
HIZOOK#68 - Personne n'est trop petit (VAERA 14)
Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Je voudrais commencer par quelque chose de très simple, presque banal mais [musique] profondément vrai. Les médecins appelle l'hypertension artérielle le tueur silencieux. Pourquoi ? Parce que l'hypertension artérielle ne fait pas mal. On peut vivre avec pendant des années sans rien ressentir. On continue à travailler, à rire, à avancer. Et pourtant, en silence, elle détruit. Elle durcit les artères, elle empêche le sang de circuler. Le cœur doit forcer, s'épuiser jusqu'au jour où tout s'effondre brutalement. Raz shalom. Et bien, il existe un tueur silencieux [musique] dans la vie spirituelle. Une maladie bien plus dangereuse que l'athéisme déclaré. On pourrait l'appeler la négation silencieuse. Ce n'est pas quelqu'un qui [musique] mis Dieu avec colère. Ce n'est pas quelqu'un qui combat la foi, c'est quelqu'un qui vit mais sans ressentir que [musique] sa vie a un sens profond. Il croit peut-être en Dieu, il [musique] croit que Dieu existe, qu'il est infini, qu'il est tout-puissant, mais il pense au fond [musique] de lui que Dieu est grand, mais que lui est petit. Moi, je ne compte pas vraiment. Le monde est immense. [musique] L'histoire est énorme et moi, je suis juste un détail. Et cette pensée-là est mortelle parce qu'elle coupe l'élan vital. [musique] Elle coupe la motivation, elle fige l'âme, elle empêche l'action, l'engagement, le courage. Le grand psychologue juif Victor Frankel [musique] a écrit dans son livre L'homme en quête de sens une phrase devenue terriblement célèbre. Celui qui [musique] possède un pourquoi dans sa vie peut supporter n'importe quel comment. Frankel n'a pas écrit cela depuis une bibliothèque confortable. Il l'a découvert dans les camps de la mort nazi. Il a vu des hommes forts physiquement mourir très vite et d'autres brisés, maigres et affamés [musique] mais tenir envers et contre tout. Pourquoi ? Parce que certains avaient encore une mission. Il raconte qu'il discutait avec des prisonniers qui tenaient le coup et chacun lui disait : "Tu sais, je dois survivre pour ma fille malade qui m'attend. Je dois finir le livre que j'ai commencé. Je dois accomplir quelque chose qui m'a été confié." Le sentiment d'avoir été choisi, ça donne [musique] une force incroyable. Quand un homme sait que sa vie n'est pas un accident, mais une mission confiée par Dieu, il devient indestructible. Avec cette idée en tête, entrons maintenant dans notre parachat. Les diplay sont [musique] une démonstration de puissance écrasante. Elles détruisent l'Égypte sur tous les plans, économiquement, [musique] le corps, la sécurité, la vie elle-même. Et soudain, au milieu de [musique] ce déluge de catastrophe arrive une plée étrange, presque ridicule, [musique] les grenouilles. Elles ne tuent personne. Elles ne détruisent [musique] rien, elles font du bruit, elles dérangent, elles envahissent. Franchement, comment cela pouvait briser Pharaon ? D'autant plus que les Égyptiens mangeaient des grenouilles, [musique] ils n'était pas dégoûté. Alors, pourquoi cette plée ? Et surtout, pourquoi est-ce qui ne disparaît pas complètement ? La Torah insiste, les grenouilles resteront dans le Nil comme une sorte d'écho permanent. Pharaon n'est pas un athé militant, il est juste indifférent. Et la grenouille est l'animal parfait pour renforcer l'indifférence de pharaon. Elle ne sert à rien, elle ne donne rien, elle ne menace rien. On dirait presque une erreur [musique] de fabrication. Pharaon que dit-il ? Peut-être qu'un jour un créateur a lancé le monde, mais aujourd'hui, [musique] il ne s'en occupe plus. Chacun vit sa petite vie. Et la grenouille représente exactement cette vision du [musique] monde, un univers sans intention, sans sens, sans direction. Et soudain, cette grenouille-là [musique] sort d'une île et obéit parfaitement à la parole de Dieu. Elle entre dans les maisons, dans les lits, dans les casseroles [musique] et même dans les fours br sans poser de questions, sans négocier, sans chercher [musique] une mission plus confortable. La créature la plus inutile devient le soldat [musique] le plus discipliné de Dieu. Et là, quelque chose se brise chez Pharaon. Mais alors pourquoi les grenouilles [musique] restent-elles dans le Nil ? Rachi explique que les plaies suivent une stratégie de guerre. Après avoir coupé [musique] l'eau avec la plée du sang, on fait peur, on fait du bruit, on crée une angoisse qui reste. Même après la plée, chaque regard vers le Nil rappellera que le monde n'est pas abandonné. Quelqu'un [musique] dirige tout comme un fouet accroché au mur d'une classe. On ne frappe pas mais on [musique] n'oublie jamais qu'il est là. La Gara raconte quelque chose de bouleversant. Hanania, Michel et Azaria doivent décider. Se prosterner devant l'idole ou être jeté vivant dans la fournaise. Ils apprennent leur courage des grenouilles. Les grenouilles n'avaient pas reçu d'ordre précis. Dieu avait dit "Allez partout en Égypte." Chacune aurait pu se dire partout mais pas dans les fours, je vais aller ailleurs. Mais non, elles ont choisi [musique] l'endroit le plus dangereux, celui où la sanctification du nom de Dieu serait la plus visible. Elles n'étaient pas obligées de le faire, mais elles l'ont fait quand même. Et cette idée traverse les générations. Pendant cette longue période de guerre, des hommes auraient pu se protéger, se cacher, éviter le danger, mais certains ont choisi autre chose. J'aimerais vous raconter l'histoire de Matthana Bergel. Lors du massacre [musique] de Simratora le 7 octobre, son unité est envoyée en urgence. Des terroristes lancent des grenades. [musique] L'une d'elles tombe dans le véhicule de Matan. Matan tente de la rejeter mais elle se bloque. Alors il comprend en une fraction [musique] de seconde et il se couche dessus et murmure avant de lancer son dernier souffle. J'ai fait tout ce que je pouvais [musique] pour protéger le peuple d'Israël. Des mois plus tard, on découvre quelque [musique] chose de bouleversant. À l'école militaire, un instructeur racontait souvent l'histoire de Roy Klein, ce soldat qui s'était jeté sur une grenade en criant "Shma Israël". Matan l'avait écouté et il avait absorbé ce courage. Quand le moment était venu, il n'a pas réfléchi. Il a simplement répondu à l'appel. Car la grenouille n'est pas insignifiante. Elle porte en elle une mission terriblement grande qui fait justement vaciller Pharaon. Maintenant, je voudrais vous raconter une histoire douce, [musique] presque discrète, mais absolument bouleversante. Un shalia Khabad, le rave Mendy Benelbaz, vivant près de Paris chaque année à Hanuka comme beaucoup de schlouchim, va de maison en maison pour proposer d'allumer la Hanukia. Il y a dans sa ville un homme âgé, amer, fermé, en colère contre la vie et chaque année, il refuse. Mais le rave continue persévérant encore et encore. Un soir, il frappe à la porte du vieil homme avec [musique] un ami et à leur surprise, la porte s'ouvre. L'homme les accueille chaleureusement et ils allument la Hanukia ensemble. Avant de [musique] partir, le rave ose demander "Mais qu'est-ce qui a changé cette année ?" L'homme répond les yeux humides. "Tu sais, il y a quelques jours, j'étais perdu. J'ai demandé [musique] à Dieu un signe que je compte encore pour lui. À ce moment-là, une rafale devant a fait voler une [musique] kipa blanche du Betrabad devant moi. Et alors, j'ai compris. Le rave et son [musique] ami se regardent stupéfait car quelques jours plus tôt, un fidèle du Betrabad [musique] était entré à la synagogue avec une kipa étrange. On lui avait demandé "Mais où est ta kipa blanche habituelle ?" [musique] Et il avait répondu "Le vent l'a emporté dans la rue. J'ai mis ce que j'ai trouvé." Et oui, Dieu avait répondu à une âme en passant par la tête d'une autre. Conclusion : "Tu n'es pas une grenouille inutile." Pharaon pensait que le monde était froid, indifférent, mécanique. La grenouille [musique] lui a prouvé que chaque détail est porteur de sens. Et la Torah nous dit : "Si une grenouille a une mission, alors toi a plus forte raison." Le danger, les amis, n'est pas l'orgueil. Le danger, c'est de se croire insignifiant. Comme le dit le Balhemtov, une humilité excessive éloigne [musique] du service de Dieu. Le Rambam tranche. Un seul acte peut faire basculer le monde entier. Alors n'oublie [musique] jamais, tu n'es pas un détail de l'histoire. Tu es une mission vivante. Tous les matins, nous récitons le fameux Modéani. Nous remercions à Kadou de nous avoir rendu notre âme [musique] et nous concluons en disant raba et grande est ta foi. Le sens simple, c'est de dire que grande est la foi que Dieu [musique] a inculqué dans nos cœurs et dans nos âmes. Le sens profond, c'est de dire autre chose. grande [musique] et foi en moi.



