
HIZOOK#64 - L'argent fait le bonheur (VAYIGASH 11)
Paracha Moussar
Retrouvez nous sur notre site www.israeltorah.com Merci de vous abonner à nos vidéos sur YouTube et de partager un Max ! IMPORTANT Soyez un des partenaires de la diffusion de la Torah dans le monde et associez-vous à nos Mitsvot ! Vous pouvez donner votre Maasser... Et sachez que nous réussirons toujours avec l’aide énorme d’Hachem grâce à vous ! Lien pour Donner http://www.israeltorah.com/dons-et-bilan/
Transcription
Kind: captions Language: fr La fin de la parachat de Vaigach nous décrit quelque chose d'assez étonnant. La politique économique de Joseph Atsadik, vice-roi d'Égypte. Joseph est le seul homme au monde à avoir anticipé les 7 années de famine. Pendant les années d'abondance, il remplit les greniers de toute l'Égypte. Quand la famine éclate, non seulement l'Égypte, mais le monde entier dépend de Joseph pour survivre. Et là, la Torah nous décrit un processus très radical. Joseph ne distribue pas le blé gratuitement. Il commence par demander de l'argent. Quand l'argent est épuisé, il demande le bétail, chevaux, mouton, vache. Quand il n'y a plus rien, il demande les terres. Et la Torah conclut : "Toute la terre devint propriété de Pharaon." Autrement dit, Joseph a nationalisé absolument tout. argent privé, biens privés, terre privée, tout passe dans les caisses de l'État. Et là, deux énormes questions surgissent. Premièrement, pourquoi la Torah nous raconte-t-elle toute cette histoire économique ? La Torah est [musique] extrêmement concise. Elle abrège même parfois dans les lois divines. Alors, pourquoi entrer dans autant de détails sur la politique économique de l'Égypte ? Deuxième question encore plus dérangeante. Est-ce que Joseph a donc mis en place une sorte de communisme, une économie où tout appartient à l'État, où le citoyen perd toute propriété privée ? On dirait presque un manuel avant l'heure pour Carl Marx. Mais ça pose un énorme problème. La Torah n'est pas communiste. D'ailleurs, la Torah n'est ni communiste et ni l'inverse, [musique] ni capitaliste. Depuis toujours, l'humanité a ce débat. Faut-il un état riche ou bien des citoyens riches ? Faut-il nationaliser ou privatiser ? Socialisme ou bien capitalisme [musique] ? D'ailleurs, le socialisme et le communisme sont quelque peu différents. Le socialisme veut que l'État détienne la richesse pour assurer l'égalité de ses concitoyens. Santé publique, aide sociale, éducation, mais somme toutes, c'est l'État qui détient [musique] la richesse. Le communisme, en version extrême quant à lui, va encore plus loin. Tout appartient à l'État jusqu'à l'appartement privé. Mais ces systèmes ont un défaut majeur. Ils ne permettent pas la motivation. En URSS, celui qui travaillait dur gagnait exactement pareil que celui qui ne faisait rien. Résultat, personne ne se dépassait. À l'inverse, le capitalisme dit "Laisser le marché libre, l'offre et la demande feront le travail." Mais lui aussi dérape [musique] vite. Il écrase les plus faibles et concentre la richesse entre les mains de quelques-uns. La Torah, quant à elle rejette les deux extrêmes. Elle défend la propriété privée, l'initiative individuelle, la motivation, mais avec des freins moraux puissants. La charité, la schmita, le yovel, la responsabilité sociale. Alors que fait vraiment Joseph ? La Torah révèle un détail fondamental. Après avoir nationalisé les terres et les avoir toutes donné à Pharaon, Joseph dit au peuple : "Voici des semences, allez travailler la terre et vous donnerez de vos récoltes 1/5 à Pharaon. 4/5 resteront pour vous." Le Ramban soulligne quelque chose d'extraordinaire. Normalement, le propriétaire de la terre prend 80 % et le fermier 20 %. Mais Joseph fait l'inverse. Les Égyptiens gardent 80 % des bénéfices alors que Pharaon qui possède les terres ne prend que 20 % d'impôts. Même aujourd'hui dans les pays les plus capitalistes, [musique] on ne paye pas aussi peu d'impôts. Pourquoi ? Et bien parce que Joseph comprend une chose essentielle. Un homme ne travaille bien que pour lui-même. S'ils doivent tout donner à Pharaon, ils ne vont pas bien travailler la terre. A priori, nous voyons donc Yof s'occupe du peuple quelque peu socialiste. Même si finalement les terres appartiennent à Pharaon, il fait travailler le peuple pour qu'il puisse s'investir dans les terres et qu'il puisse ressentir qu'elles sont quand même à eux. Bah alors, question : a-t-il nationalisé les terres dès le départ en les donnant totalement à pharaon ? La réponse est donnée par le Temarzek, 3e rabid Lubavic qui explique quelque chose de bouleversant. Joseph se demanda chaque jour, "Comment ai-je mérité telle position ? Pourquoi Hashem m'a donné le contrôle de l'économie mondiale ?" Et il comprit qu'il était en mission. L'Égypte était appelé dans la Torah la nudité de la terre, un symbole de corruption morale profonde. Joseph comprend que l'argent égyptien alimente le mal. [musique] Alors, sa mission c'est de déplacer l'axe de l'argent, changer sa destination spirituelle et l'histoire lui donnera raison. Car des décennies plus tard, quand les bnés Israël quittent l'Égypte, ils repartent avec des tonnes d'or et d'argent. Le marcha explique, cet argent provenait des réserves accumulées par Joseph. Et cet argent servira à quoi ? À construire le michkan, la demeure de Dieu. Le cercle est bouclé. L'argent de la corruption devient enfin un outil de sainteté. Voici le message fondamental pour nous. Premièrement, la richesse est une mission divine. Deuxièmement, le monde matériel n'est pas l'ennemi de la sainteté. Et enfin, troisièmement, il attend des guides qui lui donnent un sens. Un juif n'a pas honte de réussir, de gagner de l'argent ou de grandir. Mais l'argent n'est pas une fin, c'est un outil de transformation du monde. Le rab racontait qu'un jour, il vit un panneau dans un camp, un ganisel d'enfant où il était écrit "L'argent est la source de tous les mots. Laissez-le ici dans la boîte de Tedaka." Le rabi répondit immédiatement : "L'argent n'est pas le mal. Tout dépense ce que l'on en fait." Lagmara dit une phrase choquante. Les justes aiment leur argent plus que leur propre corps. Prenons l'exemple de Yaakov qui retourne seul la nuit récupérer de petits pots. Yved qui met Mocher dans une boîte simple pour ne pas gaspiller. Pourquoi ? Parce que pour les tsadikim, l'argent n'est pas un plaisir, c'est une responsabilité. Ils savent que chaque pièce peut changer le monde. Une histoire vraie pour conclure. Un directeur de banque juif, Gary Torot voit un vieil homme perdre sa maison pour cette mensualité impayée. Il sort son chéquier, paye la dette de sa poche sans rien attendre en retour. Après la mort du vieil homme, Gary, [musique] le banquier découvre qu'il lui a légué 850000 dollars à distribuer à la charité. L'avocat du vieil homme catholique lui dit "Maintenant, je comprends pourquoi Dieu vous a choisi et que vous avez une facilité avec l'économie et avec l'argent. Quand l'argent est dirigé vers le bien, le monde devient meilleur, la matière devient divine." Et c'est exactement la mission de Yoseph et la nôtre. [musique]



