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HIZOOK#79 - L'illusion du bien (VAYIKRA 24)

HIZOOK#79 - L'illusion du bien (VAYIKRA 24)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Il y a une question qui revient souvent. Chaque fois qu'un scandale éclate dans le monde, tout s'effondre. Que cela soit un dirigeant, un homme respecté, une personnalité admirée, les journaux parlent d'erreur mais les gens sont choqués. Et on entend toujours la même phrase : "Comment est-ce possible ? Comment quelqu'un d'intelligent, de respectable, parfois même de spirituel peut-il tomber dans une faute aussi évidente ?" Mais si nous sommes honnêtes, cette question ne concerne pas seulement les dirigeants, elle concerne chacun de nous. Parce que chacun d'entre nous s'est déjà retrouvé un jour dans une situation où après coup, il s'est regardé et il s'est dit "Mais comment ai-je pu penser que c'était une bonne idée ? Comment ai-je pu être convaincu ? Comment ai-je pu me tromper à ce point ?" La paracha de Vaikra commence par les lois des sacrifices et parmi eux, il y a un sacrifice particulier, le corban khatat. le sacrifice que l'on apporte lorsque l'on a fauté par erreur. Mais les commentateurs remarquent un détail étonnant dans la Torah. Quand la Torah parle d'un homme simple qui faute, elle dit imfet si une personne faute au conditionnel. Mais lorsqu'elle parle d'un dirigeant, un assis en l'occurrence un chef du peuple, la Torah dit nas yea ce qui signifie quand un dirigeant fauta, non pas si mais quand, c'est une question de temps. Les sages sont troublés par ce mot. Pourquoi la Torah parle-t-elle de la faute d'un dirigeant comme d'une certitude ? Rashi explique une idée très profonde. Il dit que le moter vient du motherré, heureux. heureuse est la génération dont le dirigeant a l'honnêteté d'avouer sa faute et d'apporter un sacrifice pour la réparer. Autrement dit, la grandeur d'un dirigeant ne réside pas dans le fait de ne jamais tomber. La grandeur réside dans la capacité de dire "Oui, j'ai fauté" sans accuser, sans se cacher, sans se justifier. C'est une immense force spirituelle. Même si nous comprenons cela, une question reste entière. Pourquoi des gens intelligents prennent-ils parfois des décisions absurdes ? Pourquoi des gens bons commettent-ils parfois des erreurs énorme ? La réponse se trouve dans l'une des idées les plus profondes de la Torah sur la nature humaine. Nous imaginons souvent le yserara comme un ennemi évident, frontal, comme une voix intérieure qui dit "Fais le mal, mais la réalité est totalement différente." Le Yetserara ne présente presque jamais le mal comme le mal. Sa stratégie est infiniment plus subtile. Il habille le mal avec les vêtements du bien. Il transforme une faute en action qui semble logique, morale, raisonnable, parfois même spirituelle. Et alors la personne tombe convaincue qu'elle agit correctement. Le Bemtov révèle une idée stupéfiante. Il dit que dans certaines générations, le Yetserara a changé de méthode. Autrefois, il ressemblait à un ennemi visible, frontal. Aujourd'hui, il se déguise. Il parle comme un homme pieux. Il raisonne comme un sage. Il donne des arguments spirituels. Et c'est précisément pour cela qu'il est dangereux parce que la personne ne sent plus qu'elle est tentée par le Yetsara. Elle a juste l'impression d'être guidée par la sagesse. Il existe une phrase étrange dans le Talmud. Les sages disent qu'à la fin des temps, le Yetsara sera égorgé. Mais les maîtres hassidiques posent une question extraordinaire. Shohet bemev comme dit l'agmara, pour quel crime sera-t-il coupable ? Après tout, le Yetsara fait simplement le travail que Dieu lui a donné. Il est programmé pour tenter l'homme. Alors pourquoi mérite-t-il d'être égorgé ? Quelle est sa faute ? Le Balemtov donne une réponse bouleversante basée sur les termes de la gmara de shabbat. Le Yetserara sera jugé pour une seule chose, michum tsa, parce qu'il se teint, parce qu'il change de couleur. Il fait croire qu'une mzva est une faute et qu'une faute est une mitva. Il brouille les repères. Il ne te dit pas fais le mal, il te dit fais ceci, c'est la bonne chose à faire. Et c'est pour cela qu'il est condamné, car c'est un trompeur. Regardons le premier péché de l'histoire. Adam et Ève et le fruit défendu. La Torah dit que le fruit était bon à manger, agréable à regarder, désirable pour la sagesse. Mais pourquoi la Torah insiste-t-elle autant sur ces qualifications ? Et bien parce que le serpent n'a pas présenté le fruit comme une rébellion. Il l'a présenté comme un progrès, non pas comme une révolution, mais comme une évolution, comme un chemin vers la connaissance. La faute ressemblait à une élévation et c'est ainsi que l'homme tomba. Le Rabi résume cette idée dans un enseignement du Ayomyum. Le Yetsara ne vient pas seulement avec des désirs, il vient avec des arguments, des raisonnements. Il s'habille dans l'intellect, il parle le langage de la logique. Il dit "Réfléchis encore un peu. Ce n'est peut-être pas la bonne chose à faire. Ce n'est peut-être pas le bon moment." Et pendant que l'homme réfléchit, la mitzva disparaît. Le Rabi racontait l'histoire d'un gabaille de Tedaka, un responsable communautaire, un homme honnête, un homme droit. Un jour, une famille très pauvre qui avait l'habitude de lui demander de l'aide avait besoin d'aide urgente. Et le gabaï décida d'aller voir un riche racide. Il frappa à sa porte, il attendit et pendant qu'il attendait, les pensées commencèrent. Pourquoi toujours aider cette famille ? Peut-être que cet argent devrait aller ailleurs. Peut-être qu'ils exagèrent. Au début, il n'y prêta pas intention, mais soudain, il s'arrêta et il se dit : "C'est étrange, il y a 5 minutes, j'étais sûr qu'il fallait les aider et maintenant mon esprit produit 1000 arguments contre." Il compritent alors ce n'est pas sa pensée, c'est le Yesarara. Rabiemler de Lizensk disait que le Yetsarara ne vient presque jamais avec une faute claire. Il vient avec un raisonnement spirituel. Un jour, un homme vint lui demander conseil et il lui dit : "Raby, j'ai décidé d'arrêter d'aider certaines personnes pauvres et de concentrer mon argent ailleurs." Raby Léer demanda : "Mais pourquoi ?" L'homme répondit "Parce que je veux que ma générosité soit mieux encadrée, plus intelligente, euh mieux dépensée." Raby Elimeller sourit et dit : "Ton intelligence vient peut-être de ton esprit, mais ta générosité quant à elle vient de ton âme. Et parfois, dit-il, lorsque l'intelligence commence à justifier l'égoïsme, c'est que le Yeterara parle avec la voix de la sagesse." La plus grande ruse du Yetsara est de faire croire à l'homme qu'il agit correctement. C'est pour cela que tant de personnes tombent, non pas parce qu'elles veulent faire le mal, mais parce qu'elles ont été convaincues que c'était la bonne chose à faire. La Torah ne nous raconte pas cela pour nous décourager. Au contraire, elle veut nous apprendre une chose essentielle. Le combat spirituel ne se déroule pas seulement entre le bien et le mal. Il se déroule souvent entre le vrai bien et une imitation du bien. Et c'est pour cela que la Torah dit quand un dirigeant fauta, parce que personne n'est parfait, c'est une question de temps. Mais la vraie grandeur ne consiste pas à jamais tomber. La vraie grandeur consiste à reconnaître la vérité, se relever et réparer. Et peut-être que c'est cela le message le plus puissant de la parachat. Dieu ne demande pas à l'homme d'être parfait. Il lui demande d'être honnête, honnête avec lui-même avant tout, honnête avec ses erreurs et prêt à se relever.