
HIZOOK#52 - Peut-on jouer à D.ieu ? (NOAH 2)
Paracha Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Aujourd'hui, j'aimerais qu'on plonge ensemble dans l'un des récits les plus fascinants de toute la Torah. Un passage que nous connaissons tous depuis l'enfance, mais qui, à y regarder de plus près cache une profondeur bouleversante. Le mystère de la tour de Pavel. Le déluge est terminé. Le monde s'est relevé et un nouveau chapitre de l'humanité commence. Les trois fils de Noir, Shemham et Yfet, fondent des familles, se multiplient et très vite la terre se peuple à nouveau. Mais un problème se profile à l'horizon. Plus les hommes se multiplient, plus ils craignent de se disperser, de former des nations, de tomber à nouveau dans les rivalités, les guerres et les jalousies qui avaient conduites au déluge. Alors, ils imaginent un projet grandiose, créer une seule civilisation unifiée, un monde sans frontière, sans nation, sans division. Ils veulent construire une ville immense et au cœur de cette ville une tour gigantesque qui deviendra le symbole de leur unité. une tour qui touche le ciel. Et ils disent : "Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet atteindra les cieux et faisons-nous un nom de peur d'être dispersé sur toute la terre." Le Cliar, un grand commentateur explique "Il craignait que si la population se dispersait sur la terre, des guerres éclatent pays et royaumes." Alors, ils décidèrent de rester ensemble dans une grande ville où tous parleraient la même langue et partageraient la même idéologie. En d'autres termes, c'était une utopie, un rêve d'unité, de paix, de coopération, un monde globalisé, sans conflit, sans division. Avoué sur le papier, c'est magnifique. Alors, pourquoi ce projet finit-il par la colère de Dieu et une punition dramatique, la confusion des langues et la dispersion de l'humanité ? La Torah raconte que Dieu descend pour observer la tour et déclare : "Voici qu'ils sont un seul peuple et qu'ils sont tous une seule langue. Et maintenant, rien ne les empêchera de réaliser tout ce qu'ils imaginent. Descendons et confondons leur langage afin qu'ils ne se comprennent plus." Et en un instant, tout s'effondre. Les ouvriers ne se comprennent plus. L'un demande une pierre et l'autre lui donne un marteau. L'un crie pour de l'eau et l'autre lui apporte du feu. Les disputes éclatent, la construction s'arrête et la violence reprend. Et l'humanité se disperse à nouveau sur toute la surface de la terre. C'est à ce moment-là que naissent les 70 nations, les 70 langues que la tradition juive reconnaît comme les racines de tous les peuples du monde. Mais alors, où est le problème ? Pourquoi Dieu s'oppose-t-il à un projet d'unité, d'harmonie et de coopération ? Ne rêvons-nous pas, nous aussi de cette époque messianique où toute l'humanité parlera une langue pure comme le dit le prophète Téfania, alors je donnerai au peuple une langue claire pour qu'ils invoquent tous le nom de Dieu d'un même cœur. Mais alors qu'est-ce qu'il n'allait pas dans la tour de Bavel ? La réponse est fascinante. Derrière leur discours d'unité et de progrès se cachait une révolte spirituelle. Ils ne cherchaient pas seulement à s'unir entre eux, ils voulaient se libérer de Dieu. Le Talmud de Sanrine 109A raconte un détail étonnant. Ils ont dit : "Bâtissons-nous une tour, montons jusqu'au ciel et frappons le ciel de nos haches afin de faire couler ces eaux." Il y avait trois groupes. L'un disait "Montons et habitons là-haut." L'autre disait : "Montons et adorons d'autres dieux." Et enfin, le troisième disait "Montons et faisons la guerre à Dieu." Trois formes de révolte, trois façons de dire "Nous n'avons plus besoin de lui." Mais pourquoi cette rébellion ? Ces hommes étaient pourtant les enfants des survivants du déluge. Ils avaient grandi dans l'ombre du cataclysme. Ils savaient ce que c'était de voir la colère divine. Et justement, c'est cela. Il vivait dans la peur. Il voulait empêcher qu'un nouveau déluge ne se reproduise sur terre. Alors, ils se sont dit, "Si on arrive à contrôler le ciel, si on comprend comment fonctionne la nature, plus jamais Dieu ne pourra nous punir." Leur projet n'était donc pas seulement qu'un architectural, mais scientifique. Ils voulaient percer les secrets de la nature, comprendre les lois du monde pour devenir finalement maître du climat, de la vie et de la mort. Autrement dit, remplacer Dieu. Et ça commence par un petit détail. Ils invent la brique cuite et le mortier, les premiers matériaux artificiels de l'histoire. Il découvre comment transformer la terre en pierre. C'est en quelque sorte la première invention scientifique de l'humanité. Mais au lieu de voir cela comme un don du ciel, ils y voient une preuve qu'ils n'ont plus besoin du ciel. Leur logique était simple. Si Dieu contrôle les pluies, et bien nous apprendrons à contrôler les nuages. S'il décide de la fertilité, nous créerons des laboratoires de fécondation. S'il frappe par la maladie, nous inventerons des remèdes. Et effectivement, c'est l'esprit même de la science moderne. Regardez, il y a 20 ans, un article titré "Bill Gates veut jouer à Dieu." Il investit dans une entreprise qui cherche à neutraliser les ouragans en refroidissant la température des océans. C'est fascinant, n'est-ce pas ? Mais voilà, les constructeurs de Bavel ont fait une erreur colossale. Deux erreurs en vérité. D'abord, ils ont confondu la nature avec Dieu. Ils ont cru que comprendre les lois de la nature, c'était remplacer le créateur. Mais non, le monde naturel n'est qu'un instrument entre les mains de Dieu. Celui qui étudie la nature n'explore pas le domaine de l'homme contre Dieu. Il découvre le langage de Dieu lui-même. Ça c'est la première erreur. Et leur deuxième erreur, ils ont mal compris le rôle de la science. La science n'est pas l'ennemi de Dieu, elle est son allié le plus noble. Le scientifique quand il explore, quand il découvre, quand il crée, ne fait que compléter l'œuvre du créateur. Souvenons-nous du tout premier commandement donné à Adam. Croissez, multipliez et remplissez la terre et soumettez-la. Cela veut dire participer à la création. Dieu a commencé et il nous confie le soin de continuer. Et c'est exactement ce que fait la science. Elle ne défie pas à Dieu, elle révèle sa sagesse. Le Midrache raconte une histoire magnifique dans Tanuma Tazria 5. Un gouverneur romain Tournus Rufus demande à Rabiaakiva : "Si votre Dieu aime tellement ces créatures, pourquoi faites-vous la circoncision ? Cela veut dire que l'œuvre de Dieu n'est peut-être pas parfaite. Rabiakiva lui répond en lui montrant deux choses. D'un côté, des épis de blé cru et de l'autre des gâteaux préparés par l'homme. Et il lui dit : "Voilà, les épis œuvres de l'homme. Lesquels préfères-tu ?" Rabiakiva voulait dire que nous améliorions son monde et non pas que nous le subissions. C'est cela la vision juive. Dieu veut que l'homme développe la science, la médecine, la technologie, mais au service de la vie et de la spiritualité, pas pour effacer le créateur. Le Rabi de Lubavic illustrait cela à merveille à travers une histoire vraie avec le professeur Velv Green, chercheur à la NASA. Le rab s'intéressait de près à ses travaux sur les bactéries dans l'espace et un jour, il lui demanda de lui envoyer ses rapports. Velvelgren, un peu embarrassé se dit : "Mais enfin, le Rabi est tellement occupé, il n'a pas besoin de mes documents scientifiques." Alors, il ne lui envoya rien. Un an plus tard, il revient à New York pris au 770 et le Raby, en le voyant, lui dit : "Tu m'avais promis quelque chose." Velv Green tente de se justifier. Rabby, ce sont des choses sans importance. Le Rabby a sûrement mieux à faire. Et le Rabby lui répond calmement : "Ne t'inquiète pas pour moi. Envoie-moi ce que je t'ai demandé, s'il te plaît." Alors, il s'exécute. Il rassemble plusieurs kilos de rapport scientifique et les envoi au rabbi. Un an plus tard, de retour à Brooklyn, le Raby lui dit : "J'ai lu tes rapports." Et il y a une contradiction. Dans le premier, tu écris que certaines bactéries peuvent survivre sur Mars, mais dans le second, tu dis le contraire. Que s'est-il passé ? Le professeur Green en reste boucheb. Comment le Rabi avait-il pu lire tout cela ? Et surtout, comment s'en souvenait-il ? Il vérifie et effectivement, il découvre une erreur dans ses propres conclusions. Quand il revient expliquer la faute, le raby lui dit avec un sourire : "Merci d'avoir éclairci cela. J'étais inquiet car je n'aime pas les contradictions ni dans la science ni dans la Torah. Quelle phrase ! Le rabi voyait la science comme une autre manière d'exprimer la sagesse divine et une contradiction dans la science et pour lui une contradiction dans la cohérence du divin lui-même. La Torah et la science ne s'opposent pas. Elle parle de la même réalité mais sous deux angles différents. La science demande comment et la Torah demande pourquoi. Et ensemble, elle raconte le mystère de la création. Le Rabi va même plus loin dans l'une de ses lettres dans notre parachat. Il dit que la science renforce la foi. Chaque découverte scientifique, dit-il, révèle un peu plus l'unité du monde et donc l'unité du créateur. Autrefois, les gens croyaient qu'il existait des centaines d'éléments indépendants. Aujourd'hui, on sait que tout l'univers est fait de quelques particules, d'une même énergie. Tout est un. Et cela c'est la signature d'un dieu unique. Même la technologie moderne ajoute le Rabbi peut nous aider à croire. Regarder la télévision ou aujourd'hui internet, voir une image instantanément à l'autre bout du monde et entendre une voix d'un continent à l'autre. N'est-ce pas une illustration parfaite de ce que disent nos sages ? Un œil voit tout, une oreille entend tout. Enfin, le Rabichab dans l'un de ses discours fait une remarque splendide sur les noms divins. Dans l'histoire du déluge, Dieu est toujours appelé Elloim, le nom associé à la nature, à la rigueur et aux lois. Mais dans le récit de la tour de Bavel, c'est le nom de Hashem Yud Kevfke qui apparît, celui qui exprime la transcendance, le miracle, l'au-delà des lois. Pourquoi ? Parce que les bâtisseurs de Babel croyaient que Dieu s'était retiré du monde, qu'il avait laissé la nature fonctionner seul. Dieu leur répond "Non, même ce que vous appelez nature n'est qu'un voile sur ma présence." Le nom Yud Kevfke Hashem rappelle que Dieu agit à travers la nature mais ne s'y limite jamais. Et pour terminer, une histoire splendide. Il y avait à Vilna il y a plus de deux siècles, un chef de communauté respectée, Reb Mordai. C'était un homme érudit mais farouchement opposé au hassidim. Pourtant, il avait entendu parler du Magi de Merich, le grand disciple du Bal Chemov et sa curiosité était trop forte. Alors un jour, il prit son courage et entra chez le Magid. Avant même qu'il n'ouvre la bouche, le magide lui dit : "Sache qu'aucun médecin ne guérit seul. Chaque médecin est accompagné d'un ange. Et plus le médecin est grand, plus l'ange qui l'assiste est puissant. Et le plus grand des médecins est accompagné par l'ange Michaël lui-même." Rebe sort de là intrigué. Il ne comprend pas pourquoi le raby lui parle de médecine. Il n'est pas médecin. Mais quelques mois plus tard, il tombe gravement malade. Les médecins de Vilna sont impuissants. Sa famille désespère. Jusqu'au jour où le roi de Prus passe en ville accompagné de son célèbre médecin, le docteur Gardia. Un juif assimilé mais réputé génie de la médecine. On le supplie de venir. Il examine Rebek, secoue la tête et dit "Je ne peux rien faire, il est perdu." Mais soudain, le visage du malade se colore. Il respire et revient à la vie. Le médecin bouleversé ordonne un traitement, mais il comprend bien que ce n'est pas lui qui a sauvé cet homme. Quand Reb Mordy apprend qui est ce médecin, il se met à pleurer et il raconte la prophétie du Magid. Le docteur Gardia, bouleversé, part à Mertic pour rencontrer le maître. Le magide, cloué dans son fauteuil à cause d'une jambe malade, lui dit en souriant : "Toi, tu as guéri mon corps, mais moi, je vais guérir ton âme." Et le docteur Gardia devint un balchouvain, un médecin sain et humble qu'on surnomma plus tard le rabi médecin. Et c'est peut-être cela le vrai message de la tour de Bavel. Le monde n'a pas besoin de choisir entre Dieu et la science. Dieu nous a donné la science pour que nous devenions ses partenaires. Mais le danger, c'est d'oublier qui nous a donné cette sagesse. Quand la science s'en orgueil, elle construit des tours. Quand la science s'incline devant le créateur, elle construit des ponts. Et le jour viendra, c'est la promesse des prophètes, où toute l'humanité parlera enfin une seule langue, non pas de révolte, mais de foi et d'unité. Celle qui dit "To invoqueront le nom de l'Éternel pour le servir d'un même cœur." [Musique]



