Rav Elie Lemmel nous offre une leçon de vie, à méditer et à appliquer dans notre quotidien, que la Torah et la tradition juive retiennent de la paracha Pinhas. Le Rav pour traiter le thème de cette conférence "Apprendre à être courageux" soulève un certain nombre de questions et nous offre les réponses concrètes que la Torah et nos Maîtres nous proposent :
Parmi les thèmes abordés :
- La peur de l’échec ou du regard des autres m’empêche-t-elle d’être moi-même ?
- Puis-je identifier ma part narcissique dans mon aide à autrui ?
- Mon énergie est-elle tournée vers moi ou vers l’autre ?
- Le danger vient-il de nos représentations plus que de la réalité ?
- Est-ce qu’une pratique religieuse isolée du monde a une valeur ?
- L’homme est-il libre s’il est prisonnier de son intellect et libre dans son imaginaire ?
- Est-ce que j’agis parfois sous couvert d’altruisme pour nourrir mon ego ?
- En quoi le refus de Hanania, Mishaël et Azaria constitue-t-il un acte religieux majeur ?
- Une vérité spirituelle sans impact sociétal est-elle encore une vérité ?
- Que révèle le roi de Cassia sur la justice ?
- Est-ce que j’ai peur de m’engager parce que je reste dans une logique de réception et non de don ?
- Suis-je capable d’un vrai don désintéressé ?
- Suis-je prêt à renoncer à ce que je veux si cela nuit à autrui ?
- Est-ce que mes paroles ou attitudes provoquent de la toxicité chez l’autre ?
- Suis-je capable de m’engager sans garantie de retour ?
- Puis-je affronter une vérité inconfortable sur moi-même ?
- Quelle est la vision du courage selon la Torah ?
- Mon entourage proche bénéficie-t-il de mon altruisme ?
- Une éthique peut-elle exister sans responsabilité envers l’autre ?
- Est-ce que j’aide l’autre à se construire, ou je l’oblige à se protéger de moi ?
- Est-ce que je mesure le poids de mes actes sur le regard que les autres portent sur la vie ?
- Suis-je motivé par l’envie d’être applaudi ou par une vraie responsabilité ?
- Suis-je sélectif dans mon altruisme en fonction du retour espéré ?
-...
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Transcription
Kind: captions Language: fr [Musique] Bonsoir à toutes et à tous. Ce soir, le thème qu'on va essayer de développer ensemble, c'est on va travailler sur la notion du courage. D'accord ? Alors, pourquoi est-ce qu'on va travailler sur cette notion ce soir ? Évidemment, comme vous le savez, d'habitude, on regarde toujours la parachat de la semaine et on va, si vous le voulez bien, regarder la parachat de la semaine dernière et celle qu'on va lire cette semaine avec un personnage très particulier qui s'appelle Pinhas et qui va nous ouvrir un petit peu à ce concept du courage, en tout cas tel que la Torah le voit. Alors, on va en premier lieu se rappeler du contexte. On se rappelle que la semaine dernière, nous avions vu donc cette fameuse tentative que vont avoir deux personnages dans l'histoire qui s'appelle Balak et Bilham pour faire disparaître le peuple d'Israël. Pourquoi est-ce qu'ils veulent le faire disparaître ? Ben parce que le peuple juif pose problème. C'est-à-dire, on n'est pas ici dans un conflit territorial. On est ici dans la peur de la rencontre avec un peuple qui va s'installer sur sa terre et qui donc à travers son installation sur une terre va proposer à l'univers une autre vision du monde tout en fonctionnant comme tout à chacun. Le peuple juif pose pas de problème tant qu'il est dans le désert. C'est-à-dire tant que vous êtes dans un environnement un petit peu spécifique, particulier quelque part, vous avez vos truc, si je peux m'exprimer ainsi, vous avez votre modèle et puis salut tout le monde. Par contre, dès le moment où vous êtes a priori comme tout le monde, c'est-à-dire que vous construisez un système dans lequel vous avez une politique, dans lequel vous avez une économie, dans lequel vous avez une armée, c'est-à-dire un modèle qui ressemble à tous les autres, mais avec une manière différente d'appréhender l'existence. Évidemment, les choses sont totalement différentes parce que vous interpellez les mondes qui vous rencontrent. Il y a une très très une histoire très célèbre à propos du roi Alexandre. Alexandre que l'on appelé Alexandre de Macédoine, Alexandre de Grand, le grand pardonnez-moi, grand conquérant devant l'Éternel dit le maître disent "Nom maître un jour va se retrouver face à une rencontre qui est celle qu'il a avec celui que l'on appelle Méer Katsia, c'est-à-dire le roi d'un pays qui s'appelle Katsia." OK ? On va essayer de comprendre le sens de ce mot. Et lorsqu'il rencontre ce roi et bien il découvre un nouvel univers et ce roi lui dit "Écoute, pour l'instant, je n'ai pas le temps de te rencontrer réellement, mais si tu veux, pose-toi à côté de nous, car nous sommes en train d'effectuer un jugement." et tu vas peut-être un petit peu découvrir notre royaume à travers la manière dont tu vas voir comment nous allons juger cette situation. Alors Alexandre est très intéressé, il se pose et puis il voit arriver deux protagonistes et les deux protagonistes disputent à propos d'un champ. Alors le premier dit et évidemment on s'attend à la chulante, il dit voilà, j'ai acheté ce champ de monsieur X donc cette personne qui est en face de moi. Et lorsque j'ai commencé à mettre ma charrue que j'ai commencé à labourer, à un moment le socle de la charrue a heurté un objet. Je l'ai dégagé du sol et j'ai découvert un trésor. Alors immédiatement, on s'attend à la suite. Dis donc le trésor m'appartient. Or le problème c'est qu'il dit pas du tout ça. Il dit donc moi je suis désolé mais moi j'ai acheté un champ. J'ai pas acheté un trésor. Et donc c'est la raison pour laquelle je considère que ce trésor appartient au vendeur du champ. Et le vendeur du champ dit mais pas du tout. Moi, je t'ai vendu un champ, ben maintenant tu as eu de la chance, tu as trouvé un trésor, il est à toi. Alors, Alexandre entend cela, il est légèrement décontenancé mais il attend de voir la suite. Et mais l'arcattier entend chacun qui argumente pas du tout qu'on achète un champ, on achète juste un champ et pas ce qu'il y a dedans. Et l'autre il dit "Mais pas du tout quand on achète un champ et ben s'il y a quelque chose de daner à toi là argument. Comment fait-on ? Et Meler Katia dit "Ben écoutez, vous avez des enfants, regardez si éventuellement il peut y avoir une rencontre mariage et si vos enfants se plaisent et qu'ils se marient ensemble et bien le trésor appartiendra au jeunes couple." Génial. Et Mara Cassia se tourne vers à ce moment-là Alexandre et lui dit "Tu as l'air surpris, aurais-je fait un mauvais jugement ?" Alors il dit non je suis un peu surpris mais demande meria alors chez vous comment on juge un truc pareil et merkatia dit c'est très simple chez nous Alexandre va lui dire chez nous on prend les deux protagonistes on les condamne à mort et on récupère le trésor regarde lui dit dis-moi Alexandre dans ton royaume le soleil se lève dit ben oui. Vous avez des animaux ? Oui. Il dit c'est sans doute par le mérite de vos animaux que le soleil se lève. Pour l'instant, vous voyez pas le rapport avec le sujet, on y arrive tranquillement. Alors, évidemment, faut comprendre ce cette histoire et vous savez que comme dans tout texte almudique, chacun des mots est à analyser en tant que tel. Tout d'abord, ce roi qui s'appelle Méerkatsia, le roi de Katsia. Katsia vient de la racine Kets. Kets, ça veut dire la fin, la finalité. Vous savez que l'on appelle l'époque du Messie comme étant l'époque du KS de la fin. C'est-à-dire qui nous renvoie à l'idée que l'univers a un but, qu'il y a une finalité. Il est celui qui représente un monde dans lequel la question de la finalité est présente chez l'individu. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose vers lequel on tend. Et évidemment à ce moment-là, l'état d'esprit de l'univers dans lequel on se pose la question de la finalité ultime n'est plus du tout le même. On est dans un monde dans lequel on ne cherche pas à ramener les choses à soi, mais à faire quelque chose avec ce que l'on a. Et j'ai presque envie de dire que plus tu as, plus ça crée de responsabilité. C'est-à-dire quand l'un dit mais c'est à toi, il est en train de lui dire mais je ne suis pas sûr que je pourrais assumer la responsabilité que va créer chez moi ce trésor supplémentaire. En des mots, en deux mots, posséder et avoir, c'est une responsabilité supplémentaire qui se crée chez l'individu. Et qu'est-ce qu'il dit ? Mais Katsia dit oui, je comprends. C'est-à-dire ça ne heurte pas parce que dans un monde dans lequel on est Catia, c'est-à-dire on se pose la question de la finalité, et bien évidemment chacun se pose la question de la responsabilité qu'il a et peut-être de la nécessité qu'il a de dépasser sa propension à vouloir amener les choses à lui pour justement s'élever. C'est-à-dire moi, je trouve un trésor, j'ai qu'une envie, c'est de le prendre. Et plus encore, c'est a priori ce trésor est dans le champ que j'ai acquis, j'aurais je vous garantis tous les arguments nécessaires pour expliquer ben mon cher ami, je suis vraiment désolé pour toi, fallait le chercher avant, tu l'as pas, ben maintenant, c'est à moi. Pourquoi ? parce qu'au fond ce qui m'intéresse c'est moi et moi-même. Parce que la notion du dépassement qui se crée à travers une situation qui s'offre à moi ne fait peut-être pas partie de mon modèle de fonctionnement. Et qu'est-ce qu'il dit ? Mais Katia dit au fond : "Votre état d'esprit à vous deux est celui que l'on doit avoir et le nouveau couple qui va se créer, c'est tout simplement le symbole de celui qui va transporter cet état d'esprit dans l'histoire." Cette histoire- làà au fond, elle nous ouvre à ce que doit être l'état d'esprit du peuple juif dans sa rencontre avec l'univers dans lequel il se trouve. Or, être prêt à l'assumer, à le vivre face à Alexandre le Grand demande cette notion de courage. Le point de départ de l'univers du courage, c'est de ne pas avoir peur de se positionner face à celui qui symbolise la réussite, c'est-à-dire Alexandre le Grand. Alexandre le Grand, c'est celui qui en effet le grand, le conquérant, celui qui en effet va imposer à une grande partie de l'univers son leadership. C'est celui qui donc à travers ce qu'il est l'expression de la réussite. Et tout le monde en effet se soumet à ce leadership. Et on se retrouve maintenant derrière les montagnes des ténèbres. En vérité, elle dit le texte, c'est de l'autre côté de la montagne. C'est-à-dire, on est maintenant dans un autre univers, dans un autre univers dans lequel on est en train de dire "Mais ce n'est pas du tout comme cela que nous appréhendons l'existence." Mais qui propose cette vision là ? C'est un système. C'est pas un individu. C'est pas Pierre Paul et Jacques, c'est pas le grand rabin, c'est pas le le grand gourou. Alors qui lui, en effet se positionne un petit peu différemment. Mais l'erkatia, c'est un roi. C'est un roi, c'est-à-dire c'est un royaume, c'est un système. Donc un système qui n'a pas peur à un moment de s'inscrire en faux par rapport à ce qui semblerait être l'expression de la réussite, c'est-à-dire Alexandre le Grand. Le premier courage et comment est-ce qu'on y accède, c'est ce qu'on va essayer de développer ensemble. C'est le fait de ne pas avoir peur de construire un système qui va s'inscrire en faux par rapport aux univers dans lequels on se trouve et qui dans la logique humaine n'est pas celui qui peut péréniser une histoire, mais paradoxalement c'est celui qui va traverser l'histoire. C'est le courage du peuple juif. à l'intérieur de l'histoire qu'il va traverser. Cette semaine, on va voir justement un personnage. Ce personnage s'appelle Pinas. Pinas, en vérité, où il arrive ? Il arrive à un moment très particulier. C'est le moment dans lequel Bilam et Balak, c'est-à-dire ces deux personnages complètement complémentaires, se sont réunis pour pouvoir faire disparaître le peuple juif. Bilham et Balac. Balac en se sais armam, ça vient de la racine bolea en voulant les absorber, c'est-à-dire en voulant les assimiler. Mais dans les deux cas, il y a un objectif qui est lequel ? c'est de faire en telle sorte que le peuple d'Israël, en tant que peuple ne puisse pas être présent pour ne pas remettre en cause les univers dans lequel il se trouve. Traduction. Le peuple juif révèle que le courage d'être soi, c'est la capacité, non pas juste d'exprimer une singularité dans quelque chose qui n'est pas bouleversant, mais d'être capable de la vivre dans tous les domaines de son existence. Parce qu'il n'y a pas de courage à être dans une forme de pratique religieuse au quotidien parce que tous les univers ont leur pratique mais s'inscrire dans une vision beaucoup plus différente de la vie qu'on les univers dans lequels on se trouve tout en nous inscrivant dans un quotidien qui paraît être identique au l'UR, ça ce n'est pas simple parce que tu sais dès le début que tu remettras en cause. Et si tu remets en cause, soit tu seras inspirant, soit on cherchera à te faire disparaître. Le premier courage, c'est de prendre le risque d'être pleinement soi, de ne pas chercher à plaire avec en effet cette possibilité de nous voir être mis au banc de l'histoire parce que la remise en cause est quelque chose qui de manière générale est insupportable. Pas simple. La pratique, vous savez religieuse, c'est très bien, mais quelque part toutes les systèmes ont leur pratique. Les rituels sont là partout. Dans la mesure où vous avez des rituels un peu partout, vous avez un rituel A, il y en a qui a un rituel B, il y en a qui a un rituel C. Au contraire, on trouve ça très sympa. Vous savez, ce sont ces voyages un petit peu que l'on peut faire dans les pays d'Orient ou d'Extrême Orient dans lequel on va être à la découverte des autres religions. On va prendre plein de photos, on va trouver ça très sympa. C'est peut-être pas notre truc mais c'est très sympa. Et quelque part, ça ne nous pose aucun problème. Pourquoi ? Parce que dès le moment où c'est une forme de pratique religieuse mais qui quelque part n'inscrit pas une vision du monde radicalement autre, au fond ça ne pose pas de problème. Le premier courage dans la Torah, c'est celui de qui ? C'est celui de Abraham qui lorsqu'on lui dit "Tu mets de côté ton idée de vouloir proposer à l'univers le concept d'un Dieu unique, et bien n'a pas peur, il y a le courage de rentrer dans cette fameuse fournaise sans savoir ce que sera la suite." C'est-à-dire qu'au fond, la force d'Abraham, c'est quoi ? La force d'Abraham, c'est d'être capable de se dire est-ce que c'est mon histoire qui est importante ou est-ce que c'est le message que je fais passer qui va être fondamental ? Abraham ne se pose pas la question de savoir si en effet c'est son histoire qui est importante parce que pour lui c'est le message qui véhicule qui va être fondamental. C'est pas simple parce qu'Abraham connaît pas la suite. Et quand tu connais pas la suite, quelque part entreprendre une démarche telle que la sienne est très bouleversante. Alors qu'Abraham aurait très bien pu se dire "Je suis croyant, j'ai une relation avec le divin, salut tout le monde. Ça vous intéresse Mazalto, ça vous intéresse pas, c'est pas grave, vivez votre vie superbe." Donc Abraham au fond a cette liberté de se recentrer sur lui-même, de se dire "Je pense être dans le vrai. Ceux qui ont envie d'adhérer adhèrent, ceux qui ne veulent pas adhérer n'adhéreront pas." Surtout qu'à l'époque, les gourous qui rentrent des cartes bleues et d'échec une fois qu'ils ont ramené à eux les individus, ça n'existe pas encore. Le courage d'Abraham, c'est quoi ? C'est de s poser la question de la responsabilité qu'il avait par rapport à C'est-à-dire de ne pas être dans une forme d'égocentrisme spirituel qui est au fond très agréable. Je suis dans la vérité, salue tout le monde. Mais de se rappeler que il a une responsabilité par rapport au monde dans lequel il se trouve. Et cette responsabilité évidemment risque de générer un inconfort, mais c'est ça au fond qui est le sens même de sa vie. Développer cette notion de courage ne peut exister que dans la mesure où cet état d'esprit est présent chez nous. Parce que de manière générale, les personnes lorsqu'elles sont confrontées à une situation et bien ont tendance et c'est normal à faire une forme de avoir une forme de réflexion dans le bénéfice qu'elles peuvent retirer de leur investissement et le danger qu'elles peuvent vivre par ailleurs. Et à partir de cela, elle cherchent à faire la balance. C'est ça me rappelle un petit peu ces paysans belges qui ont sauvé ma belle mère pendant la guerre. Mais alors comme quoi l'histoire elle tient à rien parce qu'évidemment que la mère de ma belle-mère Zanavivra payait il y a un beau jour elle avait plus de quoi payer et ce paysan rencontre le curé et lui dit tu sais voilà j'ai des juifs que je cache mais ils ont plus de quoi payer je fais quoi est-ce que ça vaut la peine de prendre le risque alors que je reçois rien en échange le seul argument qu'il a entendu ce brave homme c'est écoute la guerre est en train de se terminer Ils t'ont toujours payé, ils te payeront sûrement après. Alors vas-y, tu peux. Il a fait la balance, il a décider de les garder et après la guerre, ils ont payé, il a reçu. Alors, il a le mérite de l'avoir fait. Mais quelque part, lorsque je suis en train de faire une balance entre ce que je peux retirer par rapport à moi et le danger éventuel, ce n'est pas du courage, c'est du business. C'est-à-dire à un moment quel est mon intérêt et quelle est la prise de risque ? Et à partir de là, j'évalue et c'est l'intérêt personnel qui est au centre. C'est moi qui suis au centre et j'évalue. La notion du courage telle que la Torah nous la propose à propos d'Abraham. C'est quoi ? C'est celui pour qui la notion de l'intérêt personnel ne veut rien dire puisque il ne pense sa vie qu'à travers la mission qui est la sienne. À partir de là, le modèle de raisonnement n'est plus du tout le même. Quelle est ma responsabilité par rapport à une situation pareille ? Et à partir du moment où je comprends quelle est ma responsabilité, je l'assume, le reste ne m'appartient pas. Et ça bien sûr comme on l'a vu au début du texte c'est avec Merkatsia. C'est dans l'univers du dans lequel le roi c'est Katia, c'est-à-dire dans lequel on se pose la question de la finalité. Si je suis ma propre finalité, quelque part, j'évaluerai toutes les situations en fonction de ce que je peux en retirer au niveau du bénéfice. Si je ne suis pas ma propre finalité, à ce moment-là, je pense ma relation aux situation de vie fonction de ma responsabilité. La question, est de savoir comment est-ce qu'on développe et comment est-ce qu'on construit ça à travers cela. Bien, on va reprendre toujours Abraham. Abraham au fond qui fait le premier preuve de ce courage à travers un positionnement qui est l'expression de la responsabilité qu'il assume pleinement dans l'univers dans lequel il se trouve, c'est-à-dire de partager quelque chose qui donne du sens. Qu'est-ce qu'il motive ? C'est l'amour de l'autre. Je ne peux pas m'imaginer à un moment ne pas avoir partagé avec l'autre quelque chose qui peut changer sa vie. Après, il en fera ce qu'il veut. C'est c'est comme dans les relations humaines. Je ne peux pas ne pas te dire les choses, tu en feras ce que tu veux, mais je t'aime suffisamment pour prendre le risque de te dire des choses qui peuvent te déplaire, mais parce que je n'ai pas envie qu'un jour tu puisses me dire pourquoi tu ne me l'as pas dit. Alors, il y a la manière de le dire, il y a l'élégance des mots, il y a savoir qu'est-ce que l'autre peut entendre, qu'est-ce que l'autre ne peut pas entendre évidemment parce que si vous balancez à quelqu'un des choses de manière brutale, c'est inaudible. Donc justement, c'est là où la subtilité doit être présente. Mais au fond de nous-même, ce qui nous importe, c'est si je sais pourquoi je ne dis pas, comment je dis, de quelle manière je dis. Parfois, je dois dire en ne disant pas mais à travers des non dit, je fais passer un message. Ça c'est tout le travail qu'on doit faire à notre niveau en analysant qui on est en face de nous et dans quel moment de vie se trouve et la capacité qu'il a d'entendre. Donc ça provient de quoi ? de l'amour de l'autre. Dès lors que l'autre représente quelque chose pour toi et non pas juste une ressource qui peut être là au bénéfice de ta propre existence, alors la notion de courage peut être présente parce que le courage se révélera dans la manière dont tu es capable de t'investir dans une situation dans laquelle ce n'est pas juste toi mais c'est l'autre qui est en jeu. Parce que mon courage me concernant, c'est normal, c'est mon courage animal. C'est-à-dire, je fais preuve de courage pour me sortir moi-même d'une situation un peu embêtante. Quel courage il a réussi. Bah oui, j'espère bien. Évidemment que tu vas faire preuve de courage puisque tu es le premier concerné. Ce qui va être intéressant, c'est quand il s'agit de l'autre. Ce qui va être intéressant, c'est qu'est-ce qui va faire que je vais opérer un mouvement vis-à-vis du tiers. Je vais opérer un mouvement vis-à-vis du tiers parce que justement cet état d'esprit du don fait partie de moi-même. Pinhas lorsqu'il intervient, lorsqu'il voit en effet le dysfonctionnement qui peut exister à l'intérieur du peuple juif, c'est-à-dire lorsqu'il fait le constat que malheureusement on le tire vers le bas en l'amenant à se retrouver dans une relation très animale à la vie, c'est-à-dire vivre ses pulsions dans la dimension de l'instantanéité, il pourrait dire c'est leur problème, hein. Vous voulez faire les idiots, ben c'est votre problème. Traduction. dans notre réalité du monde, je te vois fumer un peu trop cheat ou alors te mettre à la coque. C'est ton problème. Non non, je peux pas. Je peux pas, je peux pas. Pourquoi ? Parce que je ne peux pas imaginer quelqu'un vis-à-vis duquel je pourrais intervenir et je n'ai rien fait. Et c'est d'ailleurs ce que le verset va nous dire. Traduction, tu ne peux pas te tenir debout sur le sang de l'autre. Traduction, tu ne dois pas pouvoir imaginer à un moment. Tu ne dois pas pouvoir imaginer un moment, rester là et faire le constat de la souffrance potentielle de l'autre et de ne pas avoir tenté d'agir d'une quelconque manière. Donc ça ça se construit comment ? à travers justement l'état d'esprit d'Abraham qui est celui du don. Abraham lorsqu'il rencontre l'autre, cet autre représente pour lui celui à qui peut apporter quelque chose. Et quelque part, apporter à l'autre c'est renoncer à quelque chose qui est à soi. Et c'est ça au fond, ce courage de ne pas se mettre au centre mais de se voir comme étant vecteur de quelque chose. Ça c'est Abraham. Et ce qui va être très intéressant, c'est qu'on va rencontrer dans l'histoire et bien ce qui nous amènent à la fin des temps, c'est-à-dire trois personnages dont je vous avais, je crois une fois parlé dans un cours ou peut-être pas, j'en sais rien parce que quand vous donnez plusieurs cours, sais plus où vous avez dit quoi. Ces trois personnages qui s'appelaient Hanania, Michel et Azaria. Vous rappelez ou pas ? Non. Oui. Non. Vous en rappelez ? Bravo. Il y en a qui se rappellent. C'est pas pour une interro mais c'est tout comme. Alors je le rappelle très rapidement qui sont Hanania, Michel et Azaria sont trois jeunes qui ont 15 ans et qui se retrouve face au roi Nabucodonosaur qui leur dit prosternez-vous prosternez-vous devant l'idole que j'ai fait dans la vallée de la Doura. Et les trois vont chez le prophète Ézéchiel et ils disent "On fait quoi ?" Ezéchiel dit tellement de monde, faites semblant, passez vite fait et puis vous prosternez pas et tout ira bien. Pas mal comme technique. Ranania, Michel et Azaria, il disent non. Pourquoi ? Parce que si on ne proclame pas qu'on ne se prosterne pas, les gens penseront que c'est dans le domaine du possible. Quelque part, on risque d'induire chez eux une vision inexacte des choses. Je ne veux je ne veux pas être à l'origine d'un dysfonctionnement chez l'autre. Ah mais tu prends un risque et le risque il va être sacrément fort puisqu'il va les jeter aussi dans la fournaise dont ils sortiront vivant. Mais je ne peux pas imaginer à un moment être source de quelque chose qui puisse être pour l'autre un dysfonctionnement. Ça veut dire que le courage c'est quoi ? Le courage c'est de ne pas générer à travers ce que nous sommes quelque chose de négatif chez l'autre. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire je n'ai pas envie de créer chez l'autre la possibilité d'un dysfonctionnement. Et donc ça serait quoi le dysfonctionnement que je pourrais créer chez un tiers ? Avoir une posture, une attitude qui pourrait générer chez lui quelque chose de toxique comme de la colère, comme de la ranqueur, comme toutes sortes de mouvements qui au fond sont toxiques pour l'individu et qui peuvent le tirer vers le bas. C'est le courage de faire un travail sur soi dans des situations de vie dans lesquelles si on ne le faisait pas, on pourrait amener l'autre à dysfonctionner. Je ne suis pas intéressé à être à la source du dysfonctionnement de l'autre. Et ça c'est pas simple parce que parfois je peux dire moi je fonctionne normalement, j'y peux rien si l'autre à ce moment-là ne réagit pas comme il se devrait. Qu'à la limite je le travail de pêtre, pardonnez-moi l'expression à sale type. Pour ne pas amener l'autre à fonctionner de manière négative, je peux l'entendre. Mais parfois on sait que la personne, elle va être stressée pour un truc ridicule. J'y peux rien. Si parce que un moment j'ai parlé normalement, l'autre considère que je lu pas parlé normalement et donc il s'énerve, c'est son problème, on est d'accord ? Non. Non. C'est-à-dire être capable à l'image de Hanania, Michel Lazar de se dire "Nous là-dedans, on n' pas fait mal. Non, on s'est pas prosterné. Ah ! Maintenant, peut-être que quelqu'un risquerait de trucs et cetera, on y peut rien et je peux rien y faire. Quoi ça veut dire que je dois faire cet effort qui ici est colossal puisque il y a une prise de risque énorme pour ne pas amener l'autre éventuellement lui-même à dysfonctionner. Mais il est grand, il est adulte. En deux mots, pourquoi je devrais faire l'effort de te sourire de peur qu'à cause de ça, tu passes une mauvaise journée ? J'y peux rien. Si parce que je te souris pas, tu passes une mauvaise journée, c'est ton problème. Je t'ai pas insulté. Mais si je peux être à l'origine de quelque chose de négatif chez l'autre, ça ne m'intéresse pas. À force, si je ne génère pas juste chez l'autre quelque chose de négatif, mais je crée chez lui un fonctionnement qui est négatif, comme de la colère, comme de la ranqueur, comme ce que vous voulez. Vous savez que dans la Torah, le 10e des commandements, il est très curieux. Il est a priori incompréhensible. Les 10 paroles. Le dernier très bizarre, l'armot, tu ne convoiteras pas. Je vois un truc qui qui me plaît bien. J'ai le droit d'avoir envie, d'accord ? Surtout si c'est pas quelque chose interdit. L'armot, c'est très complexe. C'est-à-dire il faut pas avoir envie de prendre ce qui est à l'autre. C'est-à-dire je vois ton renoir, je n'ai pas le droit d'avoir envie de te l'acheter. Alors ça serait tout un sujet en tant que tel. Mais ce qui est intéressant c'est que nos maîtres cré une autre lecture. C'est quoi ? Il dit l'idérie pas chez l'autre la convoitise. Attends, excusez-moi, je suis ce que je suis. Pose-toi la question si tu ne crées pas une posture qui risquerait d'amener l'autre à avoir envie de prendre ce qui est à toi. Ouais. Alors ça veut dire que tu vis normalement mais si à un moment tu sais qu'en exhibant un peu trop telle et telle chose, tu peux créer la convoitise, mais fais attention. En deux mots, ça serait tout un cours, il serait passionnant. C'est les limites du rapport de séduction. Si en effet je veux être quelqu'un de séduisant, je peux créer chez l'autre un sentiment de convoitise, la Torah me demande de m' de m'interroger. C'est ultra fin. C'est très très fin entre le fait d'être soi-même et de chercher à te convoité. Mais en vérité, je pense qu'on sait très bien ce qui se passe dans notre tête. Qu'on est nous-même et qu'on est dans une stratégie de visibilité. C'est deux choses totalement différentes. Tu es toi-même. Rapporte l'histoire d'une femme qui était extrêmement belle et qui priait tous les jours pour que les hommes ne fantasment pas sur elle. Moi, j'ai une solution pour elle. Fais-toi moche. Prends une robe sac machin, c'est pas très compliqué de coiffe pas les cheveux. Non, elle est ce qu'elle est. C'est-à-dire la Torah te demande pas un moment de te dénaturer, mais te demande de réfléchir sur au moment où tu existes, à travers ce que tu es ou à travers ce que tu as. Enfin, tu n'existes pas à travers ce que tu as, sinon tu existes pas. Mais au moment où tu existes et que tu es là dans le monde avec ce que tu es, ce que tu possèdes, est-ce que tu t'interroges sur le fait que tu pourrais être à l'origine d'un regard de convoitise chez l'autre qui ne te touchera pas d'ailleurs, mais qui pourra l'amener lui-même à transgresser cet interdit ? Vous voyez jusqu'à où ça va. Pourquoi ? Parce que tu es pas intéressé à être à l'origine d'un dysfonctionnement chez l'autre, ça t'intéresse pas. C'est la prière de cette femme. Elle est calée. Elle va pas devenir moche. Quelque part elle dit "J'aimerais pas être celle qui amène un homme à avoir un regard et une pensée qui au fond n'est pas bonne pour lui." C'est pas qu'elle a peur hein, elle va très bien. Elle a quelle gard du corps, tout va bien. J'ai pas envie d'être source. J'ai pas envie d'être créateur de quelque chose qui peut à un moment tirer l'autre vers le bas. Je ne suis pas intéressé à avoir une posture qui risquerait d'amener l'autre à se mettre en colère. Et pour ça, faut faire preuve d'un sacré courage parce que ça demande un vrai effort. Parce que au fond le courage c'est quoi ? C'est quelque chose qui nous demande de faire un effort et un dépassement de nous-même. Nous, la plupart du temps, on voit le courage comme étant le bonhomme qui arrive ta salut, j'arrive avec les gros bras et qui oui, c'est une forme de courage mais qui demande une volonté. Et au fond, le courage, c'est d'être capable d'utiliser cette volonté vis-à-vis de quelque chose qui n'est pas tourné vers nous. Quand le bonhomme il court pour te sauver, quelque part il pense à qui ? Il pense à toi. Donc au fond, il utilise son énergie, sa volonté parce qu'il est tourné vers l'autre. Mais quand j'utilise mon énergie, ma volonté pour ne pas t'amener toi à te retrouver, à te mettre en colère et pour que tu ne te mettes pas en colère, je fais un travail sur moi-même pour ne pas être à l'origine de ta colère, c'est parce que c'est toi qui m'intéresse. On est dans le même principe. Si ce n'est que dans un cas, c'est très visible. parce que tout simplement c'est physique, il s'est précipité au secours de l'autre et c'est très beau et c'est merveilleux mais quelque part c'est la même chose que quelqu'un qui est scoriste et qui quelque part met sa volonté au service de l'autre. Pour la Torah, c'est ça le courage. Ça veut dire qu'on ne peut pas imaginer l'univers du courage si on ne fait pas d'abord un travail sur la place que représente sur la place qu'à l'autre à l'intérieur de ma vie. Qui est l'autre ? Qu'est-ce qu'il représente pour moi ? Dès le moment où l'autre est au centre, dès le moment où ce qui m'intéresse, c'est ce que je peux lui apporter. Dès le moment où je réalise que la première chose que je peux lui apporter, c'est quoi ? C'est ma non toxicité parce que ce que je donne à l'autre, c'est la possibilité de ne pas avoir besoin de se protéger de ma toxicité pour pouvoir construire son histoire. À ce moment-là, on rentre dans le monde du courage. Faut être sacrément courageux pour faire un travail sur soi, pour être le moins toxique dans le monde des relations. Mais le problème, c'est quoi ? C'est que c'est pas applaudi. Voir même c'est dénigré. C'est-à-dire le courage de celui qui est capable de sauver l'autre, on l'applaudit, mais le courage de celui qui entreprend un travail sur lui-même pour ne pas générer chez l'autre soit des éléments de dysfonctionnement, soit pour ne pas obliger l'autre à utiliser ses ressources et ses énergies pour se protéger de son dysfonctionnement. C'est pas simple parce qu'au fond ça sera pas applaudit parce qu'on n'est pas dans un monde dans lequel on valorise ça. Et ça en effet c'est un petit peu ce fameux courage d'Abraham, c'est-à-dire de celui qui dit "Mais je mets de côté ma propre histoire parce que mon histoire elle passe à travers la responsabilité que j'ai dans l'univers dans lequel je me trouve. et c'est au cœur même de cette notionlà. Alors évidemment, on va constater que certaines personnes sont capables de faire ce travail et on va aller un peu plus loin. Vous savez que parfois on va être capable de faire cela mais on reste sa propre finalité. Pourquoi ? parce qu'on a besoin de nourrir un besoin narcissique. On a besoin d'avoir une image de nous-même qui nous rassure à travers l'effort que l'on fait vis-à-vis de l'autre. Mais vous constaterez que généralement si c'est ça et bien l'autre ce n'est pas tous les autres. C'est l'autre qui nourrira le mieux le besoin narcissique que j'ai. C'est pas pour rien qu'on apprend une vital dit que tu ne peux savoir si véritablement l'autre t'intéresse que dans la mesure où le premier autre c'est-à-dire celui qui est le plus proche de toi, ton conjoint et tes enfants, ont été les premiers à profiter de ce renoncement que tu fais de toi-même pour pouvoir leur apporter ce dont ils ont besoin. Sinon, la première personne qui est intéressante dans l'histoire, c'est toi-même. Si tu es capable de sélectionner cet autre, ça veut dire qu'au fond c'est le retour que tu auras de ce que tu auras fait qui est important. Moi, je sélectionne toujours ceux qui m'apporteront le retour maximal. Si quelque part le plus important c'est moi-même. À quel moment je me sens le mieux, c'est lorsque l'image que j'ai de moi-même à travers mon investissement vis-à-vis de l'autre est la plus belle. C'est à ce momentl je me sens bien l'effort que j'ai fait à l'extérieur d'aider les autres où là tout le monde dit wou qu'est-ce qu'il est gentil vous avez vu et cetera il a fait passer d'abord il a servi il a fait ceci ceci ceci cela mais quand je suis dans un environnement fermé avec conjoint et enfants où là le retour ne sera plus du tout le même. J'ai presque envie de dire parce qu'il est normal que j'agisse de cette manière, pourquoi tu veux que je fasse puisque j'ai quasiment pas de retour. Et c'est un test, c'est un test passionnant qu'on doit faire pour soi-même avec parfois des découvertes un peu bouleversantes. Mais c'est très bien parce que quand on commence à se rencontrer réellement soi-même, c'est là on peut construire. Mais parfois, on réalise que l'image que l'on pense avoir de nous-même, quelque part, elle est pas nécessairement celle qui correspond à la réalité de ce qui nous agite. Et c'est dans l'environnement proche qu'on le teste. Maintenant, est-ce que il y a une limite au courage dont on doit faire preuve dans certaines situations de vie ? C'est-à-dire maintenant la question que je voudrais poser, c'est est-ce qu'il y a des limites ? Alors vous allez constater que généralement ceux qui font le plus de preuves de courage sont souvent des personnes qui ne se représentent pas le danger potentiel de ce qu'ils feront. D'accord ? Regardez un enfant, il saute dans les bras de sa mère sans se poser la question de savoir si elle va le rattraper ou pas. C'est complètement fou. Pourquoi ? Parce que l'idée que éventuellement il pourrait tomber par terre ne les flirte absolument pas. Elle les fleur pas. Il peut même pas imaginer elle l'a jamais lâché. Pour ça qu'une mère qui trahit son enfant, c'est un drame. Parce que pour l'enfant, une mère ne lâche personne. Et donc je me jette, c'est sûr qu'elle va me rattraper. Jamais remarqué. Oui, tu es là. Évidemment que tu m'as rattrapé. D'accord. La difficulté commence quand l'imagination s'inscrit et prend rendez-vous avec nous-même. Dès le moment où je commence à imaginer ce que pourrait être les choses, c'est à ce moment-là où en effet cette volonté que je peux avoir risque d'être bloqué par quelque chose qui s'appelle la peur. Au fond, la peur c'est quoi ? C'est avant tout quelque chose qui est une représentation de quelque chose. C'est ce que l'on se représente de ce qui pourrait se passer qui est souvent à l'origine de la peur. D'ailleurs, vous le voyez très bien dans les transgénérationnels, passionnant parfois familiaux, et bien il y a des choses qui de génération en génération génèrent des peurs. Pourquoi ? Parce qu'on leur a transmis. Un des grands classiques, c'est le fait de porter un enfant et de donner la vie. me dire je suis un homme, je sais pas de quoi je parle, c'est vrai. Mais quand ça a été transmis ah aï oh, ben brusquement c'est très angoissant. Pourquoi ? Parce que tout simplement on a dit des mots et on le voit d'ailleurs très souvent au niveau même des échecs scolaires, des enfants qui ont dit "Ah mais ça va être difficile hein maintenant tu rentres dans la grande école he ça va pas être simple, ça va plus être la même chose." Waouh ! il est là, il est dans la représentation de quelque chose qu'il ne connaît pas mais les mots de l'adulte ont créé chez lui l'angoisse. Sais c'est comme comment vous empêchez les gens d'évoluer dans leur spiritualité en leur proposant une image de quelqu'un qui va être complètement à l'extérieur de l'univers. D'accord ? Tu vas devenir truc, ça va être très grave et cetera et cetera. Pourquoi les Pourquoi ? parce que on joue sur ça pour empêcher les gens d'avoir le courage de s'arracher un système et d'aller vers quelque chose de nouveau. Et c'est très intéressant. Regardez, faites un test d'un jeune homme qui après le bac veut partir étudier à la yeshiva, d'accord ? Donc il veut aller étudier la Torah pendant un an. Vous allez dire ça aux parents. Il dit "Mais c'est une catastrophe mais comment il va faire ? Mais le pauvre met les études et cetera. Si vous leur dites, il part pendant un an faire une exploration du monde pour découvrir de nouvelles spiritualités y aller s'initier au yoga machin chouette. Ah waouh ! Extraordinaire ! C'est-à-dire dans les deux cas de figure, il part mais il suffit que vous ayez créé dans la tête des gens une forme de peur par rapport à des représentations complètement inexactes du futur pour que ça bloque tout. C'est la raison pour laquelle le interdit la chose suivante. Il dit il dit l'individu est prisonnier de son intellect et ne se sent libre que dans son imaginaire. Ça veut dire quoi une prison ? C'est un cadre àourbe lorsqu'en effet tu mets ton intellectre qui est le tien à l'instanté. Le dimon, c'est l'imaginaire. C'est quelque chose qui est sans limite. Et cet imaginaire est paradoxalement celui qui peut t'enfermer parce que tu peux construire toutes les représentations qui risquent un moment de t'empêcher d'accéder à une histoire. Un truc tout bête, moi je connais des personnes qui ont jamais fait de ski. Vous savez pourquoi ? parce que quand ils sont arrivés pour aller louer pour la première fois des ski, prendre un cours, ils ont vu quelqu'un qui était euh euh ramené par les sauveteurs et ils se sont tout de suite représenté que c'était ça. Dommage pour eux. Et c'est ça qu'ils ont eu en tête. C'est ça qu'ils ont fait passer à leurs enfants. Je connais l'histoire, c'est incroyable. C'est pas moi, je rassure tout de suite. D'accord ? Mais quelque part, tu as créé chez lui quoi ? une peur. Et donc évidemment si je crée des peurs quelque part, je peux pas aller dans ces directions là. Si tu t'occupes des autres, comment toi-même tu auras ? C'est d'abord toi qui est important et cetera et cetera. Et donc quelque part, ce courage qui prend sa source dans la responsabilité vis-à-vis du tiers risque de ne jamais être présent parce que tout simplement on t'a inoculé cette peur de ne pas parce que tu te tourneras vers On le voit d'ailleurs très souvent même dans les rencontres amoureuses dans lesquelles on s'intéresse avant tout à ce que l'autre va nous donner parce qu'on a créé chez nous et donc quelque part pourquoi est-ce qu'on a pas le courage de s'engager ? parce qu'on n'est pas dans l'univers du don. Si ce qui t'intéresse c'est ce que tu peux apporter à l'autre et tu vois que l'autre peut être le récipient d'ire de ce que tu as envie de lui apporter et c'est réciproque. Je dit comment vous avez le courage de vous engager ? Comment il y a plein de gens qui ont le courage de s'engager ? Parce qu'ils disent l'autre on se déplie pas, j'ai qu'une envie, c'est lui apporter Mazaltof, tout va bien. Non mais comment tu es sûr et qui te dit est-ce que tu crois qu'il aura suffisamment la profession, il pourra te truc et elle est-ce qu'elle vraiment te plaire ? sujet. C'est quoi le sujet ? De toute façon, je vous rassure tout de suite, si tu vas avoir des certitudes, ça sert à rien parce que tous les couples qui ont divorcé, tu es certain d'être avec la bonne personne sous la roua. Je m'engage que si je suis sûr. Donc tous les gars qui ont divorcé et aujourd'hui on a des taux importants, tu penses que c'est le roua, ils ont dit je sais pas si c'est elle, mais bon, dans le doute on y va. Bien sûr que non. Donc en vérité, qu'est-ce qui se passe ? Cette peur, c'est-à-dire ce manque de courage, il est lié à quoi ? Au fait que tout simplement tu vois pas encore ta vie dans la dimension du don. dans la dimension dans la mesure où tu la vois pas encore dans cette dimension là, ben évidemment que tu peux pas t'engager parce que tu as peur de pas recevoir. Tu as peur de pas avoir, tu as peur que l'autre ne soit pas les ressources dont tu as besoin pour toi. Et pour les avoir, tu es d'accord qu'il faudra donner un petit peu. Mais quelque part, ce que je donne, c'est un système que je mets en place parce que je pense que c'est comme cela que je vais pouvoir recevoir ce que je désire. Mais tu découvriras ce que tu vas recevoir. Si tu es face à un être humain digne de ce nom et qui a la même préoccupation que toi, la question se pose pas. On ne peut véritablement avoir ce courage de l'engagement que dans la mesure où c'est une rencontre entre deux personnes qui sont dans cette réflexion sur le don et qui a commencé dans le travail qu'ils ont fait en amont pour être le conjoint le moins toxique le jour où ils rencontreront la personne avec laquelle ils vont construire. Parce que au fond, j'ai envie de donner à l'autre ma non toxicité. J'ai envie de donner à l'autre les moyens d'utiliser ces énergies non pas pour se protéger de ce que je suis, mais pour pouvoir construire ce qu'il a envie d'être. Parce que quand tes énergies elles sont là pour te protéger ou pour réparer, quelque part, je te les vole. Évidemment que il n'existe pas d'absolu dans ce domaine, mais on peut quand même essayer de le mettre en place. C'est la raison pour laquelle cette notion de travail sur soi, elle est révélatrice de ce courage qui est déjà présent à l'intérieur de nous. Et vous le verrez dans plein de domaines parce que il faut avoir le courage à un moment de quoi ? de ne pas se rassurer de manière constante à travers ce que l'on possède parce que si tu as déjà assez, ce que tu vas faire par la suite n'est là que pour les autres si tu réfléchis parce que à un moment tu as ce qu'il faut. Donc ça veut dire que tes énergies maintenant elles sont plus tellement nécessaires par rapport à ce dont tu as besoin toi puisque tu l'as. Vous constaterez que plus les gens ont, moins ils sont courageux. Moi, ils sont courageux. Pourquoi ? Parce qu'au fond ce qui les intéresse eux-même et ils sont à plaindre. Faut avoir le courage à un moment de les aider à prendre conscience de cela. Et c'est pas simple parce que vous pouvez très facilement devenir donneur de leçon et c'est la pire des choses qui puisse nous arriver. Mais quelque part, il y a cette nécessité d'ouvrir et de bouleverser. Et vous constaterez que ceux qui sont dans cet univers du don, c'est-à-dire qui sont dans cette réelle préoccupation de l'autre qui n'est pas à géométrie variable fonction de l'individu qui sera en face d'eux sont capables de faire preuve de cette dimension du courage. Maintenant dernier point, on va revenir à Pinas. Pinas, il est celui donc qui aurait pu être celui que dans beaucoup d'entre vous parlez ici ? Non, pas vraiment. Alors en yidich on dit tadicin pels. C'est quoi ? C'est un tadic, un juste une pel dans son manteau de fourrure. C'est quoi ? C'est celui qui se sent bien dans sa dimension spirituelle, un petit peu engoncé dans ce manteau de fourrure qui le réchauffe, mais qui quelque part ne se pose pas la question de savoir ce qu'il doit porter aux autres. et de la prise de risque que cela représente. La nous dit que la génération la plus exceptionnelle qu'on a connue dans l'histoire n'est pas la génération de Moïse, de Aaron, de Samuel qui était des générations avec des gens incroyables. Et vous allez vous en rappeler, je l'avais cité une fois dans un cours, la génération d'un maître qui s'appelait Rabi Houda Benilai. On dit ça c'est le top, c'est the génération, c'est le somum. Alors que les autres c'est des générations de de génies, de gens qui ont des connaissances et tout. On dit "Tu sais c'était quoi cette génération ? C'était la génération dans lesquelles six personnes arrivaient à être couvert par la même couverture. Super. C'est-à-dire ça c'est le top. Ils arrivent 6 sous une couverture. si vous avez une couverture pour 6 et que tout le monde doit être couvert, il y a qu'une solution, c'est que chacun des six cherche qu'une chose, c'est à savoir comment couvrir Quand chacun cherche à couvrir l'autre, tout le monde est couvert. Sinon, c'est comme l'expression, on tire la couverture à soi. Et quelque part, on dit ça, c'est la génération. Pourquoi ? Parce que dans la situation dans laquelle il pouvait éprouver un manque, il voyait le manque de l'autre et c'était cela qu'ils avaient envie de combler. Mais comme c'était un univers dans lequel chacun d'entre eux était dans cette préoccupation, c'est la raison pour laquelle tout le monde recevait ce dont il avait besoin. Il faut avoir le courage de ne pas penser au fait qu'on risque d'avoir froid et de réfléchir comment je peux couvrir Et vous constaterez que dans toutes les générations et souvent dans des périodes très sombres dans le clraël, on a découvert véritablement le courage à travers ceux qui étaient avant tout préoccupés par cela. Pour qui c'était ça l'élément essentiel de leur vie ? Et évidemment, ça change tout. Il faut avoir le courage de se désinscrire d'un monde qui nous propose une autre lecture de l'existence. Il faut avoir le courage de ne pas avoir peur d'affronter le regard de ceux qui vont nous dire "Mais pense à toi." Il faut avoir le courage de ne pas être à l'écoute de se dire "Mais l'autre n'est pas suffisamment bien pour toi. Toi, tu es bac + 12. Tu vas pas prendre quelqu'un qui est bac + 6. Toi, tu as vécu ici, tu vas quand même apprendre quelqu'un qui a vécu là. Au fond, le courage, il se révèle dans la capacité que l'on a de faire preuve de Mirutje le don de soi, c'est-à-dire de faire preuve d'idéalisme. L'idéalisme, c'est de voir toutes les situations de vie comme des propositions dans lesquelles on peut agir pour les Quelqu'un d'idéaliste, c'est quelqu'un qui voit en permanence la question de ce qu'il peut apporter au monde. Et c'est vrai qu'il doit être capable de se tourner vers lui pour pouvoir mieux apporter aux autres. Mais parce que tout simplement si je ne me donne pas, alors je ne peux pas apporter. Mais au moment que je m'apporte, je donne à l'autre parce que la finalité c'est ce que je peux apporter au monde dans lequel je trouve. Je me trouve. Vous allez dire mais parfois on rencontre pas l'autre. tu le rencontres pas tout de suite, mais ce que tu as construit chez toi crée une dynamique dans les univers dans lequels tu te trouves. C'est pour ça qu'un juif sait que il se doit d'être inspirant à travers le mouvement vers le haut qui l'opère dans un monde qui souvent valorise ceux qui restent dans un mouvement qui risque de ne pas être vers le haut. Ça c'est en effet ce courage qui doit être le nôtre dans un monde qui invalidera cette vision parce que quelque part elle remet en cause les principes même des sociétés dans lesquelles on se trouve. À nous de savoir en effet si on est capable d'avoir ses positionnements ou pas. C'est tout l'enjeu, c'est tout notre choix. Voilà quelques éléments de réflexion sur ce sujet et si vous le voulez bien, on passe à