oui, être réduit à tes erreurs, c'est détestable. Alors, ne le fais pas aux autres." Pour conclure, la mva de Pessar, c'est raconté les hagid Hagada encore et encore avec pédagogie jusqu'à que ça rentre dans le cœur et se souvenir que Dieu nous aime au-delà de tout et nous devons apprendre à faire pareil. Pessar nous enseigne le monde ne se sauvera pas par la logique ni par les jugements, mais par une seule capacité. sauter. Sauter au-dessus des fautes, des différences, des blessures, voir l'essence. Aimer profondément et révéler le bien caché.