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HIZOOK#77 - Assis entre deux chaises (KI TISSA 21)

HIZOOK#77 - Assis entre deux chaises (KI TISSA 21)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Permettez-moi d'ouvrir avec une petite histoire. Un militant de droite, brûlant, un homme qui avait consacré toute sa vie à défendre son parti, se trouvait à présent sur son lit de mort. Toute sa famille était rassemblée autour de lui pour lui dire adieu. Et soudain, juste avant de fermer les yeux, il demande à son fils : "Apporte-moi un formulaire d'adhésion au Parti socialiste, au parti de gauche. Le fils est bouleversé. Papa, tu changes de camp mais tu les as combattu toute ta vie. Et le père répond avec un dernier souffle d'humour grinçant : "Mieux vaut qu'un des leurs meurt plutôt qu'un des nôtres." Derrière l'humour, il y a une idée. À la fin, il faut savoir de quel côté on est. On ne peut pas mourir entre deux camps. Et c'est exactement le thème de la Aftara de Kitissa. La Aftara nous plonge dans l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire spirituelle d'Israël. Le duel grandiose entre le prophète Elie et les prophètes du Baal sur le Mont Carmel. À cette époque, le peuple d'Israël est au plus bas spirituellement. Le roi Ahave a épousé une princesse étrangère idolâtre, Jésabelle, la fille du roi de Sidone, qui est fanatiquement attachée au culte du Bal. Le Baal dans leur croyances est le dieu de la pluie, de la fertilité, de la prospérité économique, celui qui apporte la réussite matérielle. Et Jésabelle, femme forte, dominante, impose ce culte dans tout le pays de la Judée. Elle installe 450 prophètes du Baal et le peuple est entraîné dans cette spirale. Le prophète Elie décide alors d'entrer en guerre spirituelle frontale. Il décrète qu'il n'y aura plus de pluie. 3 années de sécheresse, pas une goutte. La terre est brûlée, les récoltes sont détruites, la famine s'installe, le peuple souffre. Et quand le fer est chaud, Elie frappe. Il convoque le roi Ahav pour une confrontation publique, un test de vérité, un duel entre Hashhem et le Baal. Sur le sommet du Mont Carmel, dominant la région de Khafa, les deux camps se font face. D'un côté le prophète Éie seul et de l'autre 450 prophètes du Baal. Le prophète crie au peuple : "Jusqu'à quand-vous danser sur les deux jambes ? Si Hashem est Dieu, suivez-le. Et si c'est le Baal, et bien suivez-le. Dansez sur les deux jambes ou plutôt boîter sur les deux seuils. Le mot saïf évoque le seuil d'une porte. C'est-à-dire que le prophète Elie semble dire "Jusqu'à quand allez-vous entrer et sortir, faire des allers-retours ? Décidez-vous ?" Deux hôtels sont construits. Chacun offre un taureau. Le feu du ciel devracendre sur l'offrande du vrai Dieu. Les prophètes du Baal commencent, ils crient : "Bal, réponds-nous ! Bal, réponds-nous ! Des passent, rien, aucun feu, aucun son, aucun signe. Le prophète se moque de criez plus fort. Peut-être qu'il dort, peut-être qu'il est en voyage, mais rien ne se passe. Alors vient le tour du prophète Elie. Pour rendre le miracle encore plus spectaculaire, il fait verser de l'eau sur l'hôtel. Encore et encore. Le bois est trempé. Impossible qu'un feu naturel s'y allume. Il prie et soudain, le feu descend du ciel. Le peuple tombe face contre terre et écrit la phrase que nous répétons à la fin de Yom Kipour. Hashemokim. Mais quelque chose nous dérange. Pourquoi le prophète Elie dit-il et bien si c'est Baal auquel vous croyez, suivez-le. Comment peut-il proposer cela ? N'est-il pas censé les éloigner de l'idolâtrie ? Pourquoi semble-t-il dire choisissez même si vous choisissez le Baal ? C'est ici qu'intervient un enseignement fondamental du Rabi Lubavic. Dans le lioutirot, il révèle une idée bouleversante. Il y a quelque chose de pire que l'idolâtrie. C'est le en même temps, le aussi aussi, le gam végam, le un peu de tout, le ni chaud ni froid. Le prophète Elie ne dit pas allez servir Baal, il dit arrêtez d'être entre deux parce que celui qui est entre deux ne sert ni Hashem ni le bal. Il ne croit pas vraiment en Dieu et il ne croit pas vraiment au Bal. Il croit en lui-même, en son confort, en son plaisir, en sa tranquillité. Il ne veut s'engager pour rien. Il ne veut rien sacrifier. Il veut profiter. Il est comme finalement une girouette sur le toit qui tourne au gré du vent. Et cela dit Eliaoi, c'est pire que tout. Car celui qui sert le Baal au moins cherche quelque chose. Il a soif d'absolu. Il est prêt à se dévouer. Si on lui montre la vérité, il peut changer. Mais celui qui ne s'engage jamais, qui garde toujours une porte de sortie, qui danse dans deux mariages, celui-là ne changera jamais. Il est convaincu qu'il est correct, qu'il est équilibré, qu'il est normal. Et c'est cela le plus grand danger. Regardons notre époque. Nous vivons dans une génération du tout inclus comme des vacances au soleil en formule all inclusive. On peut être religieux et profiter à fond. Étudier et faire une brillante carrière. Être engagé mais aussi rester libre. marié et indépendant spirituel et matérialiste. La mentalité dominante nous dit "Reste fidèle à toi-même, ne t'engage pas trop, garde toutes les options ouvertes." Mais sur quoi repose notre vie ? Est-ce que Dieu est le centre et que tout le reste découle de lui ? Ou bien Dieu est-il un élément parmi d'autres dans notre mosaïque personnelle ? La question fondamentale est qui suis-je ? Quel est le centre de gravité de ma vie ? Il y a de semaines, j'ai lu un témoignage qui ne me quitte plus. Un jeune soldat, étan Ariel, parachutiste, revient de 4 mois à Gaza. À la sortie de Simratora, il entre avec son unité à Farasa pour nettoyer les maisons des terroristes avant que la rabanoute n'entre pour récupérer les corps. On les prévient. Il y a encore des terroristes partout. Il y a des morts partout. On compte sur vous. Ils avancent en silence, en tension maximale et dans sa tête raisonnent les mots du piout de l'entrée de Yom Kipour. Vers toi, mon Dieu, se déplace mon désir. En toi sont mon amour et ma passion. À toi va mon cœur et mes reins. À toi mon esprit et mon âme. À toi mes à toi mon sang. à toi ma peau, à toi mon corps. Et il dit, nous avons accepté de donner notre vie et de l'avir comme appartenant à Dieu. Personne ne nous y oblige. On pourrait trouver des excuses. Mais dans ces moments-là, la question devient claire. Qu'est-ce que je veux de ma vie ? Qu'est-ce que je veux de mes 80 ans ? Et la réponse jaillit. Je veux servir Hashem, être partie intégrante du peuple d'Israël, vouloir son bien. Dans les moments de vérité, le aussi aussi, le gamme végam le en même temps disparaît. Il reste la question essentielle. Juste qui suis-je ? Nous avons évoqué récemment une autre afara, celle du célèbre jugement de Salomon que tout le monde connaît. Le jeune roi Salomon est confronté à un cas impossible. Deux femmes, un bébé vivant et un bébé mort. Chacune revendique l'enfant vivant. Salomon sort son épée. Coupez l'enfant en deux. Chacune en aura une moitié. L'une des femmes crie non, donnez-lui l'enfant, ne le tuez pas. Et l'autre dit : "Coupez-le, ni à moi, ni à toi." La vérité éclate. Celle qui était prête à renoncer et bien sûr la vraie mère. Mais le Rabi pose une question redoutable. Et si les deux avaient refusé, un roi ne peut pas lancer une sentence et ensuite dire "Je plaisantais ?" Le Rabi répond : "Salomon ne parlait pas littéralement. Il proposait une solution éducative. Élevez-le ensemble, partagez-le idéologiquement." Et la vraie mère comprend le danger. Un enfant élevé avec deux visions opposées, deux centres de gravité, c'est un enfant coupé en deux. Il grandira brisé, confus, sans colonne vertébrale. Le jour où la vie exigera de lui un sacrifice, il n'aura pas la force intérieure. Alors, elle préfère le perdre physiquement que de le voir spirituellement amputé. Alors, que faire ? Et bien pour nous, il faut créer un ancrage, un point non négociable. Par exemple, envoyer nos enfants dans des institutions où l'on sait ce qui est essentiel et ce qui est secondaire. Mais surtout à la maison, avoir une chose pour laquelle on est prêt à se lever, à se battre, à ne jamais céder. À cours de Torah, Minha arvite chaque jour un engagement communautaire fixe. Un point qui définit qui nous sommes. Quand un père met sa veste et dit "Je vais à mon cours", et bien une lumière s'allume dans la maison. Les enfants comprennent papa vit pour quelque chose. Écoutez cette histoire incroyable. Schlomo Vichati, 9 ans, grandit en Biélorussie soviétique. Les communistes ont fermé les écoles juives. Tous les enfants doivent fréquenter l'école atâté de l'État. Le plus dur sont les examens le shabbat, écrire, profaner shabbat. Alors, sa mère invente sans cesse des excuses, mais un jour la directrice la convoque. Demain, examen national. S'il n'est pas là, je vous dénonce au KGB. Vous serez envoyé en Sibérie et vos enfants en orphelina. Nuit blanche. Le matin, elle prépare le cartable. Il marche vers l'école comme Abraham et vers la Akeda. Et soudain, elle voit une flaque debout et elle pousse son fils dedans délibérément. Elle le relève trempée, sale et à l'école, en les voyant ainsi, on les renvoie immédiatement. Sur le chemin du retour, il croise deux grands rassidimes, son mari, le rave Mosché Vichatski et le rave Mendel Futterface. Et ils sont stupéfaits. D'où une femme simple tire-t-elle une telle force ? Et elle répond : "Je me suis souvenu de mon père, Rabi Schlomoraskin. C'était le dernier mois du rabi précédent en Russie. Les communistes l'avaient condamné à mort puis exilé. Lesidimes sont venus lui dire à Dieu au péril de leur vie. Mon père est rentré, brisé, fiévreux. Il ne pouvait pas parler. Nous, les enfants, voulions savoir ce qu'avait dit le rabi. Alors, il est monté sur la table et il a mimé une danse. Puis il a pris un rouach et a fait signe en disant : "Assimatora le rabi a proclamé, il faut se sacrifier pour l'éducation des enfants." Puis il s'est effondré. "Ce matin, raconte la femme, en marchant avec mon fils, j'ai revu mon père sans voix. criant avec son corps, il faut se sacrifier pour l'éducation des enfants. Et j'ai su quoi faire aujourd'hui Barouashem, nous ne sommes plus en Sibérie. On ne nous demande pas de jeter nos enfants dans la boue. On nous demande quelque chose de plus subtil mais tout aussi profond. Leur montrer une judaïé belle, joyeuse, vivante. Non pas un judaïsme coupé en deux. Non pas un judaïsme de aussi aussi gamme végame d'entre deux mais un judaïsme central choisi, aimé, assumé. Car au fond, chaque être humain devra jour répondre à la question du prophète. Jusqu'à quand boîteras-tu sur les deux seuils ? Jusqu'à quand danseras-tu dans deux mariages ? Jusqu'à quand seras-tu assis entre deux chaises ? Et ce jour-là, il faudra pouvoir dire : "Je sais qui je suis. Je sais pourquoi je vis. Je sais pourquoi je suis prêt à me lever. Je sais pourquoi je suis prêt à me battre. Puissions-nous mériter de vivre cette clarté intérieure ? Puissions-nous donner à nos enfants une colonne vertébrale solide et que la joie d'une vie juive assumée éclaire le monde entier jusqu'à la délivrance complète très bientôt de nos jours.