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HIZOOK#43 - La résilience Juive

HIZOOK#43 - La résilience Juive

Rav Shimshone Attali ·

Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Il y a des douleurs qu'on ne peut pas mesurer, des blessures qu'on ne voit pas à l'œil nu, mais qui laissent des traces profondes. Les deuils, les injustices, les pertes, les ruptures, les vraies épreuves de la vie, celles qu'on traverse souvent en silence. Et pourtant, dans la tradition juive, on ne s'arrête jamais à l'effondrement. Nous avons bâti un peuple sur les cendres. Nous avons bâti des foyers dans les exils. Nous avons bâti des vies dans les ruines. C'est ce que les psychologues appellent aujourd'hui la résilience. Cette capacité non seulement à survivre au choc, mais à s'en reconstruire intérieurement avec une force nouvelle, parfois insoupçonnée. Dans ce cours, nous allons explorer neuf clés de la résilience à la lumière de la psychologie et de la Torah. Première clé, comprendre la résilience et croire que c'est quelque chose de possible. La résilience commence toujours par une prise de conscience très simple. Ce que je vis est terrible, mais je ne suis pas fini. C'est l'opposé du fatalisme, c'est refuser de se définir par son épreuve. Beaucoup de patients disent à leurs thérapeutes : "Je suis brisé, je suis détruit." Mais un psychologue voit autrement. Il voit un être blessé et non pas brisé, un être en chute mais pas condamné. Le mot résilience vient du latin résilir, rebondir. La douleur peut nous frapper mais elle ne nous fige pas. Elle peut nous faire tomber mais pas nous enterrer. Le Rambam écrit dans Ilouva 74 que même un homme qui a fauté toute sa vie peut se transformer en un instant. Ce n'est pas une utopie, c'est une alaha. Et le tikunoar 21 de dire il n'est rien qui ne puisse se tenir devant la tchouva. La résilience est donc inscrite dans nos gênes, dans l'âme juive. Et si le macrocosmos, le peuple juif peut y arriver, le microcosmos le peut tout autant. Nous, chacun d'entre nous, le Rabi de Lubavic disait à un homme effondré par une erreur : "Tu n'es pas cassé, tu es vivant et tant que tu respires, tu es en chemin." Cléro 2, prendre conscience de son vécu et dire la vérité du cœur. Pour guérir, il faut regarder sa douleur en face sans se fuir. Comme dit Lagmara, prendre conscience de sa maladie, c'est la moitié de la guérison. Cela demande du courage parce qu'en général on préfère la fuite. Je vais bien, ce n'est pas si grave, je n'ai pas le temps de penser à ça. Mais la résilience commence là quand on ose nommer la douleur. J'ai été blessé, j'ai été trahi, j'ai eu peur. Et paradoxalement, c'est à ce moment que commence la lumière parce que la vérité qui sort du cœur libère. La gmara de Brachot 5A nous dit si des souffrances t'atteignent shalom examine tes actions. Entreprends une introspection non pas pour s'autoculpabiliser mais pour devenir lucide pour dire qu'est-ce que je suis en train de vivre ici ? Brave Desler écrit l'homme a peur de souffrir mais il a encore plus peur de se regarder avec vérité et de dire les mots. La Torah ne cherche pas des héros insensibles. Elle cherche des êtres vrais qui osent dire les mots. Clé numéro 3 : donner un sens à l'épreuve et réécrire son histoire. Les gens les plus résilients ne sont pas ceux qui oublient leur douleur, ce sont ceux qui apprennent à l'interpréter autrement. Ils arrêtent de se dire "Pourquoi ça m'arrive à moi ?" Ils commencent plutôt à dire "Qu'est-ce que cette épreuve veut m'apprendre ? Qu'est-ce qu'elle change en moi ?" Ça ne rend pas la douleur belle, mais ça la rend utile. Elle devient un moteur et non plus un fardeau. Joseph Atad, trahi par ses frères, vendus et humiliés, aurait pu haï toute sa vie ses frères. Mais quand il les retrouve, il leur dit Berchit 458, ce n'est pas vous, c'est Dieu qui m'a envoyé ici. Finalement, Joseph transforme sa blessure en mission. Le Tania dans igeret codè chapitre 11 nous dit ce qui vient d'en haut est bien même si ce bien est parfois caché dans l'amertume. Car donner du sens c'est commencer à guérir son âme. Clé numéro 4 : s'entourer de bonnes personnes et se reconstruire avec les autres. On ne guérit jamais seul. Même les plus forts ont besoin d'une présence, d'une main tendue, d'une écoute sans jugement. La résilience, c'est souvent une rencontre qui change le tout. Une parole, un regard, un ami, quelqu'un qui te dit "Je suis là, tu n'es pas seul." Leulanarou Yor 335 nous dit que rendre visite à un malade, c'est enlever un 60 de sa souffrance, non pas par magie mais par présence humaine. Lagmara de Taanit 11a nous dira celui qui souffre ne doit pas se séparer de la communauté et la communauté ne doit pas l'abandonner. Un survivant de la Choa avait dit au Rabbi : "Rabi, je n'ai plus rien." Et le Rabi répondit simplement, "Moi non plus, mais on a l'un l'autre. On peut reconstruire ensemble." 5è clé, accueillir ses émotions et ne plus en avoir honte. Les émotions, ce ne sont pas des faiblesses, ce sont des signaux de vie. La tristesse n'est pas un défaut, c'est un appel aux soins. Les gens résilients ne sont pas ceux qui n'ont plus peur, ni ceux qui ne sont pas chagrinés. Non, ce sont ceux qui accueillent les larmes puis les orientent. Ils acceptent de se dire "Aujourd'hui, je vais mal, mais ce n'est pas honteux, c'est humain, demain j'irai mieux." David Ameller est un exemple. Il pleurent, il tremblent, ils se sentent abandonnés, mais il transforment chaque émotion en prière, en demande, en liaison avec Dieu. Le Zoar Parachat Vaii nous dira "La tristesse est l'écorce de la lumière. Il ne faut pas écraser cette écorce, il faut l'élever." Rabinahman de Brleev disait même dans les ténèbres les plus profondes, il y a un fil de lumière et ce fil parfois commence dans une larme. Donc c'est parfois nécessaire de passer par l'épreuve qui nous permet d'atteindre un niveau que je n'aurais jamais pu atteindre sans l'épreuve. Clé numéro 6 : développer sa confiance en soi. Croire qu'on est capable. Beaucoup de personnes brisées intérieurement perdent de foi en elles-même. Elles ne croient plus qu'elles ont la force, la valeur ou même le droit de guérir. Mais la résilience, c'est le fait de reconstruire une image de soi solide malgré les fissures. C'est de dire "Je suis peut-être abîmé mais je vaux quelque chose. Je mérite la paix, je mérite d'avancer." La confiance ne vient pas d'un miracle. Elle se cultive petit à petit par un geste, une réussite, un petit pas et on commence finalement à croire "Je ne suis pas faible, j'ai traversé l'enfer et je suis encore là." Le Rambam Ilot 21 enseigne que l'homme doit connaître sa valeur, ses forces, mais aussi ses faiblesses, mais surtout il doit croire en ses capacités à se corriger, à s'élever. Le Balchemtov disait que l'âme juive est une étincelle divine et rien ne peut l'atteindre. La résilience, c'est donc de retrouver sa lumière intérieure, même si elle a été couverte de poussière. Une femme avait dit au Rabi, "Rabi, je suis une ratée." Mais le Rabi lui répondit : "C'est impossible, car Dieu ne crée pas de choses ratées. Il crée des âmes qui doivent se révéler." Cléro 7, cultiver une attitude positive sans tomber dans le déni. Une des erreurs fréquentes est de croire que la résilience exige d'être toujours joyeux, un fan pharaon. Mais ce n'est pas cela. La vraie résilience, c'est une joie lucide, une joie malgré la douleur. Non pas une joie qui nie la douleur. C'est l'art de voir une lueur dans la nuit, de remarquer le souffle du vent, un oiseau qui passe, le mot doux d'un enfant, même après une tempête. Et cette attention au petit détails positifs, c'est aussi l'antidote au désespoir. Dans le Deutéronome 2847, Hashem reproche au peuple juif non pas ses fautes, mais de ne pas l'avoir servi avec joie. Laassidout explique la tristesse fige l'âme, la joie la libère. Rabiim de Vologine disait même un homme écrasé doit toujours chercher un point lumineux dans sa vie. un seul et il y en a toujours un. Rabia Kiva, après avoir vu le temple détruit à souri. Ses collègues lui ont dit, "Tu souris ?" Et il a répondu : "Je vois que si les prophéties de destruction se sont réalisées, les prophéties de consolation le seront aussi. Car ruines, il voyait le germe de la reconstruction." Clé numéro 8, pratiquer la gratitude. Remercier même quand c'est peu. La gratitude ce n'est pas nier souffrance, c'est choisir de ne pas tout réduire à elle. C'est de dire "Oui, je souffre mais je peux encore voir, manger, marcher, j'ai encore un ami, des enfants, j'ai encore une âme." Cette posture change tout. Elle redonne de la perspective. Elle élargit l'esprit qui sinon reste enfermé dans la douleur. Le Talmud Brachot 54A dit qu'il faut bénir Dieu même pour les épreuves. Non pas parce qu'on les aime mais parce qu'elles font partie de notre chemin ou plutôt de notre cheminement. R Volbeu écrivait que la reconnaissance libère l'âme de l'aigreur. Et la hasidou enseigne lorsque tu remercies, tu attires davantage de brachotte, de bénédiction. Une femme qui avait tout perdu dans un incendie remerciait Dieu d'avoir au moins gardé ses enfants en vie. Elle disait "Certes, je n'ai plus rien, mais j'ai l'essentiel." Et c'est sur cette phrase qu'elle a pu reconstruire toute sa vie. Clé numéro 9. Enfin, s'ancrer dans la spiritualité, trouver un sens plus grand que soi. La spiritualité donne un sens profond à la douleur. Pas une explication logique ou rationnelle, mais une direction intérieure. Elle rappelle que je suis plus que mes blessures, que je fais partie d'un tout plus vaste, que ma vie n'est pas absurde et même si je ne comprends pas tout, je peux m'ouvrir à plus grand que moi. Cette emouna, cette foi même faible, même confuse devient un pilier, un refuge dans le tumulte, une façon de dire "Je ne suis pas seul, quelqu'un veille sur moi, quelque chose me dépasse, je suis porté." Le verset dans le Téléim 23:4 nous dit "Même quand je marche dans l'ombre de la mort, je ne crains rien, car tu es avec moi." La foi juive n'est pas une armure froide, c'est une lumière chaude dans les ténèbres. Le zoar vaan rabich nous dit celui qui s'attache à la présence divine ne peut pas tomber même s'il est à genoux il reste relié. Le rabi racontait que dans les camps de la mort, certains juifs ont gardé espoir en chuchotant une bénédiction ou même en pensant à un verset de Torah. Et cela suffisait parfois à sauver leur âme du désespoir. Pour conclure, la résilience ce n'est pas de devenir invincible, c'est de devenir vivant à nouveau. C'est de refuser que la douleur est le dernier mot. Le peuple juif est le plus grand symbole de résilience de l'histoire. Tu fais partie de ce peuple, tu peux y arriver toi aussi. Exil, Inquisition, Pogrome, choa et nous sommes encore là. Tu es là. Nous transmettons, nous bénissons, nous aimons la vie. En cette semaine qui précède TichaV où nous pleurons les ruines du temple, nous n'oublions jamais que ce jour deviendra bientôt un jour de fête. Car c'est cela la promesse de la Torah. Tim 126. Celui qui s'aime dans les larmes récoltera dans la joie. [Musique]