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HIZOOK#69 - Se sentir important (BO 15)

HIZOOK#69 - Se sentir important (BO 15)

Rav Shimshone Attali ·

Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Commençons par une petite histoire drôle. Un ange descend un jour dans une grande yeshiva. Il traverse les couloirs, entre dans le bureau du roch yeshiva et lui annonce calmement : "Tu as droit à une seule demande, une seule. Tout ce que tu demanderas s'accomplira immédiatement." Le rave réfléchit : "Ce n'est pas un homme ordinaire. Il pourrait demander la richesse, la longévité, l'influence, mais non." Il lève les yeux et dit : "Je demande une sagesse infinie." L'ange acquièisse et la demande est accordée. Les élèves se pressent autour de leur rav. Ils attendent fébril. Ils veulent entendre la première phrase de l'homme le plus sage du monde. Le rave ouvre les yeux. Il regarde autour de lui comme quelqu'un qui vient de se réveiller et dit simplement "Ah, quel dommage ! J'aurais dû demander de l'argent." Au fond, cette histoire drôle cache une question très sérieuse. La parachat de Beau est une parachat de lumière après une nuit interminable. des générations d'esclavages, des cris étouffés, des corps brisés, des enfants arrachés. Et soudain, les portes de l'Égypte s'ouvre, la liberté la sortie. Mais juste avant de partir, Hashem demande à Moché quelque chose de très étrange. Parle, je t'en prie, aux oreilles du peuple et qu'il demande à leurs voisins égyptiens des objets d'or et d'argent. Imaginez la scène. Un juif esclave depuis toujours qui s'approche de la maison de son maître, celui qui l'a frappé, celui qui l'a humilié, celui qui a peut-être tué son enfant, il frappe à la porte et lui demande un cadeau. Pourquoi ? Pourquoi Hashem veut-il ce moment-là, ce geste là ? Rashi rapporte l'Agmara. 400 ans plus tôt, Akadashbau avait promis à Abraham Avinou que sa descendance souffrira en Égypte, mais il sortira avec de grandes richesses. Alors, Hashem insiste pour qu'Abraham ne puisse pas se plaindre en disant "La souffrance s'est bel et bien réalisée, mais pas la richesse." Voilà pourquoi Hashem demande explicitement que les Juifs repartent d'Égypte avec de grandes richesses. Mais cette explication dérange. Depuis quand Hashem aurait-il besoin de se justifier ? Et surtout, une semaine plus tard, au bord de la mer, les Égyptiens se noie, leurs chars se disloque et leurs trésors flottent sur l'eau. Raschi lui-même dit que le butin de la mer valait bien plus que celui récupéré en Égypte. Alors donc, où est le problème ? Le rabi révèle ici une profondeur bouleversante. Le sujet n'est pas l'argent, le sujet c'est l'âme humaine. Abraham Avinou n'était pas inquiet pour le compte bancaire de ses descendants. Il était inquiet pour leur regard sur eux-mêmes. Un peuple peut sortir libre mais rester intérieurement esclave. Après des décennies d'humiliation, leur corps quittait enfin l'Égypte, mais leur âme était encore pliée, cassée et apeuré. Un peuple qui a été traité comme du bétail ne se relève pas avec un trésor ramassé par terre. Il fallait une expérience réparatrice. Que l'Égyptien soit obligé de regarder le juif dans les yeux, qu'il ouvre son coffre fort et qu'il donne et qu'il reconnaisse même malgré lui. Tu comptes, tu as de la valeur. Lagmara raconte qu'environ 1500 ans plus tard, les Égyptiens intentèrent un procès aux Juifs devant Alexandre le Grand. Ils dirent : "Vous nous avez pris de l'or et vous n'avez jamais rendu. Silence ! Les sages d'Israël sont déstabilisés et soudain, un homme simple se lève, non pas un orateur ou un grand prince, un juif ordinaire, Gvia Ben Psissa qui parle calmement en disant "Si vous basez sur la Torah pour nous attaquer, alors allons jusqu'au bout. Vous avez fait travailler 600000 hommes de 20 à 60 ans pendant 430 ans sans salaire. À vous de payer maintenant." Les Égyptiens se lèvent et quittent la salle parce qu'ils comprennent une chose, ce n'était pas un vol, c'était un salaire. Et un salaire, ce n'est pas seulement de l'argent, c'est une reconnaissance. Aujourd'hui encore, on le sait, des gens quittent des postes prestigieux, très bien payés parce qu'ils ne se sentent pas vu, parce qu'ils ne se sentent pas considérés. Un survivant de la Choa a raconté que la vie d'un juif à l'époque valait moins que celle d'un chien. Un chien écrasé, on nettoyait la rue, mais un juif abattu, personne ne le regardait. Un autre survivant disait : "Je ne pouvais épouser qu'une survivante, car elle seule pouvait comprendre mes cris nocturnes." Voilà pourquoi Hashem dit : "S'il te plaît, demande-leur de prendre les richesses, non pas pour l'or, mais pour leur dignité. À la veille de Yudjvat de la prise des fonctions du rabi de Lubavic, on peut dire que c'est exactement ce que le Rabi incarnait. Un jour, une femme, une journaliste observait le rabbi distribuait des dollars pendant des heures. Le bras tendu encore et encore à presque 90 ans et elle se dit "Mais comment tient-il ?" Alors, elle osa demander. Le rab répondit doucement : "Quand on compte des diamants, on ne se fatigue pas. Car le rabi ne donnait pas de l'argent, il donnait une existence. Le rabi explique aussi une michna étonnante dans le pire vote. Celui qui dit ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à toi est unide. Le rabi précise ce n'est pas donner tout matériellement mais plutôt de donner le sentiment que tout est donné. Lagmara dit : "Celui qui réconforte par des paroles reçoit plus de bénédiction que celui qui donne de l'argent parce qu'il redonne de l'espoir." Un soir, vers 1 heure du matin, j'ai vu des adolescents assis dehors, fatigués, perdus. Je parle à l'un d'eux en lui disant "Mais pourquoi tu ne rentres pas chez toi ? Il osse les épaules. À quoi bon ?" Je lui dis "Bah, ton père t'attend ?" Il me regarde et me dit "Mon père ne m'aime même pas." Je lui parle des vêtements, des cadeaux de la Barmizva que son père a financé. Il me répond une phrase que je n'oublierai jamais. Tout ça, il ne l'a fait que pour lui, que pour son honneur en tant que carte de visite de mon père. Quand a-t-il fait vraiment quelque chose pour moi ? L'amour ce n'est pas ce que l'on donne. L'amour c'est ce que l'autre ressent. Je terminerai par une histoire bouleversante. Un des Admourim de Vignitz entre un jour dans une bijouterie à Jérusalem. Il veut acheter une montre pour son épouse. Le vendeur lui propose quelques modèles, mais il n'est pas convaincu. Alors, il fait appel à l'épouse du vendeur qui se trouvait à l'arrière boutique. Madame, s'il vous plaît, en tant que femme, pouvez-vous me conseiller ? Elle lui propose quelques modèles et là, il trouve son bonheur. Il la remercie chaleureusement et s'en va avec son gabaï. Son gabaille est choqué, rabi. De un, nous n'avons pas cet argent. Et de deux, je ne sais pas si votre femme a vraiment besoin d'une montre. Le rabi explique, tu sais, hier soir, en quittant la synagogue, je suis passé devant la bijouterie et j'ai entendu le bijoutier humilier sa femme. Tu ne sers à rien. Tu es bonne à rien. Pourquoi tu viens ici ? Aujourd'hui, je souhaitais lui rendre son honneur. Donner de l'argent, c'est bien, mais apprenez plutôt à donner une valeur, à donner une dignité, à donner à une âme afin qu'elle se relève. M.