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HIZOOK#74 - Lumière dans la matière (TEROUMA 19)

HIZOOK#74 - Lumière dans la matière (TEROUMA 19)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha Kabbala & Spiritualité
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Transcription
Kind: captions Language: fr Avant de plonger dans le rizou du jour, je voudrais qu'on prenne un instant pour réfléchir à ce qui nous attend après l'avènement messianique à la suite de Yamot Masia. Viendra un temps de la résurrection des morts, la triatam période bien plus miraculeuse, bien plus spirituelle. Une question se pose alors est-ce que nous continuerons à être des âmes dans des corps ou bien l'âme se détachera totalement du corps s'élevant comme une flamme vers sa source ? Il y a d'ailleurs un débat notamment entre Narmanid et Maimonid. D'habitude Narmanid est plus mystique mais cette fois-ci il dira que l'âme reste dans le corps tandis que Maimonid lui affirmera que l'âme se libérera et deviendra lumière. Mais aujourd'hui nous suivons Nahmanid. Le corps restera car comme dit le verset, à travers ma chair, je contemplerai Dieu. Le corps n'est pas l'ennemi de l'âme. Bien au contraire, il enregistre, il conserve, il transforme nos actions. Et tout ce chemin parcouru, nos prières, nos misvotes, nos actions deviendront après la résurrection une énergie capable de faire monter le corps lui-même plus haut encore que l'âme. Or, nous comprenons ainsi pourquoi le judaïsme donne-il autant d'importance au corps, au matériel, aux actions concrète. Pourquoi chaque geste, chaque bénédiction, tout passe par le physique ? Et surtout pourquoi l'endroit le plus sain aujourd'hui et bien est-ce que c'était autrefois le saint des sains ? Il y a quelques temps, un touriste américain atterrit en Israël, première fois de sa vie à Bengion. Il monte dans un taxi et dit au chauffeur : "Au côtel, s'il vous plaît." Le chauffeur l'emmène, il descend, le taxi repart, mais quelques instants plus tard, le touriste se rend compte qu'il a oublié son portefeuille dans la voiture. Il court après le taxi, trop tard. Bon, il retourne donc à la station de taxi et il retrouve finalement son chauffeur et lui dit : "Excusez-moi, mais vous ne m'avez pas rendu mon portefeuille." Le chauffeur le regarde et lui répond très sérieusement : "Là où je vous ai déposé, c'est le côtel." Et au côel, on donne, on ne prend pas. Cette petite histoire est drôle, mais elle dit quelque chose de très profond parce que quand on arrive au côtel, on ne vient pas chercher quelque chose. On vient déposer quelque chose. On vient déposer un poids, une prière, une douleur, un espoir. À la suite de la première vague de Corona, lorsque les synagogues ont enfin réouvert. Je me souviens très bien de ce moment. Nous étions restés tellement longtemps loin de la prière en communauté, loin du séfer Torah, loin de ce sentiment collectif. Et quand on est revenu, quelque chose avait changé. On priait autrement, on chantait autrement, on pleurait autrement parce qu'on avait compris que ce n'était pas si évident que cela. Et c'est exactement ce que nous enseigne la parachat de Teruma. Hashem ditoam, "Ils me feront sanctuaire et je résiderai parmi eux." Question évidente, le roi Schlomo lui-même lorsqu'il a construit le betigd s'est exclamé : "Mais est-ce que Dieu peut réellement résider sur terre ? Les cieux ne peuvent pas le contenir ? Alors quoi ? Le créateur du monde a besoin d'une maison ?" La réponse simple serait de dire que non, ce n'est pas pour lui, c'est pour nous. Mais en réalité, c'est beaucoup plus profond que cela. Ce n'est pas seulement que Dieu accepte d'habiter ici-bas, c'est que son désir le plus profond est d'habiter ici-bas. Non pas dans les sphères célestes, ni dans les mondes spirituels, ici dans le concret, dans la matière, dans notre réalité. Quand on se tient devant les pierres du côtel, il y a quelque chose qui bouleverse. Des pierres, rien que des pierres. Mais pourtant, combien de larmes ont été versées là-bas ? Combien de prières, combien d'âmes brisées ? Pourquoi ? Parce que la matière peut devenir le réceptacle de l'infini. Un roi autrichien avait convoqué les plus grands architectes pour lui construire un palais extraordinaire. L'un d'eux décide de faire quelque chose d'unique. À l'entrée du palais, il installe trois ténors qui chantent en harmonie parfaite lorsque le roi entre. Le jour de l'inauguration, le roi arrive. La musique éclate, sublime, mais le roi ne sourit pas. Il est furieux. L'architecte tremble. Majesté, qu'est-je fait de mal ? Le roi répond : "C'est magnifique, mais ce que je voulais, c'est une maison et non pas un opéra." On peut faire quelque chose de grandiose, construire de grandes synagogues et passer à côté de l'essentiel. Hashem ne nous demande pas un opéra spirituel, il nous demande une maison. Une maison, c'est simple, c'est concret, c'est vivant. une table, des chaises, une cuisine, des enfants qui courent. Le betig, le michkan ce n'était pas un concept mystique. C'était de l'or, du bois, des tissus, des peaux, du matériel. Et là se cache l'un des messages les plus révolutionnaires du judaïsme. Un enseignement rassidique dit : "Le plus élevé tombe le plus bas." Prenez des cubes que vous empilez les uns sur les autres. Si vous poussez la tour, et bien le cube le plus haut se retrouvera au sol le plus loin. Plus une énergie est immense, plus elle peut pénétrer profondément dans la matière. Le 16 juillet 1945 à 5h29 du matin dans le désert du Nouveau-Mexique, l'humanité assiste à la première explosion nucléaire. Une puissance équivalente à 20000 tonnes de TNT. Une lumière aveuglante, un champignon de feu qui monte à 12 km de haut. Robert Oppenheimer, le scientifique cite alors le verset biblique "Je suis devenu la mort, le destructeur des mondes." Mais pourquoi cette explosion est-elle si puissante ? Et bien parce que dans un petit atome invisible à l'œil nu et bien se cache une énergie colossale. La matière contient une puissance inimaginable. Et si c'est vrai pour l'atome, à combien plus forte raison pour l'âme humaine ? À l'intérieur d'un être humain simple, il y a une énergie divine. Mais pour révéler cette énergie, il faut un conducteur comme l'électricité qui a besoin d'un fil de cuivre pour circuler. Et bien, la lumière divine a besoin d'un support matériel. Les lettres que nous prononçons, les actes que nous faisons, les objets avec lesquels nous accomplissons une mzva sont des conducteurs. Ce n'est pas un hasard si le michkanka était fait d'or, d'argent, de cuivre ou de bois. Dieu ne méprise pas la matière. Il veut y résider. C'est ça le sens profond du versettiamolo et la betam. Non pas que Dieu veuille résider en lui seulement dans le michkan mais en eux dans chaque juif dans chaque cœur. Betoham. À l'époque de l'inquisition en Espagne, il y avait un juif simple qui vivait dans la peur constante comme bon nombre de juifs qui étaient persécutés, humiliés, forcés à se convertir. Un jour, il entend que le Bamigdash a été détruit à cause des fautes du peuple. Il est brisé mais il dit à sa femme à partir de ce shabbat prépare s'il te plaît deux beaux pains supplémentaires. Nous les poserons devant Hashem à la synagogue pour réparer nos fautes. Sa femme accepte et chaque veille de Shabbat, il déposait les pains dans la synagogue et à chaque fois mystérieusement les pains disparaissaient. Ils étaient persuadés qu'Ashem les acceptait. Ils étaient tout heureux. Mais en réalité c'était le chamache, le bedau de la synagogue, pauvre et affamé. qui les prenait en pensant qu'un bienfaiteur anonyme les avait laissé. Quand le rave de la synagogue découvrit la scène, il expliqua aux juifs et à sa femme la vérité. Le Juif font en larme. Alors cela veut dire que Hashchem ne les a pas pris ? Le rave répondit : "Tu te trompes ? Hashem les a pris à travers ce pauvre homme. La matière, le pain, un acte simple. Et pourtant, c'est cela le michkan. Le rabi expliquait que la véritable révolution du judaïsme, c'est cela. Ne pas fuir le monde, ne pas mépriser le matériel, mais le transformer. Un juif peut prendre une table et en faire un hôtel, un repas et en faire une mzva, une maison et en faire un sanctuaire. Et peut-être que c'est pour cela que partout dans le monde, nos cœurs se tournent vers Jérusalem. Parce que Jérusalem n'est pas seulement une ville, c'est une direction. C'est le rappel que le ciel peut toucher la terre. Nous n'avons plus aujourd'hui le bétaigd, mais nous avons quelque chose d'encore plus puissant. Nous avons nos maisons, nos tables de shabbat, nos paroles, nos choix. Chaque acte peut devenir un michkane. Chaque geste peut révéler une lumière infinie parce que dans la matière la plus simple se cache l'énergie la plus divine. Et Hashem attend une seule chose, que nous lui ouvrions la porte. Alors que nous méritons très bientôt de voir la reconstruction du Bethigdash Hashichi et que chacun de nous transforme son espace, son quotidien, son cœur en une demeure pour la présence divine.