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HIZOOK 76 - Pourim

HIZOOK 76 - Pourim

Rav Shimshone Attali ·

Pourim Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Commençons par une scène que beaucoup d'entre nous connaissent très bien, surtout à l'approche de pour vous entrez dans un magasin pour acheter des Michel Ahmanot et la première question qu'on vous pose encore et encore, c'est quel est votre budget ? C'est presque la question universelle. Combien êtes-vous prêt à dépenser pour vos amis, votre famille ou vos proches ? Mais si l'on regarde la Torah et les enseignements de nos sages, cette question n'est pas vraiment au cœur de la mitva. Le prix ou le montant des pensées n'est pas ce qui compte. Ce qui compte, c'est le nombre, le nombre de deux. Car la Torah dit clairement : "Michlo manote ichlou, chacun envoie des portions à son prochain." Et nos sages ont compris de cette formulation que chaque envoi comprendre au moins deux éléments, deux cadeaux, pas seulement un. De même dans la mzva de Matanot lavionim les dons aux pauvres la Torah emploie le pluriel matanot lavionime. Là encore il ne s'agit pas d'un montant précis mais d'un principe fondamental. Il faut donner à au moins deux personnes, même si ce que vous leur donnez est minime. Imaginez un instant, vous achetez une bouteille de whisky très cher pour votre patron. Vous pensez avoir rempli votre devoir avec élégance et pourtant selon la Torah, vous n'avez pas encore rempli la mitzva totalement si vous n'ajoutez pas un petit paquet supplémentaire, un petit geste en plus, un deuxième cadeau, même modeste. Ou encore, si vous rencontrez un pauvre et que vous lui donniez 100 € ce n'est pas suffisant. Il faut que la mitva atteigne au moins deux personnes, même avec 10 € chacun. Pourquoi ce chiffre 2 ? C'est ici que le Rabi de Luavic nous éclaire. Le 2 symbolise la véritable générosité, sa capacité à donner ce qui nous est difficile à donner, ce qui exige un effort, un dépassement de soi. Il ne s'agit pas seulement de donner ce que nous aimons donner, ce qui est facile et naturel pour nous. Ça c'est le 1 non ? La vraie mzva, donc le 2, c'est celle qui va finalement nous rapprocher de notre créateur et de notre prochain. Cette mzva exige que nous donnions ce qui nous coûte, même quand cela demande de sortir de notre zone de confort. Permettez-moi de vous raconter un épisode puissant du Talmud dans Avodazara 18a qui éclaire ce principe. Nous sommes à l'une des périodes les plus sombres de notre histoire. Le betaigdash a été détruit. Jérusalem est en ruine, le peuple est brisé. Mais Rome ne s'est pas contenté de détruire des pierres. Elle a voulu détruire l'âme. L'empereur Adrien publie des décrets impitoyables. Interdiction d'enseigner la Torah, interdiction de rassembler des élèves, interdiction de transmettre la tradition. Étudier devenait un crime. Enseigner devenait une condamnation à mort. C'est l'époque que nous appelons celle des dix martyres de foi. Dans ce contexte vit un immense sage, Rabi Yosi Benkisma, un homme droit, profond, lucide. Il tombe gravement malade. Il sent que ses jours sont comptés et son disciple Rabi Khanina Ben Teradion vient lui rendre visite. Rabi Khanina n'est pas un homme discret. Il ne se cache pas. Malgré les décrets romains, il rassemble des foules et enseigne la Torah publiquement. Il sait que c'est dangereux, mais il ne peut pas faire autrement. Il vit pour cela, c'est sa nature. Rabi aussi, son maître le regarde. Il l'aime mais il est inquiet. Il lui dit : "Khanina, mon élève, j'entends dire que tu réunis des communautés et que tu enseignes la Torah en public. Tu sais ce que cela signifie ? Ces hommes sont cruels. Ils ne te pardonneront pas. Ils te prendront. Ils te tortureront. Rabi Hanina répond avec une simplicité bouleversante. Du ciel Rabi, on aura pitié de moi. Il répond avec la foi. Mais Rabi aussi, comme on l'a dit tout à l'heure, lucide, ne se laisse pas émouvoir. Il insiste. Je te parle avec logique, avec réalisme et toi tu me réponds avec la foi. Je te le dis, ils t'attraperont, ils t'envelopperont dans un sépertorat. Ils te brûleront vivant avec lui. Imaginez le silence dans la pièce. Ce n'est pas une image, ce n'est pas une métaphore, c'est une prophétie. Rabi Khanina entend cela. Il ne discute pas, il ne conteste pas. Il pose simplement une question. Rabi, si cela arrive, si je me fais arrêter pendant que j'enseigne la Torah en public, est-ce que je suis certain d'avoir une part au monde futur ? Question vertigineuse. Un homme qui est prêt à mourir pour la Torah et son enseignement qui demande encore est-ce que suis-je apte ? Est-ce que cela est suffisant ? Quelle humilité ! Rabi aussi son maître lui répond quelque chose d'extraordinaire. Et bien Yossi, dis-moi, as-tu fait un acte concret personnel, un acte désintéressé qui s'est présenté à toi récemment ? Raconte-moi un ma à cet, une bonne et belle action et je te dirai si tu es destiné au monde futur. Pardon ? Pourquoi cette réponse de Rabi aussi ? Pourquoi ne pas dire immédiatement "Mais bien sûr, Abi Khanina, tu risques ta vie pour la Torah, tu vas mériter le monde futur ?" Rabi Khanina réfléchit puis il raconte un épisode presque banal. Il était responsable de la caisse de la Tedaka. Il collectait de l'argent pour les pauvres. Un soir de pour il triit les pièces et les billets et soudain un doute, un billet s'était mélangé. Était-il à lui ou était-il à la caisse des pauvres ? Il aurait pu direaloku moitié moitié selon la loi. Il aurait pu s'accorder le bénéfice du doute. Après tout personne l'aurait su. Mais il a décidé autre chose. Il a donné le billet entièrement aux pauvres. Non pas parce qu'il était riche, non pas parce que c'était spectaculaire, simplement parce qu'il ne voulait pas que l'ombre d'un doute subsiste. Quand Rabi aussi entend cette histoire, il est bouleversé et il lui dit "Si tu as agi, alors puisse ma part dans le monde futur être la même que la tienne." Quelques jours plus tard, malheureusement la prophétie se réalise. Les Romains arrêtent Rabihanina, ils l'enveloppent dans un séphertorat. Ils mettent des éponges mouillées sur son cœur pour prolonger l'agonie et il l'embrase. Ses élèves l'entendent dire : "Je vois les parchemins brûlés mais les lettres s'envolent. Son corps brûle mais la Torah ne brûle pas. Mais arrêtons-nous un instant. Pourquoi Rabi aussi le maître n'a-t-il pas été impressionné d'abord par le courage héroïque d'enseigner la Torah sous la menace ? Pourquoi fallait-il cet épisode du billet ? Voici la clé. Enseigner la Torah, même avec héroïsme peut-être parfois l'expression de ce que l'on est profondément. Rabi Hanna était un homme de Torah. Il respirait la Torah. Il vivait Torah. C'était sa nature, sa passion, son identité, son idéal. Mais le billet, le biaet c'était autre chose. C'était un moment où personne ne regardait, un moment sans gloire, un moment où son ego ne gagnait rien, un moment où il aurait pu garder l'argent sans que personne ne le sache. Mais il a choisi Dieu. Il a choisi l'intégrité. Il a choisi de perdre. C'est cela que Rabi aussi cherchait. Il voulait savoir est-ce que tu sers Dieu seulement quand cela correspond à ta grandeur ou est-ce que tu le sers aussi quand cela te coûte, quand cela te prive, quand cela te vide ? Le billet n'était pas une petite histoire. C'était la preuve que Rabi Khanina savait sortir de lui-même et c'est cela qui ouvre le Ganeden. Le message est immense. On peut faire des choses extraordinaires et pourtant ne pas avoir encore touché le point le plus pur de soi. Mais lorsqu'un être humain dans le secret, dans le doute, choisit l'honnêteté plutôt que l'intérêt personnel, quand il donne alors que cela lui coûte, quand il agit pour le ciel et non pour son image, alors il devient éternel. Rabi Khanina n'est pas entré au monde futur uniquement parce qu'il est mort en martyre. Il y est entré parce qu'un soir de pourrim face à un simple billet, il a prouvé qu'il savait donner même quand personne ne l'applaudissait. Le Tania clarifie ce principe. Le Gan Eden n'est mérité que lorsqu'on agit entièrement pour Dieu, dépassant ses instincts naturels et son confort. Lorsque Rabi Hanina donna le billet d'Odzdaka, il n'agissait pas par plaisir, mais parce que c'était juste et nécessaire. même si cela lui coûtait. C'est là la véritable générosité, celle qui inclut un effort, une volonté de se dépasser. C'est exactement ce que symbolise le chiffre 2 de Pour. Donner deux cadeaux. Un qui est facile à donner et un autre même quand c'est difficile, même quand cela exige un effort, même quand l'envie naturelle n'y est pas. Il faut donner ce que l'on aime certes, mais aussi ce qui nous coûte dans toutes les dimensions de notre vie. Dans le temps, dans le corps, dans l'âme, dans le cœur. Le Rabi nous explique un autre exemple dans la Torah. Après que Yaakob Avinou eut béni chacun de ses enfants individuellement en fonction de leurs talents et caractères uniques, la Torah pour Isahar, le commerce pour Zevouun, la royauté pour Yhouda. Et bien avou donna à chacun également la bénédiction de tous les autres. Pourquoi cela ? Parce qu'il ne suffit pas de se contenter de ce qui vient naturellement du ciel. Isahar, l'homme de Torah, devait aussi s'engager dans les affaires alors que Zevouun, le businessman devait s'imprégner de Torah. Chaque enfant doit se dépasser, accomplir ce qui ne lui vient pas naturellement pour vivre finalement pleinement dans deux mondes, le matériel et le spirituel. La bénédiction de Jacob Avinou nous enseigne : "Ne vous contentez pas de ce qui est facile pour vous, mais faites l'effort pour le monde spirituel et moral que vous pourriez négliger." Une dernière petite histoire qui illustre magnifiquement ce principe. Unhasid qui vivait modestement en étudiant la Torah toute sa vie avait des filles qui devaient se marier mais n'avaient pas assez d'argent pour les marier avec dignité. Il demande conseil à son rabi au marché, fais des affaires et la première transaction qui se présente à toi, fais-la. En chemin, il s'arrête dans une auberge où se trouvent des marchands échangeant des bijoux précieux et l'un d'eux lui demande "Tu voudrais acheter des bijoux ? Quel est ton budget ?" Le Rassid répond qu'il n'a que 10 roubles. Le marchand éclate de rire. Avec di roubles, tu n'achètes rien. Mais si tu veux, je peux te vendre mon Gan Éden pour ce prix. Le hassid, inspiré par les paroles du Rabi, achète le ganeden du marchand avec les dirles. Quelques instants plus tard, l'épouse du marchand arrive en trombe, découvre ce qui s'est passé et exige que le Ganéden lui soit rendu. Et pour punir son mari, elle l'oblige à payer toute la dote des filles du Rassid pour ses mariages. Le Rabi explique alors qu'avant cet acte de générosité, le gain Eden du marchand ne valait même pas les dirles. Mais après avoir pris en charge le mariage des filles du Hassid, son investissement spirituel devient inestimable et son Ganeden prend toute sa valeur. Voici le message de Pourim et du chiffre 2. Premièrement, la vraie générosité ne se mesure pas à la valeur matérielle mais bien à l'effort et au dépassement de soi. Deuxièmement, la mzva de Michel Ahmanot et de Matanot Levionim nous apprend à donner deux fois ce que nous aimons mais aussi ce qui nous coûte. Troisièmement, seule cette capacité de se dépasser qui rapproche l'homme de Dieu et l'homme des autres nous ouvre les portes du vrai Ganéen ici et maintenant. Alors chers amis, en cette fête de pour demandons-nous où suis-je prêt à donner, même si cela me coûte, où suis-je capable de dépasser mes instincts naturels pour le bien des autres et pour Dieu ? C'est dans ce dépassement que réside le miracle de Pour chaque année dans chaque cœur.