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HIZOOK#70 - Un chant Éternel (BECHALAH 16)

HIZOOK#70 - Un chant Éternel (BECHALAH 16)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha
Vitesse :

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Transcription
Kind: captions Language: fr Restez jusqu'au bout. Je vous promets deux très belles histoires à la fin. Mais avant cela, je voudrais vous proposer d'entrer ensemble dans la parachat sans nous presser en laissant les mots s'installer doucement. Parce que ce que la Torah nous raconte ici ne parle pas seulement d'un événement du passé mais bien d'un état intérieur que chacun de nous traverse un jour ou l'autre parfois sans même s'en rendre compte. Mais une petite histoire pour commencer. Un jour, un juif est allé voir son rave. Il était troublé, partagé, presque perdu intérieurement et il lui a confié qu'il se trouvait à un carrefour de sa vie, incapable de choisir entre deux voix très différentes qu'il a tirait profondément, le chant et la danse. Le rave l'a écouté longuement sans l'interrompre, puis il a répondu avec beaucoup de simplicité qu'il pensait qu'il devait choisir la danse. Le juif, surpris, presque déstabilisé, lui a demandé "Mais rave, vous m'avez déjà vu danser ?" Et le rave lui a répondu avec un sourire discret : "Non, mais je t'ai déjà entendu chanter." Cette petite histoire presque légère nous dit quelque chose de très profond. Parfois, le chant n'est pas un talent ni même un art. C'est plutôt un débordement, une tentative de la néchama de dire ce que les mots ordinaires ne suffisent plus à contenir. Et c'est exactement ce qui se passe dans notre parachat au moment le plus vertigineux de la sortie d'Égypte. Le peuple d'Israël se tient face à la mer après être sorti d'Égypte et il regarde une scène que même l'imagination la plus audacieuse n'aurait pas osé concevoir. L'Égypte n'est plus là. Cette civilisation tout-puissante, arrogante, sûre de sa domination qui a réduit un peuple entier en esclavage pendant près de 100 ans a disparu dans les profondeurs de la mer. Il n'en reste presque plus rien, sinon ces bijoux et ces parures qui flottent à la surface de l'eau et viennent s'échouer doucement sur le rivage comme un aveu mué, comme si même les richesses de l'Égypte venaient demander pardon et tenter de réparer, bien que trop tard, une souffrance irréparable. À ce moment-là, il n'y a pas de discours, il n'y a pas de mise en scène ou de préparation. Simplement quelque chose qui jailit naturellement, instinctivement, le champ. Asir, Mosché où venait Israël ? Alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent. Et pourtant, si l'on écoute attentivement les mots de la Torah, une question profonde se pose. Le verset mélange le passé et le futur. As alors qui renvoie ce qui vient de se produire et Yachir, il chantera qui parle de ce qui n'est pas encore advéné. Mais alors pourquoi dire il chantera alors que le chant est déjà là, vibrant, vivant, présent. Le Ibenzra explique que la Torah utilise parfois le futur pour élargir un instant, pour dire que ce moment ne se limite pas à ce qu'il est ici et maintenant, mais qu'il porte en lui quelque chose de plus vaste, de plus long, de plus profond. Mais Rashi, d'une manière presque surprenante va beaucoup plus loin. Il nous dit que ce futur est une allion à la résurrection des morts. Comme si la Torah nous chuchotait que ce champ-là n'est pas terminé, qu'il sera repris des siècles plus tard dans un monde réparé lorsque la mort elle-même cessera d'être une fatalité. Mais alors, pourquoi précisément ici ? Pourquoi au bord de la mer rouge et à cet instant précis la promesse de la guoula nous est faite ? En 1972, lors du dernier jour de Pessar, le Rabi de Lobavic a donné une réponse d'une simplicité bouleversante. Il a expliqué que lorsque Mosché a vu la mer se fendre, il a compris quelque chose de fondamental. Hashem ne se contente jamais d'une délivrance partielle. La sortie d'Égypte aurait déjà pu être considérée comme suffisante. Le peuple n'était plus esclave. Les décrets les plus cruels avait cessé. Il n'était même plus sur le sol égyptien. Beaucoup auraient dit "C'est déjà immense. On ne peut pas demander davantage. La vie n'est jamais totalement réparée. Da nous !" Mais la mer s'est ouverte. Et dans cette ouverture Mosché a vu qu'un miracle ponctuel. Il a vu que Dieu ne libère pas seulement les corps, mais aussi les cœurs, qu'il n'efface pas seulement les chaînes visibles, mais aussi la peur, le traumatisme, la présence intérieure de l'oppresseur. L'Égypte a cessé d'exister non seulement à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur. Et à cet instant précis, Mosché a compris que si Dieu avait mené ses délivrances jusqu'à son accomplissement total, alors il mènerait aussi l'histoire humaine et juive jusqu'à sa réparation complète, jusqu'à un monde où même la mort n'aurait plus sa place, la résurrection. C'est pour cela qu'il a chanté au futur parce qu'il chantait déjà la fin de l'histoire. Et nous aujourd'hui, ce message ne nous parle pas seulement du passé, il nous parle de maintenant. Nous vivons nous aussi un moment intermédiaire, fragile, parfois douloureux qui ressemble à cet espace entre la sortie d'Égypte et la traversée de la mer. Il y a des pertes, il y a des peurs, il y a des cris qui montent vers le ciel. Adem ma taille jusqu'à quand ? Mais être juif, ce n'est pas nier la douleur, c'est refuser de s'y enfermer. C'est lever la tête, voir plus large, comprendre que le point noir sur la feuille blanche n'est pas toute la feuille. Pour la première fois depuis des millénaires, nous voyons des signes de vie, de force et de retour, un peuple revenu sur sa terre debout qui tient malgré le prix. Et il y a aussi un signe silencieux, immense, le retour des exilés. Le rabi l'avait dit dès les années 90, la Alia massive est une lumière de Guoula. Aujourd'hui encore, malgré la douleur, quelque chose appelle les juifs à rentrer comme si l'histoire elle-même avançait. Leim de David 126 nous dit à la fin des temps, nous étions comme des rêveurs. Mais pourquoi au passé plutôt à l'imparfait ? Et bien parce qu'un jour nous chanterons sur le fait qu'aujourd'hui nous avons osé rêverim que même dans la nuit nous avons cru à l'aube comme l'écrit le meiri même en exil le juif est un rêveur de guéou. Et maintenant, deux histoires extraordinaires. La première histoire est le Cohen qui vivait déjà demain. Rave Abraham Herge Cohen qui n'était pas un homme de slogans ni de grandes déclarations. C'était un érudit discret, un survivant de la choa, un homme qui avait vu l'humanité sombrer dans ce qu'elle avait de plus sombre et qui avait pourtant continué à croire, à étudier, à transmettre et à bâtir. Khabad, ilait un colel formé des avréimes et avançait jour après jour avec simplicité et fidélité. Un jour, sans prévenir, une infection grave s'est déclarée dans sa jambe. Au début, il a essayé d'ignorer. Puis la douleur est devenue plus forte. La jambe a enflé. Les médecins ont été appelés, ils les ont examinés, ont parlé entre eux à voix basse et finalement le verdict est tombé. Il fallait opérer, ouvrir, nettoyer et sauver la jambe. Quand Rave Abraham Erche a entendu ses mots, il n'a pas crié, il n'a pas protesté, il a simplement fondu en larme. Les médecins étaient déconcertés. Ils voyaient devant eux un homme âgé, un rescapé de la choa, quelqu'un qui avait traversé des camps, des guerres, des famines, des deuils. Et voilà qu'il pleurait à l'idée d'une opération médicale courante. Ils ont essayé de le rassurer, de lui expliquer que l'intervention était nécessaire. presque banal, mais ses larmes n'avaient rien à voir avec la peur ou la douleur. Elle venait d'un tout autre endroit. Avec une voix brisée, il a expliqué : "Je suis Cohen toute ma vie, j'ai porté en moi un rêve simple et immense. Le jour où le bête à amig sera reconstruit, je veux être là. Je veux servir. Je veux monter les marches et accomplir la Avoda. Faire ce pourquoi mes ancêtres ont été choisis. Si on m'opère, je risque de devenir baalmou, inapte. Et ce rêve, ce rêve pourrait m'être retiré. Ce qui est bouleversant n'est pas seulement ce qu'il disait, mais le moment où il le disait, juste après la choa dans un monde encore brisé, alors que le temple n'était qu'un souvenir lointain dans les livres. Et pourtant, pour lui, ce n'était pas un symbole abstrait. C'était une réalité future concrète assez réelle pour justifier des larmes aujourd'hui. Alors, il a demandé un délai, il a écrit au Rabi de Lubavic. Il lui a raconté sa situation, la maladie, la recommandation des médecins et surtout son angoisse de perdre la possibilité de servir un jour au temple. La réponse du rabby est arrivée. Tentez d'éviter l'opération, privilégier un traitement médicamenteux intensif. Contre toute attente, le traitement a fonctionné. L'infection a reculé et la jambe a guérie. Quand Rab Abraham Erche a retrouvé ses forces, il n'a pas simplement remercié Hashem dans son cœur. Il a organisé une grande va à doute, une réunion de remerciement avec des chants, des paroles de Torah, des larmes aussi. Et il a dit "Je remercie Hashem non seulement pour ma santé mais pour m'avoir laissé apte à servir au Bamigdash quand il sera reconstruit. Voilà ce que signifie vivre dans le futur sans quitter le présent. Voilà ce que signifie croire à la guéoula non pas comme une idée mais comme une destination. Et voici la deuxième histoire. Nous sommes à Varsovie en 1942. La ville est écrasée, le getto est vidé. La peur est devenue quotidienne, presque banale. Un jour, on les pousse vers les wagons. Des wagons à bestiaux, sans fenêtre, sans air, des hommes, des femmes, des enfants, des parents serrant leurs petits contre eux, sans savoir quoi leur dire, sans savoir comment expliquer l'inexplicable. Tout le monde sait. Personne ne se fait d'illusion. Le train ne mène pas vers un camp de travail, mais à très blinka. Dans l'un de ces wagons se trouve Azriel David, un Hazan renommé de Varsovie, compositeur, homme de musique et de prière, un homme habitué à élever les âmes par la voix, mais qui se retrouve maintenant plongé dans un silence écrasant, brisé par les pleurs, les gémissements, les respirations altantes. Le wagon est bondé, il fait sombre, l'air manque. Chaque minute semble durer une éternité. Et à un moment, au cœur de cette suffocation, une phrase traverse l'esprit de notre Azriel David. Une phrase qu'il connaît depuis l'enfance. Une phrase qu'il a peut-être chanté des centaines de fois sans mesurer ce qu'elle contenait vraiment. Je crois d'une foi parfaite en la venue du masiar. Et là, quelque chose se passe sans réfléchir, sans décider, il commence à freudonner très doucement comme pour lui-même. Puis la mélodie prend forme, il la compose, il sent les mots s'installer, la voix se renforce et chose absolument incroyable, le wagon se tait, les pleurs s'estompent, les respirations se calment, une voix se joint à la sienne, puis une autre, puis encore une autre. Et bientôt tout le wagon chante à Nima. Des juifs affamés, brisés, terrorisés, en route vers la mort qui chantent leur foi dans l'avenir. Ils chantent non pas parce qu'ils croient que tout ira bien demain, mais parce qu'ils refusent de laisser l'ennemi leur voler leur âme. À un moment, Azriel David reprend conscience de la réalité. Il comprend que ce champ ne doit pas mourir avec eux. Alors, il se tourne vers les autres et dit avec urgence : "Frère, je vous en supplie, si quelqu'un survit et s'il parvient à sauter du train, qu'il apporte cette mélodie à mon rab, l'admour de Modzitz. Je lui promets une part de mon Hol àaba, de mon monde futur." Deux jeunes hommes tentent leur chance. L'un est malheureusement tué sur le coup et l'autre survit. Il portera ce champ à travers l'Europe jusqu'en Amérique où il atteindra le rabi de Modzit où il sera transmis et sera chanter. Et ce champ qui est né dans un wagon vers la mort qui est finalement un champ éternel depuis la sortie d'Égypte et la traversée de la mer deviendra l'un des champs les plus puissants de l'espérance juive. Un champ avec lequel les Juifs sont allés vers les chambres à gaz, mais avec lequel ils marcheront un jour vers le masiar.