
HIZOOK#13 - Une minute pour une vie - Rav Raphael Halimi
Moussar
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Transcription
Kind: captions Language: fr Bonsoir à toutes et tous. Imaginez que vous avez soudain une petite minute de Librin. Pas une heure, pas une journée, mais juste une minute. Que faites-vous avec ? Vous la laissez passer ? Vous la remplissez ou vous ne vous en rendez même pas compte ? Et maintenant, pensons à un commandement que nous accomplissons en ce moment, le conduire. Chaque soir, on dit simplement aujourd'hui c'est le 17e jour du homè, aujourd'hui le 33e jour du et cetera. Mais pourquoi faire ? Pourquoi compter des jours qui passent de toute façon ? Est-ce que le simple fait de dire d'un chiffre peut changer quelque chose ? Aujourd'hui, nous allons voir ce que acte simple contient une des leçons les plus profondes sur notre rapport avec le temps et notre rapport à notre vie. La réponse classique du compte du Homer, c'est que l'on compte les jours pour se préparer au don de la Torah à Chavouot. Très bien. Mais alors, posons-nous une question simple. Si on se prépare à un événement, a priori, on a l'habitude de compter à rebour, n'est-ce pas ? Quand on attend un anniversaire, un voyage, une naissance, on dit plus que 7 jours, plus que 6 jours à attendre et cetera. Mais ici, la Torah nous demande de compter les jours passés. On ne dit pas plus que 30 jours jusqu'à Chavouotte, plus que 32 jours jusqu'à Chavouot. Non, on dit bien cela fait 30 jours que nous comptons pourquoi cela ? Parce que la Torah ne veut pas qu'on attende simplement l'avenir. Elle nous dit "Regarde ce que tu as fait jusqu'à maintenant. Est-ce que tu as grandi ? Est-ce que tu t'es élevé ? Car chaque jour est une marche. Ce que l'on compte, ce n'est pas seulement un calendrier, c'est notre évolution personnel. Le rabi de Lubavic développe une idée forte à ce propos et nous dit que le temps n'est pas juste un décor dans lequel on vit. Le temps, c'est la matière première de notre vie. Une néchama, une âme descend sur terre avec un stock de temps imparti. Disons 120 ans, cela représente plus d'un million d'heures, 63 millions de minutes et chaque minute nous demande utilise-moi, ne me laisse pas filer. Quand on utilise à boncient un moment, c'est comme un vêtement lumineux pour notre âme que nous revêtons. Mais quand on perd du temps, c'est comme un vêtement déchiré. Et la néchama monte au ciel et n'a rien à montrer pour cette minute précise. La Torah nous dit que nos ancêtres Abraham et Sarah certes étaient âgés mais avançaient dans les jours. Cela ne veut pas seulement dire qu'ils étaient vieux mais qu'ils avaient rempli chaque jour de leur vie de sens et de sainteté. Ils sont montés chez Hashem avec chaque journée en main comme pour dire à Dieu : "Tu nous as donné un jour de vie. Voici ce que nous en avons fait. Le rabi disait : "L'horloge est un maître, mais un maître silencieux. L'horloge ne crie pas, elle ne donne pas de leçons. Mais chaque seconde qui passe, elle nous dit voilà, tu viens de vivre une seconde, qu'en as-tu fait ?" Et lui-même, le Rabbi, vivait cela intensément. Un de ses secrétaires raconte qu'un jour il est entré dans le bureau du rabby 40 secondes avant l'heure de la prière. Le rabi ouvre un livre, étudie pendant exactement 40 secondes, puis ferme le livre et va prier. pas une seconde perdue. Un autre exemple, lorsqu'il allait prier avec les étudiants, la prière devait commencer normalement à 9h, mais les jeunes arrivaient souvent en retard de quelques minutes et on a dit alors au Raby, "Rabi, ce n'est pas grave, ce ne sont que cinq petites minutes perdues." Et il répondit "Pour moi 5 minutes c'est une éternité." Prenons un autre exemple. Raban Yohanan Ben Zakay, il a vécu 120 ans et il n'a jamais dit un mot inutile, jamais marché sans parole de Torah. Mais son acte le plus grand s'est passé à la fin de sa vie, à sa toute vieillesse, à presque 120 ans. Jérusalem était alors assiégé par les Romains. Il comprenait que la ville allait bientôt tomber. Alors, il décide dans un dernier espoir de sauver tout au moins l'avenir du peuple juif, l'avenir de la Torah. En sortant clandestinement et en négociant avec le général romain, il lui demande "Laisse-nous Yavner et ses sage tout au moins en vie." Et grâce à lui, la Torah a continué après la destruction du temple. On peut se demander Rabihan Ben Zakai à son âge pourquoi ne pas laisser cette mission à un homme plus jeune ? Il disait "Si je suis encore vivant, ce n'est pas pour regarder en arrière, c'est parce que j'ai encore quelque chose à accomplir." Le rabi disait, "Tant que l'on regarde devant, on est encore jeune. C'est quand on commence à regarder en arrière qu'on devient vieux." Et même Dieu nous enseigne cela. Lorsqu'il a créé le monde, la Torah dit : "Dieu acheva son œuvre le 7e jour." H Rachi explique, Dieu a travaillé jusqu'à la toute dernière seconde avant l'entrée du shabbat. Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas finir 10 minutes avant ? Parce qu'en fait chaque seconde de vie, même une fraction de seconde peut être utilisée pour faire avancer le monde. Et Dieu veut nous apprendre ne gaspille aucun moment. S'il reste du temps, c'est qu'il reste encore quelque chose à faire. Le rave du côtel a reçu un jour un appel téléphonique du sénateur juif canadien Jerry Grafstein qui lui dit "Rave, j'ai certes 80 ans mais je vais me lancer dans un projet énorme en Asie et j'ai besoin de votre bénédiction." Le rave du côtéel lui répond : "Mais comment bénir quelqu'un qui à 80 ans lance une entreprise mondiale ?" Le sénateur lui raconte que lorsqu'il avait 50 ans, il a vécu une crise, dépression assez profonde. Il est allé voir le Rabi et le Rabi lui a demandé, "Monsieur Grafstein, savez-vous à quel âge Moscher Rabenou a-t-il commencé à diriger le peuple juif ?" Réponse : 80 ans. Et le Rabi lui a dit : "Mocher Rabenou n'a pas demandé ce qu'il avait fait jusque-là. Il a demandé qu'est-ce que je dois faire maintenant ? Tant qu'on regarde en avant, on est jeune. Ces mots ont changé la vie de Jerry Grafstein. Dans la méilate Esther, Esther invite le roi Haman à un banquet puis ensuite à un deuxième banquet. Mais remarquons qu'elle ne dit rien tout de suite. Elle repousse au lendemain. Et là Aman est tombé dans son piège. Il se dit Esther est comme moi. Elle repousse au lendemain. Et c'est là qu'il a baissé sa garde. C'est ça l'erreur d'Aman parce que c'est l'esprit d'Amalek. Oui, je vais changer mais demain. Oui, je vais m'améliorer mais pas aujourd'hui, plus tard. Le nom de Hamalek est lié au mot hébreu rega qui veut dire un instant. les initiales de Rchit, Goim, Amalek. Parce que la stratégie d'Amalek, c'est de faire perdre le présent. C'est de dire regarat encore un instant. Mais dans le judaïsme, on ne remet rien au lendemain. Quand une occasion se présente, on agit tout de suite. Une dernière histoire pour conclure, un homme, Ilan, était parti pour une vérification de routine à l'hôpital chez son docteur et il entend par erreur son médecin dire il ne lui reste qu'un seul mois à vivre. En entendant cela, il rentre chez lui choqué et décide de vivre ce dernier mois pleinement. Alors, il se transforme. Il devient plus doux avec sa famille, plus attentionné avec ses enfants, généreux avec ses amis. Chaque minute devient précieuse. Et un mois plus tard, il est toujours vivant. Il découvre finalement que le médecin parlait d'un autre patient. Mais sa vie, quant à elle avait changé pour toujours parce que Ilan avait compris que le temps c'est la vie et ce qu'on fait de notre temps, c'est ce qui reste de nous. Alors effectivement, chaque soir, nous comptons le mer mais la Torah nous dit "Voilà un jour de plus que tu as reçu et qui est passé. Qu'en as-tu fait ?" Ce n'est pas seulement une case sur un calendrier que l'on coche, c'est une brique dans notre édifice personnel. Alors aujourd'hui, ça compte, pas demain, commence aujourd'hui. Et si nous apprenons à vivre chaque instant comme il se doit, alors c'est la vie entière. qui devient éternel. [Musique]



