Rav Elie Lemmel nous offre une leçon de vie, à méditer et à appliquer dans notre quotidien, que la Torah et la tradition juive retiennent de la paracha Ki-Tavo. Le Rav pour traiter le thème de cette conférence "Savoir dire merci" soulève un certain nombre de questions et nous offre les réponses concrètes que la Torah et nos Maîtres nous proposent :
Parmi les thèmes abordés :
- Quels éléments concrets peut-on mettre en place pour assurer la continuité d’une relation malgré les tensions inévitables ?
- Comment éviter que les dysfonctionnements de l’autre prennent toute la place dans une relation ?
- Quels éléments concrets peut-on mettre en place pour assurer la continuité d’une relation malgré les tensions inévitables ?
- Comment le remerciement exprime-t-il la volonté de continuer à aimer et à investir dans une relation ?
- Comment se donner dès le départ les moyens de surmonter les crises relationnelles, plutôt que d’attendre le moment de la difficulté ?
- En quoi l’absence de reconnaissance peut-elle être assimilée à une guerre contre Dieu ?
- Une société se construit-elle davantage sur des droits ou sur des devoirs réciproques ?
- Pourquoi la Torah insiste-t-elle sur le fait qu’Adam n’a pas su dire merci, et pourquoi rattacher cette faute à la tour de Babel ?
- Comment apprendre à remarquer et à apprécier les petits gestes quotidiens, même banals, comme des cadeaux ?
- La gratitude est-elle un simple code de politesse sociale ou un principe fondateur de l’existence humaine et de la relation à l’autre ?
- En quoi le fait de dire merci à voix haute change-t-il notre perception de la relation et de l’autre ?
- En quoi l’ingratitude d’Adam (« la femme que Tu m’as donnée… ») illustre-t-elle une incapacité à voir la totalité du bien que l’autre apporte ?
- Pourquoi la Torah demande-t-elle d’amener les bikourim (les prémices) au Temple et de réciter à voix haute l’histoire du peuple juif devant le prêtre, alors qu’il connaît déjà cette histoire ?
- L’ingratitude peut-elle être considérée comme la racine des ruptures dans l’Histoire humaine ?
- En quoi le remerciement est-il une mitzva fondamentale qui structure la relation entre Israël et Dieu ?
- Pourquoi la Torah enseigne-t-elle que rien n’est « normal », que tout doit être reçu comme un cadeau ?
- Comment la récitation quotidienne du « Modé Ani » installe-t-elle une tonalité de gratitude qui transforme la journée entière ?
- Pourquoi la présence même de l’autre devrait-elle être un motif de gratitude avant même ses actions ?
- Quel est le lien entre le récit de la sortie d’Égypte et la notion de gratitude ?
- Pourquoi faut-il préparer la gratitude en amont pour qu’elle dilue les moments de crise au lieu de laisser la rupture dominer ?
- Pourquoi est-il essentiel de savoir identifier et exprimer ce que l’autre a apporté avant de pointer ses erreurs ou ses manques ?
- Pourquoi le premier mot qu’un Juif prononce au réveil est « Modé » (merci), et pas autre chose ?
- En quoi le remerciement est-il une protection contre la rupture relationnelle et une base de continuité ?
- Que signifie le verset "Lo teta’ev Mitzri" (ne pas haïr l’Égyptien), et pourquoi garder une reconnaissance malgré les souffrances ?
- Comment apprendre à dire merci même pour les épreuves ou les difficultés, qui obligent à grandir et à évoluer ?
- En quoi choisir de dire merci, même dans l’ordinaire, est-il un choix stratégique qui entretient l’amour et l’engagement ?
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Transcription
Kind: captions Language: fr Bonsoir à toutes et à tous. Le thème qu'on a choisi de développer ensemble ce soir, c'est intitulé savoir dire merci. Alors évidemment, on va traiter de ce thème, mais je voudrais auparavant quand même essayer de le remettre dans la perspective de ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui au niveau du peuple juif à travers donc évidemment une histoire qui est euh, on va dire, extrêmement bouleversante et à la fois par ce qui se passe en Israël et aussi sur le regard qu'aujourd'hui porte sur nous les nations du monde. Il y a évidemment lieu de s'interroger sur ce que les événements veulent dire et introduire un cours sur la notion du remerciement, c'est déjà être capable de dire merci sur ce qui existe, sur ce qui est présent et non pas juste se focaliser sur les difficultés auxquelles nous sommes toutes et tous confrontés de manière extrêmement forte. Lorsque le peuple d'Israël va rentrer sur sa terre, la Torah nous dit que il va y avoir un certain nombre de commandements que l'on va devoir respecter lorsqu'on sera sur la terre d'Israël. Et cette semaine, le texte nous fait part d'un commandement qui est le suivant qui est l'obligation d'amener ce que l'on appelle les bicouribles. Alors, tout d'abord, je vais vous définir un petit peu ce qu'est cette ce commandement et puis après on va pénétrer à travers cela notre sujet. Donc le texte nous dit "Lorsque vous arriverez vers cette terre, sur cette terre que je vous donne, vous allez donc vous retrouver à fonctionner euh comme tout à chacun. C'est-à-dire planter, semer, faire en telle sorte que le monde dans lequel vous allez vivre au quotidien puisse fonctionner à travers les règles classiques. Ça y est, on est sorti du désert, on est sorti de la manne, on s on est sorti de l'univers de l'extraordinaire et on va s'inscrire dans une réalité comme tout à chaque. Et là, la Torah nous dit "Mais il va y avoir un certain nombre de lois qui vont concerner l'agriculture." Alors, c'est très curieux parce que de manière générale lorsque l'on parle de mitvot de commandement, on voit beaucoup plus là-dedans l'univers du rituel, la prière, le shabbat, les fêtes qui peuvent plus ou moins nous parler en tout cas qui nous parlent et puis après on s'y retrouve chacun d'une manière différente. dit non non qu'on soit bien clair vous allez être agriculteur vous allez devoir respecter un certain nombre de règles. Alors, on aurait pu s'imaginer que ces règles sont des règles sociales qui permettent en effet d'être vigilant sur le rapport à l'argent, le vol et cetera et cetera. Non, on peut on va nous dire voilà en premier lieu, il va falloir lorsque vous allez posséder des récoltes, partager une partie de celle-ci avec les prêtres, avec les lév d'Israël. comme on dirait nous. OK, mais ça la limite on peut l'entendre que il faut en effet que tout le monde participe à l'élaboration d'un système dans lequel il va y avoir des personnes qui ont des responsabilités spirituelles. On l'entend. Par contre, on va nous donner une autre loi dont a prior ne comprend vraiment pas ce qu'elle vient faire ici. Lorsque vous allez planter des arbres, des arbres fritiers, dit le texte, vous allez au moment où les fruits commencent à poindre repérer les premiers. Donc on est là, on regarde son arbre, son figuier et puis à un moment on dit tiens, il y a une petite fille qui commence à pousser. La Torah nous dit et bien tu l'identifies, tu identifies ces premiers fruits qui commencent à pousser. Comment tu fais ? C'est très simple. Tu mets un petit fil rouge autour comme ça, c'est plus facilement repérable. C'est comme quand on sort comme ça, on repère un petit peu plus rapidement les gens de la communauté. Et puis lorsque la totalité des fruits sont murs, tu récupères ces premiers fruits et tu les amènes à Jérusalem, au temple. Et là, il y a toute une cérémonie, un cérémonial. Et ces fruits sont appelés bikourim. Bikourim qui vient de la racine Bor, c'est-à-dire les premiers. Et puis évidemment, tu peux après manger la totalité des fruits que tu possèdes. Alors, on va se dire "OK, c'est quoi ? C'est des offrandes pour faire fonctionner le temple ?" Pas du tout, pas du tout. D'ailleurs, à tel point, on nous dit que il suffit que tu a juste quelques arbres dans ton verger pour accomplir cette mit ce commandement. Donc, on n'est pas du tout ici dans un système dans lequel tu dois donner aux prêtres pour pouvoir les alimenter. D'ailleurs, si c'était ça, on aurait dit donne une partie de ta récolte et puis on passe à autre chose. Voilà, on nous dit non pas du tout, tu dois repérer. OK, je les amène au temple de Jérusalem. Et là, le texte de la Torah nous dit que lorsque je suis au temple, donc on va s'imaginer, on est au temple à Jérusalem, on est là, très beau panier, on est devant le prêtre, on pose ses fruits, il y a un cérémonial sur la manière dont on les prend, dont on les lève et cetera. Et puis à un moment, on va devoir dire un texte. Moi, j'aurais dit "Bonjour cher ami, je suis très heureux de présenter au temple de Jérusalem et premiers fruits." C'est pas mal. Pas du tout. On commence, dit le texte, à raconter notre histoire. Donc imaginez, je suis au temple de Jérusalem, face à moi, il y a un des prêtres, un prêtre qui a priori connaît l'histoire. Parce que si demain je viens et je vous dis, vous savez voilà, nous avons été esclaves en Égypte, nous avons eu un ancêt Jacob, nous sommes partis en Égypte, nous sommes sortis d'Égypte. Après, vous êtes au courant. Et au passage, même si le prêtre n'est pas au courant, alors on va dire qu'il est pas au courant, ce qui serait quand même surprenant quand même. Il est prêt au temple de Jérusalem. Tex dit quand il arrive et bien on est là. et on lui raconte l'histoire. Mais il y en a pas qu'un qui amène les fruits. Il y en a 2 3 5 10 15 20 50. Il y a plusieurs prêtres. Alors quand le second vient me voir, il me dit "Ah au fait voilà mes fruits et puis Arami au David voilà. Alors je voulais te dire que Laavane, le beau-père de Jacob a voulu le perdre et puis après nous sommes descendus en Égypte. Il va me dire "Détends-toi mon frère, je connais l'histoire. Il y a déjà 10 bonhommes qui me l'ont raconté avant. Donc c'est bon vas-y amène tes fruits et on passe à autre chose." Pas du tout. Le texte nous dit que on doit dire ce texte. Est-ce que ce sont des mantras ? Qu'est-ce que qu'est-ce que c'est cette histoire ? Et le texte de la nous dit faut dire mais à voix haute. Et Rashi nous dit le commentateur le Hagid pour montrer que tu n'es pas un grat. Super, c'est très mignon mais réfléchissons. Je suis au temple de Jérusalem, j'amène ces premiers fruits et je raconte la saga du peuple juif. Passionnant, intéressant. Et donc et donc à la limite, je serai là en train de dire merci pour ces beaux fruits, j'entends. Mais qu'est-ce que je fais au temple de Jérusalem avec ces fruits en train de raconter la saga et l'histoire du peuple juif ? Nos maîtres dans le Talmud vont donc chercher à analyser ce texte et vont nous ouvrir sur quelque chose qui est fondamental, qui est l'univers de la reconnaissance et du merci. On va y revenir dans quelques instants. Si vous le voulez bien, repartons maintenant dans le texte mais bien avant un moment de l'histoire dans laquelle l'humanité prend son point de départ, c'est-à-dire l'histoire de la tour de Babel. Connaissez sûrement tout et tous l'histoire de la tour de Babel. La tour de Babel, c'est cette génération qui suit le déluge et qui à un moment va décider de créer une tour pour aller faire la guerre au créateur de l'univers. Spécial, un peu bizarre comme histoire. Et lorsque il décide de faire la guerre au créateur de l'univers, qu'est-ce que ça veut dire ? rien. Le texte nous dit que Dieu dit et bien je vais descendre voir ce qu'ils sont en train de faire. Donc un anthropomorphisme ça veut dire quoi ? Que Dieu descende voir ce qu'ils sont en train de faire. Et puis je vais mélanger leur langage et puis voilà comme ça le problème va être réglé. Super. Ce texte-là est très curieux parce que tout d'abord c'est quoi cette guerre qu'ils veulent faire contre le créateur de l'univers ? C'est quoi cette histoire d'un dieu qui descend pour voir ce qu'ils sont en train de faire ? Mais surtout là-bas, le verset va dire Adam. Littéralement, Dieu descendit pour voir la ville et la tour qu'avait fait bener les enfants à Adam de le homme. Prenon défini. Alors que de manière générale en hébreu, on aurait dit bn Adam les individus. Là on dit bnha Adam les enfants de l'homme. Curiosité grammaticale. Nos maîtres vont dire c'est quoi cette histoire ? Évidemment qu'on se doute bien que c'est l'humain. Pourquoi on accentue le fait que ce sont bien les enfants de l'humain ? Serait-ce que on aurait pu imaginer que c'était des descendants, des chameaux ou des âmes ? Et la réponse que le Talmud nous donne est très surprenante. Ils disent "Non, on insiste sur leur origine." C'est quoi leur origine ? C'est le premier homme Adam. OK, on s'en dout bien. Et le texte nous dit non pour bien montrer que malheureusement il s'inscrivent dans sa lignée parce que Adam n'a pas su dire merci et eux n'ont pas su dire merci. Donc je récapitule para chaî la semaine, on a donc cette histoire des bicoribes, de ces prémises que l'on amène au temple de Jérusalem. Lorsqu'on les amène à Jérusalem, on a l'obligation, chacun à voix haute de raconter la saga du peuple juif. Pourquoi dit le texte ? Pour montrer qu'on n'est pas un grat. En quoi raconter la saga de l'histoire du peuple juif aurait un rapport avec une possible gratitude ou ingratitude ? Point. Et on va donc avant de repartir sur ce texte en explorer un autre. L'autre texte c'est celui qui nous raconte donc l'histoire de la tour de Babel. Tour de Babel dans laquelle l'humanité veut faire la guerre à Dieu. Ce qui est très curieux. Dieu descend voir ce que fait le fils, les enfants, les descendants de l'homme et on nous dit bien oui pour bien nous montrer qu'ils sont les descendants du premier homme qui a fait preuve d'ingratitude et eux aussi. Alors maintenant si je vous pose la question Adam n'a pas su dire merci. À quel moment voyons-nous cela ? priorise, si je vous raconte l'histoire, on a Adam, on a Ève, ils sont au jardin d'Eden, on a un certain serpent qui vient les voir leur proposer de consommer cet arbre de cet arbre de la connaissance du bien et du mal. Il tombe dans le piège, il consomme. Suite à ça, Dieu leur dit "Bon ben, dommage, vous sortez du jardin d'Eden. Salut tout le monde. Où est-ce que vous voyez ici une problématique ? dans lequel ils n'ont pas dit merci. Éventuellement ce que je vois c'est une désobéissance. Or là on ne me parle pas du tout de cela. On me parle de quelqu'un qui n'a pas su dire merci. Et on dit et eux aussi la génération qui veut créer cette tour pour se battre contre Dieu, eux aussi ne savent pas dire merci. Mais non, ils sont pas il savent pas dire merci. qui sont en train de vouloir exclure Dieu de l'univers. Voilà un petit peu quelques points sur la base desquels on va commencer à explorer cette notion du remerciement tel que la Torah nous propose. Quand vous regardez le texte qui nous relète l'histoire de Adam et il va y avoir à un moment un dialogue très curieux. C'est lorsque Dieu se tourne vers Adam et lui dit "Adam, dis-moi, tu es où ?" Adam dit, "Ben, on a un peu caché mon épouse et moi-même parce qu'on se sent un peu nu." Dieu dit, "Tiens, la notion de honte semble vous habiter. Surait-à-dire que vous avez touché à l'arbre de la connaissance du bien et du mal." Parce que la honte au fond, c'est le sentiment que l'on ressent lorsqu'on réalise qu'on a pas été là où on devrait être. Lorsqu'on réalise qu'on a pas fonctionné, qu'on n pas fonctionné, pardonnez-moi, comme on est censé fonctionner. Alors là, on reçoit un sentiment de honte. Donc, il semblerait que un moment, tu n'as pas été à la hauteur de ce que j'avais demandé. Dit, ben oui, et Dieu dit, mais c'est quoi cette histoire ? Et Adam arrive et dital femme que tu m'as donné c'est elle qui m'a proposé et j'ai consommé. Et ça s'arrête là. Alors si je vous pose ici la question de savoir qu'est-ce qu'a fait Adam ? il a transgressé un et là comment il s'est comporté moyen un peu bas de gamme dans notre lecture à nous Adam a dit non c'est pas moi, c'est elle, c'est de sa faute. D'accord ? Pouvez-vous me dire où se situe ici l'idée qui n'a pas su dire merci ? C'est-à-dire dans le descriptif que la Torah nous donne de l'histoire de Adam, nous voyons une transgression. Nous voyons une parole dans laquelle il accuse d'avoir été celle qu'il a amené à transgresser. À quel moment voit-on cette absence de merci dont la Torah nous parle et qui va être connecté à l'histoire de la tour de Babel dans laquelle aussi on voit pas du tout où se situe cette histoire d'absence de merci puisque là-bas il s'agit plus d'une guerre contre Dieu. On a ici le point de départ de ce qui va construire ou ne pas construire une histoire. N'oublions pas que nous sommes ici à la racine de l'histoire. Et la Torah va mettre en exergue l'élément qui a manqué et qui quelque part est celui que l'on va devoir travailler pour que l'univers fonctionne. On est bien d'accord que Ève propose à Adam de consommer. C'est pas négociable. Regardez le texte, il y a ce fameux serpent. Alors évidemment, on est dans nos images enfantines du serpent. Regardez, vous mangerez bien une petite pomme, hein. C'est légèrement plus complexe. Évidemment, il s'agit pas de ça. En tout cas de cause, il y a quelque chose qui s'appelle le serpent qui propose à Ev qui même propose à Adam. Ça c'est la réalité. Donc quand Adam dit "Mais c'est Ève." Alors c'est vrai qu'il aurait pu dire bon assumer à deux, tu vois. Mais dans l'absolu, il raconte pas de mensonge. On aurait peut-être dit éventuellement c'est pas super élégant mais dans l'absolu il dit la vérité. Seulement quel est le problème ici ? Rappelons-nous que quelques versets auparavant, l'humain est créé d'abord au masculin et au féminin. Et dans un second temps, l'humain va émerger en tant que masculin et va prendre la mesure de l'absence d'un altère egg, du féminin pour construire Adam au masculin va se tourner vers le créateur de l'univers en parlant du manque qu'il ressent et qui ne peut pas être comblé par autre chose et pardonne-moi si je dis le mot chose évidemment que par celle qui va s'appeler Ev qui va devenir sa compagne. Lorsque Hava arrive, lorsque Ev arrive, elle donne du sens à l'histoire de l'humanité parce que comme Adam va dire H aita m Kolha, c'est elle la mère de toute l'humanité. C'est elle qui va être à l'origine du futur. Donc c'est celle qui permet de se projeter, c'est celle qui donne du sens. Donc quelque part, elle est le premier facteur d'équilibre pour l'humanité parce que l'équilibre commence lorsque je peux me projeter dans un futur qui est porteur de sens. Si ma vie tourne autour d'elle-même, au bout d'un moment, elle m'enferme. Qu'est-ce qui se passe ? Tu es d'accord que quand È ve arrive, il y a quelque chose de nouveau qui s'inscrit dans ta vie qui est facteur d'équilibre, de bien-être, de plein d'autres choses. Oui, en effet, ve temps va être celle qui propose, mais comment se fait-il que c'est ça qui sort de ta bouche ? Comment se fait-il ? que tu n'es pas capable de diluer ce dysfonctionnement à l'intérieur de tout ce que t'apporte. L'absence de reconnaissance et l'élément qui se révèle lorsque je fais émerger en premier lieu chez l'autre les éléments négatifs qui le constituent. Adam ici n'a pas su faire preuve de reconnaissance. Il n'a pas su dire suffisamment merci à la présence d'Ève. Et ce qui le révèle, c'est lorsque Dieu va dire "Mais que s'est-il passé il va pointer sur elle un doigt accusateur. On a ici un élément capital qui est là pour nous faire prendre conscience de ce que représente la notion de savoir dire merci. On est dans un monde dans lequel on considère que savoir remercier fait partie des règles de savoir vivre et qu'il est normal à un moment que tu exprimes à l'autre quelque chose lorsqu'il t'a apporté. Or ici pas du tout. La Torah est en train de nous dire que le merci, c'est avant tout une parole que je dois m'adresser à moi-même, prendre la mesure de ce que j'ai, de ce que je reçois et donc évidemment à partir de là poser un regard différent sur cette réalité qui est en face de moi. Lorsque vous êtes imprégné du bonheur de ce que l'autre vous apporte, les éléments dysfonctionnels ne peuvent pas être ceux que vous allez faire émerger, même si on vous interroge par rapport à eux. Je prends un exemple très simple. Essayz d'imaginer et je vais prendre l'histoire de ma famille. ces personnes qui les ont protégé au péril de leur vie, qui ont fait en telle sorte qu'ils puissent survivre pendant les années sombres et qui aurait pu éventuellement à un moment faire des choses qui posent problèmes. Et c'est l'histoire entre autres de mon père. Mon père à Lyon, sa sœur était dans le vert sur le plateau des Glières, les armes à la main. lui était plus jeune, caché, caché, déguisé, enfant de cœur, toutes sortes d'histoires et mes grands-parentsamra qui étaient avant la guerre extrêmement aisé qui a tout qui ont tout perdu et qui n'ont jamais plus rien récupéré mais qui disaient après la guerre de quoi on se plaint, on est en vivre. Je la parenthèse et bien possédait encore quelques menus mon et l'avait confié à un voisin de la banlieue lyonnaise au cas où il disparaissait pour qu'il puisse le remettre éventuellement à mon père ou à sa sœur. Ces personnes-là évidemment savaient qu'ils étaient juifs, ne les dénonçait pas, a caché ce trésor et à la fin de la guerre s'est fait arrêter parce qu'il était tout simplement le chef sans doute de la plus grande bande de cambrioleurs de la ville de Lyon, mais qui avait scrupuleusement protégé, conservé et tout fait pour que mon père survive avec ses parents et sa sœur en leur rendant après la guerre la totalité de tout ce qu'il lui avait confié. La question est de savoir qu'est-ce que tu dis de cette personne ? Oui, bien sûr, c'est vrai qu'il y a un élément dysfonctionnel, mais quand tu parles d'elle, c'est quoi les premières choses qui viennent à l'esprit ? ces éléments qu'on le veuille ou pas qui sont positifs. Akad la Torah nous dit que lorsque Adam va dire Haïa, c'est elle, ça veut dire que elle ce n'est que cela. Si tu t'es nourri de tout ce que l'autre est, c'est-à-dire si tu as appris à dire merci à voix haute de ce que tu as et ce que tu as, pas dans le langage de la possession évidemment parce qu'il s'agit d'un rapport humain. Que ce que tu as, c'est le bonheur d'être avec celle qui donne du sens à ta vie, qui t'apporte tout ce qu'elle t'apporte parce qu'elle est là. Alors, tu ne peux pas dire c'est elle. Parce que l'élément que tu vois de l'autre, c'est avant tout tout ce qu'il t'a apporté. Dieu dit lorsqu'il y a cette fameuse guerre de la tour de Babel, de cette civilisation, en vérité, qu'est-ce que c'est cette guerre ? Cette guerre, c'est ne pas vouloir ressentir la présence de Dieu dans l'univers en lui demandant de rester là où il se trouve. Parce que si vous vous battez contre Dieu, c'est que Dieu existe pour vous. Seulement cette fameuse touris nos maîtrise le savoir et la connaissance scientifique qui permettent à l'individu parce qu'il comprend le comment des choses de reléguer Dieu aux accessoires de l'histoire. même s'il y croit. Donc de ne pas se sentir redevable, donc de ne pas lui donner la place qu'il doit avoir dans notre vie et quelque part ne pas se sentir donc reconnaissant par rapport au fait qu'il a créé l'univers dans lequel on se trouve. Et c'est ça en effet que le texte est en train de nous dire. Le texte est en train de nous dire que la tour de Babel c'est quoi ? vouloir redonner à Dieu une place qui nous permet de ne pas ressentir un sentiment de reconnaissance par rapport à lui pour nous sentir libre de nous positionner comme nous le voulons par rapport à sa présence et par rapport à ses attentes. Il y a ici la construction d'un système incroyable, d'un monde dans lequel je ne peux pas être dans le dénivin, mais je fais en telle sorte de ne pas ressentir quoi que ce soit vis-à-vis du divin pour ne pas me sentir coupable de ne pas être à l'écoute d'une parole qu'il m'adresse et pire encore dont je sais au fond que j'en suis à terme le premier bénéficiaire. C'est ce qui est bouleversant. Ça en effet c'est la tour de Babel. Et Dieu dit au fond, ce sont les dignes descendants de l'être humain numéro 1. C'est-à-dire de ne pas vouloir dire merci. C'est-à-dire de ne pas vouloir s'entendre dire merci. Parce que quand je m'entends dire merci, je prends la mesure de ce que l'autre présente et ma relation à ce moment-là n'est plus la même. La notion du remerciement dans la Torah n'est pas du tout là pour développer la relation interpersonnelle, elle va aussi la développer, mais elle est avant tout là pour que je prenne encore plus la mesure de ce que l'autre m'apporte, de ce qu'il est. et donc à ce moment-là transformer la relation que j'aurais par rapport à lui. parce qu'il n'a pas inscrit cette dimension à l'intérieur de lui suffisamment, va voir en premier lieu l'élément dysfonctionnel de l'autre. Or, dans le monde des relations humaines, il y aura toujours quelque chose de dysfonctionnel chez l'autre. Moi en tête. Évidemment, il y aura toujours quelque chose qui nous dépla. Il y aura toujours chez l'autre un manque de sensibilité, un instanté. Il y aura toujours chez l'autre à un moment une microfaillite dans la relation. C'est normal, sinon nous serions des anges. La question est de savoir si je veux être dans la continuité de la relation et que j'ai cette lucidité de savoir qu'un moment elle peut elle peut être altérée par quelque chose qui pose problème, qu'est-ce que je fais ? Je dis merci, c'est-à-dire j'identifie les éléments qui me permettent de prendre la mesure de ce que l'autre m'apporte. pour que le jour où l'élément dysfonctionnel apparaît, il puisse se diluer à l'intérieur de tout ce qui existe, dont j'ai pris la mesure et dont je me suis donné les moyens de les installer profondément à l'intérieur de moi. Donc le merci qui serait là d'abord pour être merci, c'est sympa bien sûr, il est nécessaire mais ça fait partie des bonnes manières. Ça se fait mais je ne dis pas merci parce que ce sont des bonnes manières. Je dis merci parce que j'ai envie de prendre encore plus la mesure de ce que l'autre m'apporte parce que je désire la continuité de la relation. Le remerciement, c'est l'expression du désir que j'ai de vouloir continuer à aimer l'autre malgré un moment ses erreurs, malgré un moment ses erments, malgré un moment les difficultés qu'il peut y avoir. Merci. C'est le choix que l'on fait quand on a envie de continuer. À partir de là, on va maintenant rentrer un petit peu plus à l'intérieur de cette fameuse histoire d'bikourim. L'histoire d'bikourim comme on l'a vu, c'est quoi ? Si je suis sur cette terre, j'ai des fruits, j'arrive au temple, je les amène, je raconte la saga du peuple d'Israël au Cohen, au prêtres, il la connaît par cœur. Et le texte nous dit "Attention, tu m'armones pas, tu le dis à voix haute." que tu dois être capable non pas de lui dire à lui, mais tu dois être capable de le dire à toi-même. Comment tu vas te saisir de quelque chose qui te semble être banal pour pouvoir installer encore plus la relation d'amour que tu désires avoir vis-à-vis de ton créateur. Et on va rentrer là-dedans. Regardez, j'ai mon champ, j'ai planté. Ça y est, l'arbre commence à donner ses fruits et je repère. C'est-à-dire, je veux goûter au bonheur qu'il y a de réaliser que mon investissement porte ses fruits. C'est le cas de le dire. Donc je vais me forcer à vivre une émotion parce que lorsque vous voyez émerger les premiers bourgeons, lorsque vous voyez que cet arbre commence à porter ses premiers fruits, il y a un moment de bonheur et de joie de voir que les choses vont aller en se développant. La Torah te dit quand tu vois ces premiers fruits, prends le temps de les voir et remplis-toi de cette joie et de ce bonheur de réaliser que tu étais en train de faire aboutir quelque chose. Seulement, est-ce que tu es prêt à te connecter à la source ? Est-ce que tu es prêt à aller plus loin et à te servir de cela pour développer la relation que tu veux avoir avec ton créateur ? Au fond, on revient à ce principe qui est de savoir est-ce que j'ai envie de créer une relation d'amour et est-ce que j'ai envie de faire en telle sorte qu'elle perdure ? L'amour c'est un choix, c'est pas un état de fait. L'état de fait, c'est dans les films. La réalité c'est que c'est quelque chose que l'on choisit d'installer. J'ai envie de développer la relation d'amour vis-à-vis de mon créateur. J'ai envie de développer ma relation d'amour vis-à-vis de mon conjoint. Je le veux. C'est un désir, c'est un choix. C'est une volonté. Comme Isaac. Isaac se marie avec Rebecca va y av une fois qu'il mari là, il l'aime les petits gens. qui aime bien avoir une lecture réductrice du texisme. Bon de mot ça pas il a juste épousé après il va c'est une démarche dynamique. Il a créé la dynamique de l'amour il a fait le choix de l'aimer. Est-ce que j'ai envie de faire le choix d'aimer Dieu ? d'aimer l'autre ? C'est-à-dire, est-ce que j'ai envie de me donner les moyens de ressentir quelque chose qui va m'amener à n'avoir qu'un désir ? C'est d'être à l'écoute de l'attente qui démontre. Est-ce que j'ai envie de prendre ce risque ? C'est un risque parce que évidemment ça te transforme radicalement ton rapport à l'existence. faire le choix d'aimer, se donner les moyens d'être dans la continuité de cet amour en sachant quels sont les éléments qui pourraient un moment l'altérer et te donner en amont les éléments qui te permettront malgré ces événements de dans la continuité une forme de pragmatisme à l'intérieur de quelque chose qui relève a priori du romantisme. Je sais que dans l'histoire du peuple d'Israël à un moment, ce qui va se passer comme on le vit actuellement va nous interroger, on va traduire ça comme étant quelque chose qui était qui serait quelque chose de faillible chez Dieu, ce qui est faux. Mais on va dire ça, ça nous touche. C'est point qui ne va pas. Mais je dans la continuité. Comment je fais ? Je sais qu'avec mon mari, avec mon épouse, il y aura des moments dans lesquels les choses ne seront pas parfaites. J'ai envie malgré tout d'être dans la continuité. Est-ce que j'attends ou je travaille en amont ? Ce qui révèle qu'un projet est important pour nous, c'est qu'on arrive en amont à imaginer ce que pourrait être un moment les difficultés et se donner déjà les moyens de les surmonter. C'est là où en effet on voit si on veut qu'une histoire existe, si on attend de voir que les choses soient difficile pour commencer éventuellement à les régler, c'est qu'on n pas envie de créer une histoire. La preuve, c'est qu'à ce moment-là, on fera la balance entre un événement T qui nous pose problème et la peur que l'on a de ne pas vivre ce que l'on désire réellement parce qu'on a été incapable de voir déjà ce qu'on vivait auparavant. On est devant le Cohen et devant le Cohen lui dit "Ah, au fond, est-ce que je réalise je suis à Jérusalem ? Je suis au temple. Je suis avec un panier avec mes fruits. Malgré toute l'histoire complexe de mon peuple, malgré les tentatives permanentes de le détruire depuis le début et l'Égypte et tout le reste. C'est la même chose que vous allez ressentir et que l'on ressent quand le viion se pose à Borion. On est sur la terre d'Israël. Il y a 7h, on était dans notre appartement dans l'est, dans l'ouest, au centre de Paris. On a juste appelé appelé sur une petite application. Il y a une voiture qui est venue nous chercher et après il y a un aigle s'appelle qui nous a amené à température constante avec un repas cacher. Et on est là. Nos arrières grands-parents auraient rêvé d'un voyage de 3 mois pour éventuellement y accéder. C'est ce qui te permettra lorsque tu te retrouveras au bagage, même si ta valise n'arrive pas tout de suite, de diluer ce qui est objectivement quelque chose qui te dérange à l'intérieur de l'extraordinaire de ce que tu es en train de vivre. Notre problème à nous, c'est que on a appris à dire merci dans le monde des relations lorsqu'il se passe quelque chose mais on ne s'entend pas dire merci par rapport à tout ce qui existe. Et bikorim, c'est installer à l'intérieur de notre vie un modèle dans lequel on doit être capable sans le dire à l'autre de dire merci à l'autre, c'est-à-dire de se donner les moyens de prendre la mesure de ce que l'autre nous apporte, ne serait-ce qu'à travers sa présence. Je vais vous dire ce qui s'est passé matin. Ce matin est bouleversé. Il y a des présences qui ne sont plus là pour des enfants. L'autre est là, mais c'est énorme. Ton conjoint est là, c'est génial. Il faut qu'en plus il fasse des choses pour que tu prennes la mesure de ce qu'il t'apporte. Mais il y a des gens aujourd'hui qui rêvent d'une présence. Donc quand elle est là, est-ce que je suis capable déjà de prendre la mesure et de dire merci à moi-même ? Traduction de me dire mais c'est génial. Pour la Torah, le merci ne commence pas avec l'extraordinaire. Et quand je dis merci à l'autre, c'est avant tout pour m'entendre moi-même dire ces mots et pour prendre encore mieux la mesure de ce que l'autre m'apporte. parce que c'est ce qui permettra, comme je vous l'ai déjà dit, d'être dans la Ça me permettra de diluer ce qui risquerait de créer des ruptures. Ça permettra de faire fonctionner un monde dans lequel de toute façon il y aura à des moments ou à des autres des choses qui sont difficiles. C'est ce que Dieu dit à la tour de Babel. Le dit vous êtes lescendants d'Adam qui n'a pas su faire preuve de reconnaissance, c'està-dire qui n'a pas Alors à partir de là, on va rentrer un petit peu plus dans le concret de cette chose. Mais je crois que quand on prend la mesure de ce qui se joue, c'est là où on va pouvoir peut-être faire cet effort. Et je le redis à nouveau, pardonnez-moi si je me répète. Installer ce sentiment là est révélateur du désir que l'on a d'être dans la continuité d'une relation. J'ai envie de continuer à t'aimer. J'ai envie de continuer à ressentir quelque chose de fort pour toi. Donc je me donne les moyens de prendre la mesure de tout ce que tu m'apportes pour le jour où les choses ne seront pas dans la perfection absolue. ces éléments-l se diluent à l'intérieur de ce que j'ai installé parce que c'est cela que j'aurais mis en place dans ma vie au quotidien. au quotidien. De ce qu'on apprend ça ? Très simple. Le premier mot qu'un juif dit tous les matins quand il se lève. C'est pas le premier mot, j'ai toute la phrase le premier mot de la phrase c'est quoi ? C'est modé. Modé c'est quoi ? C'est merci. Mais c'est l'essence même de ce qui construit l'histoire d'un peuple qui veut créer une relation avec Dieu. Parce que le peuple d'Israël s'appelle le peuple des Juifs. Et un juif, ça se dit Yahoui. Et le terme de Yahhoui vient de la racine Hodaa qui veut dire remercier. L'essence même du peuple d'Israël, c'est la capacité de savoir être dans le remerciement. La tonalité que je veux donner à ma journée, c'est celle du remerciement. Sur quoi ? Sur quelque chose qui est du domaine de l'évidence et dont je ne souhaite pas découvrir l'extraordinaire si ça me manquait éventuellement. Parce qu'il serait dommage de découvrir le bonheur de l'évidence quand celle-ci ne l'est plus. C'est ce qu'on dit tous les jours. Tous les jours, on va commencer notre journée comme ça. Et ce sont les première phrase qu'on apprend aux enfants parce que là, on a envie que leur vie se construise autour de ça et qu'il se rappelle que rien n'est normal, que tout est cadeau, que l'évidence, même si elle est là parce que elle est au quotidien représente quelque chose d'incroyable. dit le verset. Mais de quoi tu te plains ? Tu vis le bonheur de vivre, le bonheur de savoir que l'on peut créer encore une histoire, que l'on peut créer un futur, il est extraordinaire. Mais pour y accéder, on va donc verbaliser. Il y a un maître qui s'appelait leim. Leim est un des plus grands maîtres qui a précédé la choa. C'est celui qui entre autres a remis à l'honneur, si je peux m'exprimer ainsi, toutes les règles qui ont trait à l'univers du langage, vigilance par rapport à la médisance, à la moquerie et cetera. Je suis connecté à ce maître parce que mon maître, mon père et mon maître a été l'élève de son élève. Ça veut dire que le maître de mon père a raconté à mon père et mon père m'a raconté. Et quoi ? entre autres une histoire de ce maître qui voyait poindre la choa avant même que le nazisme n'émerge. Qui voyait déjà la nécessité de penser que l'histoire d'Israël allait s'organiser un moment aussi sur sa terre. Et bien ce maître de temps à autre s'enfermer. Mais vous savez, quand vous êtes élève d'un maître, il faut toujours être un peu impertinent et aller glisser une oreille pour pouvoir apprendre ce qu'ils ne veulent pas que l'on voit de par leur modestie, mais que l'on doit savoir. et le rafetraim de temps et autres s'enfermaient dans une chambre et dans cette chambre il disait à voix haute il énuméré toutes les bontés qu'il avait reçu du créateur de l'univers. Et le rafetraim ne roulait pas en Rolls et leim était un maître qui pour vivre allait vendait ses propres livres. Chaque détail. On est souvent capable de se rappeler des détails de ce qui s'est passé dans la dernière dispute. Ça, on sait. Est-ce qu'on est capable de se rappeler de détails de tout ce que l'autre nous apporter dans un quotidien qui nous nourrit ? On est capable d'être dans le souvenir de l'extraordinaire. Mais ça s'arrête là. Ce sentiment de reconnaissance, il va nous amener à construire une relation à l'autre différente. Lorsque Moïse va quitter son beau-père à Getro qui au début quand il a accueilli n'a pas été très sympathique avec lui pour de multiples raisons. Il dit je peux pas partir sans qu'il me donne la permission. Dites-moi pourquoi il part là ? Qui lui a dit de partir là ? Vous vous rappelez du fameux épisode avec le buisson ardent dans lequel Dieu lui apparaît lui dit voilà tu vas partir maintenant en Égypte délivrer le peuple J'arrive je suis missionné par Dieu. Je suis missionné par Dieu. J'y vais. Je dis au revoir, je un homme poli. J'ai un ordre de mission du créateur de l'univers. Vous imaginez ? Moi j'ai dit non. Tant que j'ai pas la permission, je pars pas. En deux mots, la parole divine, elle est là, mais le sentiment de reconnaissance est tellement fort qu'il m'interdit à un moment de faire quelque chose qui pourrait peut-être affecter l'autre. Mais pourtant l'autre a aussi fait des choses qui ne sont pas très sympas. Mé il se rappelle de quoi ? De tout ce que l'autre a fait. Le sentiment de reconnaissance qui n'est pas juste un merci. Et celui qui m'empêche de faire quelque chose qui à un moment pourrait peut-être éventuellement faire souffrir l'autre. Et ici, quelle souffrance ! d'avoir l'impression que comme tu as une mission, alors tu pars. Et comme disait l'autre, puisque tu pars, n'est-ce pas ? Mais tu peux quand même dire au revoir quoi. Et le fait de me dire est-ce que tu m'autorises et bien me révèle l'importance que tu me donnes. Donc le doute que je pourrais avoir, regardez jusqu'à moi j'ai trop. trop qui croit en Dieu que peut-être maintenant Dieu est plus important pour Moïse que moi peut être éventuellement quelque chose qui l'affecte une histoire de fou. Mosché dit je ne veux pas que dit trop puisse éventuellement se sentir mal d'avoir l'impression que c'est la parole divine qui maintenant va être l'élément essentiel alors que lui quand même c'est le beau-père. Donc je lui dis "Dieu me demande de partir. Est-ce que tu m'autorises ?" C'est seulement quand il lui dit oui qui part. On est ici dans quelque chose de fou. Mais si la Torah nous le raconte, ça veut dire que c'est quelque chose qui nous concerne. Ça veut dire que le sentiment de reconnaissance n'est pas juste là pour installer à l'intérieur de nous la conscience de ce que l'autre est, d'être dans la continuité de la relation et plus encore d'une relation d'amour. C'est quelque chose qui doit nous amener à ne pas avoir envie que d'une quelconque manière notre posture dans la relation puisse créer chez l'autre. une quelconque forme de souffrance, c'est inimaginable. Nous, on s'imaginerait que bon, merci et cetera et cetera. L'autre de par le fait qu'il était source de mon bien-être, je dois être vigilant par rapport à lui et ne pas avoir une posture ou des mots qui pourraient éventuellement créer chez lui de malêtre, quelque chose qui l'embêtera. C'est la raison pour laquelle dans la vie certaines personnes ne veulent rien recevoir pour ne pas se sentir redevable et donc se sentir moins coupable dans leur dysfonctionnement relationnel. Méfiez-vous toujours des personnes qui ne veulent rien recevoir dans votre relation parce que ça veut dire que peut-être elles ont besoin de se sentir libre en ayant aucun sentiment. de remerciement par rapport à vous pour pouvoir se sentir bien lorsqu'elles agiront mal. C'est c'est bouleversant mais c'est la réalité du monde dans lequel on est. Accepter de se sentir redevable, c'est se donner les moyens de ne pas mal agir par rapport à l'autre. C'est-à-dire, je me nourris de ce que l'autre m'apporte pour pouvoir être sûr que je serai toujours dans une relation positive par rapport à lui parce que j'ai envie d'un monde dans lequel ce type de relation sont au cœur d'une société. qui a décidé par ailleurs malheureusement que l'on ne dit merci et que l'on ne ressent quelque chose de positif que lorsque l'autre a fait quelque chose d'extraordinaire. Et c'est la raison pour laquelle on a créé la société des droits de parce que si c'est un droit alors je n'ai aucune raison de ressentir une quelconque forme de reconnaissance. Et donc je me donne les moyens de créer un modèle dysfonctionnel dans la relation sans me sentir mal puisque ce que l'autre m'a appris m'a apporté ne correspond d'aucune manière à quelque chose visé de laquelle je devrais avoir la reconnaissance je me sens ce que l'on croit être La société par excellence des droits a créé le monde dans lequel nous sommes. Dans la Torah, nous n'avons aucun droit, aucun. Nous n'avons que des devoirs. Et une société se construit parce que tu as des devoirs et j'en ai aussi. Et lorsque chacun se pose la question de ses devoirs par rapport à alors il agit vis-à-vis de cet autre. Et comme je vois que l'autre a envie de faire exiter ses devoirs vis-à-vis de moi, j'ai de la reconnaissance par rapport à cette personne. Et à partir de là, l'histoire, elle se construit. Quand vous arrivez, vous êtes étranger dans un pays. La Torah nous dit l' ta mitri qui guerre à Ito. Tu ne peux pas un moment avoir une posture négative vis-à-vis de l'Égyptien. Il t'a accueilli sur cette terre. Ah d'accord. OK, il y a quand même eu des choses un peu moyennes avec l'Égypte. C'est ça. Tu ne peux pas développer quelque chose de négatif parce qu'à un moment il assumé ses devoirs par rapport à toi. À un moment ses devoirs se sont arrêtés et il a voulu t'utiliser. C'est une autre histoire. Mais l'histoire de ce qui ne va pas ne doit pas être une histoire qui fait disparaître les éléments qui vent. C'est comme dans la relation lorsque les personnes instrumentalisent le dysfonctionnement de l'autre pour prendre de la distance voire même créer les situations pour générer le dysfonctionnement pour mieux partir. Ça c'est dans le domaine de la perversion. Déjà, il y a des gens qui savent créer la situation qui va amener l'autre à réagir d'une manière qui leur permettra à eux de sentir moins mal de Posez juste une question. Est-ce que tu peux me parler de tout ce que l'autre t'a apporté ? Et si l'autre a besoin de réfléchir, alors je peux vous garantir que vous n'avez jamais vécu ensemble. Quoi ? Elle t'a jamais mis une tomate dans une assiette avec un peu de mozzarella ? Ça commence là. Quoi ? Il n'est jamais parti t'acheter les courses pour t'éviter de descendre les escaliers. Si vous avez besoin de réfléchir à ce que l'autre vous apporte, c'est que vous ne savez pas à vous bien sûr, c'est que la personne ne sait pas. Regarder sur l'arbre et découvrir les premiers bourgeons en voyant leur dimension extraordinaire. Si on a besoin de réfléchir quand on nous demande ce que l'autre nous apporte, c'est que au fond on n' pas vécu avec cet autre. Parce que la première chose que l'autre t'apporte, c'est cette réalité quotidienne qui même qui même s'il a installé parce que ça l'intéressait qu'on le veuille ou pas en était le bénéficiaire. Parce que arrêtons d'imaginer que la valeur de ce que l'on reçoit est définie par l'intention que l'autre a de nous apporter. Ce que je reçois qui provient de l'autre a une valeur. Son intention, c'est son histoire. Mais moi, je dois être capable de reconnaître ce que l'autre m'a apporté. Et je vais conclure là-dessus. Ce que l'autre m'apporte aussi, c'est sa difficulté. parce que l'autre dans sa difficulté m'oblige à grandir et quelque part source de quelque chose de nouveau dans mon existence. Je crois que tout parent qui se respecte doit être capable de dire merci à ses enfants qui l'ont obligé à devenir lui un peu plus grand, plus adulte. de ces enfants qui lui ont permis de savoir relativiser, de savoir où était l'essentiel, où était l'accessoire, de faire un travail sur sa colère, sur sa renœur, sur sa dureté, qu'on le veuille ou pas. Et ça, c'est l'état d'esprit que l'on doit essayer d'installer à l'intérieur du clan Israël. Alors bien sûr, c'est difficile de dire merci lorsque l'on est confronté à quelque chose de difficile parce que découvrir qu'à travers ce qui est difficile, il y a quelque chose de plus grand qui est en train de s'installer dans notre histoire n'est pas simple et on préférait y accéder autrement. Mais dans une relation, parfois on peut dire à quelqu'un merci pour les claques symboliques qu'il nous a donné qui nous ont permis de savoir quelles sont les erreurs à ne plus commettre dans une relation. On préférerait l'avoir appris autrement, mais qu'on le veuille ou pas, de manière ultime, on peut même accéder à cela. Ne commençons pas le plus complexe, commençons d'abord par la réalité du quotidien, par cette personne qui nous dira quels sont les éléments que tu as préparé dans la relation pour être dans la continuité de celle-ci et ce quels que soient les moments de vie que vous allez passer ensemble, ne serait-ce que ça, ça serait déjà extraordinaire. M.