
HIZOOK#72 - Pourquoi autant de Rabbins ? (YITRO 17)
Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Je voudrais commencer par une petite histoire. Deux juges font leur jogging du soir. [musique] Tout à coup, un homme s'approche de l'un d'eux et lui dit devant tout le monde rends-moi les 1000 dollars que tu m'as emprunté. Sans discuter, le juge sort son portefeuille et lui rend l'argent. L'autre juge s'arrête [musique] net, choqué. Mais tu es devenu fou. Un juge respecté qui emprunte de l'argent à des particuliers. Tu imagines ce que la presse ferait d'une histoire pareille ? Et le premier juge lui répond calmement : "Tu crois vraiment ? Je ne le connais même pas cet homme, [musique] mais je sais comment ça marche. Demain, il dépose plainte contre moi et qui sait sur quel juge tomber. Franchement, je préfère en finir vite." Un invité très particulier arrive [musique] dans le camp d'Israël. Yitro, [grognement] prêtre de Midian, beau-père de Moscherabénou. Il vientent avec Tipora, la femme de Moché et leurs enfants. Ils ne se sont pas vu depuis plus d'un an, depuis ce moment fulgurant où Merau a reçu l'ordre divin au buisson ardent de quitter Midian pour [musique] aller libérer le peuple juif d'Égypte. Yitro arrive et il observe. Il regarde la vie du camp de l'extérieur avec un regard neuf. Et là, il est stupéfait. Il découvre une direction totalement centralisée. Moché est le seul juge. Des millions de personnes et un seul homme pour trancher tous les conflits. Les disputes de [musique] couple, les problèmes de voisinage, les dégâts matériels, les partenariats financiers. Tout passe par Mocher. Du [grognement] lever du soleil jusqu'à la nuit. [musique] Hitro est pris de panique. Il comprend que cette situation va détruire tout le monde. Mosché va finir par s'épuiser, s'effondrer sous la charge et le peuple va attendre, attendre et encore attendre. Car la lenteur est l'ennemi numéro 1 de la justice. Une justice qui n'arrive pas à temps, c'est une justice qui n'existe pas. Alors Itro s'approche de son gendre et lui propose un plan révolutionnaire. mettre en place un système judiciaire hiérarchisé. Des juges pour des groupes de 10, 200 de 100 [musique] et de 1000 personnes. Des juges selon leur niveau, selon la complexité des questions. Les cas simples en bas, les cas lourds en haut [musique] et mochés au sommet uniquement pour les situations les plus complexes. Mais soyons [musique] honnêtes, cela signifie aussi mettre des barrières entre Moché et le peuple. À la place d'un géant spirituel accessible à tous, il y aurait désormais des centaines de rabins ordinaires, certains moyens, certains limité qui vont filtrer l'accès à Moché. Et Moché hésite parce qu'éloigner le peuple de lui, ça lui fait mal. Alors, il consulte Hashem. Et là, [musique] surprise totale, Hashem valide la proposition de Hitro. La question est énorme. [grognement] Pourquoi a-t-il fallu Hitro pour proposer quelque chose d'aussi évident ? Et surtout, [musique] qu'est-ce que Mosché pensait ? Il croyait vraiment pouvoir gérer seul tout le peuple juif ? La barbeelle donne une réponse simple. La Torah voulait rendre hommage à Itro Car Moché aurait fini par y arriver seul. Mais Hashem voulait honorer cet homme extraordinaire, le Cohen de Midian, l'équivalent du pape de l'époque qui a eu le courage de venir proclamer publiquement "Maintenant, je sais qu'hem est plus grand [musique] que toutes les divinités". D'ailleurs, son nom même Yitro vient de Yeter un ajout. Il a mérité qu'une parachat entière soit ajoutée à la Torah grâce à lui. Mais le sens simple du texte est clair. Mosché n'avait pas pensé à cette solution. Alors, quel est le désaccord profond entre la vision de Moché et celle d'Itro ? Le rabi révèle ici une idée bouleversante sur la relation entre un juif et son rabin. Mosé avait une vision incroyable. Il ne voulait pas simplement juger les conflits, il voulait élever le peuple à un niveau où les conflits n'existent plus. Quand un avion décolle à 40000 pieds, et bien les grattiels, les projets gigantesques, tout devient minuscule comme des Legos. Changer de hauteur, c'est changer [musique] de perspective. Mosché était cet homme-là, un homme qui avait vu Dieu face- à face. Quand quelqu'un se tenait devant Moché, il se disait "Sérieusement, [musique] je vais lui parler de ma vaisselle, de mes retards à la crèche ou de mes dispute d'ego." Devant Moché, on oubliait le matériel, on oubliait les petites blessures, on prenait le vol de l'aigle, on montait à 40000 pieds. Son regard révélait à chacun sa propre étincelle divine. Il élevait les gens au-dessus d'eux-même. [musique] La Torah dit : "Israël campa là face [grognement] à la montagne au singulier parce que pour la première fois devant Moosé, ils étaient comme un seul homme avec un seul [musique] cœur. Face à la sainteté du Sinaï, les querelles disparaissent." Alors Moché se disait : "Si je mets des rabins intermédiaires, ils vont ramener le Sinaï au niveau des petits égos au lieu d'élever les gens jusqu'au Sinaï." Maisro voit [musique] les choses autrement. Il dit "On n'a pas été créé pour vivre en permanence à 40000 pieds." La mission ce n'est pas de fuir le monde. La mission c'est de le réparer. Affronter les conflits, les tensions, les blessures et apprendre à y répondre avec amour et responsabilité. Et là, [musique] Yitro redéfinit ce qu'est un rabin. Un rave, ce n'est pas quelqu'un devant qui tu te sens [musique] petit, honteux, écrasé. Ce n'est pas quelqu'un à qui tu caches la moitié de ta vie. Un rave, c'est quelqu'un qui comprend ta douleur, qui t'écoute et qui t'aide à transformer tes failles en force. Il y a des tsadikim immenses, très élevés. Ils sont inspirants, mais parfois ils nous intimident. On ne leur montre donc que notre version propre, nettoyée, nickel. Mais ce n'est pas le rôle d'un rave du quotidien. Quand [musique] la michna dit "Fais-toi un rave et acquière-toi un ami, ton rave doit être à toi comme un ami finalement proche, concerné, [musique] aimant." Le ramarli s'écrit "Celui qui a un malade à la maison doit aller voir le sage de sa ville. Non pas le plus grand mystique du monde, mais [musique] celui de ta ville, celui qui te connaît." Et pour comprendre ce que cela veut dire vraiment, écouez cette histoire. Aaron Levin, un juif de Sydney, raconte que à l'âge de 19 ans, son père meurt brutalement dans un accident de voiture. Sa mère et ses frères sont anéantis et lui [musique] est perdu. Il se souvient d'une phrase que son père lui disait "Enfant, si un jour tu es perdu, écris ou va voir le Rabi Lubavic." Il part à New York. [musique] Il veut demander conseil pour sa mère et pour son avenir professionnel. Mais le rabbi commence autrement. Il lui dit : "Parle-moi d'abord de l'accident. Et Aaron craque. [grognement] Il n'en avait jamais parlé à personne auparavant. Il était en dépression sans le savoir. Il raconte comment son père a été fauché sous les yeux de sa mère. [musique] Le rab écoute vraiment. Puis il donne des conseils pratiques, simples, concrets. Et soudain, il lui dit "Tu parles de tout le monde, mais pas assez de toi. Qu'est-ce que toi [musique] tu veux ?" Et Aaron répond en larme : "Je veux la venue du Maschiar. Je veux courir vers mon père. l'embrasser et lui dire combien je l'aime. Il s'effondre. Le rabi, c'est la première fois que j'entends [musique] un juif dire que son seul désir est la venue du masiar. Voilà ce qui est un rave, quelqu'un devant qui on peut tomber et se relever. Comme Moché et Aaron. Mosché représentait la vérité absolue. Mosé [musique] Torato la rigueur, la vision prophétique des choses, l'objectif final. Alors qu'Aaron représentait [musique] la paix. Ov shalom rodev shalom. La paix c'est l'art et la manière. C'est le [musique] style c'est le chemin, la capacité de relever une personne là où elle est. Itro avait compris. On a besoin des deux. Je voudrais terminer avec une histoire [musique] qui à elle seule résume tout ce qui voulait enseigner et peut-être tout ce qu'est la vraie Torah. Le soleil est déjà bas à l'horizon. Les ombres s'allongent sur une petite ville d'Ukraine, Zlotchov. L'air change et on sent que le shabbat arrive. Les maisons se ferment, les familles se préparent, les bougies sont prêtes. Et soudain, dans un fracas de sabot, une charrette surgit à toute vitesse et entre dans la ville. [musique] Le cocher est livide, épuisé, brisé. Il comprend immédiatement ce [musique] qui vient de se passer. [grognement] Il a raté l'entrée de Shabbat. Il s'est trompé de route et a mal évalué le temps et maintenant il a profané le shabbat. Pour un juif simple, un cocher, ce n'est pas une petite erreur, c'est une déchirure intérieure. Il n'essaie pas de se justifier, il ne cherche pas d'excuses. [musique] Il ne dit pas "Je n'ai pas fait exprès, il est juste effondré". Il va directement voir le rave de la ville et là [musique] il vide son cœur. Il pleure, il tremble et il dit "Rabi, j'ai fauté, j'ai raté Shabbat. Que puis-je faire ? [musique] Comment réparer ?" Le rave de la synagogue l'écoute. Il voit sa douleur et lui donne une réparation [musique] simple, candide, accessible. Il lui dit "Apporte pour le prochain shabbat de grandes et belles bougies au Betamidrache." En l'honneur du shabbat. Le cocher repart soulagé. Il a une voix à présent. Il a une chance de réparer. Le shabbat suivant arrive. Le coch tient parole. Il apporte de magnifiques bougies. Les dépose avec émotion sur la bima, il prie. [musique] Il pleure encore. Il demande à Hashem d'accepter son retour. Mais à la fin de la prière, horreur, [grognement] un chien a pénétré dans la synagogue. Il a attrapé les bougies et s'est enfui avec. Le cœur du cocher se sert, mais il ne décourage [musique] pas. Il se dit peut-être que Matchuva n'était pas assez pur, alors je recommencerai. Le shabbat suivant, il revient avec d'autres bougies encore plus belles et encore plus chères. Même [musique] scène, même chien, même vol. Et là, quelque chose se brise. Le cocher est [musique] anéanti. Il se dit Hashem ne veut pas de moi. Mon retour est refusé. Je suis trop loin. Alors, il fait ce que font les juifs brisés depuis des générations. Il prend la route de Mesibos chez le Baalemtov. Le Balemtov l'écoute longuement, sans l'interrompre, sans le juger. Puis il lui dit doucement, "Ce que tu vis, ce n'est pas un [musique] refus du ciel, c'est une erreur humaine." Et il ajoute une phrase incroyable. Tes bougies sont volées non pas à cause de toi mais à cause de l'un de mes élèves, Rabi Ychiel Michel de Zlotchov qui habite ta ville qui est un grand sadic [musique] mais il est trop strict. Il a entendu la réparation que le rabin t'avait donné et il n'a pas supporté qu'une si petite ou si candide réparation te soit donnée. Il disait que ce n'était pas suffisant pour le la transgression de Shabbat. Le Baljemtov lui dit alors : "Rentre chez toi, [musique] allume les bougies, il ne leur arrivera rien et surtout donne cette lettre à Rabel Michel." [raclement de gorge] Rabi Michel reçoit la lettre [musique] et il palie. Le baltov lui ordonne de venir passer le prochain shabbat à Mibos. Il part en milieu de semaine. Le trajet est certes court, quelques heures à peine, mais soudain une tempête [musique] éclate. Un vent violent, la pluie, la boue, le cheval qui refuse d'avancer. Chaque maître devient une lutte. Le temps s'étire, les heures passent et le shabbat approche. À la dernière minute, épuisé, trempé, presque sans force, Rabi Melichel arrive juste avant l'entrée de shabbat. Le basemtov l'accueille avec un regard rempli d'amour et lui dit "Mon cher élève, je t'ai sauvé d'une profanation du shabbat, on dirait. Mais maintenant, écoute bien." [musique] Il ajoute avec une douceur ferme : "Quand juif tombe et que son cœur est déjà brisé, quand il souffre de sa faute, quand il cherche à revenir, on ne lui [musique] complique pas le chemin. On ne l'écrase pas avec des exigences trop dures. On lui facilite le retour. On l'aide à se relever. Puis il conclurent : "La Torah n'a pas été donnée pour repousser les âmes, [musique] mais pour les ramener." Et bien, c'est cela le message de HRO et c'est cela la mission d'un rave. Voilà pourquoi fallait-il nommer autant de colistiers à Mocher Rabenou. Non pas de vivre dans un monde parfait, mais de tendre la main là où quelqu'un est tombé. Et chaque rave a cette responsabilité. Et parfois la plus grande sainteté, ce n'est pas d'exiger plus, [musique] mais c'est de comprendre plus.



