
HIZOOK#66 - Sauver ses ennemis (CHEMOT 13)
Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Il arrive parfois dans la vie que l'on tende la main avec une sincérité totale, sans arrière-pensée, simplement parce que c'est la chose juste [musique] à faire et que des années plus tard, on se rende compte que cette même main tendue a permis à quelqu'un de nous faire tomber. Avec le recul, une question douloureuse surgit alors presque malgré nous. Si j'avais su, est-ce que j'aurais agi de la même manière ? Cette question n'est pas seulement psychologique, elle est profondément thoraïque. Elle traverse toute la parachat de Schemmot. Je voudrais commencer par une histoire. Une histoire qui dérange un peu mais qui dit beaucoup de vérités sur l'être humain. La synagogue est pleine à craquer. C'est le soir de Colnidré de Yom Kipour. Les portes sont fermées, les cœurs sont ouverts, tout le monde est prêt à entrer dans le jour le plus sain de l'année. Un homme [musique] s'approche du rave. Il n'est pas arrogant, il est sincère et il lui dit [musique] "Rave, j'ai eu une bonne année. Je n'ai pas particulièrement fauté. Je ne me [musique] sens pas coupable. Je ne vois pas sur quoi je dois faire teschouva. Qu'est-ce que je dois confesser ? Le rave le regarde longuement et lui dit : "Écoute, dans l'immeuble à côté, il y a un voyou. Il fait vivre un enfer à sa famille et à la synagogue. [musique] Va, donne-lui des coups puis reviens. Et quand tu regretteras d'avoir frappé un juif, tu diras le vidouille avec un cœur brisé. Tu te confesseras." [musique] L'homme hésite mais il y va. Il trouve le voyou allongé tranquillement dans la cour. Il le frappe, il le frappe fort [musique] et il s'en va. En marchant, son cœur se serre, il se sent mal, il pleure immédiatement. Comment ai-je pu frapper un juif ? Et donc son sentiment de culpabilité se réveille. Soudain, une voix crie derrière lui. C'est la femme du voyou. Merci. Merci monsieur, infiniment. Tu n'imagines pas la mzva que tu viens de faire. Cette histoire nous prépare à comprendre quelque chose de très profond. Le bien et le mal ne sont jamais aussi simples qu'on le croit. La paracha de Chemot nous raconte l'apparition de Moscher Rabenou. Il grandit [musique] dans le palais de Pharaon. Il a tout, le confort, le pouvoir, la sécurité. Et pourtant, un jour il décide [musique] de sortir. La Torah dit : "Il sortit voir la souffrance de ses frères." Il ne regarde pas de loin, il ressent [musique] la souffrance de ses frères. Et là, il voit une scène insoutenable. Un Égyptien frappe un juif. Mais les sages révèlent ce que la Torah ne dit pas explicitement. Cet Égyptien n'était pas juste un soldat, c'était un contre maître sadic. Il réveillait les Juifs à l'aube [musique] et un matin, le Juif sort de chez lui et l'Égyptien entre et il violente sa femme. Schlomid [musique] Baddivri. Quand il comprend que le mari a découvert la vérité, il commence à le battre pour le briser, pour le faire terre. Mosché voit cela. Il voit un juif humilié, un juif écrasé, un juif bafoué dans son corps et dans son âme. Alors, il agit, il tue l'Égyptien et il l'enterre dans le sable. Quelques jours plus tard, Mosché sort à nouveau voir son peuple et encore une bagarre, mais cette fois, ce sont deux juifs. Et Moché ne supporte pas cela. Il s'interpose et dit : "Racha, pourquoi frappes-tu ton prochain ?" Et là, la réponse tombe comme un coup de poignard. Tu veux me tuer comme tu as tué l'Égyptien, Mosché ? Non seulement il n'écoute pas, mais il va dénoncer Moché à Pharaon. Mosché devient un fugitif. Il doit fuir l'Égypte. Il disparaît pendant des décennies et Israël continue à souffrir sans lui. Rachi révèle les deux hommes hébreux, c'étaient Datiram. Oui, les pires ennemis de Mosché. ceux qui vont le provoquer, le défier, le contredire, le discréditer, tenter de le détruire pendant toute sa vie. Et pourtant, Moosé leur a sauvé la vie. Le mot anashim des hommes apparaît cinq fois pour les désigner dans [musique] la Torah. Ici, d'ailleurs dans notre passage, quand Mosché les sépare, les hommes vont le dénoncer. Plus tard, Dieu dit "Car les hommes qui cherchaient ta mort sont [musique] morts." Car le fait qu'ils aient perdu leur richesse, ils sont considérés comme morts. On parle également de Hanashim. Troisièmement, avec la mane, les Hashim, les hommes en laissèrent jusqu'au matin, chose qui était interdite. Quatrièmement, après les explorateurs, les hommes dirent : "Retournons en Égypte encore une fois d'Atan et Aviram et enfin avec Corar. Lorsque Dieu dit : "Éloignez-vous des tentes de ces hommes [musique] mauvais. La terre s'ouvre et ils disparaissent enfin. Mais pourquoi ont-ils eu cette opposition tout au long de leur vie ? Le maral de Prague explique qu'ils étaient le contrepoids de Mosché et de Aaron. Car face à une sainteté exceptionnelle, il y a une opposition exceptionnelle. Ce n'était pas juste de la méchanceté, c'était une lutte existentielle et [musique] d'un équilibre parfait. Mais là, une question qui dérange. Avec le recul, n'as-on pas envie de dire "Moché, tu as été naïf ? Tu aurais dû les laisser ? Tu vois bien que tu as aidé et à la fin, tu t'es fait avoir." Et cette question est éternelle que l'on peut parfois tous subir dans notre vie. On [musique] tend la main aux autres, on les aide à la fin ça nous retourne en plein vers le visage. La fin de la parachat révèle une autre facette. Après la [musique] première mission de Moscher Rabenou, la situation empire. Pharaon durcit le travail [musique] et des contemtres juifs sont invités et ordonnés à frapper leurs frères. Ils sont incapables de le faire. Ils risquent leur vie et entrent dans le palais de Pharaon pour se plaindre. Le midrache révèle que ces hommes, ses contreemettres n'étaient autres que Datan et Aviram, les mêmes hommes. Le Rabi conclut : "Dathan et Aviram ont agi pour le bien d'Israël. Ils ont fait preuve de Messirut Nefesch. Et maintenant un midrache absolument bouleversant. Lorsque les bénés Israël sortent d'Égypte, le midrache explique que Datan et Aviram ne sortent pas. Il restent avec Pharaon. Il pensent que l'Égypte est la vraie terre promise. Mais plus tard, il se retrouve face à la mer rouge. Pharaon et son armée se noi et là le midrache révèle quelque chose d'incroyable. La mer s'est ouverte une seconde fois uniquement pour Datan et Aviram. Pourquoi ? Parce que Dieu n'a pas oublié. Il n'a pas oublié leur sacrifice pour Israël en Égypte. Même eux. Même eux. Alors, qui était-il vraiment ? La réponse est profonde. Il n'existe pas de juifs totalement mauvais. Il existe des blessures, [musique] des jalousies, des obsessions, des chutes. Mais au fond, il y a toujours une âme divine. Voici une histoire vraie. Un journaliste israélien qui avait écrit un article désobligeant contre un politicien passe devant le rabi et reçoit le fameux l'écart, le gâteau au miel avant Rochana. Le rabi savez, [musique] on ne doit pas écrire comme cela sur un autre juif. Pourquoi ? Et bien parce que même les fauteurs d'Israël sont pleins de mitzvot comme une grenade. La faute, elle est là, mais elle est extérieure. Elle ne définit jamais l'essence. Voir un juif comme le rabil voyait, c'est voir au-delà des fautes. C'est croire en l'âme. C'est croire que comme nous, il veut le bien. C'est de le sauver même s'il nous fait parfois du mal. Comme il est écrit, certains de nos sages expliquent et tu aimeras les celui-même qui te fait du rat, du mal. Alors voilà le regard que nous devons avoir. Un regard qui ne nie pas la réalité des fautes, mais qui refuse de réduire un être humain à ses chutes. Un regard qui voit l'âme avant l'erreur, la profondeur avant la façade. Et lorsque nous apprenons à regarder ainsi, alors parfois la mer peut [musique] encore s'ouvrir.



