
HIZOOK#11 - Lag Ba'omer - Le Renouveau - Rav Raphael Halimi
Likoutei Moharan
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Transcription
Kind: captions Language: fr L'ACBA L'ACBA c'est un jour fascinant. C'est une fête qui ne fait pas partie des fêtes bibliques comme Pessar ou Shavuot, ni même comme des fêtes rabiniques classiques comme Hanuka ou pour l'Akbaomer n'est pas non plus mentionné dans la michna ou l'agmara contrairement à Tubijvat ou à Tube et pourtant l'Acbaomer c'est un jour de joie. qui est mentionné dans le sharour, le livre des lois. Le premier à parler de l'Agbaomer comme d'un jour de réjouissance est le Meiri. Le Meiri c'est un des grands commentateurs médiévaux de de la Gmara qui a vécu il y a environ 700 ans en Provence en France. Dans le traité Yevamot 62B, le Meiri écrit "Une tradition nous est parvenue des géones que le jour du 33e jour de l'omè l'épidémie des élèves de Rabiak Kiva a cessé et on ne jeûne pas ce jour-là." Leulanarour siman 493 rapporte cela et en précisant qu'on ne se marie pas et qu'on ne se coupe pas les cheveux jusqu'à l'Akbaomer car on dit que c'est alors que les élèves de Rabia Kiva ont cessé de mourir on y augmente de la joie en ce jour mais cela soulève une question pourquoi se réjouir du simple fait que La mort des élèves de Rabiakiva s'est arrêtée. La fin de la mort n'est pas une victoire parce que tous les 24000 élèves sont bel et bien morts. Pourquoi se réjouir après un désastre, un massacre aussi tragique ? Le rave Riskiad Silva dans son commentaire Prix Radash pose cette question avec force. Quelle joie peut-on trouver ici à Labaomer puisqu'ils sont tous morts ? Qu'y a-t-il à célébrer ? Dit-il. Le gaon de Vilna apporte justement un précédent à cette idée. Dans le traité tahanit, lesim disent qu'il n'y a pas eu de jour plus joyeux pour Israël que le 15 Aves. L'une des raisons données à cette joie, le 15 Aves, est que ce jour-là, les morts du désert ont cessé de mourir. Petit rappel historique, après la faute des Méraglimes, des explorateurs, Hem a décrété que tous les hommes entre 20 ans et 60 ans mourraient durant les 40 années du désert. Chaque année, la nuit de Tishabeave, 15000 hommes s'allongaient dans des tombes et au petit matin, on enterrait ceux qui ne s'étaient pas relevés. La dernière année, cependant, personne n'est mort. Les Juifs pensaient s'être trompés dans le calcul du calendrier. Ils ont donc recommencé le processus plusieurs nuits jusqu'à ce qu'il voi la pleine lune qui était donc la preuve visible qu'on avait bien dépassé le 15 Av. Ils se sont donc rendus compte que la punition avait pris fin et les Rahamim ont fixé ce jour du 15 Av tout comme un jour de fête même le plus joyeux du peuple juif. Mais la raison du 15 Av qu'on vient de citer l'arrêt des morts du désert n'est qu'une des six raisons du 15ave. Alors que pour l'Agbaomer, la seule et unique cause de joie semble être une cette interruption des décès uniquement. Et donc la question se pose encore une fois, est-ce vraiment suffisant pour instituer une célébration ? Une célébration qui traverse les âges que l'on connaît toutes et tous depuis qu'on est enfant, l'Acbaomer. Une fête magnifique par excellence. Pour répondre à cette question, c'est là que le Rabiim Yosef David Azulay offre un éclairage puissant qui sera ensuite magnifiquement repris par le Rabi Lubavic. Leida explique que la joie de l'agbaomer ne vient pas seulement du fait que l'épidémie s'est arrêtée, mais surtout de ce qui a suivi la fin de de cette épidémie. La renaissance du monde de la Torah grâce aux efforts héroïques de Rabiakiva. Dans le traité Yevamot, Rabiakiva témoigne : "J'ai eu des élèves dans ma jeunesse, j'en ai eu aussi dans ma vieillesse, car on ne sait jamais quelle récolte portera ces fruits." Donc, il a eu toutes sortes d'élèves tout au long de sa vie. La Gmara poursuit. Après la mort de ces 24000 élèves, le monde était déserté jusqu'à ce que Rabiakiva se rende vers les sages du sud et enseigne à cinq nouveaux élèves, cinq nouveaux disciples. Rabi Meir, Rabioud, Rabios aussi, Rabi Alazar Ben Shamua et enfin Rabi Shimon Barokhai. Ce sont eux qui ont rétabli la Torah dans le peuple juif. Autrement dit, Rabiakiva ne s'est pas effondré. Il aurait pu dire suite à la mort tragique de ses élèves, "J'ai tout donné, je me suis sacrifié, maintenant tout est fini. Je suis fatigué, c'est peine perdu." Mais non, Rabiakiva s'est relevé. Il a recommencé, il a semé à nouveau. Et de ses cinq disciples est né toute la Torah orale que nous avons aujourd'hui. Le khidar écrit dans T ain 18. On se réjouit à l'agbaomer car c'est ce jour-là que la Torah a recommencé à revenir par l'enseignement de Rabéir, Rabiossi, Rabi Shimon et cetera. L'Agbaomer est donc la fête de la transmission ou plutôt de la retransmission, de l'éducation et du renouveau. C'est bien pour cela que le Rabi Louavic en a fait le point de départ d'un immense projet éducatif, les fameux défilés de l'Acbaomer avec les enfants dans la rue. Car ce jour-là, nous célébrons la mission éternelle du peuple juif. Éduquer, encore éduquer, ne jamais baisser les bras, transmettre. Le rabi disait que les autres nations du monde bâtissent des pyramides, des stades, des monuments, des théâtres. Nous, notre œuvre, ce sont les enfants. Tu enseigneras ces paroles à tes enfants dans ta maison, sur la route, partout où tu es. C'est là que réside notre éternité. Et pour toucher vraiment un enfant, disait le rabi, il ne suffit pas de l'instruire. Il faut le sortir dehors au soleil, lui donner des jeux, des friandises, de la joie. Le plus grand souvenir qu'un enfant gardera de son judaïsme, ce ne sont pas toujours les cours, mais la chaleur, la lumière, le sourire d'un défilé de l'agbaomer. À ce propos, le Rabi racontait l'histoire d'une femme qui a changé le monde, madame Sarah Schneirer. Sarah Schnirer est née en 1917 à Krakovie. C'était une simple couturière qui était issue d'une famille rassidique de Bels et qui constate une catastrophe silencieuse sociétale au sein de la communauté juive d'Europe de l'Est. Les filles juives de Pologne étaient privées d'éducation religieuse et désertaient petit à petit la Torah. Les garçons, eux certes, vont à la Yeshiva, mais qu'en est-il des filles ? Les filles fréquentent les écoles laïques et se détachent de leur racine, disait-elle. Cela rappelle un petit peu l'idéologie de pharaon de mettre à mort les garçons, mais de faire vivre les filles. Faire vivre les filles à la mode égyptienne pour assimiler le peuple juif. Sarah Schnirer écrit dans son journal, je la cite, "Les hommes vont chez les Rebees à Gour, à Bells, à Bobov et nous les femmes restons à la maison vide sans but. Les mères, les grands-mères pleurent à la synagogue mais les jeunes filles les regardent avec mépris." Et Sarachnerer conclut, "Ce que la Torah ne donne pas à nos filles, elles le chercheront chez Shakespeare et Tolstoy." Alors, elle décide enfin d'agir et elle fonde une école pour filles surnommé le Betaakov. Son frère qui était inquiet de cette révolution l'emmène voir le rab de Bels pour qu'il l'en dissuade. Mais au contraire, le rabi va l'encourager. Et elle commence avec cet élève dans sa petite boutique. 10 ans plus tard, 265 écoles en Pologne, 38000 élèves. Elle-même, Sarah ne se mariera malheureusement jamais. Elle ne connaîtra pas la maternité biologique. Elle mourra jeune à 52 ans, mais elle aura enfanté un autre enfant. Cet enfant, c'est une révolution. Elle aura enfanté des générations entières de femmes juives éduquées, fortes et rayonnantes. Les écoles juives pour filles tout au long de l'histoire jusqu'aujourd'hui doivent une fière chandelle à Sarah Schnerer. Voilà ce qu'est la puissance de l'éducation. Voilà pourquoi l'acc Baomer est une fête. Non pas seulement parce que les élèves de Rabiak Aki ont cessé de mourir, mais parce que ce jour-là, Rabiak Aki a recommencé à enseigner et l'histoire de notre peuple a été sauvée. Le Rabi concluait que dans le sépher Beréchit, Hashem dit Adam Betal Kidmou. Hashem dit faisons l'homme à notre image. Mais à qui parle Dieu ? Il est seul à ce moment dans l'univers. En réalité, dit le midrache à Kadosh Boru parle aux éducateurs de toutes les générations. Car créer un homme ou une femme, ce n'est pas seulement un acte divin, c'est une œuvre partagée. Dieu donne la matière, le corps, mais le parent et le maître donnent la forme, le sens, la vision et remplit la néchama de Dieu. Alors en ce jour de l'Agbaomer, nous lançons cet appel : "Venez et faisons ensemble un juif à notre image. Transmettons, éduquons, allumons des feux de Torah dans les cœurs de nos enfants. Marchons ensemble vers la délivrance finale. joyeux, confiant, unis. Je terminerai avec une jolie histoire. Un scientifique travaillait dans son laboratoire quand son petit garçon de 7 ans est venu le déranger. Pour l'occuper, le papa lui déchire une carte du monde en petits morceaux et dit à son fils : "Voilà un puzzle, mon chéri, essaie de reconstruire le monde." Il pense que cela va prendre plusieurs heures. Mais au bout de 30 minutes, l'enfant revient avec le monde parfaitement reconstitué. Le père est stupéfé et demande à son fils : "Mais comment as-tu fait, mon chéri ?" Et le petit répond : "Papa, c'est vrai, je ne connais rien au monde. Je ne savais même pas par où commencer. Mais au dos de la carte que tu m'as donné, il y avait l'image d'un homme. Alors, j'ai reconstruit l'homme et quand j'ai réussi à assembler l'homme, le monde s'est remis en place tout seul. [Musique]



