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Solitaire mais solidaire - Rav Elie Lemmel

Solitaire mais solidaire - Rav Elie Lemmel

Lev ·

Moussar
Vitesse :

Rav Elie Lemmel nous offre une leçon de vie, à méditer et à appliquer dans notre quotidien, que la Torah et la tradition juive retiennent de la paracha Terouma. Le Rav pour traiter le thème de cette conférence "Solitaire mais solidaire" soulève un certain nombre de questions et nous offre les réponses concrètes que la Torah et nos Maîtres nous proposent : Parmi les thèmes abordés : - Comment montrer concrètement à une personne qu’elle existe réellement dans la relation ? - Peut-on être entouré et néanmoins vivre une solitude existentielle réelle ? - Comment créer un climat relationnel où l’Autre se sent compris sans forcément partager son expérience ? - Le besoin de validation extérieure révèle-t-il un manque de certitude intérieure ? - Une séparation peut-elle être un moyen de créer du lien plutôt que de le détruire ? - Pourquoi le Temple est-il défini comme une maison de prière pour toutes les nations et non uniquement pour Israël ? - Comment la révélation Divine s’exprime-t-elle à travers la solidarité avec la souffrance humaine ? - La vérité peut-elle être validée par le nombre ou uniquement par la construction intérieure de la certitude ? - Comment distinguer la solitude choisie de la solitude subie ? - Comment annoncer une décision difficile tout en restant connecté émotionnellement à l’Autre ? - Comment éviter que la recherche de confort personnel empêche l’engagement dans la solidarité ? - Le sentiment d’exister pour quelqu’un constitue-t-il un besoin humain fondamental ? -Comment la singularité du peuple d’Israël peut-elle coexister avec sa mission universelle parmi les nations ? - Une identité forte nécessite-t-elle une forme d’isolement existentiel ? - La solitude peut-elle être un levier de construction personnelle et de clarification intérieure ? - La souffrance liée à la solitude peut-elle être un moteur de croissance personnelle ? - Comment développer la capacité à anticiper le ressenti émotionnel d’une personne avant une interaction sensible ? - Comment maintenir un positionnement sans chercher à le diluer pour être accepté ? - La responsabilité vis-à-vis du monde implique-t-elle d’accepter d’être incompris ? - La solidarité peut-elle exister sans capacité à être bouleversé par ce que vit l’Autre ? - Comment transformer une interaction courte en expérience où l’Autre se sent reconnu et existant ? - En quoi la construction du Tabernacle repose-t-elle sur une dynamique de contribution volontaire du cœur et non sur une obligation collective ? - Pourquoi la Torah associe-t-elle la notion de solitude à la notion de séparation dans le vocabulaire hébraïque ? - La relation à l’Autre suppose-t-elle nécessairement une capacité de ressentir ce qu’il vit ? - La solidarité est-elle une action ou d’abord une posture intérieure de présence ? - La capacité à rester fidèle à ce que l’on est dépend-elle de l’acceptation d’une certaine solitude sociale ? - La distance identitaire peut-elle être une forme d’interpellation adressée au monde ? - La capacité à ressentir ce que l’Autre vit peut-elle réduire le sentiment de solitude personnelle ? - Pourquoi la solitude de Jacob constitue-t-elle un moment fondateur dans l’histoire spirituelle du peuple d’Israël ? - Comment comprendre l’idée que le peuple d’Israël est solitaire sans être séparé du monde ? - La reconnaissance sincère des efforts d’autrui renforce-t-elle le sentiment d’existence et de lien ? - Comment créer un impact relationnel positif sans rechercher un bénéfice personnel immédiat ? - Une identité singulière peut-elle être abandonnée pour faciliter le lien sans perdre le sens de la mission ? - La distance identitaire doit-elle être maintenue même lorsque le monde ne répond pas positivement à cette interpellation ? -... Vous avez apprécié cet enseignement de Rav Lemmel ? Pensez à le partager à vos amis et à vous abonner à notre chaîne Youtube... Pour suivre Elie Lemmel : Groupe Whatsapp privé : https://bit.ly/suivez-rav-lemmel5 Facebook : https://bit.ly/FB-RavLemmel Instagram : https://www.instagram.com/elielemmel Tik Tok : https://www.tiktok.com/@elielemmel Podcast Spotify : https://bit.ly/3Ik2ic3

Transcription
Kind: captions Language: fr Herestop. Bonsoir à toutes et à tous. Alors le thème de ce soir, je l'ai intitulé solitaire mais solidaire. D'accord. Alors on a mis solitaire sans s solidaire sans S, mais on peut le mettre avec un S si vous le voulez. Je voudrais réfléchir avec vous sur la notion de solitude, la solitude du peuple d'Israël, la solitude de l'individu et la notion de solidarité à travers donc des textes que l'on est en train de lire dans la Torah. Alors, rappelons-nous, je vais d'abord ouvrir très rapidement sur le pourquoi de la réflexion sur la solidarité. On se rappelle que on est dans un épisode de la Torah dans lequel le peuple d'Israël donc a reçu sa référence qui est la Torah sur le Sinaï. Et suite à cela, il va y avoir donc l'injonction qui va être donnée de créer, de construire ce qu'on appelle le michkan. Le michkan c'est quoi ? un lieu de résidence, c'est-à-dire un lieu dans lequel il va y avoir une forme de connexion spirituelle particulière entre le peuple d'Israël et le créateur de l'univers. Évidemment, c'est pas l'habitation de Dieu. Même si dans la rassidou qui se base sur l'enseignement de la kabala, on va dire que c'est ce qu'on appelle diabatartonim, un lieu d'habitation pour Dieu. Mais évidemment, c'est des mots hein, facile de dire ça. En tout état de cause, de Michkan ce qui va le caractériser, c'est tout d'abord le fait que on va demander à la totalité du peuple de participer à la construction de ce Michan. C'est-à-dire que il ne va pas y avoir juste certaines personnes qui vont être désignées pour être les contributeurs à la construction mais tous ceux qui ne divent libent à amener. Et on va voir que le peuple d'Israël va vraiment s'investir pleinement à tel point que l'on va retrouver donc une phrase que Moïse Mosché va leur dire un moment en phrase qu'on aurait pas imaginé un rabin dire un jour dans une synagogue lorsqu'il fait une quête lorsqu'il fait une demande de don. Et ben Mosché à un moment va dire, il y en a assez, c'est bon, plus la peine en amener. D'accord ? Généralement, vous verrez jamais un rabin vous dire "C'est bon, il y a assez de don, allez-y, il y a toujours de quoi aider." Et donc on voit ici qu'il y a cette forme de réunion, de solidarité qui se construit autour d'un projet commun. Mais je voudrais d'abord parler de cette dimension solitaire et le texte de la Torah nous en parle un certain nombre de fois. La première fois, la Torah nous parle de solitude. Elle nous parle donc de la rencontre que Jacob va faire avec Essav lorsque il y a donc la poursuite de son frère qui a des intentions dont je ne sais pas ce qu'elles sont réellement. Relant les faits. Yacob est en fuite. Vu que son frère désire le tuer Esau. Il est parti, il s'est marié, il est des enfants. Et nous avons vu que Yaakob repart et à un moment, il entend que son frère arrive avec 400 cavaliers. Et le texte nous dit que Yaakov donc la nuit va repartir en arrière seul pour aller récupérer des petites cruches qu'il avait oublié au campement précédent. C'est un sujet en tant que tel que je n'aborderai pas. C'est tous l'enjeu du rapport à l'argent. Pourquoi est-ce que Yaakob ne veut pas gâcher ce qui a été mis à cette disposition ? Mais le texte là-bas nous dit va ter Yaakov le Vado. Et Yaakov est resté le Vado seul. Et c'est intéressant parce queil y a marqué ici levado. Levado c'est traduction pour sa solitude. Normalement le texte aurait pu nous dire va Yakob levad. Yakob, il est resté seul. D'accord ? Le vade, c'est quelqu'un qui est seul. Et là, on nous dit le Vado. Le vado c'est comme si on disait pour sa solitude. Quelque chose d'assez curieux. Et c'est à ce moment-là où il va y avoir en effet cette fameuse confrontation avec l'ange tutaire de Zaul qui préfigure d'isomètre le combat spirituel entre les deux entités qui sont d'un côté Essav, ce qu'on appellera par la suite l'Occident et de l'autre côté Israël, le peuple d'Israël. Et on parle ici dans cette rencontre d'être dans cette solitude. Alors ce qui est intéressant de voir c'est que le terme qui désigne en hébreu la solitude se dit le vade. Et le vade, ce sont les mêmes lettres que bête d'A lamed. Bête d'alet lamed c'est Nivdal. C'est quelqu'un qui est séparé. C'est intéressant de voir que pour la Torah le terme hébraïque qui nous renvoie à la notion de solitude nous renvoie aussi à la dimension de séparation. Comme si au fond la solitude et bien c'est soit le fait qu'on nous sépare soit que le vado c'est un choix de séparation. Au fond la T est en train de nous dire que comme une forme de choix que l'on fait d'être seul, c'est-à-dire de s'écarter. Ce qui est quand même assez curieux parce que quand vous écartez, vous pouvez pas remplir à un moment votre mission par rapport à l'univers. Et peut-être que justement c'est dans cette solitude que va se construire véritablement ce que doit être notre mission, c'est-à-dire interroger l'autre sur le sens de ma séparation, sur le sens de mon désir de solitude alors que l'être humain est fait pour vivre en communauté. Lorsque l'on parle de solitude, la plupart du temps, on voit celui qui se retrouve être seul. Et celui qui fait à priori le choix de la solitude, ça serait quelqu'un qui ne veut pas être en lien avec les univers dans lesquels il se trouve. Donc quelque part, il y a eux et lui. Or la Torah nous renseigne bien sur le fait que le peuple d'Israël gouolamim que le peuple d'Israël a une dimension particulière à l'intérieur de tous les peuples. Ça veut dire que le peuple d'Israël doit jouer son rôle. Il doit être présent. On n'est pas du tout un peuple d'ermite, un peuple que l'on va mettre sur la montagne et puis et puis ça y est, vous faites votre histoire. De manière assez paradoxale, Yakob dans sa rencontre avec l'univers qu'il va devoir côtoyer décide de se mettre dans un état de solitude. Mais que fais-tu de ta mission ? Que fais-tu de ta responsabilité ? Peut-être que la première mission que l'on a, c'est d'interroger l'autre sur le pourquoi de cette distance, sur le pourquoi de ce choix d'être seul, sur le pourquoi de ce choix de séparation. On va y revenir dans quelques instants, mais on va donc déjà garder dans notre esprit l'idée que la première fois où la Torah nous parle d'un être seul, on a l'impression qu'elle nous renvoie un choix de solitude qui serait un choix de rupture mais qui lui-même rentre a priori en contradiction avec le principe même de notre présence dans l'univers qui est de rencontrer l'univers. Je rappelle que Abraham sa mission c'était quoi ? C'était justement de partager avec l'univers cette idée de foi dans un Dieu unique. Donc comment est-ce qu'on fait coexister les deux ? Parce que la solitude dans laquelle on me met, je la supporte ou non ? Et quelque part, j'en suis victime. La Torah nous dit, c'est un choix. pas juste un choix, c'est une nécessité. Yob au moment où il va, j'ai envie de dire, lancer l'histoire du peuple d'Israël, c'est-à-dire le moment dans lequel il se confronte au monde, puisque là, c'est la confrontation qu'il va voir en tant que peuple. Il est là avec ses tribus, avec ses enfants. Donc, on a ici l'embryon du peuple d'Israël. rencontre et sav qui veulent qui va être pardonnez-moi cet antagoniste dans l'histoire. Cette rencontre, c'est dire d'abord je m'éloigne, je décide d'être seul et malgré tout et peut-être c'est de cette manière-là que je vais remplir ma mission en t'amenant à t'interroger sur ce choix de distance. Pourquoi je préfère cette solitude à une proximité ? Pourquoi j'ai décidé de me séparer ? La séparation au fond, elle est là pour créer la possibilité de recréer le lien. Parce que une séparation n'a de sens que dans la mesure où elle amène l'individu qui s'est séparé à créer l'interrogation du pourquoi de sa séparation chez l'autre. Si je ne crée pas cette interrogation, cette séparation n'a pas de sens. C'est-à-dire que au moment où je m'éloigne, je suis en train de donner à l'autre les éléments qui permettent justement de recréer le lien. Néanmoins, cette solitude, elle va être décrite un peu plus tard dans la Torah. Et c'est Bill 1 et c'est une idée que j'avais déjà évoqué dans un cours pour ceux qui vont s'en rappeler. Je suis sûr donc la plupart d'entre vous. Lorsque Bilam le prophète des nations va nous va parler de nous va dire le voici ce peuple le badad solitaire ykogne il est installé ou bagoim loitcha parmi les nations loitrachav a priori on ne lui donne pas d'importance bilham va montrer que ce que Yaakob notre ancêtre a installé perdure dans l'histoire du peuple d'Israël. C'est-à-dire, ce n'est pas juste un épiphénomène qui est lié à une histoire, celle de la confrontation à son frère. Non, c'est un état d'esprit et c'est ça qui nous définit. C'est complètement fou parce que Bam va dire voilà qui vous êtes et il est en train de nous expliquer au fond où se situe ce que nous sommes réellement. Hen levadadon le voici ce peuple levadad dans sa solitude ichkon il s'installe alors que justement on est toujours dans cette responsabilité du partage parce que vous savez que par exemple le temple de Jérusalem est appelé Kibétiam c'est un lieu de prière pour toutes les nations du monde. C'est le lieu dans lequel à la fête de Sougotte on va amener 70 offrandes pour les 70 nations du monde. C'est le lieu dans lequel Salomon Schlomo Mèer lorsqu'il va construire le temple et qu'il va l'inaugurer, sa prière va être que Dieu écoute la prière des nations. Il parle même pas de la nôtre des nations. Que les nations qui viendront prier ici puissent être exaucées. Donc on a vraiment quelque chose qui est le fameux vivre ensemble, n'est-ce pas ? Melt pas c'est pas le melt, c'est pas vrai, c'est pas ça. Mais quelque part voilà le et pourtant cette notion de buddy doute, cette notion de solitude alors cette notion de solitude au fond Bilam va bien nous l'expliquer et si elle est valable pour le peuple, elle doit être valable pour nous aussi. Parce que Bilam va dire, et ça je suis sûr que vous allez vous en rappeler, Henam, le voici ce peuple. Et à l'époque, on avait expliqué la chose suivante que le terme de Hen qui veut dire le voici, terme non nécessaire pour la construction de la phrase parce qu'on aurait pu dire amz ce peuple là hen le voici n'est pas nécessaire pour pour la phrase voir même c'est un mot en trop. Hen c'est un mot qui est constitué de deux lettres la lettre he la lettre noun. La lettre H a comme valeur numérique 5. La valeur la lettre noun a comme valeur numérique 50. Ces deux lettres sont les lettres seules. Pourquoi ? Parce que dans les dans l'alphabet hébraïque, vous avez les lettres qui ont des valeurs d'unité, des lettres qui ont des valeurs de dizaines. Les lettres qui ont des valeurs d'unité, c'est la lettre alf be gimel dal vain tr tête. D'accord ? 1 2 3 4 5 6 7 8 9. Et après vous avez les dizaines 20 30 40 50 60 et cetera jusqu'à 90. Quand vous associez les deux extrêmes, vous obtenez toujours le même chiffre, soit 10, soit 100. 1 9 2 8 37. La seule qui est toute seule, c'est la lettre qui vaut 5. Il d 90, 20 80 70 30 60 40 la seule qui est au centre, c'est la lettre qui veut 50. C'est donc le mot hen. Hen le voici. Hey 5, noun 50. Je pas trop vite. À partir de là, qu'est-ce que Bilam dit ? Hen le voici. C'est-à-dire ce qui définit la solitude du peuple d'Israël, c'est le fait qu'il n'a pas besoin d'être accollé à quiconque pour pouvoir exister. Traduction, la certitude qu'il a construit de sa démarche l'amène à ne pas avoir besoin d'être validé par un/ tiers. La solitude qui est la sienne est révélatrice de ce qu'il a construit comme certitude. Je sais que je suis là où je dois être. Je sais que ma démarche est celle que je dois voir. Je n'ai pas besoin de l'autre pour être validé. Si j'ai besoin d'être validé par l'autre, c'est que je n'ai pas réussi à élaborer la réflexion nécessaire pour être sûr que la démarche qui est la mienne est dans le domaine du vrai. C'est la raison pour laquelle plus la démarche peut être mise en cause, plus elle aura besoin que s'agregègue à elle un maximum de personnes qui nous donneront l'illusion d'être dans le vrai vu le nombre. J'aurais besoin de convaincre parce que ce n'est que le nombre qui me donnera l'illusion du vrai. Israël dit non. Et ça c'est ce que voit Bilam le prophète des nations. Il nous le rappelle. Bilan prophète des nation dit voilà vous êtes solitaire mais cette solitude révèle la certitude qui est la vôtre qui a été construite qui a été élaboré et qui quelque part est celle qui pourra par la suite lorsque l'univers vous interpellera lui donner lui proposer une réponse. Ce n'est pas la solitude de celui qui a peur de la rencontre, mais de celui qui au contraire de par ses dimensions particulières et singulières va titiller l'autre, va l'amener à s'interroger et quelque part en l'amenant à s'interroger va l'amener peut-être à trouver ce qui doit être son histoire. Alors, au niveau individuel, ça veut dire quoi cette solitude ? C'est quoi la solitude au niveau individuel ? La solitude, on l'a choisi, parfois on l'a subi. Mais choisir la solitude, c'est tout simplement ne pas avoir besoin de l'autre pour me rassurer sur la démarche qui est la mienne. Il y a la solitude sociale. Celle-là, on va en parler dans quelques instants. Celle-là, en effet, nous renvoie la dimension de solidarité absolument nécessaire. Mais la solitude, c'est celle de celui qui est presque dans ce fameux un seul contre tous. Cette solitude dans notre démarche, cette solitude à l'intérieur d'un monde qui a une lecture de la vie radicalement autre, mais qui quelque part est choisie. Non pas juste parce que je ne veux pas impacter être impacté mais parce que justement j'espère qu'elle va interpeller. C'est pour cela que on va faire une distinction entre ce que j'appellerai la solitude sociale et la solitude, j'ai pas envie de dire intellectuelle mais pas loin de ça, celle que l'on choisit. d'être celui qui pense autrement, d'être celui qui pense différemment, d'être celui qui se donne la liberté d'appréhender et de poser un regard différent sur l'existence qui se réserve cette liberté. Alors maintenant, évidemment le problème c'est la solitude du peuple d'Israël qui quelque part peut nous renvoyer une solitude que l'on peut avoir nous mais je dirais sociale de se sentir bien seul sans seul. Et c'est là où en effet on va s'inscrire dans la notion de solidarité. C'est quoi c'est quoi être solidaire de quelqu'un ? Alors cette idée-là, on va le retrouver justement dans un texte qu'on a lu la semaine dernière. Et dans ce texte-là, on va voir que Mosché donc reçoit la Torah. Oui, c'est la semaine dernière parce que pour ceux qui ont lu toute la paracha, on reparle du don de la Torah la semaine dernière. C'est pas que dans les 10 paroles. C'est d'ailleurs une des preuves que la Torah n'a pas de chronologie. Si vous avez lu la parachat de pas la semaine dernière de la semaine précédente, vous avez vu le texte qui vous parle de la révélation, les feux, la lumière, le son enfin extraordinaire. Terminé. On commence avec un autre texte qui nous dit et voici maintenant toutes les lois juridiques et autres. Et à la fin de la semaine dernière, qu'est-ce qu'on lit la fin de cette page là ? On repart sur l'histoire du don de la Torah. C'est curieux. Attends, on vient d'en parler. Il y a pas de chronologie. La tor est tout sauf un livre d'histoire. Pourquoi est-ce qu'on en parle là ? Ça sera sera ça ça sera un autre cours mais dans ce texte là on va nous dire veut va ver éloqué Israël qu'un moment les anciens voient Dieu. Je sais pas ce que ça veut dire voir Dieu. Ce texte nous dit qu'est-ce qu'il voit que sous les pieds de Dieu que il y avait comme une forme de brique en saphir ou que la et qui était aussi resplendissante que le saphir merveilleuse magicis. C'est quoi cet anthropomorphisme ? Enfin de quoi nous de quoi on nous parle ? Il dit cette pierre, oui, c'est une brique. C'est la brique que Dieu met littéralement sous ses pieds. Comprendrez ce que vous voulez comprendre parce que il veut être sensible à la souffrance du peuple d'Israël qui est en Égypte en train de fabriquer des briques. Mais cette brique devient translucide, devient merveilleusement belle, elle illumine lorsque le peuple d'Israël quitte l'Égypte. Super, très grand temps de la prendre. Ça veut dire quoi cette histoire ? Alors, vous n'êtes pas sans savoir que la Torah utilise plusieurs termes pour parler de Dieu. D'accord ? Hashem, Elokim, Kel, Shakaï, Makom, il y a plein de noms. C'est quoi tous ces noms ? C'est bizarre pour nous qui sommes dans le principe du Dieu unique, tu en as quand même beaucoup des noms qui désignent de Dieu. En français, il en a pas beaucoup. D'accord ? Et même un des plus courants, il est pas au singulier, il est au pluriel. Elokim. Elokim, ça veut dire des dieux. Or, c'est un terme qui est utilisé pour parler du Dieu. D'accord ? Les différents mots qui définissent qui qui sont l'expression du divin sont chacun l'expression d'à travers quoi nous pouvons percevoir sa présence dans l'univers. On peut pas percevoir Dieu dans son essence, c'est impossible. On peut percevoir sa présence à travers la manière dont il se manifeste dans sa rigueur, dans sa clémence, dans sa mensuétude, dans sa bonté, dans son exigence. C'est-à-dire que Dieu apparaît dans le monde sous différentes formes et les mots qui désignent Dieu sont l'expression de la forme à travers laquelle Dieu se révèle à nous. Dieu se révèle sur le Sinaï, il se révèle au moment en disant de la Torah. À travers quel élément de lui-même, si je peux m'exprimer ainsi, Dieu va-t-il se révéler ? À travers le fait qu'il se sent profondément solidaire de son peuple parce que vivant avec lui ses peines et ses joies. C'est-à-dire que Dieu se révèle à travers un descriptif. De quoi ? de celui qui est capable de se donner les moyens de ressentir ce que l'autre vit pour se sentir proche de lui. La notion de solidarité dans la Torah, elle commence d'abord par la capacité que j'ai de pouvoir me laisser interpeller voir bouleverser par ce que l'autre est en train de vivre. C'est-à-dire la solidarité ne pourra jamais se retrouver chez quelqu'un qui est ce que j'appelleraiit un hypochondriaque de son confort psychique. Quelqu'un qui est trop vigilant par rapport à son mal-être ou son bien-être. Quelqu'un qui ne veut pas un moment se confronter à ce que l'autre vit et à se donner les moyens de ressentir ce que l'autre vit n'est pas dans l'univers de la solidarité. La solidarité ce n'est pas une action, c'est d'abord une présence mais une présence qui n'a de sens que dans la mesure où je me donne les moyens de ressentir ce que l'autre est en train de vivre pour que ma présence puisse réellement lui apporter quelque chose. Pas simple. Alors, on va voir que donc l'histoire du peuple juif, elle tourne autour de ces deux pôles. Elle tourne autour d'abord de cette solitude qui est l'expression d'une certitude comme on l'a vu tout à l'heure et qui nous permet d'avancer dans l'histoire sans avoir besoin d'être validé par les autres. Mais cette solitude va générer un moment une souffrance parce qu'à un moment qu'on le veuille ou pas, celles et ceux qui nous entourent soit se laissent interpeller par notre choix de rupture pour essayer de comprendre ce qui se joue et à ce moment-là le lien se crée ou non ? Quand un enfant quitte le parent, quelque part il décide de créer une dimension de solitude. Qu'est-ce qu'il attend ? Qu'est-ce qu'il espère au plus profond lui-même ? que ses parents s'interrogent sur le sens de la distance, sur le pourquoi de cette nécessité de ne plus être proche. Quand je dis à quelqu'un que je ne plus plus être avec lui, qu'est-ce que je suis en train de lui dire ? Interroge-toi sur la raison pour laquelle il y a une impossibilité de lien. Rares sont ceux qui vont s'interroger. Quand le peuple d'Israël dans l'histoire garde farouchement son identité, tout en sachant pertinemment que celle-ci va créer une forme de solitude, il espère quoi ? Que les nations du monde vont s'interroger sur ce qui fait qu'un peuple prend le risque de la parce que son identité est quelque chose de fondamental. Mais soit on se laisse interpeller et le lien se crée, soit et c'est la réalité du monde dans laquelle on se trouve, on devient totalement solitaire mais d'une solitude sociale. Et celle elle est bouleversante parce que comme elle est tellement difficile à vivre, alors je risque à un moment de mettre de côté ma dimension singulière. mon choix de solitude parce que l'interpellation n'ayant pas lieu, j'ai besoin de rencontrer à nouveau l'autre et je mets de côté cette solitude qui est la qui est révélatrice de mon identité réelle. Pas simple. C'est à ce moment-là, c'est à ce moment-là on se dit "Mais qu'est-ce que Dieu nous dit ? À travers quoi Dieu s'est révélé au moment du don la Torah ? que il faut construire une solidarité. Et cette solidarité, elle va devoir maintenant se construire à l'intérieur du système, c'est-à-dire faire en telle sorte que l'autre ressente ma présence parce que je me suis donné les moyens d'imaginer ce qu'il peut ressentir lors de mon absence. Je me suis donné les moyens, c'est-à-dire j'essaie d'utiliser les ressources d'imagination qu'Achem a mis à notre disposition, non pas pour fantasmer sur un futur, mais pour pouvoir essayer d'imaginer le ressenti de l'autre. Vous pouvez parfois marié et vous sentir dans un état de solitude absolue. Pourquoi ? Parce que la présence de l'autre lorsqu'elle n'est pas accompagnée d'un désir de ressentir ce que l'on peut vivre dans les différentes phases de notre existence ne nous apporte pas grand-chose voire même à un moment peut devenir insupportable. La question est de savoir comment est-ce que l'on crée cela ? Comment est-ce que l'on met cela en place ? Parce que c'est ça au fond l'enjeu l'enjeu de la Torah, c'est comment dans cette solitude qui va être la nôtre, soit au niveau de ta microciété dans laquelle tu vis parce qu'à un moment tu ne te retrouves pas mais tu as envie d'interpeller soit au niveau du peuple. Comment est-ce qu'on fait pour mettre cela en place ? Alors, si vous le voulez bien, je vais quand même peut-être d'abord aller vers chacune et chacun d'entre nous. Lorsque Dieu parle de la création, de ce qui va être le lieu dans lequel la solitude ne devrait pas exister, il va dire quoi ? L'Ove Adam levado, il n'est pas bon pot, pardonnez-moi, l'humain d'être levade, d'être seul. Mais à quel moment il parle ? Au moment il va créer le principe de l'altérité, c'est-à-dire l'univers de la conjugalité. Ça veut dire que ce que représente la conjugalité va nous aider à mieux comprendre comment on fait disparaître l'univers de la solitude. Vous allez dire bah oui, on crée un couple la meilleure manière. Mais comme je l'ai dit, on peut être dans un couple être extrêmement seul. On est seul dans la mesure où l'autre ne fait pas ce qui est nécessaire pour lui pour ressentir ce que nous-même on vit. Quand vous êtes à côté de quelqu'un et et que vous avez l'impression que il cherche pas à savoir comment vous ressentez les choses, c'est D'ailleurs, sa c'est la grande phrase que vont dire souvent les ados. Alors c'est souvent très manipulateur, on l'a tous fait mais dans la tu peux pas comprendre. Mais le tu peux pas comprendre, il préfigure quelque chose d'autre. Il préfigure le fait que est-ce que tu as envie de te donner les moyens de comprendre ce que je ressens et ce que je parce que c'est ça au fond ce qu'il est en train de dire. Parce que c'est que comme ça que je me sentirai moi seul. Mais Dieu a choisi la difficulté parce que le premier lieu dans lequel on est censé réfléchir sur cette notion là, c'est le lieu dans lequel il va être le plus difficile d'essayer de ressentir ce que l'autre vit, c'est-à-dire une rencontre entre un homme et une femme. essayer de ressentir ce que l'autre vit alors que l'autre structurellement n'est pas le même que moi. C'est super compliqué. Je veux donner un exemple nullissime comme tous les exemples que je donne, j'adore. Comme ça au moins il y a pas photo. J'ai une peau, c'est pas une peau, c'est une carapace. Mais pas une carapace que je me suis créée, elle est là. Il est bien épaisse. Tu me fais tomber un peu d'eau chaude, je le remarque pas. Ou à peine personne qui est à mes côtés a une peau, une finestelle qu'on pourrait presque voir à travers le sang qui s'écoule dans les veines. Alors s'il y a des médecins dans la salle, il diront vous dites n'importe quoi parce que il vous déterminant des œuvres nerveuses, c'est quasiment la même chose. Je suis plus si sûr mais c'est pas grave. Je lui mets de l'eau, elle hurle. Je comprends pas. Je comprends pas. Je vois qu'il y a une souffrance mais je peux pas me donner les moyens de ressentir ce que l'autre peut ressentir parce que je suis pas bâti de la même manière. Or justement le lieu dans lequel la notion de solitude va disparaître, c'est le lieu dans lequel cette notion de solidarité, c'est-à-dire qui est celle de se donner les moyens de ressentir ce que l'autre vite. Le plus complexe. Pourquoi ? Pourquoi on a choisi une histoire pareille ? parce que c'est que comme ça que tu arriveras à faire la même chose pour tout le monde. C'est que je suis obligé de commencer à utiliser toutes les ressources qui sont les miennes par rapport à un exercice de style d'une complexité folle. Parce que quand tu as réussi à monter en haut de la montagne, alors la petite colline, tu peux la gravir sans difficulté. La Torah attend de nous de nous confronter à la complexité de découvrir ce que l'autre ressent parce que l'autre est radicalement autre parce que il faudra qu'on soit capable de le faire toute notre vie vis-à-vis de tout le monde. Alors, il y a une différence entre ton conjoint et les autres, c'est que ton conjoint, tu le rencontres au quotidien. l'autre, tu vas le croiser si tu n'es pas, pardonnez-moi l'expression un peu niaise, super entraîné par rapport à la possibilité de ressentir ce que l'autre vit, quand tu le croises, tu vas passer à côté. Si par contre tu as été capable de faire ce travail avec ton conjoint et c'est le lieu le plus complexe, alors tu as affuté cette sensibilité et tu vas pouvoir percevoir cela dans toutes les rencontres que tu feras dans ton existence. Or, je me sens moins seul dès l'autre, dès le moment, pardonnez-moi, où je réalise que l'autre arrive à ressentir ce que je suis en train de vivre. Et même si ce partage est fugace, il me nourrit parce que là, je ne me sens plus seul. Quand quelqu'un vous dit dans certaines situations de vie et vous la croisez cette personne, dit "Je te comprends, je comprends ce que tu es en train de vivre." Quand vous voyez que quelqu'un prononce des mots, mais que ces mots sont l'expression d'un ressenti réel par rapport à ce qui se joue à l'intérieur de vous, à ce moment-là, la solitude disparaît parce qu'il y a quelqu'un dans le monde qui ressent ce que je suis en train de vivre et quelque part, il y a un lien qui se crée. Là, c'est ce qu'on est censé construire. Qu'est-ce qu'on fait quand on n'est pas encore marié ? Sais pourquoi les gens sont pas mariés ? Je pe vous dire pourquoi. Parce qu'on n'a pas envie de prendre le risque de faire cet effort. On n pas envie de prendre le risque. On n' pas envie de prendre le risque de faire cet effort qui va nous amener dans toutes les rencontres que l'on va faire par la suite dans l'existence à ressentir. Parce que si tu ressens quelque part, c'est que tuas une responsabilité dans un couple. Ça veut dire que si tu ressens ce que l'autre est en train de vivre, alors soit c'est quelque chose qui est du domaine de la joie, tu la partages réellement. Donc tu te sens concerné, tu te sens concerné par la joie. Pardonnez-moi, je prends un exemple nul. Donc vous m'excusez mesdames, d'accord ? Par la joie profonde que j'ai enfin trouvé la robe que je cherche. Mais tu le vis toi aussi, tu comprends rien. C'est normal. Tu comprends rien mais quelque part tu participes, tu partages. Mais si c'est dans l'autre sens, est-ce qu'on est prêt à s'exposer au ressenti de l'autre et à ce moment-là à agir par rapport à un ressenti qui pour nous n'aurait pas lieu d'être ? Ça va ? Pourquoi ça te rend triste ? Ça va ? Pourquoi tu te sens pas bien ? Ça va, c'est bon. Tal Maurice quand même. Elle va dire ouais le problème c'est qu' Maurice toi tu éta avec Maurice. Tu étais pas avec moi. Tant que c'est Maurice, ça va. Si c'est ma c'est plus complexe quelque part. C'est ça l'enjeu et c'est la raison pour laquelle en effet Akadu va se révéler à travers cette dimension de noer de littéralement porter le jeu avec Est-ce qu'on peut avant de se marier commencer à faire ce travail ? La nous dit que tu peux pas tu peux pas être maître, tu peux pas être juge si tu as pas été marié. Pourquoi ? Parce que tu n'as pas vécu cet exercice au quotidien de ressentir ce que l'autre peut dire. Ah, voudrais-tu dire qu'être juge, c'est être dans les ressentis ? Pas du tout. Mais c'est quand tu parles montrer que tu es capable de ressentir ce que l'autre vit, même si un moment cet autre, tu le condamnes. C'est ce qu'on appelle la présence de l'humanité dans sa dimension première. Parce que je vous garantis que c'est valable dans une cour de justice. Mais si demain vous êtes patron, vous devez licencier quelqu'un. Il y a pas le choix, il faut qu'il parte. C'est pas une crapule, c'est pas un voleur de services qui ont fusionné. D'accord. Est-ce que tu te donnes les moyens d'imaginer ce que l'autre va ressentir au moment tu vas lui dire ? Est-ce que tu souffres déjà sa souffrance ? Est-ce que tu te donnes les moyens de vivre intérieurement, donc d'être bouleversé de par le fait que tu vas lui dire une chose pareille ? Oui ou non ? Si tu n'es pas capable de le faire, alors oui, l'autre sera dans sa solitude pleine et entière. Pourquoi tellement de personnes dans notre vie à des moments font des choses dramatiques les concernant ? ce qu'on appelle publiquement des passages à l'acte ou alors fuit fuit dans tous les paradis artificiels quel qu'il soit parce que à ce moment-là tu n'as plus le temps de réfléchir si véritablement il y a quelqu'un d'autre à part toi dans ta propre vie. C'est ça qui c'est ça qui nous manque. On raconte l'histoire suivante chez les Rassidim une rencontre entre un Rabi Rassidi et deux Ivrognes qui sont là en train de boire et de boire et de boire. Il y a un moment des ivrins se tournent vers l'autre et dit tu m'aimes ? Bien sûr que je t'aime. Ivan, tu m'aimes comme ça tr qu fois. Dit non, tu m'aimes pas si je t'aime. Alors l'autre à m dit non, tu ne m'aimes pas. Et je vais te dire pourquoi tu ne m'aimes pas. Il lui pose une question. Est-ce que tu sais ce que je ressens actuellement dans mon cœur ? et l'autre sauté. Et ce maître de dire que l'amour que Dieu a vis-à-vis de nous, il est réel parce qu'emen leavot parce que Dieu est au plus profond de nos cœurs. C'est pour ça que la solitude absolue pour un juif n'existe pas parce qu'il sait que au moment où il lui parle, il comprend. Bren leva et l'authenticité de nos ressentis, c'est souvent le point de départ vers quelque chose qui nous ouvre des portes. Je raconter l'histoire d'une femme, histoire vraie, une femme qui avait a priori tout, sauf une chose. Elle pas eu encore le bonheur de donner la vie alors qu'elle était mariée depuis des années. Vous savez que chaque mois une femme va au Mig. Le migv ça vient de la racine tic qui veut dire l'espérance. Traitement à droite, traitement à gauche, traitement à droite, traitement à gauche. Et puis un vendredi soir, elle allume ses bougies. C'est pas une femme ultra pratiquante et elle s'effondre en larme. Le mig d'après, elle est enceinte. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que un moment ses larmes révèlent le fait qu'au plus profond d'elle-même, elle savait queadou, le créateur de l'univers pourrait ressentir. C'est le moment dans lequel ça y est, on se laisse pleinement aller à ce qui se joue à l'intérieur de nous. On met de côté toute la partie intellectuelle. Je suis avec toi dit Hashem au moment où tu vis ta souffrance mais sois toi-même. Sois toi-même. Sois toi-même pleinement toi-même. Parce que c'est ce moment de solitude absolue qui crée justement ce lien parce qu'il y a quelque chose qui est des deux côtés du domaine de l'authenticité. Comment est-ce qu'on fait pour travailler déjà entre nous sur cette dimension de solidarité ? Parce que qu'on le veuille ou pas, nous sommes dans des rencontres multiples avec des solitudes masquées par des ambiances, des sourires et des propos qui sont là pour nous rassurer. On a envie de rassurer les autres. Quelque part on rencontre sans arrêt des solitudes. Alors, comment est-ce qu'on fait pour exprimer cette solidarité avec l'autre ? Pas simple parce que comme on l'a vu tout à l'heure, on n' pas envie d'être bouleversé par ce que l'autre vit. Balchemov explique et dit que un juif doit savoir que chaque rencontre qu'il fait avec un autre a sa raison d'être. Il y a pas une rencontre qui n'a pas sa raison d'être. Ça veut dire que quand je rencontre quelqu'un et bien je dois au moins lui donner cette possibilité de réaliser qu'un instant T, il a pleinement, totalement, complètement, absolument été important pour moi. Il a marqué comme ça queun des plus grands maîtres du Tal lui dit jamais personne ne m'a salué en premier. C'est quoi ? Il était le luiluc du bonjour. Ce serait même stressant. Vous imaginez un bonjour bonjour. Bonjour. Qu'est-ce que ça veut dire ? quand on salue quelqu'un alors on le salue comment ? La michna nous dit que on doit être mec, on doit recevoir tout à chacun verot avec un visage agréable. Ça veut dire quoi ? Que dans la vie, tu vas pas pouvoir dire bonjour à toutes les personnes que tu rencontres dans le métro. Sinon, ça fait éminemment suspect, d'accord ? Sauf si tu vas sur la ligne Charon machin, ça fait éminemment suspect. Mais en vérité, ton visage, il est ouvert. C'estàdire que chaque fois qu'il rencontre le visage de quelqu'un et bien tu lui montres que cette personne, elle existe pour toi. Alors aujourd'hui, c'est dramatique parce que si c'est une jeune fille qui le fait ou un jeune homme qui le fait d'une jeune fille, tout le monde est persuadé qu'il y a des intentions malfées. C'est c'est une catastrophe. parce qu'on est dans un monde de fou furieux. Mais quelque part, ça veut dire quoi ? C'est dire que je donne à l'autre ce qu'on a tous besoin. C'est quoi ? Tu existes et tu as une valeur à travers l'effort que je fais d'être ouvert. C'est extraordinaire. C'est déjà un point de départ. C'est pas un point d'arrivée, mais c'est déjà un point de départ. Le propre des maîtres du peuple juif, c'est que chaque fois que vous les croisez, vous avez l'impression que vous existez exclusivement pour lui, pour personne d'autre. C'est un sentiment, tu l'as eu 2 minutes dans la journée. Une minute comme dirait l'a fait ta journée parce que tu sais que pour quelqu'un tu as pleinement existé. Totalement, complètement. Ça c'est quelque chose qu'on peut commencer à faire dès ce soir dans un monde dans lequel avoir un visage ouvert et sympathique, dans lequel sourire quand tu salues quelqu'un, c'est lui dire tu existes. On est dans un monde dans lequel nos sourires ou nos visages sont à géométrie variable fonction de l'intérêt que l'on voit potentiel chez l'autre. C'est dramatique. Ça veut dire que l'autre se sent mal puisqu'il ne voit que tu souris que parce qu'il te une ressource potentielle par rapport à son désir ou ce que tu veux. C'est embêtant. Et cette notion là, on peut la construire, on peut la créer. Dernier point, donc cette notion de noer de rôle, sente qu'il existe pour toi. D'accord ? Qu'est-ce qui me montre dans la vie que j'existe pour quelqu'un ? Et bien avant tout le fait que sans qu'il en tire un quelconque bénéfice pour lui, il a pu faire un effort par rapport à moi. Mais pour ça, ça exige que celui qui reçoit l'effort de l'autre n'est pas déjà dans sa tête programmé ce que l'autre était censé faire comme effort. Regardez, dans la vie, on considère qu'en vérité l'autre ne commence à avoir de l'importance ou que l'autre ne nous donne de l'importance que dans la mesure où il fait un effort par rapport à ce qu'on a défini nous. D'accord ? Qu'est-ce qui fait que il y a plein de personnes qui n'arrivent pas à construire ? C'est parce qu'ils ont décidé qu'un effort ça commencé à partir de temps et temps. De temps et temps, tant de carat, tant de ce que tu veux, sinon il s'est rien passé. C'est-à-dire que tu as défini ce qui allait te révéler la place et l'importance que tu avais pour l'autre. Mais non, parce que si tu montres à l'autre qu'un effort quel qu'il soit, ça te nourrit parce que ça te révèle que tu es important pour lui, donc tu es moi seul, mais tu lui apportes quelque chose. Tu lui apportes un retour qu'il n'attendait peut-être pas. Et quelque part, c'est ce qui peut être créateur de lien et donc d'un univers dans laquelle la solitude sera moins présente. Vous savez quand quelqu'un fait un petit truc pour vous et que vous le remerciez très sincèrement, très souvent il est bouleversé, il est même gêné parce que vous lui révélez mais pour moi ce que tu as fait c'est extraordinaire. Alors que lui de son côté c'était bon, faut bien que je m'en débarrasse. Mais quelque part tu l'interpelles, tu l'amènes à réfléchir. Tu es le peuple d'Israël qui amène l'autre à travers son attitude à l'amener à s'interpeller, à réfléchir. On va s'arrêter sur la solitude du peuple d'Israël. On a vu au début du cours que la solitude du peuple d'Israël, c'était le choix de la distance, mais qui était là pour qu'on puisse vraiment remplir notre rôle au niveau des nations, c'est-à-dire d'être interpellant. La question est de savoir est-ce que les nations du monde ont envie de se laisser interpeller par ce choix de distance ou au contraire vont prendre ce choix de distance comme étant prétexte pour leur permettre de ne surtout pas se laisser interpeller par l'eau ? C'est ce qu'on voit. Est-ce que pour autant on doit mettre de côté cette solitude ou pas ? On va voir que malheureusement le juif va penser que dans son histoire, l'interpellation qu'il crée à travers la distance n'ayant pas produit ses fruits, il faut amenuiser la distance pour pouvoir à ce moment-là apporter quelque chose aux autres. Le résultat, on le connaît. C'est une catastrophe. Ça veut dire que à un moment, si l'autre ne veut pas être interpellé par la distance que j'ai prise, c'est son choix, c'est sa liberté, ça lui appartient. Je ne peux pas trahir cette nécessité de pour permettre à l'autre d'éventuellement recevoir ce que je dois lui apporter. C'est la raison pour laquelle dans la vie votre positionnement ne doit pas bouger même si on est dans le fest poire qu'abandonner son positionnement. va rapprocher l'autre et quelque part lui permettre dans un second temps de lui passer notre message parce que le choix d'abandonner son positionnement c'est une trahison et quand je me suis trahi ne peux plus être le support du message que je suis censé transmettre dans le monde des relations humaines pensé Trop souvent, on pense qu'en mettant de côté cette singularité qui est la nôtre, qui nous sépare, on va pouvoir enfin créer le lien parce qu'étant moins interpellant. Et puisque je suis moins interpellant, le lien va se créer et après je pourrais dire à Mais si l'autre n'a pas été capable de se laisser interpeller, c'est-à-dire n'a pas voulu s'interroger sur ta singularité, sur ta distance, c'est qu'au fond, il a pas envie de grandir. Parce que grandir, c'est se saisir des situations qui créent le questionnement pour avancer. C'est ça grandir. C'est toutes les situations qui créent le questionnement sont là pour moi comme source d'un mouvement et d'une réflexion. Mais si je ne le veux pas, pourquoi tu veux que je le veuille demain ? Il y a aucune raison. Il y a aucune raison. Si la personne n'a pas voulu voir la question que tu lui proposais de se poser à travers ta solitude, je te garantis que c'est pas en créant les conditions du rapprochement qui se posera maintenant des questions. Je peux te les garantir évidemment. Donc ça sert à rien. Ça a été l'erreur au niveau du peuple juif, au niveau collectif. Ça a été l'erreur et ce sont les erreurs que parfois au niveau individuel on peut faire. C'est pas simple. C'est la raison pour laquelle la solidarité, elle est tellement importante dans notre peuple. C'est pour ça qu'em dit au moment où il révèle la Torah que le but de la Torah c'est de développer à en nous cette capacité d'être noble d'être véritablement avec l'autre proche de l'autre se donner les moyens de ressentir ce qui vit pour que même à distance il sente ta présence que les quelques mots que tu vas dire seront chargés d'une vérité qui lui permettra d'être nourri et de se sentir moi seul. Ça nous savoir si on décide de l'installer ou pas. C'est notre libre arbitre. C'est ce que la propose de faire. M.